LIVRE PRENIER
cent XI à cette assemblée, el qu'il auroil fort souhaité qii'il s'en fît une traduction «usai exacte que de bon goiît, et qui représentât toutes les beautés du latin. Le Père ■n'ayant rapporté ces paroles, je traduisis le bref, et mon travail plut tellement au prélat qu'il voulut me voir.
J'aHai le saluer accompagné du Père tbéatin. Le [H-élat nous reçut le plus gracieusement du inonde, et après m'avoir questionné sur une infinité de choses, il me donna jour et heure pour le voir en particulier et me recom* manda de n'en point parler. Sa maxime étoit de ne se communiquer qu'à un petit nombre de personnes et avec un si grand secret, qu'aucun de ceui qui l'approchoient ne pàt savoir précisément à quoi l'autre ^ît employé. Plus je Toyois M. de Paris et plus il serabloit me goûter, me mettant en chaque visite a une nouvelle épreuve, me faisant travailler une semaine sur un sujet et la suivante sur un autre, afin d'éprouver par cette variété de travail ce qu'il pouvoit attendre de moi et me disant aasexsouvmt ; « On n'est de mise qu'autant qu'on est bon à touL »
La première chose qu'il me fil faire fut de traduire tous les brefs que le pape avoit adressés tant sur l'affaire de la régale que sur l'affaire de Charonne. Cette dernicrc tenoit fort à cœur au prélat, parce qu'il y avuil eu trèsgrande part. Quoique, sans le nommer, il fût très-maltraité dans ces brefs, il ne les en cstimoit pas moins. Je lui ai oui dire en parlant de Favoriti, qui en étoit le fahricatenr ; « J'envie le bonheur du pape d'avoir su s'alta-
ces et nui mogislrils paur des afraires publique». On Ica appelle ainsi parce qu'elles sont eaaàxi et sans pr^ambulr'. Les biiltet sont plus amplei. Tandis que le» bulles sont L'entes sur pardiemin et scellfes de cire Tnrte ou de plomb, les bccfa sont écrits sur papier et scellés avec de la Arc roogc mm l'anneau du picbeur, tiib ammla pucalori». — t'nl un anneau! limage de winl herrr, quiéUit péchear.
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U HËHOlTtES DE L'ABBÉ LE 6KNDBE.
cher un homme d'aussi grand mérite,et de s'être fait une créature qui entrât aussi vivement dans le ressentiment et dans les intérêts de son maître, -a De longtem|>s on n'avoit TU de si beaux brefs. Quoiqu'on eût tout lieu de se plaindre du lèle de ce secrétaire qui porta les choses trop loin, on ne pouvoit nier que ce ne fât un hel esprit et que, dans les actes qu'il a dressés, il n'ait fait parler le pontife avec force et délicatesse et une grande dignité.
Dans le temps que M. de Lavardin étoit ambassadeur à Rome, quelqu'un ayant dit à la marquise son épouse, qui entendoit la messe à Saint-Jean de Latran, que son prie- Dieu étoit justement placé à l'endroit où Favorlti, qui était cbanoine de cette église, avoit été enterré, elle se leva tout à eoup et, faisant ftter son ta|iis, elle s'écria : ■ Ah! le misérable! » Si elle eût eu plus d'attention, loin de faire 6tet son tapis, elle auroit dû le faire mettre sur la tombe de cet abbé pour avoir le plaisir de fouler aux pieds ses cendres.
M. de Harlay n' étoit pas seulement archevêque de Paris, mais il étoit encore, par l'estime qu'il înspiroit, par l'avantage qu'on trouvoit à traiter d'affaires aveclui, parle crédit où il étoit et par la volonté du roi, l'oracle de tout le clergé. Les religieux disoient qu'ils rcnoiiceroienl à leurs privilèges si H. de Harlay étoit pour vivre toujours ou s'ils pouvoient être assurés que les autres prélats en usassent à leur égard comme faisoit M. de Harlay. Quoique naturellement plus on est élevé, moins on a de disposition à se soumettre à son égal, les aiclievéques et évéqucs, ceux même qui n'étolent point amis de M. de Harlay et qui ne s'en cachoient pas, ne laissoient pas dans l'occasion de le prendre pour arbitre ou de le demander pour juge.
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