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aux vicaires généraux gouvernant le diocèse pendant la vacance. Dans les brefs adressés au roi, le pape parle de Textension de la régale comme d'une nouveauté de si grande conséquence, qu'il aime mieux «'exposer à tout que de tolérer cet abus. Dans les brefs adressés à l'arclievèqne de Toulouse', après lui avoir fait une sévèra réprimande, il annule les ordonnances de ce prélat faites et à faire à ce sujet. Dans cens qu'il écrit à l'éTéque de Pamiers, il loue sa conduite et l'exhorte à n'en point changer. 11 confirme dans les autres ce que le chapitre de cette église ou les vicaires généraux ont fait ou feront. lin de CCS vicaires ;;énéraHx, nommé Ccrlc, enhardi par ces brefs, cassa toutes les sentences du métropolitain ; et du fond des ténèbres où il se tenoit caché, insultant à toutes les puissances, il poussa l'audace si loin qu'il fut condanmc, comme perturbateur du repos public, à avoir la tête tranchée, ce qui fut exécuté en effigie.
On peut s'imaginer quelle agitation ces brefs causèrent dans les esprits. Chacun en jugeoit selon ses préjugés on selon les présentions de son pays. Il arrive trop souvent que, sans savoir pourquoi, on prend parti pour ou contre dans les querdtes d'Etat; alors, ordinairement, ou des ombrages mal fondés ou un penchant peu éclairé tiennent lieu de preuves et de raisons. Les uns, condamnant le pape, disoient que mal à propos il avoit menacé de lancer les foudres de lllglise, et qu'il auroit bien mieux valu déférer aux désirs d'un prince plein de religion, que de se brouiller avec lui, au risque de causer un schisme pour chose si peu importante, et qui n'est que de discipline. Que la Provence, le Dauphiné, la Guvenne et le Languedoc
* l* mjlrapalilain Ar Pnmifr».
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ÀA HËHOIRBS DE L'ABBË LE GENDRE,
soient soumis à la régale, disoientces politiques, l'Ëglise en sou (Tre-t- elle plus que de voir ce droit établi dans les autres pi-ovinces du royaume? D'autres disoient, au contraire, que, par complaisance pour le pape et par zèle pour la religion, le roi eût àù laisser les choses en l'état où elles avoient été depuis un temps immémorial, et ne pas imposer une nouvelle servitude à des Églises qui jusque-là en avoient été affranchies. Il y a bien de l'appaparence que si le pape et le roi eussent prévu, au commencement, toutes les suites qu'eut cette affaire, ils ne l'eussent pas poussée si loin. Elle attira au pape un des plus rudes coups que la cour de Rome eût reçus depuis plusieurs siècles, je veux dire la déclaration du clergé de i682,etauroiune guerre cruelle qui lui causa de grands chagrins et qui détrôna Jacques II, roi d'Angleterre. Tel est le sort des hommes, que souvent il échappe aui plus sages, quand la passion les domine, des imprudences qui ne peuvent se réparer.
Dans cette conjoncture, les évêques de France, à l'exemple de leurs prédécesseurs, demandèrent au roi permission de s'assembler pour chercher le moyen de calmer le pape ou pour prendre de justes mesures contre sa colère. L'assemblée fut nombreuse et composée d'hommes recomniandables par leur capacité et parleur vertu. On y examina les brefs, et après avoir pesé toute l'afEaire de la régale, le clergé consentit à son extension. Le roi se relâcha de son càté de ce qu'il y avoit dans la régale de contraire à la discipline et aux usages de l'Église. Ce tem* pérament sembloit plus avantageux à VËglise en général quel' affranchissement de ce droit ne l'avoit été jusque-là aux Églises de Languedoc. Cependant le pape en fit un nouveau crime, et sa réponse à la lettre que rassemblée
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Itii écrivit fut un bref fulminant qui cassoi t ce qu'elle avoit fait.
Les nouvelles aigreurs faisant tout craindre île la part du pape, les évëques, pour donner des bornes à son zèle, en le faisant ressouvenir quelles sont celtes de son pouvoir, prirent enfin le parti de publier leurs sentiments, et d'apprendre ait peuple à respecter l'autorité du vicairo de Jésus-Christ, mais à n'en point craindre les menaces, quand elles dopassent les justes limites. I.c clei^é déclara donc : 1* que le |>ape ni même l'Eglise n'ont aucune puissance absolue on indirecte sur le temporel des rois, et que conséqiieinnient les rois ne peuvent être déposés ni leurs sujets absous du serment de fidélité ni par l'Église ni par le pape ; 2° que les conciles généraux sont supérieui-s au pape; 3" que l'usage de sa puissance doit se régler par les canons ; 4° que ses décisions, en matière de foi, ne sont point absolument sûres que l'Ëglise ne les ait accî^ptées.
La première de ces quatre propositions étant la plus intéressante et la plus à la portée du roi, l'arcbevéque, peu après que j'eus commencé de le voir, me fit faire en franfois un dialogue pour la prouver : premièrement par l'Ecriture, où clic se trouve clairement; secondement par la pratique des premiers siècles de l'Ëglisc : voit-on, en effet, que les premiers chrétiens se soient crus dispensés du serment de lidélité qu'ils avuient fait aux empereurs, et que les papes les en aient absous? Ce traité étant un peu long, je le réduisis à une page, pour que le roi en Idt le précis avec moins de répugnance. Qui le croiroit? Louis XIV, le monarque le plus reiionvné de son temps, avoit été si mal élevé, qu'à peine savoit-il lire et écrire. Un heureux naturel suppléa à ce
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qui lui maiiquoit du cdlé de l'éducation. On ne sauroit toutefois disconvenir que ce n'ait été un grand rni; il avoit 3CS défauts comme tous les hommes ont les leurs ; mais ce qu'il y avoit de bon en lui surpassoit de beaucoup ce qu'il pouvoît y avoir de petit et de médiocre.
La déclaration du clergé ne fut point d'almrd applaudie; loin de là, plusieurs l'attribuèrent à la lâcheté, dînant que c'étoit l'effet de l'obéiasancc servilc des évcques pour les volontés de la cour; d'autres trouvèrent qu'il n'y avoit ni prudence ni honnêteté à s'élever de gaieté de cœur contre les prétentions du pape, dans le temps même que le pontife risquoit tout pour soutenir les leur». Ce soulèvement, qui étoit quasi général contre les prélat» de l'assemblée, produisit des écrits piquants ou M. de Harlay était le plus maltraité, parce qu'on le rejjardoit comme le premier mobile et quasi comme l'unique auteur de tout ce qui s'y étoit fait. Les prélats qui en avoient été étuient les premiers à le dire, nommément M. Le Tellier, arcbevèquc de Reims, elM. fios> snet, évéque de Meaux. C'éioit par ressentiment de ce <|ue M. de Harlay leur avoit, disoient-ils, fait jouer, malgré eux et par jalousie, un rôle important dans l'assemblée',
M. Bossuct avoit été précepteur du Dauphin, et passoit pour être très-savant, et le pape, soit croyant faire
■ Ia d^lantion •\e 16M3 e>l eolièrement dtna la tradition du derRirntncaii et dans l'ecprit noliongl de noire paya; et lea pcincipei qu'elle |iruckame sont né<:e9«aires 1 tout Etat <:alholi(|ae qui veut reatvr iiidi'pcnduii. Dis le Ireiiiùme «ikle, wnt Louia. d'gcccrd aiet le clergé de France, anil déji limité la puiauuce du eainl-aiége en reculint h célèbre ordonnance dite de pragimatiquc sonction. qui Cul une protcstalton .'■datante conirc Icî ujiirpalion» de l'Ëgliic el une fof.c .1c déclarBlioti d'indépenilatKe. [Seledel'Eilileur,]