J42 HËNOIRES DE L'ABBÉ LE GENDRE
madame de Haintenon et à la sollicitalion du roi. M.l'ar- (^evéque éloit alors si iiilrigué qu'il fut beaucoup moins sensible à cet événement qu'au déplaisir que lui causoit l'apparition d'un phénomène qui alloit à le déshonorer. Ce phénomène éloit le fameux Problème^ écrit d'autant plus dangereux qu'il est composé avec un grand sens, qu'il n'y a ni injure ni emportement et que l'auteur semble ne prendre aucun parti.
M. 'àe Noailles, étant cvéque de Châlons, y avoît approuvé, avec le plus grand éloge que l'on puisse donner à un livre, les Réfiexions moralet du Père Quesnel, de l'Oratoire, sur le Nouveau Teitamenty et un peu plus d'un an après, étant archevêque de Paris, il avoit condamné en 1696, comme contenant des propositions impies, blasphématoires et hérétiques, VExpoatton de la foi dont nous avons déjà parlé. Sur cela le faiseur de problèmes, qui a ouï dire que ces deux livres n'enseignent que la même chose, en fait un parall^e exact, et convùncu qu'il est, par la confrontation, que l'un et l'autre de ces ouvrages contiennmt les mêmes maximes et les mêmes dogmes sur la grâce, il s'écrie : «Conuoenl, étant si semblables, que l'un ne peut éb% ni censuré ni approuvé que l'approbation ou censure ne retombe sur l'autre, l'un a-t-il pu être approuvé et l'autre condamne par le même juge? Louc-t-on et censure-t-on précisément les mêmes choses? Le faiseur de problèmes, ne pouvant accorder l'archevêiue avec l'évéque, conclut enfin par demander : A qui des deux faut-il donc croire, ou à M. de Noailles, lorsqu'il approuve avec éloge le Nouveau Teilament du Père Quesnel, ou au même M. de Noailles, lorsqu'il condanme YExiiositUin comme un livre penii* deux?
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