‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 148 sur 184 · LIVRE SEPTIÈHE · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈHE

d'elles sépar^ent, k propronent parier, cette constitution ne décide ni ne condamne rien. En eflet, quel point de foi propose-t-elle à croire, quelle vérité condamnet-elle? Si elle ne décide ni ne condamne, comment peuton dire ou qu'elle fait règle de foi ou qu'elle la détruit? De quoi donc triomphent les uns, de quoi s'alarment les autres? S'il est permis de deviner, ne pouiroit-Hin pas dire qu'en lâchant cette bulk aui vives instances d'un grand roi pressé par son confesseur, le pape n'a eu d'autre vue que de condamner plus fortement et avec plus d'emphase le livre des Réflexions, qu'il n'avoit fait, quatre ans devant, par une première censure?

Les diosee ainsi développées, quel est l'homme non entêté qui puisse se faire une peine d'accepter la conslistution, j'entends «ans en faire usage? Ou doit s'y soumettre de cœur et d'esprit , parce qu'étant émanée du pape, qui est le vicaire de Jésus-Christ, et reçue du corps des pasteurs, elle fait loi dans l'Église, et que le roi, de son côté, vent qu'elle fasse loi dans l'Ëtat. Peutnjn, sans péché, ne pas obéir, en cela comme en autre chose, à l'une et à l'autre puissance ; et quel scrupule peut-«u iwoir à condamner, avec le pape, les cent une propositions dans le sens qu'il les a proscrites, en ayant pour garant le chef de la religion ? Quoique Sa Sainteté ne déclare point quel est ce sens, doit-on être moins soumis et moins disposé à recevoir la constitution, ne fAt-ce que par respect pour le pape, qui en est l'auteur, et pour les évéquesqui l'ont acceptée?

Quoique de part et d'autre, faute de s'entendre ou de le vouloir, on tint ferme dans ses préventions, le Régent ne se rebuta pas. Il avoit si à cœur de procurer la paix, qu'il tit tenir des conférences devant lui. Un ejfé-

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3U HfiHOERËS DK L'ABBfi LE GENDRE.

diait fadle pour rapprocher les deux ptf lis eût été de donner deux senn aux cent une propositions, afin qm sasB répugnance chacun pût condamner les cent une propositions dans le sens qui seroit mauvais, sans craindra de donner atteinte au sens pieux et dirétien qu'dies présentent la plupart au premier coup d'œJI. Tout |dausiUe qu'étoit ce moyen, tes rigtrutei^ de part et d'autre, égalranent déraisonnables, le rsjjetérent avec hauteur, soutenant opkiiàtréroenl, les uns que les propositions, quelque torture qu'on leur donnât, n'étoient susceptiUes d'au(»iH mauvais sens, et les autres, au contraire, qu'il n'étoit pas possible de leur en attribuer un bon. En vain eàtKtn espéré. On auroît perdu son temps à vouloir faire entendre raison à ce petit nombre de g«i8 outrés, teHement ils étoient ignorants ou obstiHés.

L'instruction des quarante, peu estimée lorsqu'HIit parut, encore moins quand elle eot vieilli, et regardée comme insuffisante par beancoup de prélats, de ceux même qui l'avoient signée, n'ayant point calmé les esprits, on proposa de faire un corps de doctrine qui tint lieu d'explications et par rapport auquel, s'il agréoit à tout le monde, on pût unanimement recevoir la constitution. Quelle merveille ç' suroît été qu'on en eût fait un dont chacim eût été content! Le cardinal de Noailles se mit à y travailler pour Taire sa cour au Régent ; le cardînal de Roban, premier cbeT des constitutionnaires, en fit autant de son cAté, tous deux à regret ; l'un ni l'autre ne vouloient l'accommodement, quoiqu'ils parussent le vouloir; l'un et l'autre ne cherchoit qu'à rompre, de manière, cependant, qu'on ne pût te lui imputer. Cette contrainte dura peu. Ne pouvant s'accorder ou ne le voulant pas, ils éclalèrent en reproches au grand dépinsir du

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