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stitue immédiatement à ces organes une anthère de froment, choisie parmi celles qui commencent à s’ouvrir, et on la place transversalement au-dessus des stigmates. On rapproche ensuite l’une de l’autre les enveloppes de la fleur par une pression légère. L'anthère de froment laisse échapper successivement son pollen, elle met en outre obstacle par sa présence à ce que le pollen propre de l’Ægilops puisse atteindre les stigmates des fleurs soumises à la castration, ce qui assure le succès de l'opération. |
J'ai procédé de cette manière sur quatre épis d’Ægilops ovata, et j'ai tenté la fécondation sur deux fleurs de chacun d’eux par le pollen du Triticum vulgare barbatum. J'ai obtenu de ces quatre épis plantés entiers et à distance les uns des autres, un certain nombre de tiges d'Ægilops ovata et neuf échantillons d’Ægilops triticoïdes, qui ne diffèrent de ceux recueillis à Agde par M. Fabre, que par leur taille plus élevée (l'été a été pluvieux), par leur épi plus lâche et complétement vert. Mais la variété de blé qui m'a servi à opérer la fécondation se sépare précisément du blé Touzelle par ces deux derniers caractères. |
J'ai opéré le même jour et de la même manière sur deux épis d’Ægilops triaristata; et sur deux fleurs de chacun de ces épis, j'ai remplacé les anthères propres par des anthères de Triticum durum barbatum. L'un de ces épis a reproduit exclusivement l'Ægilops triaristata, l’autre m'a donné trois échantillons d'une hybride
remarquable par ses longues barbes et qui, à ma connaissance, n’a jamais été observée.
3° expérience. — Le 25 mai 1853, j'ai opéré la castration complète sur quatre épis d’Ægilops ovata, dont j'ai enlevé l’épillet supérieur qui ne renferme que des fleurs mäles. J'ai placé dans chaque fleur hermaphrodite une anthère de Triticum spella barbatum commençant à s'ouvrir. J'ai obtenu vingt-deux tiges d'une hybride nouvelle et pas un seul représentant de la plante mère.
De tous ces faits on peut déduire les conclusions suivantes : |
1° L’hybridité peut se produire spontanément dans les Graminées, et l'Ægilops triticoides est le premier exemple d'hybrides observé dans cette famille ;
2° Les Ægilops doivent être réunis génériquement aux Triticum, ce que confirme du reste la forme de leurs caryops, organe qui fournit dans la famille des Graminées des caractères génériques bien plus importants que la conformation des enveloppes florales ; .
3° Les observations faites par M: Fabre sur l'Ægilops triticoïdes, ne prouvent en aueune façon que le blé cultivé ait pour origine l'Ægilops ovata, ni qu’une espèce puisse se transformer en une autre espèce.