LIVRE TBOISltHE
par sa sagesse d'être sous-gouverneur des fib du duc de Longuerille. Ce duc, qui vivoit en prince, ne voulant avoir que des nobles pour ses principaux officiers, obtint des lettres de noblesse pour le sous-gouverneur de ses fils. La Hoguette père étoit un homme de si bon sens, qu'on a imprimé plusieurs fois les leçons que par testament il » laissées à ses enfants '. C'est H. de Pérélixe, leur oncle maternel, préw^iteur de Louis XIV, ensuite archevêque de Paris, qui les mit en route pour faire fortune.
M. de Cosnac, évéque de Die et de Valence, étoit nommé à l'erchevéché d'Aix ; de cinq archevêques qui se trouvoient à cette assemblée, il n'y avoit que M. de Paris qui le fût en titre ; les antres n'éloient que nommés. M. de Cosnac étoit un homme tout de feu; je n'en ai point connu qui eât plus de vivacité ; il avoit de l'esprit, mais un esprit folAtre qui badinoit dans les choses les plus sérieuses, et qui négligeoit trop les bienséances de son état. Mal lut en prit en plus d'une occasion. Ennuyé d'être dopuis dix ans relégué en son évéché pour indiscrétions un peu fortes, il avoit enfin obtenu permission de venir à la cour par la protection de M. de Paris, qui lui avoit, quelque temps après, procuré l'arclievéché d'Aix.
Un jour que malheureusement il se trouva à une bagarre en équipage d'homme du monde, il fut mis en prison. Il eût bien voulu en sortir sans dire qui il étoit; mais ilanslacrainted'y séjourner et d'essuyer peut-être quelque
' Cetouingc i eu, en elTet, plusieura édilion». Il porlo pDor tilre : Trttament ou corueil» fldèU» it an prrt à se$ enfant*. (A imt coalenvt platlevn nùOTinnwntf ekrêiitnt, moraux et pratique; |>ar P. Foriin, uigneur de L* Hognellc.
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1M NËHOIRES DE L'ABBË LE GENDRE,
chose <le pis, il fut au troisièaie jour conlraÎDt de se démasquer. Il y avoit du tempe qu'il étoit évAque de Die et premier aumânier de Monsieur, frère de Louie XIV. L'emprisonnement de ce prélat fit beaucoup crier ses confrères, moins contre lui, quoiqu'il semblât le mériter, que contre la cohorte qui l' avoit arrêté. Ds uemenafoienl pas moins que d'excommunier l'eiempt ellespousseurs; mais, outre que ces sortes de gens, qui ne sont la plupart que des gens de sac et de corde, craignent peu les foudres de t']<)giise, c'est que juridiquement on ne pouvoit les lancer contre eux, puisque, loin d'être en faute, ils n'avoicnt fait que leur devoir en arrêtant un étourdi qui troubloit le repos public. Si à cause de sa révolte ils le houspillèrent trop vivement, il ne devoit s'en prendre qu'à lui. Les évéques eurent beau gronder, la cour et la ville ne firent que rire de cette histoire tragi-comique. Je la tiens de M. de La Hoguette, qui la contoit avec plaisir à qui vouloit l'entendre.
De longtemps il n'y avoit eu bonune qui eût fait un plus grand chemin ni plus rapide que H. Le Goux de La Berchère. En moins de cinq à »ix ans il devint successivement évéque de Lavaur, archevêque d'Aix, archevêque d'Alby, et, quelque temps après l'assemblée, archevêque de Narbonne. Ëtoit-ce un homme à talents? S'il en eût eu de distingués, les jésuites se seroîent bien g^és de le metlre en si grandes places : ils n'y veulent que des gens médiocres qui se laissent gouverner et sous le nom desquels ces Pères gouvernent eux-mêmes r%lise de France. Jaloux de tout l'esprit et de tout le mérite qui n'est point chez eux, ils ne le voient ailleurs qu'à regret ; et loin d'aider ceux qui en ont, ils les traversent plus ou mointi. Tant que ces Pères ont régné, ils ont eu pour maxime dfi
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