‹ Mémoires de l'abbé de Choisy pour servir à l'histoire de Louis XIVChapitre 81 sur 125 · LIVRE X l6l · texte numérisé non relu

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de Chaulnes de faire cardinal l'ambassadeur de France en Pologne s'il avoit la nomination du nouveau roi, il peut en sûreté donner la sienne à M. de Bonzi, le roi se faisant fort de lui faire avoir son effet. » M. de Turenne et M. de Lionne approuvoient extrêmement la pensée de M. le duc d'Albret. « Mais comment faire? dit M. de Lionne. Le roi Michel n'a pas encore donné part au roi de son élection; le roi ne peut pas le prévenir et lui écrire le premier. — Eh bien, reprit M. le duc d'Albret, le roi n'a qu'à écrire tout ce que je viens de dire à M. de Bonzi, et lui ordonner de remettre sa lettre en original entre les mains du roi Michel pour sûreté de la parole de Sa Majesté. » M. de Lionne, ayant approuvé encore ce nouvel expédient, et donné mille louanges au duc d'Albret de la fertilité de son imagination, conseilla à M. de Turenne de l'aller proposer au roi, lui permettant de dire à Sa Majesté que M. de Lionne l'approuvoit en tout, persuadé que c'étoit le meilleur moyen d'assurer le chapeau de M. de Bonzi, sans reculer la promotion du duc d'Albret. M. de Turenne proposa la chose au roi, qui étoit pressé d'aller à la chasse, et qui lui dit : « Votre neveu a raison, et j'approuve l'expédient, puisque Lionne en est d'avis, lui qui appuyoit le plus l'envoi du courrier à Rome. Dites-lui qu'il n*a qu'à le dépécher en Pologne. » Cela fut fait le Mémoires de Choisy, II. 3 1

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même jour, et tout réassit. Le roi Michel, content de la parole du roi, donna sa nomination à Bonzi; et trois semaines après, au mois d'août 1669, le Pape déclara le duc d'Albret cardinal, le lendemain de la mort de don Thomaso Rospiglîosi, son neveu, qu'il feignit d'ignorer, afin de pouvoir tenir le consistoire et faire la promotion. Le Pape n'avertit que quatre personnes de la résolution qu'il avoit prise de faire le duc d'Albret cardinal, savoir : le cardinal Giacomo Rospigliosi, son neveu ; le cardinal Ottoboni , dataire , qui fut depuis Alexandre VIII; le cardinal Azzolini, secrétaire d'État, et le cardinal Chigi, neveu de son bienfaiteur le pape Alexandre VIII. Il avoit tant de reconnoissance des plaisirs que l'on lui avoit faits, qu'il avoit résolu de faire l'abbé de Lionne cardinal aussitôt qu'il auroit pris le bonnet de (locteur. Il croyoit devoir la papauté à M. de Lionne, qui lui avoit ménagé secrètement l'amitié de la France, quoiqu'il eût été nonce en Espagne, et le cardinal de Retz nous a appris que, dans le conclave où Clément IX fut élu, la France souhaitoit en premier lieu le cardinal Farnèse, et, en second lieu, le cardinal Rospigliosi; au lieu que l'Espagne souhaitoit Rospigliosi avant tout autre, ce qui fît réussir son affaire, la faction de France ayant aisément donné les mains à son élection. Il est bon de remarquer que, dans le consistoire ou

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