LIVRE CIHQUIÈHE
soubaitoît qu'on en tisAt ainai, tant M. de Cambrai étoit aimé et estimé. Le pape n'en fut pas le maître. Le roi, acdlicité par madame de Maintenon, par M. l'archevêque, par H. l'évèque de Chartres, récrivit à Sa Sainteté pour demander un jugement, et il lui récrivit en termes si {Npessanls, que, quelque envie qu'eût le pape de ne poiut prononcer, il ne pat s'en dispenser. Vtngt-troia propositions extraites du livre des Maximes furent ciuidamnées par un iH-ef, non comme impies et hérétiques, comme l'eût voulu H. de Meaux, mais seulement comme malsonnaides et pouvant oiTenser les oreilles pieuses. {12 mars 1699.)
H. de Cambrai n' étoit rien moins que janséniste, on le vit bien en cette occasion : pour peu qu'il l'eût été, il se serait pourvu contre le bref par un appel comme d'abus; il aurait distingue le droit et le fait et auroit soutenu que les vingt-trois propositions étolent autant de vérités qui se trouvent en termes exprès dans les saints qui ont écrit sur la vie mystique. Les jansénistes s'offrirent à lui pour le défendre ; mais, loin d'accepter des otlres qui ne tendoient qu'à le séduire, il fut bien aise de confondre par son exemple les subterfuges dont ils se servent pour éluder de se soumettre aux décisions tq>ostoliques. Ne vouUnt se défendre ni être défendu contre les décrets du saint-siége, il s'avoua coupable dès qu'il se vit condamné et se soumit sans restriction au jugement de Sa Sainteté. Il y avoil de la religion et de la grandeur d'âme à en user ainsi, et la victoire que ce grand homme remporta sur lui-même en cette occasion parut, aux yeux des gens qui se connoissent en gloire, infiniment plus honorable que celle des triumvirs, ses adversaires, qui dévoient partie de la leur au crédit de IS
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