LIVRE PABHIER
se falsoit si peu valoir, que quand des gens de métier le prioient de prêcher leur saint, il le faisoit volontiers, à la condition, bien entendu, qu'ils lui donnassent ce qui lui convenoit de leurs marcliandiscs. Il taia les chapeliers à deux castors, Iog marchands de vin à vingt-cinq bouteilles et les pâtissiers à dix tourtes.
Parmi les Bamabilcs ', il y avoit un Père de La Mothc, qui par le crédit de ses amis prêchoit depuis longtemps dans les endroits les pins célèbres, sans y avoir d'autres auditeurs que ses pénitents et dévotes; grand directeur, médiocre prédicateur; je n'ai guère oui dire de discours plus secs que. les siens, et prononcés moins agréablement. C'éloil un mystique qui paroissoit toujours en contemplation.
Des prëircs de l'Oratoire qui faisoient grande figure parmi les prédicateurs, le Père de La Tour passoit pour le plus touchant, de La Roche pour le plus brillant, Hubert pour le plus solide, Soanen pour le plus éloquent, Thorentier pour le plus savant. Ces cinq hommes avoient de grands mérites; il y avoit peu de prédicateurs que l'on pût mettre au-dessus d'eux. Il n'ctoit point encore mention ni de Maure ni de Massillun, qui depuis ont fait tant de bruit, surtout le dernier, aujourd'hui évèque de Clermont. L'Oratoire a toujours eu un grand nombre de prédicateurs, et plus de bons que de médiocres : c'est ce qui fait le grand lustre de celte congréga-
< Bamabitet, congrjgilion de clercs régutiert. aiofi niHnmés de l'Elbe de Saiat'Barnibé, i Milon, tnt ilï firent leur* premiers eiercicea. Leur tMtible titre éUit celui de ckTU régniiert de la congréçation de SaM-Finil. Lei ciléchismra, lea mi^iims et l'inslruction de U jeune uc dini letsciencea etduu ke> lettre», iuieni lenn emploi! «tliDtire*.
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n MÉHOtRES DE L'ABBÉ LE GENUKE.
tion et lui a donné la consîtlération où elle csl depuis sa
De toutes les compagnies il n'y en aToil point (|ui eut autant «le prédicateurs que les Jésuile«. Je ne mets point dans ce rang ces prédicateurs populaires qui en croyant mieux inculquer quelques vérités effrayantes tonnent et tempêtent à tout moment. Le pieux tintamarre de ces hommes de leu qui déchirent leur surplis en chaire n'est tonnciTe que pour le peuple, il n'y a que lui qui s'en cITraye, c( bien loin de faire impression sur l'esprit des personnes graves, elles les fonl rire souvent; tels étoient un Père d'Avril et un Père de Gonnelieu '. Quand on se possède si peu, on ne mérite point le nom de prédicateur.
Ceux qui en étoient plus dignes éloient les Pères Johert, Brossamin, d'ilarrout, et Ménestrier*. Quoiqu'ils
' l'Oratoire de Mus est une congc^alion de prêtres qui tie fbut point de vomi. Elle fut Fondée pur le cardinal Pierre de Bjrullc oi 1613. — Dca cinq onlorieni quecïle VMii Le Gendre, quatre «ont connus, ce Bonl : La Tour (l'icrrc- Crantais Ae). ué i P*ris le 31 avril 16!i5, niurl su|i£rienr g>:néral de In coiigrégnliun, le 13 révrivr 1753. Nidaroe de Uonlespin, *u momeul du repenltr, l'avait prît pour copreaMur. Hubert (Hattbieui, né en IGiO, mort en 1717.— Soanen .Jean), évâquc de Senei, né à Riom le 6 janiier 1617, mort en eiil, à U Chai-c-Dieu, le S décembre 1710. Son opinitlrelé à ri>pousscr la bulle VriigtnUut l'a rendu célèbre. — ThorenUer (Jacquet), né en 1636, mort eu 1713 II ■ hit imprimer des lermaui sous ce litre hiurre ; l,a bieitfailt de Dieu dam reHdmriitie tt la reconnaittanu de f homme, expliqué» en bHÎi ditcourt; i6Si.
* GooDelieu (Ji'rame), né en tliW. On lui attribue à (ort une traduction, souvent réimprimée, de Vltnilalion de Um-Chritt. Celle Iraducliou est dr Jeaii' Baptiste CuiEon, imprimeur à l'aria. Le Père Cunnelieu n'a jamais rien fuit pour désabuser le public 1 ce sujet.
* Méne^lrier iCloudc-François). ué le 10 mars 1631, niort le 31 jantier 1705. • Il Tut, dit K. Weiss. l'un des plus stiants liummcs du dji-seplième siècle. • Le Père Unetlrier est auteur de qualre-tingl-lroii
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