M HÉHOIRGS DE L'ABBÉ LE GENDRE
avoit réussi dtis sa première jeunesse. L'oncle et le neveu
étoient de famille noble et ancienne du Dauphiné.
Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des 6naDGes, surintendant des bâtiments, ministre et secrétaire d'État. Quoique né fils de marchand, il avoit l'âme grande et le génie élevé ; sous lui et par ses soins, les métiers, les arts, te commerce devinrent Hnrissants. Les finances Furent tenues par lui en si bon ordre, que, sans surcliarf^er les peuples, il trouva toujours, ilamt l'é|>argne, des fonds plus que sullisants pour soutenir une grande guerre, et pour fournir à la dépi>nse des plaisirs et des bâtiments d'un roi jeune, somptueux et magnifique.
Ce ministre étoit un grand homme, à la foiblessc près de se piquer de haute naissance, jusqu'à soulTrir qu'on le flattât de descendre d'un prince d'Ëco^RC. Les preuves s'en trouvci-eiit dans le cabinet du sieur d'Uozier, qui étoit en rcpulation de créer des généalogies à ceux qui le payoieiil bien. Quelle faiblesse |)our un homme d'État tel que l'étoil M. Colbert! J'aî ouï dire à des gens de Reims que son père, qui en éloit, y avoit tenu boutique ouverte.
. IjB marquis de Seignelay, l'ainé des lils de ce ministre, ne cédoit en rien à son père. C'est le fils, à vrai dire, qui avoit mis la marine sur un si bon pied que l'armée navale de France, sans aucun secours étranger, défit deux fois entièrement, en 1690, les flottes d'.4ng1eterre et de Hollande jointes ensemble. C'est lui qui proposa l'expédition de Gènes en 1684, et qui l'exécuta avec une prudente intrépidité. Heureux s'il eût eu autant de conduite dans ses mœurs qu'il en avoil dans les affaires! Les plaisirs l'ayant épuisé, il fut longtemps à languir et mourut à trente-neuf ans. lu talent qui le fuisoit briller au Cou-
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