LIVRE X l5S
cardinalat, et, pour y réussir, il avoit fait dire au roi qu'il seroit dans ses intérêts s'il y vouloit consentir. Le roi y consentit; mais le prince d'Aversberg, averti des instances que le roi faisoit auprès du Pape pour le duc d'Albret, s'en plaignit, et le roi le dit à M. de Turenne, qui ne balança jamais entre ses intérêts et ceux de l'État, et étoit prêt à tout sacrifier au roi, lorsqu'on apprit que le prince d'Aversberg étoit disgracié, et que l'Empereur avoit donné la place dans son conseil au prince de Lobkowitz, et la nomination au cardinalat au prince de Bade, moine bénédictin, coadjuteur des abbayes de Fuldes et de Kampen.
Il arriva dans ce temps un autre incident qui jeta quelque froideur entre le duc d'Albret et l'évêque de Laon. Ils ne s'étoient jamais fort aimés, se regardant comme rivaux. La naissance ^t le mérite du duc d'Albret parioient' à l'âge «t à l'expérience de l'évêque de Laon. MM.d'Estrées étoient parens de la reine de Portugal, <et par leurs intrigues ils avoient rompu le mariage du prince don Pèdre avec M''* de Bouillon.
L'évêque de Laon avoit obtenu la nomination de Portugal, et le roi venoit de lui permettre d'envoyer à Rome le sieur Foucher pour solliciter son chapeau. Le duc d'Albret en fut averti, et