‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 170 sur 184 · LIVRE HOITIËUE WS · texte numérisé non relu

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et inférieurs qui ne feroient pas leur devoir. SI cette inquisition eût été une fois établie, les provinciaui, les gardiens, les custodes et tous autres officiers n'auroient été quasi plus rien, et ces éphores ou inspecteurs seraient devenus dans la suite des harpies qui eussent tout pillé et autant de petits tyrans qui eussent tout sacrifié ou à leur ambition ou à leur intérêt. On ne pouvoit, dans ces conjonctures, rendre aux cordeliers un plus grand service que de rompre ce coup. J'y réussis en représentant au ministre les suites de cette nouveauté ; le moins qu'il en pût arriver eât été de soulever ces religieux et d'allumer entre eux une guerre intestine qui ne pouvoit produire que des événements funestes. Les patentes du général lui furent renvoyées, avec avis de n'en plus donner de pareilles.

La tentation des dévots ne laissa pas de produire un bien, en ce qu'elle fît si grand' peur aux autres cordeliers que d'eux-mêmes ils se réformèrent. Ceux du grand couvent de Paris y établirent pour toujours une conférence de discipline, qui s'y tient une fois le mois, où se trouvent exactement les plus notables de la maison, où l'on examine les contraventions à l'arrêt, et où l'on cherche de bonne foi les moyens les plus efficaces de maintenir la discipline et de rendre la maison florissante. En même tem|)s qu'ils établirent ces conférences, ils demandèrent au roi, pour y avoir un témoin public de leur sincérité, que j'y présidasse de sa part. Je m'y trouve depuis cinq ans, et on ne peut être plus édifié que je le suis du zèle de ces Pères à concourir au bien. Dieu a béni leurs bonnes intentions et les miennes. Quoique cette maison soit un collège général où il y a cent cinquante hommes, la plupart jeunesse qui y vient

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de toutes les promces, il n'en est pss moins vrai qu'il n'y a point k Paris de maison qui soit mieux réglée. C'est pour moi une grande joie et une grande consobtion d'avoir contribué sans éclat et sans TÎoIence à la remettre dans son histre, et de voir qu'en moins de deux ans toutes choses s'y soient arrangées au contentemeni du roi, du public et des religieux. Mais c'est assez parler des principales commissions dont le roi m'honora en ditrérentes occasions, je reviens aux affaires du temps.

Quelque attention que je donnasse & ces commissions, je n'avois pas perdu de vue les alTaircs de religion, et bien que je ne fusse plus acteur depuis la mort de Louis \rV, je ne laissois pas d'y prendre part et d'en être Informé assez exactement. Eh! comment ne l'aurois-je pas été de ce qui se passoit de plus secret de part et d'autre, ayant continué d'avoir avec les jésuites des liaisons étroites et demeurant en pleine Snmarie! J'appeHe ainsi notre cloître, qui étoit le centre du jansénisme.

Si le cardinal de NoatHes avoit re^ii la constitution, c'étoit, non par persuasion qu'elle fût recevablé de quelque manière qu'on s'y prît, mais pour obéir au Régent, et parce qu'en obéissant, il trouvoit cet avantage que, ne la recevant que relaUvement à im nouveau corps de doctrine, il la rendoit plus méprisable et donnoit occasion de dire : Si avec l'instruction de1714, si avec le corps de doctrine de 1 720 à peine est-elle supportable, ne seroit-il pas plus à propos de la rejeter tout à fait? Tant d'explications qui ne s'accordoient presque en rien l'avoienl si fort défigurée que, prise dans le sens forcé que lui avoient donné ses nouveaux et ses anciens commentateurs, elle scmbloit toute différente de la

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