PAR M. HENRI LEPAGE
le 16 janvier 1856.
MESSEONS,
: L'Académie de Stanislas vient de — un de ses membres les plus distingués, notre pays une de ses iHustrations. | :
. Aueun de vous n'ignore quelle légitime popularré M. Braconnor s'est acquise par ses travaux ; vous savet tous, Messieurs, quelles nombreuses et intéressantes dé: couvertes il a su faire dans le domaine de la sciende à l'étude de laquelle il s'était voué et qu'il a cultivée juequ'au dernier jour de sa vie.
Ces trayaux et ces découvertes Dee neut mainte— nant à l'histoire, C'est dans ane biographie complète de notre soncitoyen güe leur examen et leur énumération doivent trouver place. Pour moi, Messieurs, qui ne saurais remplir une semblable tâche, je veux squkement
— DJ4 — payer à M. Braconnor, au nom de l’Académie, le tribut de regrets qu’il mérite à tant de titres.
Le nom de notre confrère se rattache d'une manière inséparable à celui d’un autre confrère dont nous déplo- * rons la perte comme si elle ne datait que d’hier : de même que M. ne Hacar, M. Braconnor joignait à un grand savoir une modestie, une simplicité non moins grandes, et au sein de nos réunions, rien ne trahissait leur supériorité, si ce n’est peut-être leur modestie même.
En dépit de cette abnégation, leur renommée devait franchir les limites de la cité et celles de l'Académie, si heureuse d'accorder sa publicité à leurs savantes dissertations, et les distinctions les plus honorables étaient venucs les chercher dans leur retraite : l’Académie des Sciences leur avait donné le titre de correspondants, et ils avaient reçu l'un et l’autre la décoration de la Légiond'honneur. Récompenses noblement méritées, Messieurs, et dont ils prouvèrent qu'ils étaient dignes en poursuivant avec persévéranee les travaux auxquels ils en étaient redevables. | La mort de M. Braconnor, comme celle de M. ne Har- DAT, laisse parmi nous un vide qui sera difficilement comblé. Ce qui doit cependant nous consoler, c'est que la Providence, en nous enlevant d’une main les vétérans de la science, nous a ramené de l'autre, pour continuer leur œuvre et perpétuer leurs traditions, de jeunes et doctes collaborateurs qui ont devant eux une longue carrière à parcourir.
Ainsi, Messieurs, lorsque le temps fait tomber les anciennes branches des arbres, on voit surgir bientôt, à côté de la place qu'elles ont occupée, de nouveaux rameaux pleins de séve et de vigueur, qui promettent, à leur tour, une riche et abondante récolte. |
Les dernières volontés de M. Braconno? ont été pour la science qu'il aimait, pour sa ville d'adoption, à laquelle il portait une affection filiale. En léguant ses livres à la bibliothèque publique, à Nancy toute sa fortune, il a voulu laisser de lui un double souvenir.
Pour nous, Messieurs, et sans qu'il nous soit besoin des liens de la reconnaissance, nous saurons conserver la mémoire des services qué notre collègue a rendus, et l'Académie de Stanislas s’honorera longtemps, s’honorera toujours de l'avoir compté dans ses rangs.