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tnond, évéquc de Bayeux, chancelier et supérieur de celte université'. M. de Nesmond, pour se débarrasser d'une affaire qui alloil le commcltre avec les jésuites qu'il craignoit et qu'il estimoil, ayant consulté M. de Paris qui étoit l'oracle du clergé, l'affaire parut si gr^ve à M. de Paris, et d'une si grande conséquence, qu'il étoit résolu de censurer avec éclat la thèse et le professeur, si, parla médiation du roi, la chose ne se fût accommodée. Louis XIV aimoit les jésuites et cntroit volontiers en tout ce qui les regardoît pour leur Faire du bien quand l'occasion s'en présentoit et pour détourner le mal qui les menaçoit. Quatre théologiens jésuites, chargés par leurs supérieurs d'examiner la thèse, la dcclari'rent fausse, téméraire, scandaleuse et même impie si l'on en prenoit tous les termes à la rigueur. Le professeur fut destitue, et celui qu'on mil en sa place eut ordre de faire soutenir une thèse contraire en chaire. Que pouvoit-on, ce semble, exiger de plus? Cependant M. de Paris, dont les docteurs de Caeii avoicnt réclamé l'autorité, voulut pour leur faire honneur qu'ils eussent quelque part â la eonclusion de l'aiTairc. Le professeur destitué adressa, par son ordre, à la Faculté, de nouveaux éclaircissements. Elle les fit examiner par deux de ses commissaires, et, sur leur rapport, elle déclara par un décret que le scandale étoit réparé.
Cette scène fut humiliante pour les jésuites, et pur
' • Honiond, iréque de Bajeui, ^t un de cea vnïs uinb qui atli-
rent, malgré eux. une TÉnémlion qu'on ne prui leur refu^r et ilont la (implidlé lionne i tous letmompots i rire... It reprit un jour un de tes toréa d'ivoir il£ i une ooce. Le curé te défendit aor l'exemple de Noire- Seigneur aux noce* de Catia : « Voyei-voui. nionaieur le curé, répliqu-l-îl. ce n'esl pa< là ce (|u'jl « l'ail de mieux. > (Stiul-SiiiNin, édition tli'mrl. TtlI. «I.)
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ITK MÉMUlltES l)£ L'AbBË LE UtiNUHI:;.
IVctut qu'elle fit et pur les imprcHMioiis t|u'cllc laissa •laiK res[irit du roi. Le roi, qui avoit «le la religion, ne «voit que penser d'un jésuite, d'un professeur qui seinbloit révoquer en doute s'il y en a une véritable ; et il éloit à craindre que le soupçon du prince, quelque indiuatiu» fju'il ténioi^àt pour les jésuites, ne retombât plus ou moins sur ous. M. l'archevêque auroit pu étoutCer l'afr«ii-e ; il le voulut si peu que ce fut lui qui la dit au roi et qui lui en fil sculir toutes les conséquences. Les jésuites, orgueilleux comme ils l'étoient alors et iafalués de leur crédit, étoient d'autant plus sensibles à ces mauvais offices qu'ils n'osoienl s'en plaindre dans la crainte que Ig prolat ne vint à écluter contre eux, ou que, sms lever le masque, il ne s'attachât à les détruire dans l'esprit du roi. En vain tout autre que le prélat l'eùt-tl entrepris, lui seul avoit le pouvoir et l'occasion d'y réussir. Louis \IV avoit partagé sa confiance, pour les aflaires ecclésiastiques , entre l'archevêque et le Père de La Chaise, de sorte qu'il n'ccoutoit qu'eux en ce qui r^ardoit la religion ; mais comme il étoil déliant et qu'il étoit bien aise, croyant en être mieus scrji, d'entretenir secrètement de l'émulation et de la jalousie ealro eux, il écoutott sans répugnance ce <|ue M. de Paris lui disoît contre les jésuites et réciproquement ce que les jésuites lui disoienl contre M. de Paris. Cette petite guerri', quoiqu'elle se fît à la sourdine, np. laissoit pas de temps en temps de produire des événements, témoin ce qui arriva pour le collège du Mans.
Je ne crois pas qu'il y ait en Europe, et conséquemment dans le inonde, un collège plus florissant que celui des jésuites de la rue Saint-Jacques à Paris. Il y règne un ordre merveilleux \ on y voit [dus de cinq cents pen-
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des meilleures ramilles de tous le» pays catlioliques. Il n'y a pas jusqu'aux jansénistes qui n'y envoient leurs enrants, parce que, tout jansénistes qu'ils sont, c'est-à-dire ennemis des jésuites, ils sont persuadés que leurs enlànts y seront mieux élevée qu'ailleurs. Cette surabondance de jeunes gens de qualité qui y abordent de toutes parts est une preuve bien authenUque du soin que |H%nnent ces Pères de former leurs écoliers aux sciences et à la vertu. Tout grand qu'est ce collège, ne l'étant pas assez pour y loger commodément près de raille personnes qu'il y a ordinairement, on y est entassé les uns sur les autres, et les places y sont retenues longtemps avant qu'il y en vaque.
Les jésuites, pour se mettre plus au large, convuitoieut, il y avoit longtemps, le collège des Cholels et celui du Mans, parce que ces collèges joignent le leur, les Cbolets par devant, le Mans par derrière. Les Cholets leur auroient donné une grande face sur la me, et le Mans un vaste terrain pour y faire des logements. Ils tentèrent en vain les Cliolets; le principal ni les boursiers ne mordirent à l'hameçon, parce que les bourses ^nt perpétuelles et d'un revenu considérable, le principal et les boursiers aimment mieux demeurer à Paris que d'aller s'établir dans une cure de campagne ou en quelque autre petit bénéKce qu'on leur of- Eroit pour l'écompense. Le principal et les Iwursiers du collège du Mans, n'ayant pas les mêmes avantages, eu furent beaucoup moins dillicilcs; ils traitèrent avec les jésuites; l'èvcque du Mans y consentit; il y eut des lettres patentes qui ratifièrent le marché. Kien ne sembloit devoir en empêcher l'exécution, lorsque l'Université, soit par la vieille haine qu'elle a contre les
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jésuites, soit de )>eur qu'ils ne l'engloutissait si die souffrojt que peu à peu ils n'envahissent ses c(dléges, fomia son opposition à la vente de celui-ci.
L'Université, corps autrefois si formidable par le nombre de ses écoliers et par leur audace, est aujourd'hui un corps sans âme ; ce n'est plus qu'un nom et l'ombre de ce qu'elle a été. Néanmoins, parce qu'on la garde comme pouvant aider à maintenir nos libertés contre les entreprises de Rome, le parlement et nommément les gens du roi affectent de la protéger. Ils furent muets cette fois-ci pour ne point choquer les jésuites, de sorte que l'Université ou auroit été déboutée de son opposition, ou n'aurott obtenu qu'un très-foiblc dédommagement, si M. l'archevêque, à qui elle avoit eu recours, ne fûtentréen cette affaire. Les jésuites disent qu'il leur avoit promis de ne s'en point mêler ; il s'en mêla si fort qu'il présenta au roi le recteur et les députa, et quand ils furent retirés, il soutint leurs raisons avec tant de force, que le roi ébranlé dit que jamais il n'avoit |»cnsé à faire plaisir aux jésuites aui dépens de l'Université. L'affaire mise en négociation, le collège du Mans fut abandonné à ces Pères pour augmenter le leur, et il fut dit en même temps qu'alin que l'Université ne souffrît point de cette perle, on achèteroit des deniers du roi une grande maison qui seroit appelée le Collège du Mans, et où seroient transjiortés le principal et les boursiers, ce qui s'exécuta. Le roi remercia M. l'archevêque de l'avoir empêché de faire une injustice : « Mon amitié pour les jésuites, dit-il publiquement, n'est point une amitié aveugle, et je ne veux letir accorder que ce qui se peut faire sans blesser l'intérêt d'autmi. » Belles paroles qui firent autant d'honneur au roi que de déplaisir à ces
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