LIVRE DEUXIÈME
[ilaîsir au roi, soit pour couronner la profonde capacitû de M. BosHUet, étoit fort disposé à le faire cardinal. M. de Reims, malgré une première lentative inutile, ne désespéroit pas de l'être. La reine Christine qui, après avoir abdique la couronne de Suède et abjuré le luthéranisme, s' étoit retirée à Roroe, ayant rats à l'enchère un chapeau de cardinal dont on lui avoit laissé la disposition, M. Le Tellier, alors coadjuteur de Reims, avolt fait SCS offres ; mais comme elles étoient moins fortes que celles d'un riche Génois, celui-ci )' avoit emporté '. H. Le Tellier n'espéroit pas moins d'être revêtu de la pourpre par le crédit du marquis de Louvois, son frère, par la considération où étoit le chancelier leur père, et par les intrigues des jansénistes qui se faisoient fort de Casoni et des autres confidents du pape.
Comme c'eût été un grand chagrin pour M. de llarlay de n'être point cardinal et que ces prélats l'eussent été, on disoit que malicieusement il avoit suggéré an roi que, pour donner un plus grand poids aux résolutions qu'on devoit prendre dans l'assemblée, on y avoit besoin de deux hommes aussi savants et aussi accrédités que M. de Reims et 51. dcMeaux; et que ce fut dans celte vue qu*à l'ouverture de l'assemblée, M. de Harlay, qui en étoit le président, donna à ces deux prélats, sons prétexte
La rimoDie, qui esl le Inlic de* cbotu racrf'C!, est l'tcle te plus ovilUtaiil |Mnir la religii» qu'on pujue Imigincr, cir il la fait doeendre «u niTeiD d«i objel* les pliu vils, bea niarclunda qM JéinsXhrut chMsaîl du temple D'y Tendiient du mMila que dea objets de leur commerce, landia que h TeUte d'un chapeau de cardinal eat la veole de l'élise elle-ménie. puiaqnc aon chef MHiTerlin , qui est le pape, foiane des cardinaux qui rjliaenl. Le bit que cite ici Le tiendre eat. i mi dire, un énorme mcri- Mge, el Doire alÂé ne parait pas a'en duuler. et aca conlemporaina n'i ont pas songé plui que lui. {^9le ierÉIIUmr,]
48 HËHOIRES DE L'ABBË LE GENDRE,
de leur faire honneur, à M. de Reims la discussion de la régale, et à M. fiossuct le soin de dresser les quatre articles contre le pape, afin que par là ils se rendissent si odieux à la cour de Rome, qu'elle ne pensât jamais à eux. Quoique M. de Reims eût peu étudié, il ne laissoit ])as d'avoir beaucoup appris en des conférences fréquentes avec des gens habiles qui étoient à sa solde, l'our M. Bossuet, il étoit foncièrement savant ol l'étoit devenu par son propre travail. Cette assemblée fut un .écueil uîi échoua l'espérance de l'un et de l'autre.
Leur animosité contre M. de Harlay et celle de bien d'autres geaa autorisant en quelque soi-te les faiseurs d'écrits satiriques, ces libelles se multiplioient tellement cpieM. l'archevêque en recevoit presque toutes les semaines. Dans les uns, on lui reprochoit ses prétendues (galanteries '; en d'autres, on lui écrivoit que ce n'éloil
< Se* prétendues gaUmteriet! Elles êUient rfeli««, lei IfmoJitnagcs uiDlemponins ne permeKenl pu il'en douter. Nadame de Scudfr] écril ■ Buisy, le 13 juillet 1675 : i II. de Paris, i qui H. Colbert doniu l'autre jour un régil, ; mens madame de BretuBiitliers et toa mari. Comment que raient lei choses, j'aime as.tei ceig, car on y roiL de l'innocence ou de la force d'une grande passion, i [Corrapoudance de Beger de Raàulin.cemlede Btuty, tome Itl, page âO.Mtion de la Bibliothèque Charpenlier.) Bussy répond le I j juillet ; i Cela eri avseï éLnngv qu'on n'ait |>u soulTrir le scandale du... et de madame de..., et qu'on soufTre celui de M. de Paris et de madame de BrelonTilliiTs; ar, quoique le rnnri de celle-ci suit plus docile que celui de l'autre, il est toujours contre la bienséance i un éiâque d'élre sans cesse avec unr jolie femme, > [Hiimc ouviage et même édition, tome 111, p. 52.) — Kadame àf Sénigoé jiarle en cet termes de H. de Harlay : a On dit que Sa Hajesté ae lasse lie H. de Paris et de sa vie : il sera quitté comme lo» maîtresse». ■ (Lettre du 30 juin lOttO.) t On croit U. de Paris interdit; il ne dit plus In messi' ; il faut un sacrilège au peuple pour remettre le prélat en bonne répnUlion. » (Leitrc du '24 juillet 16811.) i U mort de H. de l'arb TOUS aura infailliblement surprise, il n'| en eut jamais de si prompte. Madame ue Lesdiguiùrcs a él^ présente i ce apectacle ; on assure qu'elle ctt médiocrement afll^Ée... U s'agit Dialntcnaot de IrouTer quelqu'un
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