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àïi à Monsieur, dont il étoit favori; et peut-être lui apprit-il en même temps les bruits ridicules qui •couroient sur le comte de Guiche. Quoi qu'il en •soit, Madame mourut peu de temps après d'une manière si subite qu*on ne la voulut pas croire naturelle. Le roi reprocha à M. de Turenne son indiscrétion, et l'excusa en apprenant ce qui Tavoit •causée. Mais, pour revenir à la nomination du duc d'Albret au cardinalat, à peine fut-il nommé qu'il alla trouver monsieur l'archevêque de Paris pour lui en dire la première nouvelle. Il lui avoit assez d'obligations pour cela; mais il fit plus, et lui offrit de lui céder une dignité qu'il méritoit, disoit-il, beaucoup mieux que lui. L'archevêque, qui contioissoit le cœur du duc d'Albret, ne traita point ■ce discours de compliment, et l'embrassant avec tendresse : « S'il y avoit, lui dit-il, un chapeau de <:ardinal par terre, et qu'il dépendît de moi de le mettre sur votre tête ou sur la mienne, je ne balancerois pas un moment à le mettre sur la vôtre; et je m'en vais de ce pas remercier le roi, au nom de l'Église de France, du bon choix qu'il vient de faire. » Il le fît comme il avoit dit.
Cependant le duc d'Albret songea aux moyens <ie faire avancer sa promotion, malgré tous les obstacles qui sembloient s'y opposer. Il envoya un courrier au cardinal Rospigliosi, neveu du Pape, pour lui en donner part. Il avoit fait une grande
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amitié avec lui à son passage de Bruxelles à Paris^ en allant à Rome après l'exaltation de son oncle. Le P. Rapin, jésuite, ami de l'un et de l'autre, étoit alors à Rome, et ne contribuoit pas peu à former entre eux une liaison plus intime. Il n'y avoit aucune apparence que le Pape, n'ayant point encore fait la promotion de ses créatures, en voulût faire une particulière uniquement pour le duc d'Albret, qui n'avoit droit qu'à celle des couronnes, et cette promotion paroissoit fort éloignée; ainsi tout étoit à craindre d'un si long retardement. Le prince de Conti et l'abbé de La Rivière avoient eu longtemps la nomination de France sans aucun effet : l'exemple étoit fâcheux et récent. Le duc d'Albret, jeune, plein de feu et d'une imagination féconde, ne désespéra pas d'y réussir. La conversion de M. de Turenne, que le Pape avoit regardée comme un triomphe pour l'Église, étoit une conjoncture favorable; le siège de Candie en étoit une autre bien plus importante. Cette ville, assiégée par les Turcs depuis douze ou quinze ans> étoit fort pressée par le grand vizir Coprogli, et le Pape ne songeoit qu'à y envoyer du secours. M. de Turenne en cette occasion pouvoit le servir auprès du roi, qui pouvoit seul y envoyer une armée capable de faire lever le siège. D'ailleurs le duc d'Albret étoit déjà fort connu de Sa Sainteté; il lui avoit écrit sur son exaltation au souverain