NËHOMIËS DE L'AUBE LE GENDRE
l'entendre, qu'ils le soufrroient parler des heures cntiâres. Péfoumicr, autre procureur, éloit pitis consulté sur le partage de^ successiong et en matière criminelle iju'aucun avocat du pilier. Cet homme tul assez hardi et assez habile pour entreprendre de justifier la dame de Brainvîlliers, célèbre empoisonneuse, laquelle eut le cou coupé pour avoir fait mourir ses frères el quantité d'autres personnes sur qui elle éprouvoit la force de ses poisons.
S'il y avDJI des gens de mérite dans la petite robe, il n'y en avoit pas moins parmi la magistrature. Combien pourrois-je en nommer d'aussi intègres qu'éclairés qui remplissoient dignement leurs nobles et vastes devoirs! Je n'en citerai que les chefs pour ne pas enimyer par un trop long détail de ce qui regardoit le Palais.
M. Potier de Novion, premier président, fai^oit honneur à sa place par sa magnificence dans son train, sa table et ses meubles. Personne ne s'entcndoit mieux que lui k faire marcher le Palais, ce qui n'est pas une petite affaire. 11 savoit parfaitement la procédure et étoit bon juge. Haranguer n'étoit point son fait; il ne faisoitque de petits discours, >et d'un style si laconique qu'il aun)it mieux fait de les lire que de les prononcer. Sa mémoire étoit si peu sûre qu'elle lui manqua vilainement dans iini^ occasion d'éclat : tous les corps de Paris faisant rlianter un Te Deum en actions de grâces d'une ojiéraliou heureuse qui avoit rendu la santé à Louis XIV. Le parlement fit de même, et après la cérémonie, oà assista le chancelier, la compagnie étant rentrée à la grandchambre, le premitT président voulut haranguer, mais ù-|)einc eût il dit deux mots que la mémoire lui manqua;
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