LIVRE QUATRIÈME. W
(a suite général de sa Compagnie, s'étoit Tait avec otlo une si grande afTaire, qu'il pensa être déposé. Quel étoit son crime? Voici ce que j'en ai ouï dire i ce Pire étant professeur avoit fait un kaité où , bien loin d'enseigner la probabilité, il la combattoit vivement'. On lui en fit des réprimandes; il les reçut avec soumission pour no point soulever sa Compagnie contre lui ; maïs aititt qu'il en Tut le chef, il n'eut point de plus grande envie que ilr faire imprimer ce traité. En vain s'y opposa-t-on, en vain lui donna-t-on de bons avis; quelques remontrances qu'on lui fit, on ne put le persuader de s'en abstenir. Son opiniâtreté désola ses quatre assistants ; ils communiquèrent leur peine par une lettre circulaire à tous Im Pères graves des provinces de la Société. Ces quatre^ assistants sont les ministres du général, et comme autant d'éphores qu'on lui donne pour l'observer; ce sont ordinairement des hommes d'une habileté etd'une expérienco consommées, qui tiennent leur autorité non du général, mais de leur Compagnie. Sur la réponse unanime qu'ils reçurent des Pères graves, ils indiquèrent comme assistants, malgré toutes les intrigues et les défenses du général, une congrégation pour examiner le livre, el pour en punir l'auteur s'il se trouvoit l'avoir mérité. Le mot de congrégation signifie, chez les jésuites, ce que dans les autres ordres on appelle chapitre général.
Cette affaire fit grand bruît dans les cours catholiques, parce que communrâient les jésuites y sont en grande considération, par leur zèle pour la catholicité, par leur mérite personnel et bien autant par leurs intrigues. La
■ Voici le lilre de ce Inilé ; FuiidametUtm Iheologix mtralu, iii ttl tfoetatut Iheolegiau de rteto un opiBionvm pr^afrih*Mm. ln-4*.
Dilliiigen, \e»9. Kaplei, <6M.
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cour de Rome, par estime et psr affection pour le Père Gonulès, ne vonloit point que l'on procéijdt contre lui ; d'ailleurs on y rejcardoit comme un spectacle odieux et qui pouToit avoir son retour sur le pape même qu'un ordre religieux destituât son général. En effet, sî un général, quoique chef de sa Compagnie, peut être déposé pu la congrégation qui en rqirésente le corps, pourquoi l'bglise, représentée par le concile universel, ne pourroit-elle pas destituer un pape s'il trouvoit qu'il le méritât?
L'Empereur, c'étoit Léopold I", jésuite de robe courte', et sur l'esprit de qui ces Pères afoienl tout pouvoir, solliciloit le pape de leur laisser la liberté de décider entre eui du sort de leur général ; les rois d'Espxgne, de Pologne et de Portugal étoîenl assex de cet avis. Si le roi en avoit été, le sort du Père Gonzalcs eût été d'être déposé. Heureusement pour lui le roi n'en fut poiotj quelque prévention que ce prince eût pour les jésuites, et quelques prières qu'ils lui firent. Les jésuites françois étoient les plus échauffés. Il voulut, pour se déterminer, consulter M. l'archevêque; c'est ce qui sauva le général, car M. l'archevêque, bien loin de le trouver coupable, le croyant digne de grandes louanges pour avoir généreusement, malf,>ré les menaces et reproches de sa Compagnie, combattu l'abus qu'elle fai- Boit de la probabilité, le roi déclara qu'il n'entreroil dans celte affaire que pour la calmer. Les jésuites n'eurent plus depuis le même feu à la poursuivre ; elle traîna encore quelque temps, jusqu'à ce que le pape, qui siil
■ J/iiûle de robe eeurt€ veat dire afpiU ou adjoiat i I* SocifU. U clnùe desJ£3Uil«s dérobe courte, le recniUntdiDi loulnt le> piofa- MMit, JUit n
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