LIVRE UEUilËME
terdtsoit les miaistrea. Les cboBes iasensibleiueat eu étant venues à ub point qu'il ne restoît quasi plus que l'ombre à l'édit de Nantes, M. l'archevêque, soit par zèle pour ta religion, soit pour faire oublier les différends avec la cour de Rome ', redoubla ses instances pour le Taire réToq[uer. Quand les princes sont mal avec Rome, c'est alorsqu'ib témoignent plus de zèle pour la religion, de peur que le peuple ne les accuse de n'en point avoir en les voyant brouillés avec le pape qui en est le chef.
Pour préparer les voies à la révocation des édits de Nantes et de Nîmes, H. de Paris avoit Tait ordonner dans l'assemblée du clergé en 1682 qu'il seroit dressé un aver* lisBement pastoral pour eiborter les huguenots à se convertir, et dans celle de 1685 qu'il en so'oit fait un second pour les désabuser des calomnies atroces dont on avoit, depuis le schisme, noirci ta foi des catholiques. J'eus part à ce second écrit, et, pai' mes bons otlices, le Père théatin qui m'avoit introduit à l'archevêché (ce Père faisq^t les controverses depuis longtemps) fut associé à ce travail. 11 fut bien payé de ses peines : M. l'archevêque, qui régloit seul les frais communs à la fin de chaque assemblée, lui fit toucher trois cents pistoles. LePère en fit un bon usage, il en acheta des livres et employa le reste à orner son appartement et à s'y procurer les petites commodités qu'un prêtre et un religieui peut avoir honorablement .
L'édit de Nantes révoqué, M. de Paris ordonna aux curés de cette grande ville d'envoyer leurs ecclésiastiques chez les huguenots de leurs paroisses pour tâcher de les ramener. Non content de cette précaution, il asserabhi sept à huit cents confesseurs ou prédicateurs, qu'il dis*
' PlotAt ce motif que le précédeut. oininie le pruuve Id réUeiion qui *icnl «près. (A'»{« de CBditnr.)
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64 HÉHOIRES DE L'ABBË LECEHItRE.
tribua dans les (iroTÎnces selon le besoin qu'elles en avoient. Ces missionnaires ne Turcnl pas tous forl bien reçus parce que les eTèques et archevêques, du moins la ]>lupart, étoient jaloux et indignés que M. de Paris, prenant des airs de patriarche, les leur eût envoyés sans qu'ils les eussent sollicités. Il y eut des prélats qui les renroyèrent sur-le-champ, prétendant qu'ils avoient chez eux plus de monde qu'il ne leur en falloit pour instruire les huguenots. Levéque de Viviers, homme à l'antique et qui, comme vieux soudard qu'il avoit été autrerois, portoit encore une cravate avec des rubans rouges, ayant ouï le compliment du harangueur missionnaire, lui répondit en patois du pays, et comme le harangueur supposant que le bon prélat, qui depuis un long temps n'étoit point revenu à Paris, avoit désappris le francois, lui parla ensuite en latin : « Si vous et mes peuples, lui dit l'évéque en colère, ne vous entendez pas, que venezvous faire ici, sots que vous êtes? »
Quoique M. de Uarlay ait beaucoup contribué à l'extinction du calvinisme, il y auroit de l'injustice à lui en donner toute la gloire, les minisires de Louis X IV ayant eu part à préparer ou à achever cette grande œuvre. A cette occasion, je dirai ici en passant ce que j'ai appris d'eux par gens qui les ont connus particulièrement.
De cinq ministres qui jusque-là avoient si bi^ servi l'État, M. Le Tellierétoit celui pour qui le roi témoignoit le plus de considération. En parlant de lui, il disoit toujours monsieur Le TelHer; au lieu qu'en parlant des autres, Une les appeloit que Lomois, Colbert, Lionne, Sfignelay. Cette distinction venoit de ce que le roi, dès son bas âge, avoit ouï la reine sa mère et le cardinal Mazarin exalter la ûdêlité que M. Le Tellier avoit eue pour eux.
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