LIVRÉ X
lui avouant tout), il ne pou voit en honneur solliciter pour lui ; mais qu'il lui conseilloit de conter au roi comme la chose s'étoit passée, et de dire à Sa Majesté que c'étoit la raison qui Tempêchoilde lui en parler. Dès que le cardinal de Bouillon fut arrivé, il demanda au roi une audience particulière dans son cabinet, et lui déclara que M. le cardinal Antoine lui avoit promis de lui envoyer la démission de sa charge, si Sa Majesté Tavoit pour agréable, la suppliant seulement de lui accorder une place de prélat, commandeur de Tordre du Saint-Esprit, parce qu'il ne lui convenoit pas de porter le Saint- Esprit par brevet , comme ayant eu la charge de grand aumônier. Le roi lui parut écouter la proposition avec plaisir; mais, sans donner de parole positive, il lui dit qu'il seroit bien aise que cela se pût faire dans la suite, et qu'il lui donneroit la chaîne dans le moment, s'il n'avoit pas promis à l'évêque d'Orléans, son premier aumônier, de ne point agréer que personne, à son préjudice, traitât avec M. le cardinal Antoine, soit par survivance, soit par démission, et qu'il pouvoit le ntander au cardinal Antoine. Il le fît aussitôt, et le cardinal Antoine lui répondit qu'il ne changeoit point de sentiment à son égard, et seroit toujours prêt à lui envoyer sa démission lorsque le roi l'auroit pour agréable.
Les choses en étoient là , lorsqu'un incident
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pensa tout renverser. M. de Péréfixe, archevêque de Paris, mourut au commencement de Tannée 1671. Il étoit proviseur de la maison de Sorbonne. Aussitôt tous les docteurs se dirent publiquement les uns aux autres qu'il falloit élire deux jours après le cardinal de Bouillon, qui étoit de leur maison et société, et dont la naissance et le mérite personnel leur feroient honneur. Il en fut bientôt averti, et l'écrivit au P. Ferrier, confesseur du roi, le priant de dire à Sa Majesté qu'il auroit été lui-même au Louvre lui en faire part s'il n'avoitpas eu peur qu'on ne crût qu'il alloit demander l'archevêché de Paris, et que ce qui l'arrêtoit encore davantage, c'étoit qu'il venoit d'apprendre que M. de Péréfixe , à son insu , avoit en mourant ordonné à Tabbé de La Motte , son meilleur ami , de dire à Sa Majesté qu'il ne connoissoit personne en France, par rapport au service de PÉglise et du roi, plus propre que le cardinal de Bouillon à remplir dignement le poste d'archevêque de Paris.
Le P. Ferrier, plus ami de M. de Chanvallon, alors archevêque de Rouen, que du cardinal de Bouillon, ne se pressa pas de parler de lui au roi, Sa Majesté lui ayant dit d'abord, à ce que dit le révérend père, qu'elle donnoit l'archevêché de Paris à M. de Chanvallon, et que, pour le bien de son service, elle souhaitoit qu'il fût aussi proviseur de Sorbonne. Et Je P. Ferrier en ayant donné