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afTaires dt; la Chine. M. Pirot étuit peu écoute, el M. Vi- Tant l'aine étoit lievenu suspect depuis qu'on eut dccuuvert qu'il hcurtoit à toutes les portes. L'homme à la mode étoit le frère cadet de ce dernier, alors pénitencier, aujourd'hui chantre de notre église. Etoit-ce un grand personnage que ce M. Vivant le cadet? Étoit-ce un génie supérieur capable de bien manier el de bien arranger les aflaires les plus diEtidles ? Iticn moins que cela, c' étoit un homme à bagatelles, un petit esprit qui d'ailleurs s'énon- (oit pitoyablement. Par où donc étott-il si fort à la mode? Parce qu'il étoit dévot, et dévot si zclc qu'il trouvoit à redire à tout, ragoût pour le cardinal qui prcnoit plaisir à lui entendre- rapporter ce qu'on disoil des uns et des autres. Le mérite de ce tiavori étoit de se répandre en louanges fades sur les vertus du cardinal et de courir de grille en grille, ou de prêcher du matin au soir. Dieu sait quel prêcheur! Le sieur Dorsanne', nouvel acteur introduit à l'arclievéché par les Pères de l'Oratoire, étoit un homme tout plein de lui et sans raison, car il ncvaloit pas mieux qu'un autre : homme faux, sans entrailles, faisant le mal avec plaisir, le bien à regret, passionné janséniste et bien plus propre h aigrir qu'à calmer le prélat.
(1711.) Ce ronseit, si mal assorti et composé de gens qui ne s'aceordoient guère qu'à Datter le cardinal, étoit demeuré dans le silence sur l'ordonnance des deux évéques; mais lorsque leur lettre eut paru, il y fut arrêté que M. le caiilinal porteroit ses plaintes au roi tant
' Domnnc {ADloinr'j. ilwlciir de Sarboniie et grand vicaire <<e Pnri*. morLon I72S, Il a fatl un Journal qui coiilient tout ee qui *' fit patii à Rome el en Franu eu tajet ûe la bulle tlnigeuilus. Ce jouninl, pour rjpondre i aaa titre, iJcvait être lung, et il Tôt en elTet. L'inttrét ne a'y KNitient fat.
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!28l> JIÉllOtHES^ l)K L'ABBË LE (iE.MiBE.
du cettç lettre si itiHultanle que de la Dénonciation contre la Théoloijie d'Habert. On décida en outre que, pour fortilier ces plaintes, le chapitre serait prié d'y donner suH adjonction, alin que l'Ef^lise de Paris, demandant en coqis, avec apparat, une justice prai>ortiunnée à l'injure faite à son chef, obtint une plus prompte et plus aiuple réparation. La chose mise en délibération dans un chapitre tenu exprès, on applaudit. Il n'y eut que moi qui fus d'avis de faire pressentir si le roi agrceroit cette niauifestation. La raison d'en douter étoit qu'il y avoit une commission pour comioitre de ce difTéreod, commission composée de personnes i-especlaliles, à la tête desquelles étoit le nouveau Dauphin, auparavant duc de Bourgogne, prince juste, équitable, éclairé, qui savoit beaucoup, et qui, pour s'instruire par lui-même, avoit si fort approfondi les questions du temps, qu'on peut dire qu'il les possédoit.
Avant de conclure, j'avois discuté les principauii sujets de plaintes que l'on nous avoit faites au nom de H. le cardinal, et il me seinbloit avoir démontré que, tout bien examiné, on auroit pu ne pas en faire un si grand bniit. J'avois représenté qu'il eût été à souhaiter, pour l'édification publique, que la lettre des deux évéques et les plaintes du cardinal eussent été moins amércs, mais qu'au fond il ne s'agissoit que de savoir si l'ordonnance de ces prélats avoit bien ou mal censuré le livre des Riflexions, ce que je n'avois garde de décider, J'avois aussi observé qu'on ne pouvoit s'empêcher de dire qu'il falloit que le livre fût plus ou moins répréhensible, puisque M. l'archevêque avoit nommé des reviseurs atcc ordre d'en retrancher ou modifier ce qu'ils y trouveroient de mal (ce fait fut constaté par le silence de et»
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niessieuTii qui éloîent présents au chapitre) ; iju a l'éganl de la Déiioneialion, il étoit surprenant qu'on eât ilùcerné des monitoires pour savoir qui eu étoit l'auteur, cai' si cet auteur se préscntoit, et dît à M. l'oflicial : « Je demande d'être admis à prouver ce que j'ai avancé, » M. l'ufTicial ne pourroit, sans se montrer partial, ne pas l'admettre à faire preuve, sauf à le blàinur ou à l'admonester ensuite comme il convieiidroit. D'ailleui-s, ajoulaije, quel si grand mal y a-t-il donc à dire eu termes im;surés à M. le cardinal et à M. son frère, évéque de Cliâlons-sur-Marne, qu'on a surpris leur reli^on, el que le sieur llabert, au lieu de donner dans son ouvrage ucie doctrine saine et non suspecte, y enseigne ouvertement la doctrine de Janséuins? Eu quoi un homme est-il coupable à tenir un pareil discours'/ Je fus interrompu une fois ou deux sur des riens par les chanoines commensaux de M. le cardinal, et fort écoute par les autres, qui ni' écoutèrent avec attention plus de trois quarts d'heure. Quoiqu'il eût été résolu que le chapitre se joindroit à H. le cardinal, on en demeura là et, après y avoir réfléchi, on ne députa point au roi.
Cette séance lit d'autant plus de bruit qu'elle avoit été annoncée, et comme le secret d'un chapitre ressemble à celui de la comédie, tout Paris sut quelques heures après ce qui s'étoît passé parmi nous. Je fus loué ou blâmé, selon la disposition des esprits et des cœurs. Ce n'étoit ni pour l'aire plaisir aux jésuites, ni pour faire peine au prélat que j'avois harangué ; je n'eus en opinant aucune attention ni à lui ni à eux, et ne songeai qu'à dire nalurellemeut ce qui me vint à la pensée. J'auruis été l'àché de neu faire ni dire qui pùE chagriner M. le Ciu-diiial ; j'ai toujours honun'> ses mœurs, el ti-ès-
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388 HÉMOIRES DE L'ABBË LE GBNDRE.
assurément il c'eût pas tenu à mes désirs que, pour son repos et pour sa gloire, il n'eût donné sa conGance qu'à gens qui la méritassent, et qu'il eût eu plus de talents pour briller dans la grande place qu'il occupoil depuis seize ans.
Les jésuites, qui étoient aux l'icoutes par l'intérêt qu'ils avoicnt à savoir ce qui s'étoit passé dans une séance si mémorable, en furent instruits dans le moment par notre jeune doyen qui leur faisoit la cour; instruits, dis-je, en gros, en détail, il ne l'auroit pu faire, n'ayant point assez d'attention ponr retenir ce qui s'étoit dit dans une séance de deux heures, ni de facilité pour le répéter. Ce nouveau doyen, parent et résignataire de M. Bougueret, étoil l'abbé de Pressigny; nous ne l'appelions parmi nous que le petit Pressigny, moins parce qu'il n'étoit pas grand que parce qu'il étoit badin et étourdi à l'excès ; il mourut très-jenne homme à cinquante-six ans. Sur le rapport qu'il fit aux jésuites, le Père Doucin me rendit visîlc le suir. La visite de ce Père, celui de sa Compagnie qui, après le Père Le Tellier, avoit le plus de part à l'intrigue, fut une apparition pour moi, ne Ir connoissant guère que pour l'avoir vu étudiant en philosophie au collège de Rouen, lorsque j'y étois en quatrième. Ce Père, hardi el assez bien disant, me lit de grands compliments ; il exalta ce que j'avois fait le matin comme une des plus belles actions qui se fût faite depuis longtemps, et après m'avoir dit qu'elle méritoil nue ample et magnitiqnc récompense, il ajouta que le IVto [.e Tellier, impatient de me le témoigner, me pridit instamment d'alltr chez lui le lendemain à pareille heure, et qu'il n'y serait que pour moi. Ce gracieux babil ne m'éblouît point, je connoissoû
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