LIVRE SIXIÈME
Irès-grand travail, livre solide et bien écrit, où, après avoir montré que l'auteur des Réflexions filisse, partout où il le peut, sur les seatimenls des janséaisles à l'endroit de la ^ce et de la pénitence, on fait voir que ccn sentiments sont ou paroiss«nt fort éloignés de ceux de saint Augustin. Ce qu'il y a le plus à reprendre dans cette Inttruction, c'est qu'on y donne trop allîroiativement pour dogme de foi la doctrine des jésuites, et qu'on y rejette trop ouvertement comme erreur la doctrine de saint Thomas et de ses plus anciens disciples.
Cette /lutiticfioii étoit-eile véritablement de M. de Lescure, évéque de Lucon, et de M. de Cliaœfleur, évéquede la Rochelle? Le titre le dit, mais on ne le crut pas. Eh ! comment l'eùl^n cru, tandis que des personnes graves, qui assuroient le bien savoir, disoient assez hautement que ni l'un ni l'autre de ces prêtres n'avoient ni vu ni lu le livre des A/^ioru, encore moins ses sept éditions, touteei dilTérentes en quelque chose, qu'on cite cependant à tout moment dans l'ordonnance? D'ailleurs, ces deux nvêquesétoient connus pour gens doux, civils et paisibles, de nulle vivacité, d'une érudition et d'un génie à l'ordinaire, d'une petite santé, craignant le travail, plutôt timides qu'entreprenants, et incapables d'une action forte. Des gens de ce caractère eussent-ils osé ou voulu attaquer de gaieté de cœur un cardinal en grand crédit, un archevêque de Paris qui ne leur avoit fait aucun mal, sans lui avoir auparavant proposé leurs dinicnltt''s?Eusserit-ilK d'eux-mêmes entrepris de proscrire, comme hérétique, un livre qui, depuis trente ans, étoit en si haute estime et en si bonne odeur, que les jésuites eux-mêmes le lisoient avec plaisiretlcrccommandoient à leurs pénitents et dévots? Après une approbation si solennelle, si géné-
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raie, continuée depuis si longtemps et non jamais interrompue, de quel front eussent-ils osé soutenir que ce livre étoit mauvais? Cette hardiesse ne convenoit qu'au Père Le Tellîer, au Père Doucin, soti confident, et à quelques autres de leur cabale, jésuites jusqu'au fanatisme en ce qui regarde leur Compagnie.
Ainsi parloient non-seulement les jansénistes, nonseulement les Pères de l'Oratoire, passionnés défenseurs du Père Quesnd, leur confrère, mais encore beaucoup d' autres gens aussi catlioliquesqueprudents, qui croyoient et disoient que c' étoit fort mal à propos que l'on suscitoit cette affaire, qu'elle pourroit allumer un feu qu'on auroit peine à éteindre, et que le plus sage parti étoit de supprimer Vlnstruelioii, qui ne pouvoit venir que des jésuites, lesquels, disoit-un, avoient intérêt de faire passer pour hérétique le livre que V Instrnctioii condamnoit, afin d'avoir occasion de narguer et d'iiumilicr le cardinal de Noaillcs, qui en étoit l'approbateur. M. de La Chétardie', curé de Saint-Sulpice, homme vénéiable, qui avoit refusé l'évêché de Poitiers, et qui, depuisla mort do M. Godet des Marais, évêque de Chartres, avoitseul la confiance de madame de Maintenon, publiant a son prdne quelque temps après l'ordonnance du cardinal qui défendoit de tire le miindement des deux évèqiies, dit en élevant la Toix : « Je les connois tous deux II y a longtemps ; ce sont de bonnes gens, point du tout malins (c'est le terme dent il se serait), et incapables d'avoir fait ce qui a paru sous leur nom. b Tout le monde étoit prévenu qu'ils n'en
• U Ch^Urdle (Joadiim Trotli it].nf en 1656, mort m 17li. Int«ur Se plusieurs ou>r>)i«« reli^ieui. Forl saint prêtre, maiï le plus imbécile et le plus ignorant des tiommeç. s Tel fui, en deux trail*. H, it 1j Cliibnlie, tu dlr« de fiiint-Simon.
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