‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 135 sur 184 · LIVRE SIXlfiME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXlfiME

rien», je ne puix qu'en dire, parce que je ne le connois ])as et qu'il n'a encore rien donné qui puisse faim juger son mérite et son caractère. Ce qu'il y a d'entortillé et de captieux dans cet ouvrage pourroit bien être de H. Couel, qui finasse en tout. Né dans le sein du jans4ni^me et instruit de bonne heure par les oracles du parti, nommément par M. Nicole, il sait les questions du temps; il a de l'esprit et dresse bien un mandement; qne n'est-il plus exact en ce qu'il affirme et plus fine dans ses sentiments I II y a longtemps qu'on lui reproche d'en changer aussi aisément que le caméléon de couleurs. En fait de religion, peutH>n être aussi Protée qu'il l'a été jusqu'à présent? Lui et le Père de La Borde étoient nouv^ement du conseil de l'archerdché.

Les cardinaux conciliateurs n'aroient pas seolemenl offert leur médiation au roi, mais encore ils s'étoient ftitfortde ramener H. deNoaillesetdele disposer à recevoir la constitution, moyennant qu'il lui fût permis de faire une instruction autre que colle des quarante, qu'il trouvoit fort défectueuse. Il fallut du temps pour faire et pour examiner une nouvelle instruction. L'oxamen s'en fît chez le cardinal d'Estrées qui tint, pour cela, des confrâ-enoes on furent invités les docteurs les plus distingués de l'im et de l'autre parti. Cette instruction, ayant passé par le creuset, fut présentée au roi par les médiateurs comme une pièce exi;ellente. Le roi ne s'en fia pas tout à fait à eux, et, pour plus grande sâr^, il voulut qu'elle fût revue par les six commissaires qui avoient été en premier lieu examinateurs de la bulle.

' Les commissaires ne trouvèrent rien à redire en ce qu'on leur lit voir de l'instruction du cardinal : sur quoi

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ils ineidenlérent que le cardinal ne montrant ni le commencement ni la fin de son mandement, il y avoît lîeu de soupçonner qu'il n'eût envie d'y gUâser ee qu'il n'aitroit osé mettre dans le corps de l'iDstruction. Les médiateurs traitèrent cela de bagatelle, de chicane, de quereUe de gaieté de cœur; le cardinal de Noailles s'ea plaignit comme d'une injure, comme si les commissaires eussent douté de sa bonne foi, et persista, sous ce prétexte, à ne point faire voir la préface ni ta conclusion de son mandement. (Fin de 1714.) Sur ces contentions, le roi cnit que le meilleur parti étoit d'envoyer i Rome un homme sage et entendu pour disposer le pape à finir de manière ou d'autre. Ce plénipotentiaire fut M. Amdot de Gouniaj S conseiller d'Ëtat, qui avoit réussi dans les négociations d'Espagne. Ce fut une grande joie au cardinal de Noailles de voir, sans qu'il y eût part, transférer de Paris la négociation à Borne. Par là, il lui éloit aisé de la faire traîner autant qu'il lui couviendroit.

(1715.) On demanda au pape des explications. Ëtoilce une proposition à lui faire? Bien des gens jugent que non, parce que c éloit lui faire sentir que sa bulle en avoit besoin, ce qui ne faisoit honneur ni à l'ouvrage ni à l'auteur. D'ailleurs il ne pouvoit douter que, de qudque chulé que fussent les explications, les jansénistes ne les trouvassent aussi obscures que la bulle et que, pour ne Jamais finir, ils n'en demandassent de nouvelles ; une troisième raison, c'est que, pour mériter que le pontife leur en donnât, il eOt fallu auparavant qu'ib se

' Amelot (Michel), nurquii de Gounuy, baroo de Bninellei, DMfi en ilU, ifé de •oiiinle-neut in>. Il finit • ami Hei j jauitet, mait boaune idilSiint-Siinwi.

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