‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 35 sur 184 · MÉMOIRES DB L'ABBÉ LE GEM>RE · texte numérisé non relu

MÉMOIRES DB L'ABBÉ LE GEM>RE

gré eux, les principaux acteurs de l'assemblée du clergé en 1682. Le pape cberchoit un homme qui lit honneur à son choix, et dont le choix fût en mémo temps désa* gréabic à la cour qu'il vouloit mortifier. Les dévols proposoient l'abbé de la Trappe, les jansénisteE H. l'abbé Arnaud, (Par un respect particulier, les amis et les ennemis n'ont point jusqu'à présent appelé ce docteur autrement que montieur Arnaud.)

Les jansénirtes ont toi^ours eu plus ou moins de crédit à Rome, soit par l'argent qu'ds y répandent, soit par leurs artificieuses pratiques. Ils y étoienl en faveur sous Innocent XI, à cause qu'ils applaudissoient à toutes ses idées et surtout parce que, irrités contre le roi qui ne leur étoit pas favorable, ils se déchainoient contre lui. Os ont dit et écrit que le chapeau fut oR'ert à H. Arnaud, et que par modestie il le refusa. Comment croire que Innocent XI, au risque de rendre sa foi suspecte, chose fort à craindre pour un pape, eût voulu faire cardinal un homme toujours réfractaire aux constitutions du sainlsiége, le chef d'une cabale qui méprisoit ces constituions, un homme qui avoit mis le trouble et qui l'entretenoit dans les Eglises de France et de Flandre'?

Ce n'est pas que M. Arnaud ne fût digne par sa talents, s'il en eût fait un bon usage, d'être revêtu de la pourpre. On ne sauroit disconvenir que lui et l'abbé de la Tra|>pe, Armand-Jean Le Boutilhier de Raucé, n'aient été, chacun dans son genre, deux des hommes les plus distingués du siècle passé. Tous deux c^èbres par l'édat de leur vie et par leur capacité; l'un et l'autre avotenl infiniment d'esprit; si l'abbé l'avoit plus brillant, le docteur l'avoit plus solide. L'abbé écrivoit avec plus de délicatesse et le docteur avec plus de force ; personne

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