‹ Mémoires de l'abbé Le Gendre, chanoine de Notre-DameChapitre 89 sur 184 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

gion.' Autant ce mandemeat déplut aux nouveaux mystiques, autant fut-il bien re^u de toutes les personnes équitables qui veulent,* et avec raison, qu'on ae parle des choses de Dieu qu'avec toute l'exactitude et toute la précision que demande la théologie.

Dans le t«mpH que M. Nicole dressoit cette censure, noua étions après à finir un code ecclésiastique dont M. l'arcbevéque vouloit faire présent au clergé qui devoit bientôt s'assembler. Les plaintes que le clergé avoit faites depuis cent ansavoient été peu écoutées, et si de temps en temps, à la faveur du don qu'il faJsoit dans ses assemblées, il obtenoit quelques arrêts, tels qu'il pouvoit les souhaiter, ces arrêts, selon les conjoncliires ou selon le crédit des parties adverses, éloient, la plupart du temps,, ou révoqués, ou modifiés. En vain le dergé représentoit-il ses griefs, il n'y eut point pour en décider de jurispnideuce certaine avant le règne de Louis XIV. Sous lui, depuis principalement que H. l'archevêque fut président des assemblées, le clergé fut plus écouté, on lui rendit plus de justice. Néanmoins, les contestations ne laissant pas que de renaître, il avoit besoin d'un éditqui les prévint, qui tes réglât, ou les assoupit pour toujours ; c'est ce que M. l'archevêque, par zèle et par aHection, entreprit de lui procurer.

Ce dessein arrMé, je dépouillai les procès-verbaux du clergé depuis soixante-dix ans, et après avoir mis à part les griefs de la même espèce et les arrêts qu'on avoit rendus sur ces plaintes, j'examinai exactement ce qu'il y avoil dans ces jugements d'évidemment juste, d'évidemmmt injuste, et ce qui avoit été accordé aux circonstancos des temps, deslieux, des personnes. Trois avocats séparément retouchèrent ce canevas et mirent en marge

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198 MÉUOIRES DK L'ABBfi LE GENDRE,

les ardoniMnceg qui j avoient rapport. Le tout comniBnique à MM. les gens du roi, qui applaudirenl, M. l'arche* vèque fit agréer au roi que lui, H. le chancelier et M. le premier président s'assemblassent pour en décider. Les coniéri-nces se tinrent à l'archevêché, le prélat y brilla, et il eut la satisfaction que de cinquante articles qui furent discutés par ces triumvirs, il n'y en eut pas un qui ne fût réglé par son aveu . C'est ainsi que fut formé le fitmeux éditde 1695. J'ai bien pu l'appeler un code, puis' qu'il prévoit et qu'il décide les principales contestations que l'on peut faire au clergé.

Pour rendre le présent complet, M. l'archevêque fit vérifier l'édit un mois avant que de partir pour l'assemblée de 1693 qui se devoit tenir à Saint-Germain en Laye; fatale assemblée où peut-être sans le mériter ce grand homme essuya assez de chagrin pour en mourir. Je m'ctois préparé à t'y accompagner, et je fus surpris qu'il me dît que les conjonctures n'étant point encore favorables pour m'y faire donner l'emploi où il me destinoit, il ne convenoiL point que j'y parusse. 11 ne fut point sans se repentir de n'y avoir pas mené un homme ou deux de confiance à qui communiquer ses peines.

Quelque avantage que le clergé pût tirer du nouvel cdit, l'assemblée y fut moins sensible qu'à l'alarme où l'on éloit, touchant le don gratuit. M. l'archevêque avoit fait espérer en 1690 que, moyennant douze millions qu'on accorda alors au roi, la cour ne demanderoit rien en lti96, ou ne demanderoit que peu de chose. Mais le prélat étoit si connu pour être dévoué à la cour, qu'en ce qui la regardoit, on ne se fioit à lui que de la bonne sorte. L'alarme redoubla par le discours qu'il tint à l'ouverture de l'assemblée, car avant même qu'on y eût vérifié les

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