‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 28 sur 184 · I.IVRK DEUXIÈME · texte numérisé non relu

I.IVRK DEUXIÈME

ayant à droite et à gauche les docteurs qui dévoient parter. Un d'eux praposoit la question et l'agitott longtemps avant que de la résoudre; un autre proposoit Icsdiflîcultés; un troisième y répondoit; un quatrième examinoit les objections et les réponses ; ensuite M. l'archevêque reprenoit ce qu'on avoit dit, et, après avoir discuté avec autant de précision que de netteté ce qu'il y avoit de douteux, de certain, de faux et de vrai dans le pour et le contre, il appuyoit la résolution du cas avec une surabondance de preuves toutes Heuves tirées de l'Ëcrilure, des conciles, des Pères et de Tite Live. Il parloit avec tant de grâce, tant de feu, tant de majesté, souvent une heure durant ; il s'énonçoit en si beaux termes, tantôt latins, tantôt françois, et disoit de si belles choses, si curieuses, si recherchées, que les gens qui n'étoient venus qu'à dessein de le critiquer (ils étoient sans doute en grand nombre) ne pouvoient s'empêcher d'admirer son érudition et de se récrier comme les autres sur sa mémoire. Je n'ai point connu d'homme qui l'eût si heureuse. On l'a TU dans ses derniers temps réciter, sans broncher d'un mot, des passages de plus de vingt lignes, surtout de saint Augustin, quand l'occasion s'en préscntoît. Ces vives, ces générales, ces sincères acclamations firent taire pour longtemps ses ennemis, ses jaloux et ces atrabilaires, qui souvent, sans savoir pourquoi ou croyant se faire valoir, crient sans cesse contre les gens en place et trouvent plus ou moins à mordre en tout ce qui excelle. Les hommes choisis qui parloient dans ces conférences, quoique eflacés par le prélat, qui leur étoit suj>érieur autant par son mérite que par sa dignité, ne laissèrent pas d'yacquérir une grande réputation. Les plus connus d'entre eux étoient MM. Nicolas CoquelaJn, chancelier de .

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l'église de Pans\ Pierre Courtier, théologal, Edmond Pirot, qui succéda à Coquelain dans la dignité de chanctv lier, Jean Robert, qui peu après les conférences fut chanoine pénitencier') Jacques Sachot, curé de Saint-Gervais, et Nicolas Gobillon, curé de Saint-Laurent. C'étoit oc qu'il yavotlde plus trié dans la Faculté de Paris.

Coquelain savoît beaucoup et parloit avec dignité ; il avoit été précepteur de M. Le Tdlier, archevêque de Reims ; et c'est lui qui fut envoyé faire des propositions à la reine Christine de Suède pfliir le chapeau de cardinal dont elle pouvoit disposer. Il avoit du mérite et bien autant de vanité; il en eut jusqu'à la mort. Je me souviens qu'avant do recevoir le viatique, il nous fit luimême son éloge, s'appliquant ces mots de saint Paul : « Bonum certamen eertavi, eurmm consummari, fidem gervavi, in reliquo reposita est mihi corona juitilix >

CourCier avoit bien autant de vanité, mais moins Ar morgue et de hauteur. C'étoit un homme délié, peut-être trop : passer pour si fin n'est pas un bon renom en quelque profession que ce soit; quoiqu'il fût né fort pares-

* La ehaneeliertdet^glita éuieul dnecclftîastiqueiqul, dinsrer- Uina égliKa cntbfdnles et oollj^ilm, tvùent l'impection aur lu ècula el étudo. Le ehaneeUer de t'églUe de Parit ou de Notre-Damg rfunisuil en n perionne l'orbce ie chtmcelîer de tVnitertiU. — Lonqu'i Piria l> lieCDM de» IbMogiens el Art jludiiols ea médeciae était Baie, ili éUieot prfeeDtfs «i cIudccIîct de Holrc-Dimii i»ta U «allé de l'orGciililé ; el quolquei jours aprèi il leur donnait, dini la chapellp de rardtevfcbé, la bénédiction et la licence d'enwigner. Il donnait en mi'me lempi le Iwnnet de docteur *ut théologiens.

* Chanùàie péniletKier. • Le caiicilr> de Utran de l'an t'215 ordoDiu i louï les i^vc;i)ucs d nvuir un pi^nittiicier. Il y en avait déji d'établis d*ni l'égliie (omaim et dioa d'autres église». Le concile de Trente le» a depuia érigéi en titre. Ces pénilencicrs sont principalement établi» pour absoudre des caa if sériés î l'éréque. [Dktiomuiire as Horéri.1 On appcl'il le pénitencier, l'oreille de ré>A|tte.

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