‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 30 sur 184 · LIVRE UEUXIËNE. Gl · texte numérisé non relu

LIVRE UEUXIËNE. Gl

selon eux, l'Ëglise en a peu profité, et l'Etat y a> beaucoup ])érdu : combion, disent-ils, ii'est-il pa» sorti du royaume, à cette occasion, d'hommes, île feinnics et d'enfants I Combien n'en est-il point !<orti d'or, d'ar),'cnt et de pierreries! Combien de braves hommes, soit soldais, soit officiers, qui ont été renforcer les armées de uos ennemis! Combien d'excellents ouvriers qui sont allés en Brandebourg, en Suède et en Danemark, établir des manufactures qui atliroienl en France des sommes immenses 1 A la vérité, il s'est fait à cette occasion des milliers de conversions ; mais, parmi ces conversions, combien j en a-t-il eu de sincères et de véritables^

D'autres gens, au moins aussi sages, raisonnoicnt bien différemment , et trouvant un bien infini pour l'Ëglise et pour l'Ëlat dans l'extinction du calvinisme, ils regardoienl cet événement comme le plus important et le plus glorieux du règne de Louis \1V ; du moins il n'en est aucun qui ail plus fait éclater le pouvoir de ce prince et sa religion. S'il avoit eu moins de pouvoir il n'en seroit pas venu à bout; et s'il avoit eu moins de zèle, il n'auroît osé l'entreprendre, tant il y avotl d'obstacles à vaincre '.

' Penonne ne prendra au alrieui Ici an^i'iM i]<k npporle ici VêViii Le Gendre en hveur de li ré*ooliiin de l'édit de Hintes. Cel acte est ■ la (oii II pliu grande TaiiU el le fiât grand crime des Icmps Diodemei, ou pluldt c'eil un million de ciiniei, puisqu'il altclgnil environ ce nombre de viclimct. Rien ne le moUiail; la lutte innée enlre les deux grandes communions chrétiennes était déjà depuis longtcmpi terminée, et les diisennona religieuses n'avaient lieu qu'entre calliollquc» par col «•prit d'atMluiiiDie, de ralfinenienl, d'ei^lerie et de lablilité qui eat M loin de la aioiplidtâ et de la loyauté évangéliques. Cel acte uuvage prouie, lai leul, combien Louis StV était en réalité au deswui de la répéta tion que l'éclat deg premières annJea de ton règne lui avait faite. Il le dépouille de cette fausse auréule de grandeur dont on a'élsit plu, lui le premier, il l'enloorer; il en fait un ennemi de ies propres tajcU. l't

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Ht HËHOIHKS UË L'ABBË LK GENDRE.

Depuis que Henri IV eut accordé aux huguenots, autant par reconnoissance que par nécessité, le célèbre édît de Nantes; depuis que la reine, aa veuve, pour dter à ces séditieux le préteste de se révolter, leur eut confirmé cet édit, cette faction devînt si puissante, qu'elle fiiisoit en quelque sorte un État séparé en France, Ëtat qui se gouvemoit comme une espèce de république, Ëtat qui avoit ses places, bcs troupes, ses chefs et ses lois. Louis XIII, pour réduire ces mutins, qui ne pouvoient se contenir, leur fit une rude guerre et rasa beaucoup de leurs places. Du reste, il ne toucha ni à leurs tonples ni à aucun des privilèges dont ils jouissoient par les édits ; ce qui leur fît croire que ces édits étoicnt des lois perpétuelles et comme des traités d'alliance. Ils se Ironipoicnt fort, ces édîts n'étoient que des grAces et des concessions qui, n'ayant été accordées que dans la vue du bien public, pouvoient dans lu même vue, en des conjonctures différentes, être révoquées par le prince.

Louis XIV en étoit si persuadé que, sitôt qu'il eut commencé à régner par lui-même, il forma )e dessein de miner cette faction et, pour le Faire en prince sage, de la détruire peu à peu et de l'anéantir par degrés. Sollicité par le clergé, à qui on faisoil tenir tel langage qu'il cuuvenoit, il donnoit, selon l'occasion qu'on faisoit naître ■ assez souvent, des arrêts ou déclarations par lesquels, pour contraventions, on rasoït les temples et in-

l'iiidignc petil-lils d'Henri IV. Toutliomnic de eenaqui plOlIg■:^«> reganls ihni le ftai <1« iiDire bùtoire découire , dini celle funole rérouliop de I ùdil de Ninte», It source de loi» les omui qui oui pné lur n«lru frjt, et qui l'ianient iccablé um u |)uisswlc vîulilé. [tioU <U l'Ëii' letr.)

> Cel BTeu es! neuf, nid et curieui. {Stit de FKiOlMr.]

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