LIVRE SEPTIÈME
on ne sauroil en mieux juger que par l'usage qui résulte des exemples que fournit l'histoire. Danslapiemière race et bien avant dans la seconde, les princes bâtards ont hérité avec leurs Trères légitimes ; sur la fin de cette race, ils n'ont hérité qu'après eux. S'il n'ont point hérité dans la troisième race, c'est que le cas où ils le peuvent n'est point encore arrivé ; du reste, ils en ont été pleinement réputés capables. » Ces messieurs proposèrent de fondre mon écrit dans un mémoire prêt à paroître sous le nom de H. du Maine. Je résistai, étant bien aise de le donner i part. Je représentai qu'il étoil plus avantageux aux princes légitimés que je parusse un homme neutre qui, tenant la balance égale, pesât au poids de la justice le fort et le faible du pour et du contre. En vain ils insistèrent, je tins ferme, de sorte qu'il fut arrêté que l'écrit seroit imprimé sous ce titre : Lettre de M"* à un homme de <iuaiilé qui fui a demandé son sentiment sur la rcquête des princes; et cette lettre fit un bon eiïet. Bientôt die fut suivie d'une autre pour éclaircir quelques endroits qui n'avoient pas semblé suffisamment développés, et quand les princes légitimes eurent mis au jour leur grand mémoire, j'y fis dans une troisième une réponse exacte, réponse si bien étoffée et où il y avoit un si bel ordre, que le Régent dit pubUquement que c'étoit, à son sens, ce qui s' étoil fait sur cette afbire de plus net et de plus solide.
C'étoit de gaieté de cœur et non par intérêt que je m'étois mis de la partie : qu'espérer de H. du Maine dont le crédit étoit tombé? Loin de tirer quelque avantage de ce que j'aTois fait, ce fut un petit miracle qu'il ne m'en arrivât point de mal. Le jour qu'on enleva le duc et la duchesse pour les mener l'un à Doullens, l'autre à Dijon,
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3S8 HËHUIKËS DB L'ABBË LE GENDRE,
je m'attendois d'être arrêté. De quelque chose qu'ils basent coupables, je n'y avois trempé en rien ; je suis bon citoyen, et pour toutes cbosés au inonde je ne m'écarterois pas de la fidélité qu'un François doit à son roi et à l'Ëtat ; mais je n'en éUâs pas moins suspect à cause des liaisouB que j'avoîs eues avec eus pendant le procès. On m'oublia peut-être, parce qu'il y avoit du temps que je ne tes voyois plus, dégoûté de leur peu d'attention à marquer, au moins de paroles ', qu'ils étoienl sensi* bles à mon zèle.
' Mes lettres, qui n'étoient qu'un tissu de faits tirés de notre histoire, annoncèrent honorablement par le succès qu'elles eurent l'apparition de ma Nouvelle Hutoire de France et disposèrent le public à la bien recevoir. On achevoitde l'imprimer. Le libraire fut assex hardi {heu> reusement il n'a point eu lieu de s'en repentir) pour en faire deux éditions en même temps : l'une in-folio, en 5 volumes, l'autre in-12, en S volumes, éditions copieuses pour prévenir, disoil-il, les contrefaçons en dounant, à un certain prix, un fort grand nombre d'exem> plaires aux libraires de Lyon, de Genève, de Rouen, de Hollande. Il ne s'effraya point du bon accueil qu'on avoit fait à rflt«foire du Père Daniel, laquelle paroissoit depuis environ deux ans. Il osa même se flatter que la mienne seroit plus goûtée parce qu'en la parcourant il n'y avoit rien nperçude ce qu'on trouvoit à redire dans celle de ce Père. Le Père Daniel est très-diffus, et moi, sans être trop court, je me suis appliqué à n'être pas long. Il aime à faire d&s digressions, et en fait souvent d'ennuyeuses; je suis au contraire très-sobre à en faire, persuadé qu'elles ne
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