‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 149 sur 184 · LITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LITRE SEPTIÈME

Régent. 11 en fut d'autant plus fâcbé que s'ils se fusanit coDciliéB, le pape, en étant con(«Dt, eât eesaé de se plaindre et de menacer.

Dès le commencemait de la régeace, le pape par ses breis, le nonce dans ses audiences, s'étoienl plaints vivement au Régent, nommément.de cequ'il avoit fait chef du Conseil de conscience le cardinal de NoaiUea, qui cloH le chef des réfractaires, et de ce que, loin d'obliger ceux-ci de se soumettre à ta bulle, il les favorisoit et n'écoutoît qu'eux. Le Régent ayant peu d'égard à ces plaintes, le pape avoit Tnenacé de faire le procès aux opposants, d'Ater le chapeau au cardinal et, si on continooit à rejeter la constitution, d'en venir aux exlrémilés. Ce tonnerre ne fit que gronder; ce fut prudence de ne le point lancer dans un temps où il y avoit en France quantité d'esprits inquiets qui seitibloient souhait«r le schisme. Les menaces du pape et sa sage longanimité ne laissèrent pas de faire in)pression sur te Régent. Il craignoît peu les foudres du Vatican et beaucoup les menées de la cour de Rome, qui pouvoient plus lui nuire en de certaines crnijonctures que les armes des plus puissants princes. Il y a longtemps que l'on a dit, et l'expérience l'a fait voir en toute occasion, qu'il y a pour les princes beaucoup à perdre et rien à gagner à se brouiller avec le saint-siége. Le Régent ne le vouloit pas, et quoique alors il parût dévoué au parti, loin de rompre avec le pape, il agréa que les prélats non acceptants députassent à Rome pour y représenter en son nom et au leur leurs principales difficultés et supplier Sa Sainteté de vouloir les résoudre.

(1716 et années suivantes.) Ces députés furent un M. Chevalier, archidiacre de Meaux, et un prêtre de

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548 HÉHOiniiS DE L'ABBi LE GENDRE.

rOratoire appelé le P^ La Borde. J'ai àéjk dit de cdaici que je ne le coonois pas. A l'égard de M. ChevaKer, comme au retour de Rome il fut fait chanoine de Parie et qu'il a vécu parmi nous treiie à quatorze ans, j'ai eu Unit le lemps de le connoître pour un homme bomé qui avoit peine à s'exprimer, qui peiuoit souvent de travci^, qui sembloit toujours en colère et qui s'y mettoA tout de bon quand on venoit à lui pari^ de son vovage de Rome ou des choses du temps. Quoique ces députés fussent gens obscurs et sans reUef, ce qui ne plaisoit pas à Rome, oi\ on aime pour envoyés des homnaeâ de dignité ou de grande considération, comme ils y étoient allés en partie par ordie du Régent, le pape les reçut avec bonté et leur donna des commissaires pour entendre leurs observations.

Leur instruction portoit : premièrement, de représenter les difficultés (on en comptoit jusqu'à quatorze) que l'on avoJt trouvées en France à accepter la bulle; secondement, de demander des eiplications et, s'ils ne ponvoient rien obtenir, de supplier Sa Sainteté d'approuver un corps de doctrine qu'ib avoieut à lui présenter, afin que, relativement à cette nouvelle instrucUon, on pût avec moins de peine recevoir la constitution. Les comnussaires reçurent les mémoriaux des envoyés fran- {ois, eurent des conférences avec eux et leur permirent de visiter et d'instruire les cardinaux. Ce bon accueil fit espérer aux députés un heureux succès. C'étoit en vain qu'ils s'en (lattoient, Rome ne se départant jamais de sa maxime capitale, qui est d'exiger pour ses décrets une obéissance absolue. On leur dit au bout de six mois qu'avant que Sa Sainteté pâl faire voir ses bimnes intentions sur les demandes qu'ib «voient faites, il étoit nénesMire

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