MÉMOIRES DE L'ABBË LK GENDRE
dans un autre, c'étoit une gravité pédantesque et une (ierté fli iaconimode qu'il en étoit insupportable ; ce qu'il ùl dans la suite pour devenir évêque et la disgrâce de son père ont quelque chose de si singulier que je m'en souviendrai dans le temps.
Deux choses tenoient à cceur aux députés si fort, qu'iadiscrètement quelques-uns disoient même en public qu'ils n'accorderoicnt point le gros don qu'<Hi leur demandoit s'ils étoient refuses do l'une et de l'autre. C'étoit le roojen de l'être que de parler ainsi sous le règne de Louis XIV.
Les députés désiroient tous avec ardeur qu'on remit tes portions congrues au taux où elles avoient été a^'ant la révocation de l'édit de Nantes. Ils ne souhaitoient pas avec une moindre ardeur qu'on supprimât la taxe que, depuis cette révocation, on avoit imposée, tant sur les évèchés que sur les abbayes, pour avoir de quoi assister les nouveaux convertis qui se trouveroient dans le besoin. Cette taie, qu'on levoit rigoureusement et qu'on devoit lever sur les grands bénéfices de la nomination du roi; tant qu'on n'en auroit point de bulles, alloil au tiers du revenu j ce qui, joint aux charges ordinaires, t'aisoit que de ces bénéfices il ne revenoit presque rien a ceux qui y étoient nommés. Il y avoit alors de vacants plus de trente évèchés ou archevêchés, et plus de soixante abbayes dont on ne pouvoit avoir do bulles à cause de nos difTérends avec Borne.
Un si pesant fardeau, qui éloil pour durer longtemps, faisoit crier les députés qui étoient presque tous nommés à des évèchés on à des abbayes. Us pressèrent U. de Paris de porter leurs plaintes au roi. M. de Paris, qui savoit ou qui devinoil qu'il y avoit peu d'espérance que l'on eût
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