‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 49 sur 184 · LIVRE TROISIÈHE · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈHE

plus souvent, n'ont ni le temps, ni la volonté, ni le talent Ue faire ce qui sert de prétexte pour les leur donner. H. Robert, pénitencier de Paris et professeur en théologie, avoit mille francs de pension pour écrire l'histoire de c« que Louis \1V avoit Tait en faveur de la religion. Comment cedocteur s'y seroit-il pris, lui qui n'avoit jamais écrit? et quel temps y eût-il donné, lui qui n'en avoit pas assez pour remjJir les devoirs de pénitencier et de professeur? Le poète Martignac, qui avoit été précepteur du marquis de Cbanvalon, neveu de M. de Paris, ne aavoit le latin que médiocrement et quasi point de grec; Martignac avoit cependant une pension de deux mille livres ci en jouissoit depuis cinq ans pour revoir sur le grec h traduction latine des œuvres de saint Chrysostome '.

Un soir, l'envie m' ayant pris de parcourir la liitte des pensionnaires du clergé, qui étoient eu grand nombre, je n'en trouvai pas six, hors les ministres convertis à qui l'on donnoit peu de chose, qui me parussent mériter le quart de leurs pensions. Ces prodigalités des assemblée» précédentes, qui avoieut épuisé les fonds, ayant mis l'assemblée de 1600 dans une impuissance absolue de faire des gratifications, les députés, principalement du premier ordre, en furent de si mauvaise humeur contre les pensions en général, qu'ils étoient bien plus disposés à uyer toutes le» anciennes qu'à en accorda de nouvelles. C'est ce qui fit cpie je n'en eus point et que M. de

ier au travail de H. Chéron ion on ne pressAtM. Cbéron

Paris ne songea plus à m'associ dans la crainte qu'à cette occasi de rendre compte de son travai

> Uirtignic (Êlieane Algayde], né en 163n, mort en 1698. Sei tnildclioiu ne wDt pu plui esLimées quu let poéiin. C'est lui qai rédige* l'oavnge coaait soia le non de Mémoire* de Gatton, duc d'OrUaut.

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lOU NËMOinES DE L'ABBÊ LE GENDRK.

A voir trente-deuic prélats, autant d'abbéu, et quatre agents assemblés enTiron pendant six mois, à juger par ce qu'il en coûte de ces assemblées, qui ne croiroit qu'on s'y occupe d'affaires des plus importantes? Cependant on y est souvent à ne rien faire, et les choses qu'on y traite intéressent peu ou point ceux qui en payent les frais énormes. Principalement à l'égard des grandes assemblées qui payent cette dépense, aussi bien que les dons gratuits, les décimes et toutes les autres taxes ? C'est le clergé du second ordre, chapitres, abbés, prieurs, curési chapelains souvent. Non-seulement les évèques n'en payent quasi rien, mais il y en a, à ce que l'on dit, qui profitent du surplus de ce qu'ils imposent : combien de fois ai-je ouï dire d'un évéque du Mans que le reveoant-hon des surtaxes qu'il imposoit lui valoit douze mille Irancs par an7C'éloit de quoi aider ses neveux, qui n'étoient pas riches, et payer l'or potable avec quoi un moine, qui se disoit un Esculape, l'a fait vivre quatre-vingt-dix ans.

De quoi communément traite-t-on dans les assemblées? Des entreprises des huguenots? Il n'en est plus question. On y traite des entreprises des chapitres, de celles des réguhers, de celles des juges laïques, du res. pect qui est dû aux évèques, du rang qu'ils doivent tenir, de l'habitqu'ils doivent avoir dans les cérémonies, ou publiques, ou particulières. Ces difTérents sujets ou autres s«nblables, qui occupent ordinairement presque tout le temps d'une assemblée, n'intéressent que les évèques. Ne seroil-il pas juste qu'ils portassent la meilleure part de ce qu'il en coûte pour la tenir, ou plutôt le tout? Uu'ont affaire de pauvres curés, des couvents pauvres, dos cb^>elains et aulres gens qui ont peine à vivre et qui payent néanmoins leur part des impositions, que

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