‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 81 sur 184 · LIVRE QIATKIÈME. 17j · texte numérisé non relu

LIVRE QIATKIÈME. 17j

[fespivaux, cl par «f uel endroit '.' Est-cu |iur se» aiiioiii> dTec l'ambassadeur d'Espagiiv, le galant el valeureux t^nirateri Est-ce jKir sa eniclle fumir conti-c un auli-e de ses aniaiiU qu'elle (tt poignarder dans niie galerie du palais de Fontainebleau? Est-ce par les assemblées qui se tenuieut chez elle à Rome, où, sans enveloppe ni correctif, elle disoit des obscénitéâ à Taire rougir les moins modestes? » L'abbé, homme pétulant, d'ailleurs si opiniâtre qu'on l'appeloît l'abbé Pertinax, n'en soutint pas moins vivement que c'étoit une \Taie héroïne parce qu'elle avoit abdiqué, a Oui, dit Despréaux, si c'eât élu par héroïsme, mais on ne peut disconvenir que ce l'ut par légèreté et dans le désir peu sage de courir le monde. » Les deux athlètes ne démordant point, lu compagnie eut peine à se déclarer; à la fin, soit par complaisance pour le maitrc de la maison, soit que réel- .lement on pensât ainsi, on convint que cette reine hermaphrodite avoit peu l'air d'une hérune.

Je passai vingt jours â Auteuil fort agréablement, et ce ne fut pas sans répugnance que je revins à Paris y reprendre le train des affaires. J'y trouvai M. l'archevêque aui prises avec les jésuites. De temps en temps il se [^aisoit à les mortifier. Je crois que celte fois il avoit raison.

|I693.) Un d'eux, appelé le Père Honoré, professeur en théologie au collège de Caen, ayant fait soutenir ■ qu'il n'est pas évident que la religion chrétienne soit de toutes la plus «ralseniblablc ; qu'il n'est pas évidenl que les miracles de Jésus-Christ soient véritables, et que sa divinité ait été connue des apôtres; u on en fut d'autant plus surpris, que rarement est-îl arrivé que les jésuites, sur lu dogme, se soient écartés des sentiments les plus

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communs qui sont les routes les plus sûres. Si quelqu'un d'eux sur la morale n'a pas suivi cette maxime, la Société 8 été bien punie par les avanies contiouelles qu'elle essuie depuis soixante ans sur sa morale relâchée. H faut leur rendre justice : à l'ambiUon près et à l'envie qu'ils ont de dominer, il n'est point de religieux plus estimables que les jésuites; il n'en est point de plus réguliers dans leurs mœurs, de plus attaches à la sainte doctrine ni qui rendent de plus grands senicra au public.

La tbèse révolta les théologiens, eocore plus les simples fidèles, et on regarda le professeur comme uu homme qui s'égaroit. Il n'est point de paya où il faille marcher avec plus de précaution que dans la théolo^e; qui ne suit pas le chemin battu est en grand danger de se perdre. Le professeur disoit pour se justifier qu'il est deux sortes d'évidence : l'une, parfaite, à laquelle on ne résiste point; l'autre, en moindre degré, qui n'exclut «{ue le doute prudent. Il n'est pas évident, de cette première évidence, disoil le professeur, que la religion chrétienne soit de toutes la plus vraisemblable, pvce que Dieu n'a point voulu que les vérités de la foi fussent proposées si clairement qu'il ne restât aucun nuage propre à aveugler les esprits superbes ; mais quelque obscurité que l'on trouve dans ses mystères, on ne peut la considérer dans toutes ses parties qu'on ne la croie véritable.

Quoique cette réponse partit solide, l'apologie du professeur ne fut point bien reçue, parce qu'elle étoit tournée d'une manière plus propre à insulter à ses censeurs qu'à les apaiser. H fut déféré a la faoïlté de théologie de l'université de Caeii et par cette l'acuité à M. de Nés-

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