‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 3)Chapitre 10 sur 61 · HI · texte numérisé non relu

HI

Les épisodes multiples de la grande révolution i^ciale ^ui a Déçu la nem tnap module d^afffan-ebissement des comraunes commencent à être bien GMn«>s aiuieiijrd'huî. D'kinopibra^las chartes com^ munalas mt élé, depuis quarante m einquante am, publiées ei comoientées. On sait quel lut ie ^^araetère du mottVffiient muaioifMil dans las diverses régions du rojaume capétien et d^os la plupart des territoîMa que, dispiis la mojm âge, il coiiquit par laa anpei^ ou ^'anne^a par les traités. Il est cependant mê ffÊùnrm, qui a foraié .quatre de nus dépaiteaients les plus populeux, où ralTranchissement des . jCumiBunes n'a ^té sèriAu^uieiit élitdié, ou même apprécié, ni par les historiens français, ni par les écrivains inçbg^n|»s. ^^j^lt^ p^vi^e^ x^'e4 h j^r-

tam^é Son hisAfiire coiMMioiik otlra encore u» vatlâ champ ouvert à des exploifntion» pstievté» nnri» fli* eoades^ à aj^préeÀationd^ neuves, à des eoiapanisons tntitraetifes. Leeadre de n«lre sojet ne news permet (qu'une rapide eicursion sur ce ietraia tierge, él noue détone netis borner è jeler ttii coup d'œil sur rkorkon. Puisse un autre (du&digne^ %é* deît pa» udé ei noble làehe, tracer towtes les lignes du tableau et répondre ain»i à Tappel fait par TiU Jeslre aMeur des Lettres mtr tlmtaire de FrancB à tous les hoiames qui se soucient de connaitre le passé de leurs pèresv à tous ceux qu'émeaveot encore d«s souvenirs plébéiens d'éuergie, d'honneur ou de liberté»

On peut assigner trok origines à k bourgeoisie française, trois berceau m tienHétsrt : IMes villes

^ui conservèreut le régime municipal ron>ain à la foreur de la nint et de ranfurchie oniveriélles; V lee ville» et les bourgs qui se formèrent sur les doniàiiie»d8 grand» propriélaircs de fiefs et qui, panr le besoin qu'avaient les seigneurs de leurs services, obtinreiii eafls lutté nd» unt cbarte constitutive d'in^pendance politkpie et de gouvernement local, mm du Botoîtisr oti ensemble de concessions et de privilèges suffisant pour assurer le développement de leur prospérité et^ par conséquent, de leur importance sociale; S"" enfin les cooununes proprement dites, les villes qui offrirent la guerre au seigneur^^ co»> quirent la liberté par l'insurrection et se consti-»

tuèrent en pelites républiques en faee d^un mettre

impuissant ou vaincu (!)•

Quelquefois aussi» et ce sera, si Ton veut» une quatrième origine du iiers-étal, un grand seigneur délaissé parles colons de son domaine faisait enclore de paliasades quelques portions de terre déserte et inculte. Ses envoyés allaient ensuite proclamer au

loin que ce lieu serait, à Tavenir, un lieu de franchise» ci lisaient la charte octroyée d'avance par le seigneur quand Texistence de la ville n^étatt encore qu'un projet. Alors les serfs des domaines voisins» les petits marchands» les gens de métier» ceux qui pour échapper à la tyrannie féodale fuyaient le foyer domestique» ceux-là se rendaient au nouvel asile. C'est ainsi que quelques communes eurent réellemont pour fondateur le signataire de leur charte (2).

Telles furent donc, en France, les origines diverses de la bourgeoisie : transformation des municipalités romaines ; concession volontaire des seigneurs soit en faveur des villes existantes» soit eu

(I) M. Guizoï, Hist, de la civilisation, t. IV, 16« leçOQ.

(S) M* Augustin Thierry^ Dix ans d'éitidu ki$tmiques, XV. Nous n'indiquoDs ici que les traite principaux de t'établissemeat «lu régime municipal. Nous n'ignorons pas qu'il en existe d'autres variétés parmi lesquelles l'une des plus curieuses est la pression exercée par les seigneurs sur leurs sujets pour les contraindre è acbeter leur liberté. Voy., à cet égard, M. Tailliar^ De Ca/)ranc/nsstment des communes dans le nord de la France'; Cambrai» 4837, 10-8%

fafeor des villes à naître; enfin et suriont la guerre

ouverte qui créa tant de communes libres, mais malheureusement sans lien fédératif entre elles.

Celle diversité d'origines se retrouve-t-elle en Lorraine au berceau du tiers-état? Telle est la première question que nous allons examiner.

Il sera facile de montrer tout d'abord que les instilulions romaines n'oiii été pour rien dans Tavè- Dément de la bourgeoisie lorraine à la liberté* Le régime municipal de l'Empire, quoique longtemps Tivace en beaucoup de lieux de la vallée du Rhin, n'avait pas laissé une forte empreinte sur le sol mosellan. Les villes épiscopàles enclavées^ dans la Lorraine^ mais qui n'éiaieut pas lorraines, avaient seules conservé quelques traces des institutions de rempire. Cest donc ailleurs qu'il faut chercher, pour les pays lotharingiens, Torigine du tiers^tat.

La verrons-nous dans un insurrection victorieuse? Est-ce à la guerre que le tiers-état lorrain dut la liberté? Pas davantage. Qu'un le remarqua bien, c'étaient presque toutes de grandes et populeut^es cités, celles qui s'affranchirent par la force du joug féodal. Quelques-unes pouvaient entretenir de véritables armées dans leurs murs garnis de créneaux, et si les bourgeois révoltés dormaient en paix au vain bruit des fureurs de leur maître, c'est que leurs archers veillaient sur les tours des remparts et que des herses de fer s'abaissaient devant leurs portes. Ov, en Lorraine, au temps où quelques grandes ci-

ièë frftnçafses «lef taiént à lu ifaison leili* évéque ou leur comte, il n'y ataii pas une seule ville en état d'offrir la pime k son sus^eraiii^ La capMale «néiM du duché, Nancy, existait à peine comme ville. On ebercberaît en iraio, sur le» rives de la Mewrthe oa de la Moselle, ooe agglomération méritant mieux que le nom de bourgade* Il ne faut donc ni s'étonner ni s'afiliger âi les clironiques lorraines ne nous montrent pas, au tu* sièele, de vastes associations d*bommes en armes, se réunissant dans Téglise ou sur la place du marché, prêtant sur les choses sainte» le serment de se soutenir les uns les autres contre l'oppresseur commun; puis combattant dans les ru»s et, après le triomphe, exigeant du seigaecir, en échange de la paix, une charte qui fit d'eux les libres citoyens d'une libre commune. Le silence des chroniques ne prouve pas que les ancêtres des bourgeois lorrains aieot méprisé la liberté, qu'ils

•n'aient pas aspiré, pour eux et pour leurs enfants, à une existence à la fois libre et respectée. Ce siknee prouverait, tout au plus, qu'ils n'ont point tenté

.une lutte que leur isolement rendait impossible oUv tout au moins inutile.

Ainsi ce n'est pas la lutte à main armée qui^ en Lorraine, a fondé le tiers-état. Aucune ville du du-ché ne peut se glorifier d'avoir été une commune dans le sens qu^avait ce mot au moyen Age. Aucune

ville ira conquis, par une insurreelion bourgeoise,

sa charte de commune, terme qui exprimait^ il y a

sept cents ans, un système de garanties analogues, pour l'époque, à ce qu'aujourd'hui nous comprenons par le mot constitution. — Remarquons en passant que le mot commune n'est nullement syno- Dime du mot tiers-état. Celui-ci est beaucoup plus compréhensif que celui-là. Le tiers-état fut Texpression de ia liberté générale ; la commune n^est que rexpression de la liberté locale. Le liers-élat se développait et jouait, de jour en jour, un plus grand rôle politique précisément à l'époque où les communes s'effaçaient l'une après l'autre. Dans toute l'Europe il y eut des communes, mais il n'y eut vraiment de tiers-état qu'en France et dans les pays limitrophes. Quand nous^disons qu'en Lorraine il n'y eut pas de communes^ il faut en conclure, non qu'il n'y eut pas de tiers-état dans ce pays, mais seulement que les communes, les villes affranchies par l'insurrection n'y sont point, comme en France, Tune des origines du tiers-état.

Puisque la bourgeoisie du duché n'est sortie ni des anciens municipes romains, ni des communes viclorieuses, ce sont donc des concessions seigneu^ riales qui lui ont volontairement octroyé la licence d'être libre. Aussi le mot alTranchissement est-il seul convenable pour qualifier le fait qui a rendu libres les villes lorraines. Le mot révolulion serait plus qu'exagéré; il serait absolument faux. Quelles forent, dans cet afîranchisseuietit, la part, l'initiative de l'ancienne chevalerie? Quelles furent celles

du pouvoir ducal? À quelle époque remontent les affraDchissementst Quelles étaient la nature et l'étendue des concessions faites aux villes aiïraacbies? Telles sont les questions que nous devons maintenant aborder.

Le successeur du duc Mathieu II, Ferri Ul, dont le long règne embrasse plus d'un demi-siècle (1251*1 303), fut le promoteur de l'émancipation communalè en Lorraine. On citerait à peine deux ou trois chartes d'affranchissement antérieures à son avènement. C'est par lui que les principales agglomérations du duché furent dotées de libertés urbaines et de privilèges. Les premiers affranchissements en Lorraine ne datent donc que de la seconde moi* tié du xiii^ siècle, tandis que, en France, le mouvement communal avait commencé dès la moitié du xi*.

Âu nombre des villes affranchies par Ferri III nous citerons: Neufchàteau en 1257 (1); Montfort, Cbà-

(1) On lit dans les Coupures de Boumon : a Sous le prince Ferri Iii| la loi de Beaumont prit faveur, il l'admit dans ses Etats, Neufchflteau fui affranchi en 1264. 9 Cette citation est de

la rédaclion de Mory d'Elvange qui donne l'analyse de la chavle indiquée. Elle parait être la même que celle du vendredi après les Rois iS56 (?ieux stjle) dont M. Lepage a publié le texte dans la statistique des Vosges. Cette charte est très-liliérale. Quoi* qu'inspirée par la loi de Beaumont, elle n'en reproduit pas les dispositions. D'ailleurs elle n'est pas Torigine des libertés municipales de ceUe Tille. M. Lepage ineotloane une charte de liathieu II de s^pleiAre 1131.

lenoy (la résidence première des ducs). Arches,

Frouard et Bruyères en Nancy, Saiut-Nicolasde*Port, tunévilie, Gerbévillers et Âmance en 1 265, elc. (1] Le même prince affranchit d un seul coup, en 1276, la "ville et le comté de Longwy qui comptait trente-six bourgades ou fiefs principaux (2).

Les chartes ainsi concédées par Ferri 111 dérivent toutes d'une charte modèle, celle de Beaumont-en« Ârgoune. Tantôt le duc déclare purement pt simplement que la ville est affranchie et mise à la loi de Beaurnont. Tanlôt, tout en statuant que la ville pst mise à la loi de Beaumont, le duc édicté certaines restrictions étrangères à celte loi, ou supprime quelques-uns des articles du texte original. Mais partout et toujours, c est la loi de Beaumont (jui sert de type aux chartes nouvelles; c'est son esprit, souvent, son texte même» qu'on retrouve dans toutes les chartes parvenues jusqu'à nous. Une analyse de cette loi donnera une idée exacte du régime introduit par Ferri III dans les villes lorraines.

Beaumont^ situé vers les confins nord-est du du-

(1) V. M. ûigot, Hist, de Lofraine, U U, p. H3. Dom GaliDet. t^Vf., t. III^ col. Ii7, et M. Joly, Mém, de la Société

(Tarchéologie lorraine , 1868, p. 132.

(2) Voy. la liste des lreule-«ix iiefs relevant de Longwy dans Mussey^ LaLorraim ancienne et moderne^ p. 242. Voy. aussi Dom €aliiiet, Hist., t. III, col. 134. On doit ajouter encore les Charles de Poot-Saiut- Vincent^ Doicourt^ Ghàlel-âur-MoâeUe^ Gbarmes, Saink-Dié^ etc. Voy» M. Joiy, iu tupra»

èbé dé Bar, appartenait k la Champagne et relevait

des archevêques de Keims. Ce n'était guère qu^UQ modeste village quand Tarehevèque 6uiHaiime*anx«* Bianches-mains, en Tannée 1182, lui concéda cette tsharte mémorable qui devint bientôt, sous le nom de loi de Beaumont^ le partage d'un si grand nombre de villes dans la Lorraine et les pays voi-> sins (1).

La loi de Beaumont place le pouvoir politique en

la personne du seigneur, de l'Archevêque ; mais ce pouvoir consiste presque uniquement en ce que le seigneur s'appelle ainsi. De droits arbitraires, il n'y en a pas ; de droits utiles, fort peu. 11 résulte de Texamen attentif de la charic de Beaumont que les droits de r Archevêque se bornent à ceci : r il peut convo-

(1) Dom Calmel a publié nne ancienne traduction française de la loi de Beaumont dans son Hist. de Lorraine y Z*^" éd, (exemplaires cartonDés)^ t. II> Preuves^ col. â37-54i. Cette traduction, publiée sur un texte latin mal copié, est elle-même Irès-faniive. Le texte latin a été publié, pour la première fois, dans la Bibliothèque de TE -oîe des chartes (livraison de janvier i8Mv p. 248 et euiv.) par M* d'Ârbois de Jubaiafille, diaprés un mas. des archives de l'Empire, coté f , dans le earten M7 du trésor des charte?. C'est un acte d'aveu et d'Iiommage du comte de Chiny à l'archevêque de Reims. M. Digot a reproduit ce texte à la fin du t. Il de son Bût. de Lorraine, en TaméHorant et en profitant des reeUfleatioDS proposées par M. d'Arbois de JiibalQvîlle dont la version reproduit seule celle du mss. — Deux autres telles» l'an en latin» l'autre en français, ont été

quer les bourgeois pour aller à ta cheirauchée ; 2*

c'est en son nom que les plaids généraux se réunis** lent ; 3** il perçoit, chaque année» un impôt fixe, ou plutôt il touche le produit de cet impôt levé yav les ioina des magiairato municipaux ; 4^ à lui appartienneiil le four banal et le moulin ; 5° il touche la moitié du produit des amendes ; 6"" enfin le mayeur, et probablement les jurés, lui prêtent serment de MeUté* Tel est Tensemble des droits qui résident en h personne du seigneur. Le service militaire était une charge insignifiante. Si TArchevèque avait gardé le droit de mander les bourgeois à sa chevauchée, ce droit était purement honorifique : car les bourgeois ne devaient qu'un service maximum de deux jours ; Burgenm, dit la loi deBeaumont, § 52,

publiés par M. Tabbé Defouroy dans son ouvrage sur < la loi de Deautnont » (Reims i864). Ces textes ëoiit tirés de pièces qui> bien qu'appartenant aux archives de la commune même de Beaumont, ne sont pas les originaux de Guiilaume-aux-Blanches-mains. Le texte lalin u'est qu'une copie, souvent fautive, faite en avril i788 par le greflier de la chambre des coniptes de Bar. M. Defoumy.qui n'a pas connu la version publiée par M. d^Arboif de Jubainville, a cbercbé à rectifier le texte qu'il a publié à l'aide de celui de la charte de Beaufort, dont il existe à Beaumont une copie sans date. Quant au texte français, ce n'est pas une traduction de la charte originale. H est beaucoup plus développé 11 semble que ce soit un recueil d'anciennes couta<> mes de Beaumont dont la charte primitive a pu inspirer les principales dispositions^ mais qui est certainement très-postérieur à cette eharte elfe-même.

in exemtmn Archiepiscùpù^'iimt* liaçue, ipso die, vel in crastino, ad Bellummontem redibunt.

Voici maintenant les dispositions de la loi de Beaumont relatives à l'impôt foncier. On verra qu'elles ne grévaient pas les maisons et les terres de charges écrasantes :

Le bourgeois possesseur d'une maison dans la ville, ou d'un jardin hors des murs, devait douze deniers, payables par moitié : une fois à Noël et l'autre à la Saint-Jean-Baptîste. Trois jours après l'échéance, le retardataire était puni d'une amende de deux sous (art. 1^.

L'impôt sur les maisons et sur les jardins était, comme on voit» un impôt fixe. L'impôt sur les terres était au contraire, proportionnel : les prés payaient quatre deniers par fauchée ; la terre déjà en cuU ture devait de douze gerbes deux; et la terre qiuje m nemore exiirpaàaiur de quatorze gerbes deux (art. 3 et 4) (1).

Le droit prélové par le moulin et le four seigneurial était d^un vingtième sur le grain et d'un vingtquatrième sur le pain (art. 5 et 6).

Pas de*|capitation, pas de prestation personnelle; liberté absolue de vendre et d'acheter, sans aucun droit de vinage ni de tonnage (art. 2). Enfin le

(1) Ceci peut s'entendre soit des défrieheinents, soit des sartages qui se pratiquent dans les Ardeones depuis un temps immémoriai.

libre usage des eaux et des bois était concédé aus

bourgeois : Concedimus vobt's iisum aquœ et netnorum iiùerum (art. 8) , c'est-à-dire probablemenii le droit de pêche, et, en tous cas, la faculté de prendre dans les forêts tout le bois nécessaire aux besoins de chaque ménage (1).

L'admiDÎâtratiftn de la commune est confiée à un mayeur et à un certain nombre de^ jurés (yt/r^i/t) tous élus parmi les bourgeois et par tous les bourgeois (art. 9] (2) . Ce conseil électif cumulait les fonctions adininistraUves et les fonctions judiciaires. Nul ne pouvait décliner son universelle . Juridiction (art. 24). Il tenait, trois fois Tan, un plaid ou placite général (art. &3). Le mayeur et les jurés étaient responsables, vis-à-vis des officiers de TArchevéque, des revicnus seigneuriaux (art. 9). lis ne pouvaient rester en charge plus d'un an, à moins qu'une non*velie élection ne leur donnât Tunanimilé des suffrages (ibid).

L'art. 1 1 spécifiait que quiconque se présenterait

(!) îl ne faudrait pas induire de celte disposition que toutes les commuûautés mises à la loi de Beaumoat soient simplement Qsagères dans les hm de leur territoire. En fait, plusieurs sont propriétaires de ces bois ; d'autres sont usagères ; d'autres eoiin ont perdu les usages qui leur avaient été concédés.

iâj Voy. dans M. Defoumyj p. 243 un procès-verbal d'élection du mayeur et des jurés du 46 mai 1717. Cette pièce authentique, qui existe encore dans les archives de Beaumont, prouve que la charte était encore appliquée au xvui* siècle.

— aa —

à Beaumont pour y habiter en qualité de bourgeois, donnerait à son entrée un écu [unum nummum) au liiayeur et aux jurés. Le raayeur assignait en échange au nouvel arrivant une maison ou un lot de terre. Remarquons en passant que cette disposition ne pouvait être applicable en Lorraine que dans les villes dépeuplées par U guerre ou par la peste^ ou par la misère plus terrible encore.

Telles sont les principales dispositions de la loi de Beaumdnt (i). Entre toutes les chartes arrachées aux seigneurs du moyen -âge ou librement consenties par eux, nous n^en connaissons pas de

plus libérale. Peu ou pas de service militaire; de légères redevances contre lesquels les fermiers d'aujourd'hui échangeraient volontiers le canon qu'ils payent à leur propriétaire ; une admmistration communale indépendante, souveraine, exercée par des magistrats issus du suffrage universel ; la justice rendue par ces mêmes magistrats. Parmi les plus vaillantes et les plus heureuses des communes affranchies de haute lutte, combien ont obtenu de tels avaiilages? Tels sont poui laut les piivileges dont

(i) Nous ne dirons rien des dispositions relalives aux crimes, aux délits et à leur répression, ni de celtes qui règlent la procédure en justice. Nous avons entendu analyser seulement les plus iiiipoilaults, celles qui peuvent donner une idée de la coudiLion des personnes et des terres établie par la loi de Beaumont.

le duc Ferri IIl gratifia volonlairemcut ia plupart des villes de son duché.

SHI est faux de représenter Louis-te-Gros comme le patron des libertés bourgeoises de la Manche aux Pyrénées, connue le père du tiers-état IVdnçais, d'aïtribuer à la hauteur de ses vues la grande rénovation sociale qui fut surtout le résultat de Tinsurreclion populaire» on ne peut méconnaître que Ferri lU fut le promoteur de rémancipation communale dans son duché, qu'il joua en Lorraine le rôle qu'on a longtemps et faussement fait jouer à LiOuîs VI en France. Le fait matériel de raffrauchissement des communes par Ferri 111 est constant et ne peut prêter à la discussion. Mais quel lut le mobile de cette générosité exemplaire? Le champ est ouvert, sur ce point, à bien des appréciations. Nous mentionnerons ici une théorie que M. Augustin Thierry a dcveloppée avec suu admirable taient ; mais qui, déjà trop exclusive pour la France, est, en tous cas, inapplicable à la Lorraine. Suivant lui, quand les rois ou les seigneurs coucédèreut sans combat de& chartes de commune, ce fut non-seulement sur la sollicitation des bourgeois, mais aussi parce que les bourgeois étaient en état d'arracher leur charte par la force, si elle ne leur était pas octroyée par le bon plaisir. 11 nie que les rois ou les seigneurs aient pu

prendre riniliative d'un affranchissement qui était toujours contraire à leur intérêt, car aucune somme une fois payée, aucune rente raisonnablement assise.

ne pouvait compenser la taille haute et basse^ et tous ces droits de mariage, de décès et de mainmorte, de ju»tice et autres qu'anéantit la création des communes (1). Si nous suivions la théorie de M. Thierry, il faudrait conclure que Ferri lli, en mettant les communes lorraines à la loi de Beaumont, a cédé à la crainte d'une explosion imminente de Tesprit de démocratie. Or^ il n^en est rien. Nous l'avons dit et nous le répétons : aucune ville du duché n^était en état de lutter victorieusement pour la conquête de ses franchises. Ce point ne peut faire Tobjet d'un doute. Si donc Ferri affranchit la plupart des villes relevant de sa suzeraineté, on ne peut voir dans ces concessions réitérées que rexécution d'un plan librement conçu et volontairement pour* suivi.

Loin de nous Taristocratique pensée de refuser au peuple toute spontanéité, toute conception collective, surtout quand il s'agit de ses plus chers intérêts. Non, les grandes masses d'hommes, les associations plébéiennes, furent, grâce à Dieu, autre chose que de l'étoffe pour la pensée d'un roi ou d^un soldat. Mais il faut savoir dire la vérité, même quatid elle diffère des tableaux que nous avions rêvés et que nous aimerions à peindre. Or, la vérité est que, dans l'affranchissement des communes Ior>

(4) Voy. Augustin Thierry ^ Dix am d'études historiques , 2° part., xtv: Sur l'affrancbissemeut des communes.

raineB» le rMe du peuple fot purement passif. Le peuple accepta avec joie la liberté qu^on lui douuait et qui comblait ses tœux« Mais les affranchift»

sements furent une pure émanation de l'initiative ducale. Ferri lU érigea la liberté des communes en système politique. La mémoire de nos pères ne sera pas souillée pour avoir teçu de ce prince des concessions qui ne lui furent ni arrachées par la violence» ni même imposées par la crainte.

Est-ce à dire que Ferri III fut épris d'un amour profond pour le peuple ? qu'il émancipa les corn-* munes pour la plus grande gloire de son règne et qu'il voulut, devançant les idées de son temps, lé* guer à la postérité l'exemple rare et admirable d'un prince démocrate sur un trône féodal? Non, sans doute. Ses vues étaient plus simples, plus conformes à l'esprit de son siècle. Il aliranchit les communes parce qu'il avait un grand intérêt à les affranchir. Si son intérêt personnel se trouva coniorme à l'intérêt général, ce fut un hasard heureux pour la mémoire de son long règne. Rien de plus. Reste maintenant à montrer par quelle fortune, en paraissant servir la cause de la bourgeoisie, le duc Ferri servait réellement sa propre cause.

Remarquons d'abord que Ferri ne se borna pas à affranchir les populations qui relevaient directement de sa suzeraineté. Il gratifia aussi do chartes communales nombre de villes et de bourgades dont il n'était que le suzerain médiat, qui se trouvaient

sous le vasfielage direct àw seigneurs de l'andeinie

chevalerie (1). Il n'est pas besoin de faire ressortir avec quel méconieateaieni la noblesse dut accueillir ces mesures ariiitraires et illégales, si Ton peut employer ce mot eu parlaat des choses du xui** sièclOé La créatîoa des communes portait la plus rude atteiute aux droits ou plutôt aux privilèges de la noblesse* En prenant Tinitiative des affranchisse^ ments sur les terres de ses vassaux, Ferri enlevait

(i) Ou ne oooaaît pas d'une manière précise les villages dont le duc de LorrainA éUdt timplementsuseniinet qui furenl ainsi

affranchis par lui. En admettant que le fait soit simplement probable^ mais non démontré, pour les seigneuries telles que Bayoo, Daraey> Dombasies, Neuviiler, Beaufremont» Passavant^ Haussonville, Parroye, Vandiëres, Florenges et Coos-la-6randville (Digol, L U. page 77), il est céiiaiu que les nobles « traversèrent privilèges et franchises qu'avoit Moiisignor donné et gratifié oerlains lieux (Mémoiiial de Louis d'fiarauoourt). — Dans tous tes cas, il est évident que l'eiefopte était contagieux, et que beaucoup de seigneurs se virent indireclemenl forcés d'accorder dans leurs domaines, contre leur gré, des franchises analogues à celles que le duc avait proclamées dans les siens. D'ailleurs, les sujets des seigneurs fuyaient les communes non affranchies pour se réfugier dans les villes ducales. C'était assez pour exciter l'animosilé des seigneurs réfractaires à l'affranchittenent Dans tous les cas , il n'est pas douteux que les affranchissements furent le principal molif de la révolte des seigneurs contre Ferri lU. M. Digot ne le met pas en question. (Voy. Hist. de Lorr., U 11) p. iiO et suiv.) — Le même fait se reproduisit plus tard. V. ibid. p. 358 et suiv*

•01 «e^ffimir» une notable partie leur oiitorilé» flans leur laisser, au moins, la coo^olaiioade garder ID échaD^ la. reconnaissance dés nonveaux boor^

geois H conquérait ainsi, à bon marché, une popuiarilé qui, déjà précieuse en elle«méine, Téiatt aussi en ce qu'elle aiiaiblissail riniluence des anciens ehevalien à proportion de ce que gagnait Tin*^ fluence ducale. Peut-être même le duc Ferri eut-il cette prétention, que l'on prête à Louis \l, d'établir en principe que toute Nille de commune relève directement de la couronne. Dans ce cas, son intérêt eût été plu« sérieux encore à l^extension des affranchissements. Rien ne prouve que Ferri 111 ait cherché à établir cette doctrine politique; rien ne prouve qu'il ne l'ait pas embrassée. En tous cas, elle est bien dans les idées de Tépoque, et il n'y a pas ténierité à supposer qu'il ait cherché à la faire prévaloir*

Il est certain que Ferri III, dans tout le cours de son règne d'un demi^siècle, soutint contra la no" blesse une lutte opiniâtre. Nous en verrons tout à l'heure des preuves non équivoques. On peut con* sidérer la création des communes par ce prince comme l'une des armes les plus acérées dont il se servit dans sa lutte contre la chevalerie.

Le corps de Tancienne chevalerie lorraine, armé des redoutables prérogatives politiques et judiciaires que nous lui connaissons, devait être et fut, en effet, l'adversaire acharné des ducs dans leur mode de

gouvernement inlérieur* A Tépoque où nous sommes

parvenus, le but politique poursuivi par la chevalerie élail tout égoïste, tout personnel. Plus tard, la cause de Tancienne chevalerie s'identifia avec celle des libertés publiques. Mais, au temps de Ferri 111, par exemple, il est clair que l'aristocratie lorraine, luttant contre le pouvoir ducal, n'avait d'autre but que la conservation ou Textension de ses privilèges. Remarquons même que, sous Ferri lil, c'est le pouvoir ducal et non la chevalerie qui défendait la cause

de la déiriocralie.

Ferri ill se crut assez fort, non-seulement pour

multiplier les affranchissements» mais même pour attaquer l'antique juridiction connue sous le nom de Tribunal des Assises de Fancienne chevalerie. On sait, par le codicile du testament de Tbiébaut II, que le. duc Ferri III prit une décision en vertu de laquelle les jugements prononcés dans les Assises de la Chevalerie devaient être, à l'avenir, rendus au nom du souverain (1).

Les chevaliers s'assemblèrent, tinrent de secrètes réunions et préparèrent un plan qui consistait à enlever le duc Ferri à la chasse et à le détenir ensuite

( i ) On ne connaît pas la date préette de ceUe révolution judiciaire tentée par Ferri 111 ; mais ou peut conclure de ceriains pifisases des aocieunes chroniques qu'elle précéda de peu de temps el motiva probablement l'audadeui coup de main qui mit la personne de Ferri aui mains des chevaliers.

dans le manoir de l'un d'eux. L'enlèvement* la dé-^ tention et la miraculeuse délivrance du ducFerri III forment l'ua des plus curieux et des plus populaires

incidents de Thisloire de Lorraine. Dom Calmet Ta rangé parmi les fables (1 )• Avant lui et après lui, les principaux éciivaiiis du xyiii' siècle l'ont passé 80U8 silence, ou ne l'ont rapporté que pour en démontrer Tin vraisemblance, eL mùaie rimpossibiliLé. La critique moderne n'a pourtant pas démenti la tradition qui s'était conservée jusque dans les chansons populaires du siècle dernier. L'exploration de manuscrits inconnus au temps de Dom Calmet a permis d'établir la vérité des faits relatifs à la captivité de Ferri. Ils ont aujourd'hui un caractère d'authenticité qui les a conquis au domaine de l'histoire (2).

Le récit que nous allons rapporter est emprunté au Mémorial de Louis d'Haraucourt dont la plume laborieuse de Mory d'Llvange nous a conservé de

( I ) Hùt. de Lorraine, t. III, col. 4i8 et 149.

(2) Voy. ta curieuse disserlatioD de M. Beaupré intitulée De la prison de Ferri W dont h tfmr de MeixMlk. Nancy; Grimblot, 1839, iu-S.

Ce pasBage^était écrit lorsqu'à para dans les Mémoires de TAcadémie de Stanislas (4166) un remarquable travail de M. de Saiut-Viacenl bur le même sujet, mais daus un sens diamétralement Opposé à celui de M. Beaupré. Quoi qu'il en soit, nous safODs que Tauteur de la prison de Ferri III persiste dans son opinion que nous adoptons complètement.

si précieux fragments. Il est un peu long, mais sa

grâce naive nous enlève le triste courage de le mutiler :

<i Pour ce que li duc Ferry avoit grandement en- « lie de gerroyer et voiut à tous meshy mettre a empescheinenl ès privilèges que certains de la « noblesse des siens estatz avoient eu prétention et « dont n'usoienien bons et loyaux gentilshommes, a mais bien comme leur duisoit à leur intérêt, dont « le pouvre peuple moult eut de soutirance, li dits a gentilshommes parfirent menéessourdes et brigues « à telles fins que traversassent privilèges et fran- « chises qu* avoit monseignor donné et gratifié cer- « tains lieux, firent complolz, et fut que certain « jour qu'ez passe temps de chasse dans les bois qui « sont par dessus li ville qu'a nom Laxou, qu'est « tout proche di Nancy, H duc resta en plaisir que « futprinspar la nuict. Parquoi certain Adriau des a Ërmoises> qu'avoit joUie femme à luy, qu ou tt disoit avoir privauiez et doulces accointances au • bon plaisir di duc, qu'estoit moult gentil prince, ,« que duisoit mieux à femelle qu'estait convoiteuse « ez ébats d'amour que li vieil et bigloux Andriao.

Et fut li duc Ferry prins et appréhendé à corps, a en certain destour, par gens armez, que couvri- « rent son chief, en tant que ne vist goutte, et fut < grandement par longues allées et venues pour- « mené et finalement mis en la tour ducliastel de « Maxéville, qu'est du fief dudit Androuin ; et ne

a sceut li duç ea quelks maias estoii^ ne siens serff viteura qu'estoit devenu.

«Un certain jour qu'avoit grandement fait bise « et gvoBse boutée, fut partie du toict en la susdite « tour enlouvée et mise en desappoint par li vent, tet fui force que certain qu'où nommoit Petit* i Jehan, et qui n*avoit qu'un œil, montit sur ladite « couverture et chantoit chansDanement qu^avoit- < on fait en complainete, et disoit que li due estoit « alli quérir, en lieu qu^on ne scavoit, place à «guerroyer ou fille tant gentille que fust à son « poinct, n'en estant onc à sa guise dans ses estatz. « Ët fust oy li chansonnement di duc, qui li pour- « parla et baillit anneau qu'avoilau doigt, et li pro- « mit grand prix, et fit commandemeot qu'allast

€ trouver sa dame eL li baillist.

« Qu'ayant fait li couvreur Jehan, fust la dame « Marguerite bien esbahie, et ne perdit temps le <K sire de Tillon, qu'estoit sien gentilhomme, et « prtnt quelque dix cavaliers, qu'estoient gens à « mains et loyaulx hommes, et chevauchèrent en « grande haste audit Maxéville, que n^est^oingde « Mancy, et fut li duc Ferry sorti di tour, que fust 4 rasée à la mointance, et li fief d^Andrian apprins « et tombe par félonie ; dont adviiil grand hoimeur . « et amitiance au sire de Tillon^ que demanda à t tousjours mais, pour souvenance de ce qu'en pre- • mier avoit porté secours à Monseiguor, li et sa lice gnée, tant que seroit en légitime procréation et en-*

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« gendrée de son chief, avinssent droict et puissance « aller, en premier avant tous aoltres, exceptant li « seignor duc, à Tadorement di seignor Dieu à Jour « que bons et loyaulx chrestiens festoyent sa mort ; « ce que fut accordé. »

Tel est le récit de la merreilieuse aventure de Feni III. Il a le rare privilège d'unir au romanesque de la légende une authenticité qui lui ouvre les graves annales de l'histoire (1).

(I) Cette aulhentidté a cependant été disculée et comb^ltue

par M. de Saint- Vincent dans les Mémoires de PAcadémie de Stanislas, année 1866^ p. Lxim. Malgré la forme attrayante sous laquelle Be présente l'opinion de l'auteur^ sa oonclusion ne nous paraît pas devoir prévaloir contre celle de MM. Beaupré et Digot> qui admellenl la réalité de l'emprisonnement du duc Ferri dans la tour de Maxévilie. Nous qènToyons' à leurs savanfs ouvrages ponr la démonstration du fait^ qui a pu être nié par Dom Calmet dans Tignorance où il était du Mémorial de Louis d'Haraucourt. Quant à M. de Saint-Vincent^ il reconnait bien qu'un duc de Lorraine a été emprisonné dans la four de

Maxéville, il reconnaît éiialement l'aLilhciilicile du JMémorial, mais avec une correcliou. Partout où il s'agit de Ferri 111, il propose de lire Jean d'Anjou, c'est-à-dire que le fait se serait passé au mmns un siècle et demi plus tard que ne l'indique d'Haraucourt. On conçoit qu'on ail pu nier le fait tant qu il reposait seulement sur une Iradition. Mais une fois qu'on admet l'emprisonnement attesté par d'Haraucourt son récit^ ne peut être divisé. Ceux qui recherchent la vérité liistorique sans se laisser séduire par le charme du siyie, reconnaîtront que la victime dea sei-» gneurs n'a pii être Jean d'Anjou contre lequel il n'eiislait aueuu

Le duc Ferri ne signala pas son retour par des eiécutions(l)JI profila seulement de sa victoire pour abaisser la chevalerie: ce fut probablement alor&qu'il fit rendre en son nom les jugements prononcés par la chevalerie dans ses Assises. La plupart des conjurés forent graciés, mais le duc fit placer sur les tours de leurs châteaux des enseignes et marques infâmes, qu'on Toyait encore au temps de Charles IV ( 2). Le sire des Armoises lui-même trouva grâce devant Ferri. Cependant, depuis la défection d'Androuin, quand un des Armoises dinait à la table ducale, sa plac^ était marquée par un couvert renversé. Cet usage singulier se perpétua comme une tradition de l'ancienne cour de Lorraine. 11 subsistait encore

motif Bérieux d'animosilé. Oo peut bien nier une tradition quand

elle n'est pas appuyée sur une auloriLé certaine. Mais quand celle tradition, encore vivante de nos jours, se trouve en concordanceavec une autorité qu'on ne méconnatt pas, on ne peut substituer à cette tradition et à cette autorité un système historique^ séduisant au premier abord, mais qui n'est justifié par aucun témoignage, ni adopté par aueun historien.

(1) La date et la durée de la captivité de Ferri n^>nt po être, jusqu'ici^ parfaitement précisées. M. Digot^ dans son Hist, de JUnaine (t. il. p. iS3 et 124), estime que cet événement singulier doit être placé vers les années 1269 ou 1270. Quant à la durée de la détention, le mèine auteur pense qu'elle n'a pas dû excéder jsisL ou huit mois.

(2j Chronologie sommaire des ducs de Lorraine et de Bar, par Duplessis, conseiller du duc Charles IV. Mss. du cabinet de M. Beaupré.

au siècle dernier» sous Je règne de Léopold (1).

On â vu» par ce qui précède, que l'affranchissemenrdes communes, dans le duché de Lorraine, est dû à rinitialive plus intéressée que généreuse de Ferri III. Les communes fenconlrèrenl dans le corps de l'ancienne chevalerie beaucoup d'adversaires et peu d'alliés. Quelques seigneurs cependant accordèrent des privilèges aux serfs de leurs domaines et mirent leurs villages à la loi de Beaumont ; mais ce fut Texception. Le fait général, c'est Ilios^ilité de la chevalerie qui partageait sur- les communes la célèbre opinion de Guibert deNogent: « Commune est un nom nouveau et exécrable. »

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