‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 52 sur 184 · LIVRE TBOiSIÊHE. lOS · texte numérisé non relu

LIVRE TBOiSIÊHE. lOS

veur ; il sait se l'attirer par de magoifiquos repas, par des sommes pins ou moins fortes qu'il sait prêter à propos, selon le crédit des emprunteurs. Le bel emploi d'être receveur général du clergé de France, emploi honorable qui ne coûte à obtenir que des promesses et des présents, qui n'est point sujet à recherche, qui donne liaison avec les plus grands seigneurs, et qui vaut tous les ans & un homme de bien quarante mille écus, à \m corsaire tout ce qu'il veut !

Hors M. l'archevêque, il n'y avoit personne dans l'assemblée du clergé de 1690 qui fût rompu dans les affairee ; hors lui, il n'y avoit personne qui fût ai réputation d'un mérite extraordinaire.

M. Fortin de La Hoguette, évéque de Poitiers, nommé à l'archevêché de Sens, éloit un petit homme chagrin qui eihala sa misanthropie, au commencement de l'assemblée, à déclamer contre le luxe parce qu'il n'aimoit point la dépense ; à crier contre les pensions, de regret de n'en pouvoir donner ; k faire des plaintes amëres contre certaines gens; il entcndoit parler de M. de Paris, quidepuisun long temps tyrannisoit les assemblées '.M. de Harlay, soit par un généreux mépris, soit pour ne se point commettre avec un homme qu'il regardoil conmie fort au-dessous de lui, pour le mérite et pour le crédit, ne fit pas semblant de l'entendre ; mais pour le faire taire

l'trclmdché, luui uil-il m procédure. Voyant eoK^e est celui qui eniGod le compte, c'eil b ptrtie idTerM du rendant compte. L'instance étant \iia, l'ojant n>umit ses débat» contre' le compte, et le rendant Toiirnll tes la^émeoienlê contre le> dibelsde l'oyint. C'ert nin«i. encore ■uiourd'huî. que cela le pratique et le dit.

' Sciol-Simon porte de ix prélat un luire jugrment; il tante <• la pureté de MB micurii, In probité de la conduite, l'issiduilé dantsesiliocèwi. ■ Cette dernière qualité ét*il rare parmi le* préUts d'alors.

104 NËHOiRES DE L'ABBfi LE GENDRE.

il làciia après lui M. de Cosnac, nommé à l'archevêché

d'Ais '. Celui-ci éloit regardé comme un des espions de

M. de Paris et comme un enrant perdu, si j'ose m'expri-

mer ainsi, donl cet habite président se serroit dans les

occasions pour brusquer une altaire qu'il n'auroit osé

proposer.

M.deCosnac méprisoit M. de La Hoguette, et tout nouvellement ils avoient eu un différend au sujet de la préséance. M. de Cosnac la prétendoit comme étant plus ancien évéque, et U. de La Uoguette comme étant nommé avant lui à la dignité d'archevêque. Quoique jusqu'alors c'eût été par l'ordre du sacre qu'on eût réglé ces différends, le roi, pour faire d'autant plus d'honneur à sa nomination, décida contre M. d'Aix. 11 y eut bien des gens qui y trouvèrent à redire et plus «icore en ce que le roi eût jugé une contestation qui naturellement n' éloit point de sa compétence. Les bravades de M. d'Aii, ses impétuosités désolèrent si fort le pauvre M. deLaUoguette, qu'après une foible résistance il changea tout à coup : de censeur outré qu'il avoit été jusque-là, il dé- ■ vint fade adulateur jusqu'à en être ridicule.

Dans la crainte de n'avoir plus d'occasion de parler de lui, je le louerai ici d'avoir été assez modeste pour refuser le cordon bleu ' après y avoir été nommé, disant qu'il ne se croyoit pas de naissance à le recevoir. Son |)ère, appelé Fortin, soi-disant sieur de La Hoguettc, petite métairie de deux ou trois cents francs, étoit un bourgeois de Caen et président de l'élection, qui raérila

< CcKnic (Daniel de), mort le 23 janvier 170S. C'eil de lui que I* iocUli de thitiûire de France a publia Ica Ménioirei,

■ U cordon bleu des cbeviliere de l'ordre dn Soial-Etprit Equitum tarquatormn ordinit Saneti Spîrilia vitia ceentUa.

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