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ne vous refusera pas si vous me demandez présentement pour votre coadjuteur, et que M. de Turenne joigne ses prières aux vôtres. Mais, Monsieur, ne me répondez point présentement; demain j'aurai l'honneur de vous voir. » L'archevêque l'embrassa avant que de lui répondre, et lui dit qu'il falloit voir avec M. de Turenne comment il s'y faudroit prendre pour faire réussir une chose qu'il souhaitoit passionnément. Le lendemain M. de Turenne, que le duc d'Albret avoit fait avertir, vint dîner chez lui, et y trouva M. Boucherat, conseiller d'État, mort depuis chancelier de France. Il avoit été tuteur de MM. de Bouillon conjointement avec M. le premier président de Lamoignon et le président de Mesmes. 11 étoit ami particulier de M. de Turenne. Le duc d'Albret Tavoit prié d'y venir pour fortifier en cette occasion la foiblesse naturelle de M. de Turenne, que sa modestie et son désintéressement empêchoient souvent de parler au roi en faveur de sa maison. Aussitôt après-dîner, M. de Turenne alla voir l'archevêque, et, l'ayant trouvé dans les mêmes sentimens, il partit sur-le-champ pour Saint-Germain, et dès le soir il demanda au roi la coadjutorerie de Paris pour son neveu, assurant le roi que l'archevêque devoit lui faire la même prière, et en lui avouant qu'il avoit eu quelques vues sur l'archevêché de Reims. Le roi, qui se souvenoit encore
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de la guerre de Paris, où le coadjuteur cardinal de Retz lui avoit fait tant de peine, lui refusa tout net la coadjutorerie. « Le duc d'Albret, lui ditil, est trop jeune pour le charger du soin de tant d'âmes. » Mais il le refusa avec les termes du monde les plus obligeans, l'assurant qu'il lui accorderoit toute autre chose. Alors M. de Turenne, suivant qu'il en étoit convenu avec le duc d'Âlbret, lui demanda pour lui la nomination du cardinalat, ce que Sa Majesté lui accorda avec plaisir, lui recommandant seulement de ne le dire à personne du monde qu'à son neveu. Cette nomination paroissoit alors fort éloignée, le pape Clément IX, qui n'étoit pape que depuis un an, n'ayant pas encore songé de faire la promotion de ses créatures, qui devoit précéder celle des couronnes. M. de Turenne envoya dans la nuit au duc d'Albret un courrier, et lui manda ce qui s'étoit passé, conseillant à M. de Paris de différer son voyage à Saint-Germain de quelques jours. M. le duc d'Albret envoya sur-le-champ l'abbé Le Sauvage, son précepteur, mort depuis évêque de Lavaur^ dire à l'archevêque que le roi avoit refusé la coadjutorerie, et que M. de Turenne lui conseilloit de ne pas aller sitôt à Saint-Germain. Il lui dit en même temps que, malgré le respect que le duc d'Albret avoit pour les ordres de M. de Turenne, il lui conseilloit d'y aller dès le grand