LIVRE TROISIÈME
ment leur créature. La liaisoo venoit de ce que le père de H. Le Peletier avoit été tuteur onéraire * du chancelier. Depuis, le (ils du tuteur s'attacha si fort au pupille, qu'à mesure que le pupille avançoit en Fortune, il contribua avec plaisir à celle du fils du tuteur. A la bonne heure si ce fils du tuteur avoit eu d'assez grands talents pour remplir les premières places; il parut en a\oir si peu quand il se trouva dans ces places qu'il n'y a point eu de ministres sur qui on ait fait plus de vaudevilles, et des plus insultants, que sur H. Le Peletier, témoin celui-ci :
ISc m'eDToiei point Peletier '
Suu quelque récompense:
Faites-en un bon marguillier
Den ab prestance; Miit pour DiiDtiIre de l'Ëtil Je prendrois plutôt un goujnl De Jean de Vert.
E)t cet autre triolet :
Autrerois les consuls romains
Sortant du ministère AUoient labourer de leurs main«
Les sillons de leur père.
Pour occuper de Peletier .
L'babilclé connue, n le fiudroit, en équité.
Hener k la charrue.
Ëlant conseiller, puis président d'une des chambre» des enquêtes, il avoit passé pour bon juge; c'étoit un
* Tulatr mUretre. celui qui jlait eo rftiîté cbirgë de 1* gestion de 1« lutell*. 1 11 dirHrencc du tuteur honeraire. qui, ordimirenienl, ae finit point el ne fii»il que donu^r det conseils. Aujourd'hui U lulellK D'est plusdiviiëect loul tuteur est tuteur ooéri ire.
* C'est lu roi qu'on parle. [Note delabbé U Génère.)
Do,l,.cdtyGoOglc
134 MËNUIKËS DE L'ABBË IK GENDRE,
homme de palab ; maia pour contrdLeur général, il y étoit si peu propre, qu'après l'avoir été cinq ans, et y avoir fait ses alTaires (personne n'a jamais manqué de les faire dans ce poste), il se démit de lui-même pour n'être plus exposé aux difTérentes Tourberies dont on tâchoit de le surprendre'.
Son successeur, M. Phélypeaux de Pontdiartraîn, d'homme de robe qu'il avoit été jusque-lit, devint bJenlAt grand financier, parce qu'il avoit beaucoup d'esprit, grande envie de réussir et bien autant de s'enrichir; il y parvint d'asseï bonne heure; aussi étoît-il l'egardé comme un des hommes du royaume qui a les çiua grands biens, quoiqu'il ne paroisse pas les avoir. Entré en place par la protection du marquis de Louvoia, il n'eut garde, pour s'y maintenir, de ne pas déférer aux volontés du protecteur; le marquis, non content d'être le maître des finances, s'éloit encore saisi des affaires étrangères, quoique M. Colbert, trois ans avant de mourir, les eAt fait tomber à son frère, nommé de Croissy. Celuici, pour se conserver depuis la mort de sou atné, s'étoit comporté dans l'exercice de sa charge comme s'il eiU été le premier commis du marquis.
Plus U. de Louvois avoit eu d'emplois à la fois, moins il étoit aisé, parce qu'il mourut subitement, de trouver sur-le-champ des sujets pour les bien remplir. Louis XIV n'étoit point heureux dans setj choix,soitqu'tlne se donnât pas le temps de tes faire bons, soit que, croyant briller davantage, ce fût volontairement qu'il n'en lit que de
* Siinl-Slmon pirle m ces lenne> de Le Pcictier ; i C'âtoit ud boHune Tari ttfe et Tari modéré, fort doui et abligeinl. (rti-modeiLc el d'iuut coaicieiKC limorée ; d'tillenn fort p£iliiit et Turt court de ijfnip. t %i
Do,l,.cdtyGoOglc