MÉMOIRES DR L'ABBÉ LE GENDRE
quoi boire du meilleur. LeajésuiteB éloîeiit&i p
et ai animés contre lui, qu'il eàt eu peine à consencr
aucuue de ses pensions sans la protecUon de M. de
Paris.
Quel homme étoit-ce que Saoteul ? 11 ne serait pas aisé de le dire. A le voir, on eût ditd'un fou, d'ua Jean- Farine, d'un saltimbanque et quelquefois d'un possédé. je l'ai vu faire des cabrioles, je l'ai vu faire la couleuvre et siffler comme cet insecte'; je l'ai vu en fureur eoatre ses serins, il en avoit une volière toute pleine, parco qu'ik s'obsUnoient à ne point chanter; quand l'enthou* Eiasme le prenait, son visage, s^ pieds et ses mams étoient dans une agitation qu'on ne peut bien représenter; cet air maniaque au polisson le faisait désirer dans les meilleures compa^ies pour y servir de baladin, rôle bien indigne d'un religieux comme l'étoit ce poêle hitin. D'un auti'e cdté, ses poésies éloîent si belles qu'on ou-
Jfao Goujon, ronlaine qui, |Kiur rlionncur de Paris, eat cl leslera
■ Ces IMi que li dure inilitre du marbre i ligur^a, La njmphe de celle TiiDUine lea a prib pour lei tien». ■
Ceit, pour le dire en patsuii. un élo^e qui porte i r«ui : la beauij de tti fitmphet, l'uD des chpr»-d'<FUTTe de li Renaiiancc frintaiie. râide tillcun que dans un trompe-rœil.
* Il n'est personne >|uï ne ucl>e iiùourd'hui que la couleuvre n'ed pai un initete; k'oA un vertébré, de la da«» de* nplilet. de l'ordre rke» ophidieni. La couIeuTre — oomme tout opbidien — etl mim» le vertébré par eieellence. son corps o'^tanl qu'une "erUbru Irùs-rfpétée avec aussi peu d'appendices que possible. Hais l'ibbé Le (ieodre De ponvail laiolr cela : il n'y avail de ton temps nulle dassiGcatioa ralionaelle des animiui; la première édition du Sf/lteiBa nal»rx de Linné cal de 17Ki. L'abbé prend le niol instcle, appliqué 1 la couleuTre. dans •on œni étjmolt^ique : tn-wefuni. aniuMl ugmtnté, dont le coqw ttt divisé en Irooçan» nmilairef .
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LITRE OUATRIËHi':. tS5
bltort ea les lisant toutes ces indignités, ou du moins on ne faisoit qu'en rire. Il a atteint en quelques-unes de ses hymraea la perfection des anciens. La plupart des pensées ne sont pas de lui : ses amis et son frère lui en fournissoient; ce qu'il y avoil de lai étoit une d^icatesse non pareille à enchisser ces diamants ; c'ctoit une netteté admirable à bien eiprimer ses pensées, chose d'autant plus rare que les poètes latins, les modernes principale* ment, sont d'ordinaire si obscurs qu'on devine pUitât que l'on entend ce qu'ils ont voulu dire.
Santeul, daus son épitaphe, ayant dit de H. Amauld qu'il avoit été de son temps l'appui et le défenseur de la vérité, l'arbitre de la justice, et que jamais il ne fut (nfpé des foudres de Itome, les jésuites se récrièrent et soutinrent qu'on ne pouvoit lui avoir donné ces louanges sans se déclarer jansénite ' , Santeul nia d'abord que l'épitapbe fût de lui ; puis, ne pouvant la désavouer, il s'expliqua sur les endroits qui avoient déplu aux jésuites ; ce
* Toià rfpiliphe compoiée |iir Stnleul :
Ad unetot reiliil ud« ejectu» ri ciul, BiHM (riomphali. Toi tcmpnUlibiil irlut, Use portu in placidn, haï Hcn Isllure quiewii Amilduï, Tpri d^feruar Ptirbiiervqui,
Hue coletlit amof ripidit cor iniuluUl alii,
• Annuld, crt illuitre déffnrrur de la T^rilé rt de U uinte morale, qni.iprè) iioir Iriompbj de aea ennetni). s'ilail Ini-mJnw condimoé i na tù\ Tolonuire. est enfin r.^renu dnnsces HJnU lieux. N'itmt-il p«s euajé uMi d'orages itaurtrouTer ici, du moins, après sa mort un part et un Mlle aisuréa? Qu'une terre élrnngère »e vante de posi^ler ses prétîeiuea d^pouillei : la France a de quai >e contoler. L'amonr dirin, dont il biAla toute ta vie, d yrit foia lui-nijnic de tnoiparter ici, comme sur des uIrs rapides, le cœur de ce grand homme, ce cœur qui u^ful jamaia absent et ne put jamais £lre arrache de cette chère et Mcrée demeure. ■ (Tradaetion ilu lempi.)
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i;^« MliMOIItKS DE l/ABRf, I.E KKNDRE.
ne fut pas <te bonne Toi, et bieutM il dit c d'avoir écril sur cela à cen Pères d'une Eaçon et d'une autre Me ses amis. Cette duplicité attira au pauvre Sanleu) le mépris des honnêtes gens et le reproche des deux partis, n parut contre lui trois petites pièces en vers latins d'une grande beauté, Saiiteul pénitent, Sanleul bk flihet, le Bâillon de Sanletû. Elles étoient du Père Commire, jésuite ', en réputation d'être un des modernes qui, pour la latinité, ont le plus approché des anteiirti du siècle d'Auguste. Ce Père narroit les fables agréable, ment ; il sembloît avoir emprunté de Phèdre la purel« de la langue romuine et cette naïveté élégante qui fait le mérite de ces petits ouvrages ; du reste, c'était un homme rustre et épais, à qui la nature avoit mis le bâillon, tant il avait de peine à s'exprimer et i prononcer.
Si les jésuites furent indignésde ce que M. l'archevêque avoit protégé Santeul, ils le furent bien davantage de ce qu'il détourna le roi de prendre part à la querelle qu'ils curent contre leur général. Quelles raisons en eut le prclat? Je ne l'ai point ouï s'en expliquer; peut-être n'en avoit-il point d'autre que le plaisir de les mortifier et de leur faire sentir son crédit. Il lui prenoit de temps en temps des démangeaisons sur c«Ia qu'il ne pouvoit vaincre. Tirse Gonzalès, jésuite espagnol, devenu dans
* C'est peul-t'tre i torl que l'iuUiur itlribue su Pire CaixunirF drs trr'At i|ui. d'uprès lea tilres : Sfaleul eu gibet, le S^llaa df Simml, ne peuveni Jlre que cilirei mordaule*. LJ Mlire n'éUJt p*« le Tiit di l'ère Commire ; sonlaleni, au diredet inutcun de laliniù modcntc. ft recommande par la gricc et par la douceur. Il avait pri« pour devite nn cjgne avec ces mol» : Candorqae caHOTipie. n Sa ïie et »es &rit< l'ooi parrailmienl jusIiCée, ■ dH J. L, (^Imel diiu son lliiloirt lie Tmh raiof (Parit et Toura, 1X38). — Commire (Jean) est nj i Amboitr le Sr> mare lfl'25, et ett mort i Cirit Ir2.^ .Uc«mbre t7US.
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