‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 3)Chapitre 16 sur 61 · FAR M. J. CHAUTARD · texte numérisé non relu

FAR M. J. CHAUTARD

L'observation des phénomènes météorologiques |est une œuvre de patience qui offre ses difficultés et îs labeurs. À défaut de lois générales» déduites de la discussion des résultats obtenus, on peut arriver des données dont on tire utilement parti dans une Ifoule de circonstances les plus diverses ; aussi pour- Isuivons* nous sans hésiter la tâche que nous avons commencée depuis 1862. Aux recherches qui concernent spécialement la météorologie de Nancy, nous avons réuni, comme les années précédentes, celles qui sont relatives à quelques autres localités du dé^ partement (1).

(1) M. le Marchai^ que l'Association scieatitique a honoré celte année d'une niédaiUe d'argent, a bten voulu continuer à nous adresser le relefé eiact des observations quMl pouTSuit à Lorquin depuis plus de Tingt-cinq ans.

M» Pbighbr, insUluteur à Lubécourt, consigne et nous communique avec un zèle que nous nous plaisons à reconnaître, l'étal de la température, le degré de sécheresse ou d'humidiié de i'aUttosphèrei la force et la direction du vent, les phénomènes particuliers relatifs à la Tégélation.

Enfin, je dois mentionner d'une mamère spéciale M. Ehr-

— Hiver 1868-1869.

L'hiver 1868-1869 s'est fait remarquer par une douceur tout à fait exceptionnelle et qui lui vaudra une place dans les épfaétnérîdes météorologiques.

I^s trois hivers les plus chauds du siècle étaient ceuKde 1623, 1828 et 1834. D'après M. Swcnin,

«iHH, moa inteUigeiit et actif préparateur à la Faculté des

sciences^ qui, depuis st ans, me seconde dans mes travaux avec une habilelé et un dévouemeal au-dessus de tout éloge.

Indépendamment des observations précédentes, il en est encore fait à lliôpîlal militaire de Nancy par les soins de M. le D' Laforest, médecin-major principal. Ces observations portent sur le baromètre, te tbermomètre^ fliygromètre, la girouette, rétat do ciel et l'udoroétre; elles ont lieu cha(]ue jour 49 heures du maliu. Les résumés meusueis et annuel sont publiés par ies soins de Tadministraiion de la guerre et me sont communiqués avec un empressement et une obligeance dont je suis heureux de remercier publiquement ici M. Laforest.

A rinslilulion de la Malgrange (3 lûlomètres Sud de Nanc|), des observations sont égaleoieni fmtes par le professeur de physique, M. l^abbé Pescher.

Les observatioDs météorologiques de l'école normale de Nancy y continuées régulièrement 4le ië&6 ^isqfu'en 1866, c'est«à>dire pendant une période 4e dii sussent été malbéuiteusemeift inlerrompues à l'époque du changemeul de local de cet établissement, transporté ài'extréfnitéoQest^la ville, à mi-«éte d'une colline qui fait face à k vallée de la Menrthe \ ia sliuixUon serait excellente pour les obserirations dont il s'agit. Cette interruption, depuis trois «m^ est d'autant 'phis tegiettable que x'est de

la moyenne de la température de Thi ver de 1841 à 1859 est de cette année, elle a été de + 5^5.

Décembre 1868. La température a été relativement assez élevée en décembre 1868 (moyenne

8^, à tel point que, pendant tout ce mois, on a pu observer les apprêts et même des commencements de végétation^ la lloraisou de quelques plantes, telles que les ellébores, les coudriers, les violettes, le gui {vùcum album) et même celle de certains pêchers.

Nancy qu'est parti le mouvenient météorologique dont semblent animées aujuurd hui la plupart des Ëcoles normales de TEmpire*

Uécole Dormale de Metz, sous l'impulsion de son lélé direeteur, M. CoijLet, continue depuis l i ans ses ()l*?ervationsetm'en GOfflmuniquc les résumés avec une régularité que je m'empresse de constater ici. Aucune récompense n'a été aiieux justifiée que la médaille d'or accordée il y a quelques années à M. Collet par TAssociation scienlilique.

Les écoles de Canmetcf (Meuse) et de Mirecourt ( Vosges)^ «près quelqiles'fâeheuses interruptions, se sont remises courageusement à l'œuvre et depuis trois ans l'installation des instrumentflj aussi bièn que le relevé des observations ne laissent rien

Si je rappelle le nom de ces établissements^ c'est qu'il y a qiiïiiie ans tout à l'henre^ je fus mêlé d'une manière bien in« time h Por^nisation du service météoroioj^iqne dans les écoles normales du ressort universitaire de Lorraine et que depuis cette épof|iie j'ai suivi ayec une constante sollicitude les péripéties diverses dont ces sortes de traranx ont été l'objet.

Il ne m'appartient pas de juger les belles recherches que 4860 16

Janvier, — En janvier seulement, du 10 au 28, on a eu une série de jours d'un froid assez soutenu et dont la plus grande rigueur s^est fait sentir du 19 au 27» jour le plus froid de Tannée 14%S).

Février. — Le temps s'est radouci en février et à part quelques faibles gelées» tout le mois a été d'une douceur prinlanière. Les phénomènes de végéta* tion» ralentis un instant par le froid de janvier, se raniment; on voit ramper des limaçons» des che* nilles; on rencontre des fraisiers en fleurs» des pervenches ; on commence à cultiver les jardins.

§2. —Printemps 1869.

Mars. — Si la douceur de la température en

février a permis aux cultivateurs de pousser activepou rsui vent, dans la Meuse l'administration des ponts et chaussées sous l'habile direclioD de M. riogénieur Poincàeb& et dajos la Moselle, TÉcole d'application sous l'impulsion de ses savants professeurs; ces sortes de Uav;uix out une notoriété qui les met au-dessus de tout éloge de ma part.

Je serais injuste si f oroeUais dans cette éaumération lorraine les intéressantes observations de MM. Barby k Saint-Dié ei X. TamiÀT au Syndicat de Saint-Jmé ( Vosges) qui, Tua et Taulre, méritent une place honorable parmi les plus intrépides champions de la météorologie. C'est par leur initiative que vient de s'organiser une société météoroiogique vosgienne.

M. X. Thibiat^ auteur d'une statistique intéressante sur le canton de Remiremont^ intitulée la Vallée du CleuHe, a reçu celle année une médaille d'or de l'Association scientifique»

ment les travaux de lacaiopagne, il n'en a pas été de même en mars. Ce mois a été généralement humide et froid, bieo que le thermomètre ne se soit abaissé qu'à — 6** et qu'il n'y ait eu que 8 jours de pluie. La neige est tombée 1 2 fois et a demeuré à terre pendant 10 à 12 jours consécutifs; enfin, il y a eu i 8 jours de gelée au-dessous de zéro. Ces alter* nalives de froid et de dégel n'ont rien produit de fâcheux : elles ont, au contraire, complété l'ameublissèment du sol, si nécessaire à la germination des graines et surtout au développemeot des plantes qui n'ont que peu de temps à rester en terre ; elles ont eu de plus l'avantage de détruire les insectes nuisibles cl les plantes parasites et de ralentir la végétation déjà trop avancée dans le cours du mois précédent.

AvriL — Après quelques jours d'une température

relativement basse, le temps s'est mis au beau et s'est maintenu tel pendant la majeure partie du mois* La végétation est devenue luxuriante en peu de temps« Elle s'est ensuite ralentie dans les jardins sous l'influence d'une extrême sécheresse à laquelle les pluies d'orage ont mis (in. Les gelées blanches ont été rares; mais celle du 10 au 20, générale dans tout le département, a causé dans les jardins et dans les campagnes un préjudice notable.

Mai. — La température du mois de mai a été plutôt modérée, sans chaleurs excessives rappelant

celles de la méq^e époque en 1868^ ni aussi sans les

froids intenses qui» en mai 1867, avaient causé tant die mal aux Tignobles et à ragriculture.

Sans l'abaissement anorioftl de température et

rhumidité de la plus grande pariie du mois de juin, l'été de 1869 serait caractérisé comme sec et chaud.

Juin. — La première semaine est assez belle; puis le temps change tout à coup, il pleut chaque jour, et, du i4au 24, la température baisse au point de forcer à rallumer le feu dans les appartements. Aussi, les récoltes inspirent-elles des inquiétudes aux * cultivateurs, vu les mauvaises conditions de floraison du blé et de la vigne.

Juillet. — A la suite de cette période de froid» la température s^est brusqueiument élevée en juillet et il est survenu une sécheresse opiniâtre, accompa* gnée de chaleurs tropicales, constantes et soutenues du 3 au 3i du même mois. Le thermomètre s'est élevé presque chaque jour à un maximum couipris entre 24* et 3I%5. La maturation des céréales a été devancée et ierendemenl considérablement diminué, le grain étant resté maigre et comme atrophié. CeUe béclieresse a pioJuiL la coulure d'un boa tiers des grains de raisin et, de plus, a compromis en grande partie la seconde récolte de fourrages comme en 1868.

Août, — A la suite du terrible ora^du 31 juillet.

la température a baissé rapidement, quelques nuits froides sont survenues; toutefois la sédieresse a repris bientôt le dessus et s'est prolongée du 10 août aa 6 septembre presque sansintermptioa.

§ 4. ~ Automne.

De belles journées se sont fait remarquer en sep^ tembre, ainsi que pendant la première période d'oetobre : puis^ presque sans transition, les symptômes de l'hiver ont apparu. Dès le 23 octobre, le thermomètre a maïqué^au raininia • — 2°, puis est descendu à — 7^o le 29, et à — S"" dans la nuit du 30 au 31. La neige se montre assez abondamment k 27 et le canal gèle complètement dans Tarrondissement de Sarrebourg,

Novembre a été plutôt humide que froid. L'état de l'atmosphère se coalinue ainsi avec des intermittences de froids modérés et de journées d'une douceur prin tanière jusqu'au 24 décembre. Mais le 25 et le 26 décembre, la terre se couvre d'une couche épaisse de neige et l'année se termine par un froid assez rigoureux.

§ 5« — Pression barométrique (I).

La hauteur moyenne du baromètre a été de 742°^,54.

(1) L'initallalion des toBtnuiients a été iodiquée dans les nip-

Le maximum de pre^ssion s*est fait sentir le 9 janvier à 9 heures du majlin ; il élait de 756^^03, la • température de + 4**, 5, le ciel couvert, le vent N.-O.

Le minimuiu a eu lieu le 1 i mars à 7 heures du matin ; il élait à 720"^,4I ; la lempérature de + 0\u, le ciel couvert^ le veut M.-Ë.

L'écart des pressions extrêmes est seulement cette anaée de 35'^«62.

§ 6. — Tetiy^ature.

La température moyeaoe *de Tannée est de 10%14 (1).

porls précédents. (Voir le Résumé météorologique de 1868}» Les obserTatioDs sont faites régulièrement trois fois par jour 7 heures du maiin> i heure de Paprès-midi, 5 heures du soir du i*' novembre au I*' mars; 6 heures du matiu, 1 heure de l'après-midi^ 6 heures et demie du soir du i*' mars au 1*' novembre. *— Une autre observation faite chaque jour à 9 heures cliez moi^ bcil de cumplémeul el de contrôle à celles de la Faculté.

(I) 11 s'agit iet de Tannée civile du i** janvier au 31 décembre.

La déterroinaliou de la température moyenne d'un lieu est un des éléments les plus importants de la elimotalogie. C'est par la connaissance, quoique bien im{iarraite encore, de la tempi^rature Uioyeaae d'un grand nombre de points du globe que Hcn- BOLDTa pu suivre et tracer sesligim isatherwm wi intéressantes pour l'histoire physique de notre planète. , On peut obtenir la moyenne (hermique d'un jour en prenuiii

Le maximum + Sl^'tS a été obtenu les 24, 25 et 31 juillet vers 2 heures de Taprès-midi.

Le 24, la pression barométrique était de 738*^,75^ le ciel nuageux, ie vent N.-E.

Le 25, la pression barométrique était de 739, le ciel nuageux^ le vent N.-O*

la demi-somme de ses températures maxima et minima. Cette méthode n'est pas d'une extrême rigueur; mais elle doiwe des résultais approximatifs, dont les observateurs se oontentent la plupart du temps. La moyenne ainsi obtenu^ est trop élevée, généralement j de quelques fractions de degrés ; on peut la corriger à Taide d'un coefficient calculé pour chacun des mois de l'année.

La seule méthode rigoureusement eiacte serait l'emploi d'ap* pareils qui enregistrent eux*mêmes la température d'une manière continue^ mais ces appaicils&oiit compliqués, fort coûteux et jusqu'ici n'ont trouvé place que dans quelques grands ob-

servatoires. On y arriverait encore par l'observation dés températures (le chaque heure; divisant le lolal obtenu 'par le nomluc des observations prises en 24 heures» oa aurait la température moyenne de la journée. On comprend que ceUe mélhode soit généralement impraticable. IIumdolt a, le premier, reconnu que la température de neuf heures du matin s'éloigne peu de la moyenne diurne; mais les résultats obtenus ainsi ne sont pa les mêmes sous tôules les latitudes et la moyenne établie sur cette seule donnée serait naturellement fausse sous les climats variMes, La demi-somme des températures de neuf heures du matin et de huit heures du soir donnerait une plus grande approximation*

La moyenne des mois d'avril et octobre peut être considérée auni comme représentant approximaUvement la moyenne de

Le 31, la pression barométrique était de TiV^fi, le ciel nuageux, le vent S.

Le minimum ^ 1 4%5, s'efijt manifesté (ian^ la

nuit du 30 au 31 décembre. I

L'écart des températures extrêmes est danode 46%

La moyenne de température de l'hiver (décembre 1 868, janvier et février 1869) est de 4- S^^^S. Aucune des moyennes de chacun de ces trois mois n'est descendue au«dessou8 de zéro. ( Voir les tableaux t/^ i 1868 et 1869.)

La moyenne de Tété (juin, juillet, août) est de + 18%

moyenne des deux mois d'avril et d'octobre

rannée. On obtient celle moyenne exaclemeot en faisant la somme des moyennes thermiques de chaque mois et divisant cette somme par 12. . '

On a observé, enfin, que la température des sources et celle des puits sontfpeu éloignées de la moyenne du lieu où ils existent. Les observateurs sédentaires feront donc bien de noter, en chaque saison au moins, la température lic ces eaux.

Pour Tobservation de la température maxima d'un jour^ on peut se reporter & mon Résumé météorologique de 1868, page 12 et à ma Notice de inétéorologie agricole^ page 5 (Extrait du Compte rendu du Congrès agricole de^ Nancy, 1 vol. in 8% i869).

Le minima a toujours lieu le matin, une ou deux heures avant le lever du soleil; on l'observe avec un thermomeue dit à mimmâ. Si ce minima avait lieu à une heure différentCi dans le jour par exemple, ce serait \e résultat d'utfe intempérie ^u'il

serait bon de polert

de + 10%43 ^ nombre qui s^écarte peu des moyennes amodies de oolre eontrée.

Le nombre des Jours de gelée (1) de Tannée 1868- 1860» peut fie répartir ainsi que l'indique le tableau suivant :

Octobre I

Novembre* 8

Décembre 2

laovier Il

PéTrier i

Man If

Avril»...» 1

ié jours (le gelée

poor rhiver météorologîqae.

8 joan de gelée pour IS68.

31 jours de gelée

poar im

Total pour 1868-1860 80 jonrs de gelée.

Pendant le printemps. Tété et l'automne de 1 S69« le thermomètre s'est élevé i 1 7 fois au-dessus de S0^« La distribution de ces divers maximums peut se re* présenter ainsi qu'il suit :

Avril.

Mai.

Juin.

Juillet.

Août.

Octobre.

Total.

iS

'mm. a 26* , a t • • f »

Il Î8*» . « • • • •

(1) Nous comprenons sous ce nom les jours pendant lesquels le ibermomètre ipinîma est descendu au*deB80U8 de zéro»

Ëa dehors deb pUcnumciies thermomélriques que nous venons de constater, notons encore :

La quantité d'eau tombée à Nancy en 1869 est de 738"",âO (1)» y compris l'eau de neige et de grêle.

(I) Le plus grand nombre des conseils généraux conndérant l'ulilité qu'il y â pour ragrieulture à étudier avec exactitude la

distribution des pluies à la surface de la France, ont dans leur dernière session volé des fonds pour cet objet important* Le coDseU général de la Meurthe n^eat pas resté sourd à l'appel qui lui a été fait et a voulu contribuer à assurer cette partie du service météorologique dans notre département. Des udomètres sont déjà entre les mains de MM. Pbigkbrj instituteur à LM' court (arrondissement Je Chateau^Salins), Pierson^ instituteur à Vézelise, G rébus, principal du Collège de 7 oui. Les observations régulières ont été commencées au 15 décembre 1869. D'autres postes vont être prochainement Insfallés dans deux autres localités j il en sera rendu compte dans le résumé de 1870 .

Outre ces diverses stations, plusieurs udomètres sont organisés d'une manière permanente aux environs de Nancy et détendent, les uns de Tadminislration des ponts et chaussées (service du canal de la Marne au Rhin), les autres de TËcole forestière. Le résumé et la discussion de eea intésaantes reebarehes sont enregistrés chaque année dans des recueils spéciaux publiés par ces diverses administrations*

Rosée.

Givre ou gelée blanche. • « •

Gelée dure au-dessous de .

65 fois 8 1

Udométne.

— Sd5 —

Le mois pendant lequel il est tombé le plus d'eau a été novembre; nous en avons reeueilli 121*". La hauteur d'eau mesurée pendant les divers mois se trouve consignée dans le tableau suivant :

IfoTembra..... S

Mai 80 75

Septembre SI 7S

JniD 83 75

Décembre. ••••••••• 75 •

Mars • 66 50

Féfrier.,/. ei«"SO

Juillet 58 75

Célèbre ••••• 55 •

Jâuvier SI •

Août « 17 â5

Avril 17

L'eau recueillie à Lorquin» par M. le D** Marchai, est de 743—.

La hauteur à Goodrexange observée par Tadministration des ponts et chaussées est de dSS"".

Le nombre des appareils udomélriques fondionnant aujourd'hui dans le département de la Menrtbe e^ de 14.

Sons bois.

Hors bois.

SutioD forestière ^ des Cinq-TranehétA

AdininistratioD des forêts*

Pools et cbaassées.

Faculté des seieneei.

AdminisiralioB de la guerre.

Observatoires |»rivés.

Slalioa forestière de Belle- Fontaine

SlaltOD agricole

A^Amance Gondrexange*

Sous bois.

Hors bois.

Hors bois.

{Jardin aeadémiqae (Deux appareils de modèles différenis).

I H6piial miliiaire à Ifaucy.

lostilotioQ de la Malgrangc (près Nancy), M. le D*^ Mahchal à Lorquin.

M. Pfiionaa, insUiuieur à Lubécouri, M. Pitisoiit iastitoteor à F'éuliH* Collège do Ton/.

Le nombre d^s jours de pluie est de i30« dislri bnéft par mois aiDsi cpiUl suit :

Hai

Novembre.

Septembre

Février • . .

Jain., . . . .

Octobre...

i2 Juillet . 10 Août.

18 Janvier. .

H Décembre

14 Mère..*.

H ATril....

La cotnparaison de ce tableau avec le précédent conduit à de curieux résultats et nous montre, contrairemeot à une opinion généralement reçue dans le monde, que le jour ou le mois le plus humide n'est pas celui où il tombe le plus de pluie.

Nous comptons en outre :

108 jours de brouillard.

5 » de bruine.

23 » de neige.

6 • de grète.

§ 8. — Vents, Tempêtes. — Etat du ciel.

Les vents dominants ont été ceux d'Ouest. I^e rapport de leur fréquence en centièmes» résultat de

1,062 observations» esl indiqué dans le tableau suivant:

8.-S.-0. 11,20 N.-0. .... 7,S5fi.-N..B. . 4,U 8.-B... 1,41 N.-B . 10,92 S. -0 6,68 fr*N.*0. . 5,01 B.-S.«]B. . 1,51

fi.-^.-E . 8,i7 ^ 6 O.-N.-O. . 2,54lS.-S..E . 1,»

Les tempêtes les plus violentes sont celles du 1" et du 2 féYrier, du 1^' mars* dc& 6 et 19 mai, du

9 août, du 16 septembre, des 3, 5 et 28 novembre et entia celle du 1 7 décembre.

La tempête du 28 février au 1" mars a déterminé dans l'espace de 36 heures un écart de dans le baromètre.

Le ciel s'est montré pur 42 fois» presque pur 47^ nuageux 1 39 et couueri 1 37 fois^

§ 9. — Orages (1).

Les orages se sont montrés seulement \\ fois à Nancy. A part Toragedu 31 juillet, remarquable par son étendue et par sa violence, tous n'ont sévi qu^avec une médiocre intensité.

g 1 0. — Phénomènes cosmiques et lumineux,

M. A. TissoT a observé à Nancy, le 8 février, à

10 heures et demie du soir, un bolide décrivant, en deux secondes et demie, un arc très-peu courbe et sensiblement parallèle à l'horizon : il a passé audessus des Pléiades, à une distance de ce groupe d'étoiles plus petite de 1 ou 2 degrés qae celle d'à à s à!Orwn. Le point du ciel oii Tapparition a commencé

(i) Voir plus loin le rapport spécial relatif aux orages du dépaitemeot de la Meurtbe.

se trouvait à une vingiaine de degrés à gauche du vertical des Pléiades ; avant d'avoir atteint ce point, le bolide était caché par un mur. II a semblé s'éteindre à S ou 6 degrés à droite du même vertical. 11 était rougeàtre, peu brillant, et otTt ait un diamètre apparent dequelques minutes. Dervière lui s'allongeait, sur une étendue d'au moins 20 degrés, une mmce trace lumineuse de couleur blanche, dont chaque portion persistait pendant deux secondes environ/

M. Marcual a constaté à Lorquiu, dans la soirée du 5 mai, vers 7 heures, un bolide dirigé du Sud au Nord, laissant également après lui une longue traînée de lumière.

L'aurore boréale signalée le 1 5 avril des divers points de la France n'a pas été vue à Nancy et n'a pas produit de troubles notables dans le service té* légrapbique.

L'année 1869 ne se caractérise que par quelques phénomènes astronomiques peu importants pour, notre pays. Deux éclipses de soleil; l'une annulaire le 1 1 février, visible seulement dans les régions méridionales du globe ; Tautre, le 7 août^ symétrique de la première sur l'hétoisphère Nord, commençant à l'Est de la Chine, traverse le détroit de Béhring, l'Amérique du Nord dans sa partie médiane pour s'évanouir au Nord de Tisthme de Panama.

Signalons enfin deux éclipses de lune, dont une seule visible en France; celle du 27 janvier» corn-

mençant vers onze heures et demie du soir pour finir à quatre heures du matio.

§ 11. — Phémmènes divers (I).

Janvier. — Dans les premiers jours, comme à la fin de décembre 1868, on voit des fourmis et des limaçons.

Le 2, les perce-neige se montrent.

Le 1 1, on \oit quelque-i pêchers en fleurs. 20« le canal est gelé et peut porter.

Février* — Le la pervenche est en fleurs.

Le 3^ on entend la grive et Talouette.

Le 9^ le ciel dans la soirée est sillonné d'éclairs.

Le 11, les couronnes impériales sortent de terre; le perce-neige est en pleine floraison.

Le 18, depuis quelque temps on voit passer d'immenses bandes d'oies sauvages» de corbeaux, de choucas, etc., dirigeant leur vol du Sud-Est au Nord-Est pour aller prendre possession de leur station estivale.

Le 20, les abeilles travaillent comme en été, là où existent le saule marceau et le cornouiller.

Les lilas et les rosiers ouvrent leurs feuilles.

Mars* Lei 3, les abricotiers et les pêchers fleurissent.

(i) La plupart des indications de ce paragraphe m'ont été founies par M. Maechal, de tdirquin ilf. Païaina^ de Zu-

hécQurt.

Quelques jours de gelée au commencement du mois modèrent un pea la ?égétatioti*

Le 13, les pas-d'âue s'épanouissent; lesgroseillers piquants sont couverts de feutUes.

Avril. — Le 6^ le daphné-mezereum montre ses fleurs; cette année, il est en retard.

Le 8, quelques pruniers commencent à fleurir.

Le 12, les cerisiers également.

Le 13, on voit des hirondelles depuis peu.

Les cônes de sapins se montrent et semblent d'une abondance exceptionnelle.

Le 14 ; en quelques jours les avoines grandissent de 4 à 5 centimètres.

Nuit du 19 au 20, gelée blanche générale dans fout le département.

Le 25, le seigle montre ses épis.

Le 30, floraison de Taubépine.

Mai. — La végétation est partout en pleine activité; les prairies sont belles; les blés nVnt pas trop souffert de Thumidité, leur tige atteint environ un mètre de hauteur.

Le il, les cerises précoces commencent à rougir ; le blé épie.

Jmn. — Les hêtres des forets sont chargés d'une telle quantité de fatnes qu^on prétend Ifi^avoir jamais vu ce produit en aussi grande abondance.

Le 2, gelée blMche signalée sur quelques points qui cause «n^ mal sérieux aux haricots et aux pommes de lerre« Dans les Vosges , les jeunes*

pousses de sapin^ de nojer et de hèlre sont plus ou inohis atteintes.

La floraison de& raisins commence le 4 et n'est achevée que le 24*

La basse tempcralure et 'les pluies fréquentes de la majeure partie du mois arrêtent la végétation et retardent les récoltes de foin et de colza de plus de vingt jours *sur celles de Tannée précédente.

Juillet. — Du 4 au 31 température se soutient élevée.

Le 9, fin de la fenaison.

Le 12, on commence à couper le seigle.

Le 21^ la sécheresse est telle que les feuilles des arbres jaunissent et tombent comme en automne; le sol est profondément crevassé, les sources tarissent.

I^e 23, on coupe le blé; les gerbes sont nom- * breuses, mais le rendement est médiocre» car le grain mûri avant le temps et en quelque sorte des* séché par la chaleur est reste petit et maigre.

Le 30, la ctialeor persistante compromet la seconde fenaison.

Le 31 , orage intense mêlé de grêle ; fin des fortes chaleurs.

Août. On coupe Tavoine; rarement on avait

vu sa paille aussi haute; le rendement sans être abondant est néanmoins satisfaisant.

Le 10, les bruyères des montagnes sont en fleurs.

A dater du 1 8, sous l'influence de vents du Nord

et d'Est, la sécheresse reparait : les pommes de terre, my 16

en parité rongées par les larves dos haiineions, le ler blanc que Foq rencontre en inuacoee quanlitéi sècbeût sur un sol calciné* Septembre. — Continuation de la séchereMe*

Le 22, les hiroudclles se rassemblent.

Le 89» on vendange dans quelques localités*

Le 30, seconde végéUUon sur le chèvrefeuiliei les groseillers noirs et piquants.

Octobre. — Le 5, premières semailles à Lubécourt.

Le 13» fin des vendanges.

Le 22, la plupart des puits sont à sec; dans cer* tains endroits» l'eau manque complétemeaL

Le 20, il ioaibe de la neige, le froid persiste jusqu'à la fin du mois.

Novembre. — Le 18, la tempcralure remonte; on voit dans les jardins des pensées et des œillets en fleurs ; les fourmis cl les vers de terre se montrent à la surCaM^ du sol*

Les coadUioas météorologiques des trois deraièrcs

semaines du mois ont été généralement favorables

aux travaux d'automne et à la germination du blé. Les craintes qu'avaient d'abord inspirées les gelées

précoces, se dissipent.

Décembre. — Température printaoière pendant

la première quinzaine.

Le 15, débordement des cours d'eau* Le 24 et 25, le sol très-délrempé se couvre d'une

épaisse couche de neige qui proté^^s plantes contre

les gelées persistantes du 25 au 3 L

Le 30, on rentre de la glace de 7 à 8 centimètres d'éj^isseiir.

§ 1 2. — Caractère général de Pâmée.

Sous la double influence de la froide humidité du mois de juin et de la chaleur desséchante de juillet, certaines récoltes ont éprouvé des déplacements assez considérables. Aiiiai :

En 1 8G8^ la récolte du foin eut lieu le S juin. En i 869, idem 22 juin.

En \ 868, le raiâiu est en [jleiae floraison, le 31 mai. £Qm9, idem 24 juin*

En 1868, on coupe les colzas le 15 juin. Eu 1869, idem 30 juin.

Ën 1868, les avoines épient le 11 juin. £nl869, idem 26 juin*

En 1868, IçA raisins tournent le 5 juillet. Ënl869, idem 25 juillet.

En iS68, on moissonne les blcs le i 5 juillet. En 1869, idem 23 juillet.

En réâuaié, raniice 1869, malgré la prolongation de la sécheresse qui a surtout eu lieu du 4 au 30 juilUL el du 16 août au 4 septembre, représentant ainsi 47 jours de durée en deujL périodes, n'en a pas moins été une bonne année moyenne, remarquables ouUre par la qualité de ses produits.

RAPPORT SPÉCIAL. SUR LES ORAGES DE 1869 DANS L£ DÉPARTEMENT DE LA MËUETHE (1).

Aucun orage n'est signalé en janvier et en mars.

Février. — Le 0, à Lorçm'n, dans la soirée, ciel sillonné d'éclairs dans la direction des montagnes.

Les premiers orages signalés dans le département de laMeurtbe, sont ceux du mois d'avril.

Orages d avril.

14 avril. — Dans la soirée vers 8 heures, il éclaire à Nancy, au S.-E. de la ville, ainsi que dans la direction du Nord et du N.-O. Le baromètre baisse sensiblement, le ciel se couvre, pas de pluie à Nancy. A Senes (arrondissement de Lunéville)» de 5 à 9 faeuresdu soir, dans la direction du Nord, il tonne et il éclaire; pas de pluie* — A Lubécourt (arrondissement de Châlean-Salins), de 5 à 6 heures, Pôrage se montre duS.-O. au Nord; éclairs peu nombreux; violents coups de tonnerre; pluie d'une demi*beure» dofce et serrée. — A Sarrebourg, entre 7 et 8 heures, l'orage se montre à l'Ouest et se dirige vers le N.-Ë., par la vallée de la Sarre; il est faible et la pluie de courte durée.

(1) Les localités maniués d^un *lDdiqueiit les endroits atteinte

pai' la ^rèle.

15 avril. — A Nancy, Forage n'éclate pas, mais se maoifesle par une dépression du baromètre plus forte que la veille; le vent s'élève; le ciel est nua* geuxi la température s'abaisse. De 7 à 8 heures^ l'orage est signalé dans l'arrondissement de Lunéville el au S.-E. de celui de Nancy, à Serres, Lwié^ ville, Réméréville, Saint'Nicolas, Haussomille. Dans cette dernière commune une trombe d'eau a éclaté et fi causé quelques dégâts en emmenant des terres; mais le fort de Torage ayant donné sur une partie boisée du territoire, les pertes ont été insignifiantes. La direction générale de i orage était du Sud au iN.-E. La pluie a partout produit d'heureux résultats dans les campagnes. En Alsace, notamment à Ensisheim (Haut-Rhin), il n'en a pas été ainsi, l'orage du IS a sévi avec une extrême violence; la foudre est tombée plusieurs fois.

16 avril. — Dépression froissante du baromètre, à Nancy (de 751"" à 728"") ; pluie et grêle vers 4 heures du soir, sans tonnerre ni éclairs. — A Biméréville, de 4 heures 50 à 5 heures 25, le tonnerre gronde, les éclairs brillent ; pas de pluie. Lorage semble éclater dans la direction du NwE« du département.

S4 avril. — L'après-midi decette journée a été trèsoiageux dans le Sud, TOuest et un peu le centre du département. Les points plus particulièrement atteints sont: Vézelise* , Bainville- aux- J\J noirs. Bouvières-' auX'Chénes*, Nancy, Méméréville, Saint-Nicolas* ^

Champey, Poni-d-Mousson (arrondissement de Natoy); Gondrevilk*, T&ul^, f'oug'*'^ Lwëtâm, Saizerais* (arrondissement de ïoul) ; HaussonmlU, Sitmt-Mûrd, Lunémtte, Serres (arrondissetnent de UjNÉYiLLE); Château-Salins, Lubécouri, Albestrôjf (arrondissement deCHATsAii-SALiifs). Dans cette dernière localité, Toragc a été très-modéré; à Lorquin (arrondissement de SABABBfltoRG) » on n*a constaté qu'une violente averse et quelques coups de tonnerre vers 4 heures.

A Saizerais, les dégâts par la grêle ont été considérables, un homme a été renversé par la foudre; un arbre a également été frappé dans cette localité, ainsi qu'à HaussomUle.

La direction générale de cet orage, éclatant vers 2 heures et demie et se terminant enlre B et 9 heures, a été du Sud au Nord, à TOuest du département* Il sembla «uIVre le cours de la Meurtlie» puis celui de la Moselle^ à partir du point où se réunissent ces deut rivières. Vers 6 heures, après une très-forte ondée, apparaîtàrEstdeiVa«6jfun arcen-ciel magnifique, accompagné de plusieurs autres surnuméraires bien accentués ; les gouttes de pluie sont grosses, peu serrées, elles étincelletfvt ào soleil comme des diamanls ou des paillettes d'argent. Le baromètre ne varie pas sensiblement.

97 avril. — Un orage qui a traversé le département de rOuest à TËst, est signalé de Vézeiise ènlre 4 el 9 lieurés d u boir ; là ^ute a été douce et tlecouf le

durée. — A Lorquin^ le tonnerre s'est fait enleiidre vers 7 hturas du soir, les éclaini briiitttt dans la direction de l'Est du cùlc de l'Alsace au-dessus des fflofitagMBdes YosgoB* A Nancjf, le ciei i«sAe|nir.

Omges de mai.

limai. Un orage, môlé de grêle dana quelques endroits, traverse l'Ouest du département; il éclate enlre 4 et 6 heures, après s'être annoncé au

Nord vers midi , sa direclion générale est du S.-O. au N.-Ë. Les eemuiunes atteintes sont : Véœiiae*; Bouxières-auX'Chènes, Tuai, Lunéville^ Badonvîiler^, Serrés, Luééamri*, Vie, Akmeùuri , Albestrofi. — Nous a'avoas rien eu à signaler pour Nancy et Lor^ qum.

. 13 mai, — Cet orage nous est signalé dans la partie Sud et S.-Ë, du déparlemeiit de 8 à 9 heures

du matin ; les localités où le tonnerre s'est fait entendre sont : RéméréviUe^ Serres, Montigny, Lor^ quin; la pluie a été partout très-modérée. — liiea à

16 mai. — L^orage de ce jour très-reslrcinUornaie le précédent a été indiqué seulement à Vézeiise, Lunéville, GerôéviUer* el Serres , il se montre au Sud entre 3 et 5 heures du soin dans une direction un peu indécise qui semble être celle de TOuest à l'Ë&t ; à Nancy, le temps continue à demeurer calme.

1S mai. — Bien que cet orage n'ait pas éclaté à

Nancy, il s'y est manifesté par une dépression sen* sible du baromètre et par de violentes bourrasques» Le N.-O. du départcmeol a surtout été atteint par Forage qui, de 6 & 7 heures du soir, a particulièrement frappé : Foug*, TouL Pont-à-Mousson^ , Autrmlle*, Norroy, Baccarat ^ Lubécauri et Lorçuin.

A Baccarat, la foudre est tombée sur une maison située à TOuest do la ville et s'y est montrée sous la la forme (f éclair en boule. On a vu une boule de feu rouge s'introduire dans la cheminée ; le brasier du foyer a été éteint et dispersé dans la cuisine; une personne qui s'approchait en ce moment a été repoussée violemment . Plusieurs dégradations ont clé produites dans la cheminée par le passage du fluide, des briques, des tuyaux ont été brisés. Au même moment, un jeune homme, monté dans les combles pour fermer les lucarnes, s'est trouvé en présence d*une boule de feu blanc, exhalant une odeur de soufre suffocante ; il a éprouvé, dit-il, une résistance considérable qui l'a repoussé, et il est descendu étourdi, un peu sourd et d'une pâleur extrême. (Rapport de M. Pbrein, instituteur à Baccarat.)

La marche de cet orage était du S.-E. au N.-E.

il mai. — liC baromètre et la force du vent annoncent à Nancy Texislence d'orages lointains qui ne nous ont été signalés que dans un petit nombrede communes au Sud et au S.-E. de la \ille et du département, à Vézelise, Uaroué, Lunéville et

La direction générale était du Sud à l'Est ou au N.*

Tapparition aeulieii entre 2 et 3 heures dans la nuit.

26 mai. — Deux orages distincts doivent être signalés, Tun de 1 à 3 heures du matin, l'autre entre 2 et 3 heures du soir.

Le premier seul a sévi à Nancy et a été précédé d'une baisse notable du baromètre; il n'a guère laissé de traces que dans la partie Ouest du déparlemeni, sans y causer toutefois de dégâts; sa direction semblait être du S.«0. au N.-Ë* Parmi les communes atteintes, nous devons citer : Vézelise, Pontd-Moussm, Nancy t Alaincaurt, Debne, Aliestroff, Réchicourt.

Le second orage n'a pas été ressenti à Nancy et

s'est particulièrement manifesté à TEst, dans les communes de Réchicourt, Sarrebourg*, Aàreschwil" 1er, Phalsbourg*, Fénétrange^, Lorquin. La violence du vent, de la pluie et de la grêle ont occasionné quelques dégâtis dont l'importance a été fort exagérée au moment du désastre et que une ou deux journées de beau temps ont pu réparer en partie..

27 mai. — Cet orage, généralement modéré, n'a éclaté encore que sur une portion de notre déparlement, vers rOuest, et était dirigé du S.-O. au Nord; son apparition a eu lieu entre 4 et 6 heures du soir à Pont-à-Motmon, Sainte-Geneviève, Gon-^ dreville, Toul, Languimberg ; — à Nancy el Loiu^uin, calme complet.

Orages de Jafn.

8 jmn. — Plttsièors orages se sont anccédé ikll h. et demie à 4 h. Leur diraclion commune» nette-

ment accusée» était duS.-O. au N.-Ë.; voici les noms des localités atteintes: Vézelise*, VaudémtmP' , ChamUley*, Prayé^, Bmnville-aux^Mirmri* (airon* dissement de Nancy) ; Mimtignf/*, Baceamt (amn-* dissement de LuNÉviLUt) ; JMngwmberg^ Ibigny^f DemUng*, Bicbéval^, Overmange* , Sarrebourg, Vallergsthai^ 9 PAakbourg*, Hommeri^, Lorquin*, Huttigny^, BtrirmAbmi*^ , Vasperviikr*, Lafrimr bolle* (arrondissement de Sarbebourg). €et orage» qui asttivi là crétedes montagnes des Vosges, a causé dans le département de ce nom des dégâts considérables: dans celui de ia Meortiie» la grêle a été bien mitigée par la pluie abondante qui raccompagnait tl, malgré sa violenoe, n'a produit en définitive que des dommages insigiiifiaiils. — Bien à Nancy, ainsi que dans la moitié JM.-O. du département.

13 juin. — De 8 heures du soir à minuit» un Violent orage édaie à TOuesi et au centre du déparlement» en suivant la direction du S.-O. au N.-Ë. comme le précédent ; peu de grêle» mais de fortes averses qui causeot quelques ravages dans les communes de ViMeiiêBy 0armU» Diatvtilê*, Baimilh' mac^Miioirs, Norroy, Champey, Nancy, MalzéviUe, Pixericourt, Flévilk, Bouxières-oux-Chàm^ Saki^

Nicolas, Réméréviîk (arrondissement de Naicct) ; Tûiuh Foiig (arrondisMxrent de Toul) ; Pagny-mr^ Àleusê; Litnéville, Serres, Bayon, Baussonville* fartoiîdissemieflt de Lunéville) ; Atamcmrt*', Tar^ guinpol. Vie, Lubécourt, Château- Salins, Coutures, AVmiroff^^ Lming^, Altrôf^, Neuviltagé^ (arrondissement de Chat£Au-Sauns). Dans l'arrondissement de Sarrbboueg, l'orage a été à peine ressenti. La foudre parait être tombée trois fois : à Malzéviiie sur ûn peuplier, à Pagny-sur^Meuse et à Réméri-* ville sur des objets indéterminés.

14 juin. — De 1 1 heures et demie à deux heures l'orage éclate et se prolonge jusqu'à 4 heures dans certains endroits ; sa direction est encore la même que précédemment et son étendue se borne à la par* (ieS.-0.,centraleet Nord du département* Lec localités frappées sont ; Vézelise, MainviUe-aux-Mi" roirs, Nancy, Réméréville, Touly Lunéville ^ Serres, Nomeny*f Alaincourt* , Targuinpol, Sarreôourg, AbreschwiUer y Lorquin. Faible dans celte dernière commune, Torage a sévi au contraire avec violence dans la vallée d^Abreschwiller.

19 juin. — Cet orage, qui a éclaté de midi, et d^mi à I heure et demie, a traversé Nancy m Sud» de rOuest à TEst, a donné une forte averse et 2 coups de tonncffre. tes détails venus d'autre part laissent « sa direction assez indécise. Â Bezaumont*, Ltmévillé^

et Albestroff*, il est tombé de la grôle; à hor^^mn^ fl tonne ve|rs 4 heurest

SO juin. ~ Quelques coups de tonnerre sont signalés dans plusieurs endroiU. Il tombe de la grêle à Phakbourg* et aux environs de Partf^-MoussanK Tfancy et Lorquin restent dans le calme le plus complet.

21 juin. — A Lorquin, tonnerre suivi de pluie, Ters 6 heures du soir.

Orages de juillet

S juillet. — Un premier orage, de minuit à 3 heures du matin, apparaît au centre et à TEst du département au-dessus de la crête des Vosges, semblant se diriger du N.-O. au S.-E. par BouxièreS" am-Càénes, Béméréville, Nancy, Méchicourt, Sarrebourg, Lorquin, Coutures, Lubécourt.

Un deuxième est signalé de Vézelise entre. 4 et 5 heures du soir dans la direction du Sud, allant de FEst au N.-E.

Enfin, un troisième, de 8 à 9 heures du soir, est indiqué à Badonviller et à Lorquin dans la direction de l'Alsace et des Vosges.

3 juillet. — De midi à 6 heures, divers orages nous sont signalés et semblent être la prolongalioa du même. La direction générale en est assez indécise: ^ Vézelise, Toul, Nancy, Lunéoille, Serres, Languunierg, Tarquimpol, Château-Salins, Coutures, Lubécourt, Albeslrojl, Lorquin,

Cet orage^ entré dans notre département vers

midi, par le canton de Yézelise, s'est d'abord dirigé vers le Nord et n^a pas dû sévir dans la Meufle. A 2 kilomètres à rOuest de Toul, il n'est pas tombé une goutte dVau. Arrivé au N.-E., les nuages ont rebroussé chemin vers le S.*0. et ont prolongé les averses jusque vers 6 heures et demie avec accompagnement de coups de tonnerre et d'éclairs assez violents.

13 Juillet — A la i^uite de plusieurs jours d'un ciel très-pur et d'une chaleur accablante^ des nuages orageux apparaissent dans la direction du S.-E., et sont chassés par des vents d'Ouest et du N.-O* Cet orage^ mêlé de grêle, assez violent dans la partie S.-E.de notre département, éclata entre 5 et 6 heures du soir et parait avoir causé des dommages sur quelques points des Vosges, dans la Haute-Marne, où il a ravagé plusieurs cantons^ et dans le Haut- Rhin où il apparut vers 3 heures. Pas d'eau à Nancy, cependant il est facile de suivre la marche de l'orage au Sud de la ville. Vézelise*, Pont-Samt^Vm-' cent*, Neuves-Mamns*, CAaligny*, Lunéville, Ser^ res, Réméréville, Blâmont^y Lorquih. A Chaligny^ dans les champs, deux personnes ont été renversées par la foudre : Tune est tuée sur le coup, Taut^e n'éprouve qu'un évanouissement passager; aucun corps élevé dans les environs, maistastes gisements ferrugineux à une faible profondeur. (Rapport de M. le D'Ed. Simonin.)

24 juillet. — Nancy, Après une chaude journée»

le ciéi se wwt^ wps ^beifm du «oir^ Ife Tenl

lève et fait voler des tourbillons 4e |K)us^ère; ^ 8 heures et demie à 9 heures .et d^mie il toinhe up peu d'eau et de nombreux éclairs ap(^ai:ai;^eat dan^ la direction diU Sud et du S.-jO« Un or^ge» en eff^^ nous a été signalé à h même heure à Véz^Iùe. . 26 juillet. ^ Lorquin. À i heure du soir^ on t6marque quelques nuages orageux plus ou mûin^ disséminés sur différents points du ciel ; ie tanaerre se fait entendre et il tombe uue légère averse. lUeti

28 juillet. — Nancy. Vers 10 heures du soir, il éclaire dans la direction de TOuest, le ciel se couvre rapidement, le vent élève; pas d'eau.

SO juillet. — Lorçum. ta journée a élé trèsr

chaude; pendant toute la soirée des éclaira raultipUés illuminent le ciel et paraissent provenir d'uae

sorte de suite d'orages dirigés suivant la ligne faîtière des Vosges du S.*0. au N.-Ë.; k Nancy, vers 10 L du soir, les éclairs apparaissent dans la direction du Sud et de TOuest, le ciel se couvre; il tombe <iuelques gouttes d'eau ; le temps est calme.

31 juillet. LVage de ce jour mérUe une mention spéciale tant à cause de sa violence, de son

ét^endue^ de sa durée ((ue par suite des phénomèoes

particuliers qui ont accompagné son apparition. Com-

jcuencé vera 2 hautes et demie de raprè&rxnidi, ii:n«

se termina qu'entre 6 et 7 heures du soir après di-

xerses aiternatiYes de cessation et 4b reccudesceuce»

Sa dirediao gteéirale fîit celle 4u au N.*^B*

paur toui le déparbement. C!ia(][ue canton fut mcr GBfifiiveiiieiit visité à yeicep4ioo peiit-6tre de ceux de Nomeny , de Domèvra et de T/muçourt, sitnés au :N.-0., qui ne noua ont fourni aucune in<> dication. Pour tous les autres, les renseigiiemeati abondent ; voici le nom des principaiea conuDunes atteintes, rangées par canton et par arrondissemeut.

Arrondissement de Toul : Foug (canton de Topi) pluie abondante» pas de grèle ; Colombey^f Ailam'^, QmrceUes^ (canton de Colomb).

Arrondissement de Nancy ; canton de V^zmuse, peu de dégâts ; BainviUe-atu^Miroirs* » HauwixUi^, . Diarvilk*, Haroué* (canton à'HjROué), forte pluie mêlée de grêle» les dég&ls sont peu considérables ; i Nancy'*' ^ pendant quelques minutes^ il est tombé de véritables morceaux dé glace gros comme une noix et quelques-uns gros comme un œuf (1), qui ont haché arbres, vignes, fleurs, récoltes de toutes sortes, brisé vitraux et flamandes, tué quantité de petits oiseaux sur les promenades. Toutefois le désastre ne s'est étendu sur une zone ni très-large ni très-longue; au delà à' Essey-lk^Nancy* ^ il n'y a eu que de l'eau, ximïSaulocure^^ commune limitrophe;

(1) Un grfilon Bcrupaleusemeat et iminédiatenient porté dans

une balance s'est trouvé peser 133 grammes; quelques-uns par leurs aspérités, leurs côtés trauchaots, leur IraDsparence^ ^blaient a? oir été enlevée & une masse de glace considérable.

(Noie de Tauieur.)

Porage yenn de TO.-S.-O. par Villers*, Laxou*, a traversé obliquement la ville dans la partie Sud ainsi que Tomblaine^y et a épargné tout ce qui était au Mord. Le tonnerre est tombé sur une maison du faubourg de Boudonville ; un évier a été brisé et une femme culbutée.

A Jézainmtte (canton de Pont-j-Mousson), Torage a été faible, très-peu de grêle mêlée de pluie^ pa» de dégâts.

Arrondissement de Lunévillbj Les cantons de Bjyon et de GERBÉriiLsa ont éprouvé des pertes modérées; mais il en a été autrement pour celui de BjccjnjT, dans lequel les pertes ont été désastreuses : nous citerons en particulier les communes de Montiçny^^ Azerailks*^, Gelacourf^y Bronvil/e*, Fontenoy-la-Joute^, Melimay^, Yaminmlle^ , G/onvilk*, Badomillery toutes atteintes par la grêle à Texception de la dernière. Dans le canton de Luivsf'iLui, à Serres, partie Nord du territoire, il n'y a pas eu de grêle; à Lméville, partie Sud, il en est tombé assez abondamment pendant 10 minutes.

Arrondissement de Chateâu-Salins: Dansleeanton de Deimb, à Alamcourt, la grêle a été nulle, la pluie de courte durée et peu abondante; dans celui de Cbjtejv^Salins^ à Lubécourt, à Coutures, à Ckâ' teaU'Salùis, Torage a été modéré et les dégàls insignifiants. Il en a été de même à Tarquinpol du canton de DiEvzE.

Arrondissement de Saerbbodrg : La plupart des

iloe^iiés iiiidit .Arrondissement eut élé homblement

maUraitô^s ; ^ Lanffuùnberg* , Ajumlançe* ^àncmion 4^Mée0H!QlniT; Mhades*, Lançaiie*, du canton de S.4mEBouRG\ Fénéirange*, Sauit-Jean-de-Bassel*' , • Bertkelminff* du canton de FeweriUNGB, moissons sur pied, vignes» arbres, jardins, ont été anéantis par . des torrents de gréions lancés au milieu d'une tem* pô(û des .plus \iolenies. I<ies geirbes de blé rassemblées en meules ont été dispersées, transportées à trente mètres de dislance, déliées et liacbées ; les voilum qui en étaient chargées ont été renversées ; ks animaux quiy étaient attelés et leurs conducteurs, ont été plus ou moins blessés ; nombre de cheminées oui été abattues ; les toits eu partie découverts, des cantons de foréis entièrement dévastés. A Fénélrange, le tonnerre est tombé sur la grande croix en fer qui surmonte lé clocher ; elle a été ren* versée et pi^ojetée à une certaine distance. (Rapport de M. BooLLON.) La tempête semble avoir évité les villes de Réchicowt et de Lorquùi, quoique dans ce dernier canton les communes de Niderhoff et des UitairieS'Saint'Quùrm, aient été assez maltraitées. Deux hommes qui en cet endroit s'étaient abrités sous un pommier, furent frappés par la foudre et tombèrent évanouis, le corps couvert de brûlures au premier degré et i épiderrae à moitié délaché. Leurs vêlements que Ton cropit intacts, se déchirèrent au lavage; xies allumettes chimiques dont ils étaient porteurs ne se sont point enflammées. Le plus jeune

âgé de 35 ans a parfailement guéri de ses brûlumau

bout de trois semaines de traitement; mais le père, âgé de 60 ans, guéri vers le 18 septembre, a fini cependant par succomber dans les premiers jours d'octobre, affaibli à la suite d'une abondante suppuration qui s'étuit prolongée pendant près de deux mois et demi sur toute la surface du corps.

Enfin, à Saint-Quinn, la foudre est tombée sur un sapin et sur un peuplier à Vasperviller* (Rapport du û'^ Margual,)

Au résumé, l'orage du 31 juillet restera dans les fastes météorologiques de nos contrées. Il s'est étendu à tout l'Est de la France et a causé partout aes dégâts considérables ; la Moselle^ les Vosges, le Haut et le Bas-Rbin, la Haute^Marne, ont été visités par la grêle et les récoltes ont été partout gravement endommagées. Encequi concerne notre département, les nuées à grêle, entrées comme à Tordinaireparles cantons de Colombey, de Yézelise et de Haroué^ se sont particulièrement portées vers les cantons de Baccarat, de Réchicmrt, de. Larquin et de Finé' trange, en se divisant toutefois entre les vallées de la Moselle et de la Meurtbe pour gagner la partie Sud du territoire de Nancy qu'elles n'ont pas dépassée; puis reprenant sa direction première» Torage s'est abattu sur l'arrondissement de Chateau-Salins pour gagner le N.-E., en rejoignant ainsi la partie qui avait dévasté l'arrondissement de SAEa£iK)uaG.

— 2S9 — Orages d'août.

i*' acûi. — Vézelise. Entre 9 h. et demie et 10 h.

et demie du soir vers le S.-Ë^ éclairs et tonnerre; plaie douce et bienfaisante de courte durée.

? août. — Réchicourt-le-Château. De minuit et demi à 2 heures» tonnerre et éclairs; pluie douce pendant une heure, à deux reprises différentes» Lorfuin, vers 1 heure du matin, orage accompagné d'une violente averse de 7"™ d^eau.

6 août. — kAlaincouri du canton de Dblmb, orage dans la direction du Nord, allant de TËst à TOuest de 3 heures et quart à 6 heures du soir; éclairs et . tonnerre d'intensité moyenne ; fortes averses.

Aucun orage à Nancy, pendant le mois d*aoùt.

Orages septembre.

Cet orage a sévi principalement dans les cantons de Vbzeuse, de Nanct et de Poivrj'MoLssoN entre 4 et 5 heures du soir. La pluie est abondante pendant une demi-heure et produit

d'heureux effets dans les jardins, bien qu'elle provoque une chute prématurée et assez considérable de fruits. La foudre tombe à Pont-à-Moussou dans le voisinage du télégraphe, suit les fils, pénètre dans le bureau du directeur qui se trouvait à son poste, fond un premier paratonnere, entre dans un fil qui correspond à un second paratonnere isolé des ins*

truments ; de là se dirige dans le sal par le fil de terre sans causer d'accidenis sur son passage, (ikipport de M. Noisbtte.}

42 septembre. — Lorguin. Dans la soirée, des nuages orageux ae dirigent du Sud-Ouest à PEst suivant le sofiûmel des Vosges ; éclairs dans la même direction.*

20 septembre. — Lorguin. À d heures du soir, après un abaissement du baromètre de 8"* dans la journée* léger orage veaaul du Sud-Ouest accompagné de tonnerre, d'éclairs et d^un peu de pluie. A Abmcourt (canton de JJjslme, arrondissement de Chatbao-Saliks) , entre 8 heures et demie et 10 heu* res, un faible orage est survenu également.

24 septembre. — Lorquin. A 7 heures du soir, par un vent d'Ouest, tonnerre et un peu de pluie.

30 septembre, — Cet orage a sévi avec une certaine intensité dans l'arrondissement de CuAmu- Salins et paraît s^ètre étendu assez au loin. Sa di* reclion était du Sud-Ouest au Nord-Ëst entre 3 heures et demie et 8 heures du soir, — Haroué, Vézelise, Poni-à-Mousson, Nancy, Serres, Alaincourt, Coutures, Liibécotiri, Château-Salins, Lorquin, sont les endroits spécialement atteints. Partout Teau était très^désirée et la pluie a fait beaucoup de bien aux campagnes en favorisant les travaux d'automne rendus très-difficiles par suite de la sécheresse de rélé, — A Nancy, la pluie a été torrentielle pendant quelques iiibtants et a fourni 8"* d'eau.

— 2di —

Orages d'octobre*

octobre. — Enlre 7 et 9 heures du matin, un arage assez violent se portant dans lamêmedicecUon

que celui de la veille, a traversé une partie du département et nous a été signalé de ^ézelise, Bainville^ aux-Mii oivs, Diarville, Coutures, Lorquifi. A Diarville, la foudre est tombée sur une maison ; elle est entrée par ia cheminée, quMle a partout lézardée et dont elle a foit écrouler une partie, a brisé les volets d^un placard i>itué derrière le foyer dans une pièce dite le poêle ; le linge contenu dans ce meuble a été jeté pèle-mèle dans la chambre avec divers objet» ea fer qui ont été tordus en tous sens. Le fluide est ensuite sorti par les fenêtres dont il a cassé les vitres et les barreaux. Une femme qui habillait un enfant de deux ans près du foyer a été terrassée avec l'enfant; un soulier de ce dernier a été arraché et troué ; la forte commoiioa ressentie par la mère avait fait craindre une paralysie qui s'est heureusement dissipée. Un commencement d'incendie, déclaré dans une paillasse et au grenier de la mai son, a été proiupiement étouffé (Rapport de M. Collin). — A Nancy, nous avons eu un peu de pluie, avec un éclair très-vif suivi de deux coups de tonnerre.

2 octobre. — A Lorquin, vers deux heures du soir» un orage poussé du Sud à l'Est, s'est dessiné

— ' ses ^

daus la direction de la crête des Vosges et s'est prolongé jusque dans la soiréè*

Orage de décembre*

14 décembre. — Cet orage» le dernier de l'année, no sVsl manifesté que dans rarrondisseroent de Sarrebourg, à Réchicourt'le^ChéUeau et à Lorquin* avec accompagnement d'ûn peu de grêle. Il était ' 10 heures et demie du soir; les éclairs très-muUipliés et les coups de tonnerre Irès-violents; la pluie qui tombe pendant une demi-heure» fournit une hauteur de 15""* A Nancy, il est simplement tombé un peu de grêle, sans tonnerre ni éclairs.

Stafùtique et remarque» générales sur les orages

de 1869.

Gomme en 1868» nous compléterons ces résumés mensuels et locaux par une statistique générale des orages de Tannée dans le département de la Meurthe.

À part Torage du 31 juillet» qui a sévi sur la presque totalité de notre territoire, tous les autres

n^ont qu'une importance relativement secondaire.

JLes désastres ont été rares et peu étendus; la pluie^ vivemeui désirée par suite de la sécheresse prolongée de juillet» d'août et de septembre» a atténué en beaucoup d'endroits les dommages qu'ac* compagne d'ordinaire la chute de la grêle.

r^ous avons dépouillé 462 bulletins» résultat

d'observations faites dans 90 communes (l).Bien

que beaucoup de ces rapports nous aienl fourni im résultat négatif, il n'en ont pas moins été utiles pour fixer d'une manière plus précise la dirccliou, retendue et l'intensité des orages : aussi nous empressonsnous d'adresser ici nos remerciements à toutes les personnes qui ont bien voulu nous prêter cette année leur ialelligeat et zélé concours, en leur demandant instamment de continuer encore à Tavenir leurs observations et leur envoi de bulletins; leur nom et leurs rapports seront exactement indiqués dans le résumé général dressé à la fin de chaque année.

Le nombre des orages est seulement de quarante se répartissant par mois de la manière suivante :

JiDvier : . . . .

Pénicr , . . .

Mars •

Avril

Mai

Juin

Juillet

Aonl

Septembre. • •

Oetobre.

Novembre

Décembre

Néant

te 9

Néaul

Les li, 15, 16, 27..

Les il, IK, 16, 18, SI, 26 (deax), 27.. . Les 8, iSt i^t 20, 21. ..•.«•

Les 2 (trois), 3, 13, 28, 30, 31

Les 1^', 2, 6

Les 1(3, 12, 20, 2^, 30....

Les 2

Néant

Le U

Total général. .......

(1) Nous ne comprenons pas dans ce nombre les observat;ions faites à la Faculté des sctCDces qui sont consignées sur un registre spécial.

Les plus remar^piables» sott par lent étesdtte,

soit par la gravité des dégâts commis, ont eu Hea lè t6 avrils les 8 et 13 yain, h 31 juillet.

Onze ont été aceoinpngnés de grêle; ce sont eeùx

des 24 avril; des 1 1 , 16, 18 et 26 mai; des 8 cl 13 juin ; des 13 et 31 juillet ; du 30 septembre et du 14 décembre. — Us ont sévi plus particulièrement sur 56 communes. Dans celle de Vézelùe, la grêle, au momeut des orages, a été comptée cinq fois et deux fois au plus dans neuf autres localités qui sont : Montiytiy, Fénétrange^ Diarville, Lorguin, Nancy, Bau^ères-mts* Chênes, Phalibourg, Béchicourt et Foug* •

La foudre a éclaté d'une manière apparente 12 fois, savoir : 5 fois sur des hommes, 3 fois sur les

arbres, 3 fois sur les maisons, 1 foi's sur uu clocher d'église.

Ces accidents se répartissent par mois, ainsi qu'il suit : 3 fois en avril, 1 fois en mai, 2 en juin, 5 eo

juillet et 1 en septembre. .

Les orages se sont produits plus fréquemment le jour que la nuit et plutôt dans Taprès-midi que le matin; ainsi on en a noté 29 de midi à 10 heures du soir, 7 dans ia nuit et 2 seulement de 5 heures à 11 heures et demie du matin.

Les journées les plus orageuses ont été celles du

U mil, des il et 26 mai, des 8 et 13 juin, des

2, 3 et 31 juillet. ^ Blein que tôt» teâ points du dépaMement aient été

pfûs ou mpins visités par divers orages, nous devons parlioulièrement noter cette année les régions Sud, Sud Est et Est, comme ayant été le plus souvent et le plus rudement atteintes. Au centre et au Nord, les orages n'ont eu qu'une intensité moyenne, sauf toutefois celui du 31 juillet qui, ainsi que nous l'avons déjà dit, a été désastreux pour Nancy et ses eutirons. L'Ouest et le N.-O. semblent avoir été plus épargnés, c'est ce que porte à croire le petit nombre de renseignements venus de ces localités*

La résultante de la marche des orages dans le dépai^tement a été conforme à celle que j'ai déjà mdiquée les aimées précédentes; ainsi : 15 se sont dirigés du S.-O. au N.-Ë., 3 de l'Oaest à l'Est, 3 du Sud à TEst, 2 du Sud au Nord, 2 du N.-O. au S.-E«, I du S.-E. au Nord, 13 dont la direction est restée équivoque.

Nous avons enfin mentionné dans le tableau ci*

contre le nom des correspondants cantonaux, les comnrimes qui ont été frappées ët le nombre de

bulletins envojés de chaque localité.

COMHOmt.

Albbstaofp. . . .

BâCCAlAT.

Blamovt.

Batoh . • <

CHATEAU-SiLIfiS.

COLOMBIT DltHB . •

Ditczg

DoMiTBK.

Fin irmimi . . .

Alùestroff , AUrof * . .

Nêwrilluffe . ...

Baeearai

Montigny *

BadotivUter . . . .

AzeraiUeê .•••* Gelaecurt , , ^ , • , Ponten^'io" Jouul Hêheroy, .......

Faxainville

Gtonvifte ,

Biâmonl

i^oyon •

BaugÊonvitte. . . • Saint'Mard . . .

ChâieaU'Salini .

Lubc'couft

Coutures, Colombâff, AUain. , .

Courcellet jiiainemirt»

Tarquinpol ,

coMMroliMm.

MM

Duvivier, médecio.

Perrin, insliluleur.

Ganol, iûsUluieur.

Graudsire, iDstiUiteor.

Sait0raii,

FiUerê*$n -ïïûjfe

fénéirvnge.

CodId, iDslitatoor* Peretie» insUlQteQr.

De Schaken, maire.

Peigner, insululeur.

Conroix, insliiuleur.

Riebard» insiiiatenr.

Pidolol, iosiiluleur.

De Guaiia, membre da cooseil géaéral.

Uriott, membre da eonteil gé* Déral.

Bouillon^ iusliluleur.

A reporter

iO

iO

CABTOltS,

Fiitimiioi.*..

Gerbétiller . . .

Hauovk..

isoMwnnf.

LoAQUlIf

LCNiTILLB,

Ruref • . . .

Bêrthêlminff, . . .

Gerhéviller

Harouê

Bainvillê-a,'Mir.

G0i«B8PQllllAHTS,

Diarvitt9>*,

ffouniviUe, . . . •

Lorquin

AhreichwHler . .

BcrtramboU

Uattignif

ElàfHiiàboUâ • • • .

NidtrhofT.

Saint'Quirin . .

Vespervilier, • . .

Lunivillê

Sêrrêi

iVaney

Ihftligny

Biuy » • •

Ltam • • •

Haiféffittê

PimfricmÊitt* • . .

Pont'Si'F'incent IVeuvei'Maiions.

Tomblainê

HBfOTt* t • • • •

' MM

VosgieD, insiiiateur.

ninger, vice-présideoi de la

Société d'agrieolton.

Marchai, oiédecia.

Déâaunais, principal.

Jaeqoeinin, insiiUifeiir* EbrniftDB» préparateur de pbys.

k la Pacallé des sdenect.

Coilin, iâibiiluleur.

Josés» pro|»riétaire.

CAKXONI.

Namct.

Pmammurg. . . .

PORP'A-MOUSSOII

RicmcaufiT. . .

SAaaEBOojui. . . .

Sinif-flicout» .

TODL.

Report

^iliârt

MM

DuqaesDoy^ iQjiiitvtear.

Phaiêboui'g «...

[jUéomte, professeur.

Muller, juge de paix. "

Pont-à-A/ouison .

Noisellc, pro|)riélairc.

Boa$sard, g^nie-riviàre.

Frattia, gir(|ie7|»A4i«.

SaÊH(e''Genê9iàve

Gazia, ÎDslilulear.

LanguimLerg • , .

DnteHn§ .....

ffiifnnan^tf

Azoudange. .....

Vilemetle.

HoUMMtt

Baslien, chef d'iDslilolioo.

Rémeréville ....

Gorri|;eaz« io^Uiuteur.

Qreboif jwlacipaJ.

oiuir»vi</« • • • •

HiiUMuK^ iMtiMttaiir.

GANTOMt.

Yic.

MM

ZI o

Report

VéM9GM9* • • • • . p^****^» membre du cooâ. gén. j ^

Praye . . . , /^ic

Bagré, maire.

Total.

' ÉLEGTKOGHIMIE

Par N.-A. RENARD

L ActUas chimiques produites ^ Télectricité*

§ On a désigné sous le nom ^Electrolyse ou à'JElecirolysation la décomposition chimique opérée par l'électricité; sous le nom àElectrolytes, les corps susceptibles d'être décomposés, et soiis le nom à'Elecirodes les conducteurs qui établissent la coramuntcation entre les pôles de la pile et rélectroljte* Ces quelques définlUons rappelées^ voici les lois principales que Texpérience a démontrées.:

1** Un corps composé ne peut être séparé en ses . éléments par le passage d^un courant que s'il est rendu conducteur soit par voie de dissolution, soit par voie de fusion. Tout corps composé peutd'ailleurs être décomposé s'il remplit ces conditions.

2® La conductibilité physique propre aux corps solides et aux corps liquides élémentaires tels que )e mercure et les métaux fondus diminue avec l'élévation de température, tandis que la conductibilité accompagnée de décomposition chimique augmente

au contraire avec la température qui favorise la décomposition.

3"* Les éléments que le passage de Télectricité a

mis en liberté apparaissent aux deux électrodes. Les éléments dits ékctro-négaiifs tels que Toxygène ou les acides se rendent à réleclrode positive, et les éléments dits éiectro-positifs analogues à Thydrogène, aux métaux ou aux alcalis se rendent à Télectrode négative* Exemples :

Composés binaires. — L'eau se décompose en un volume d'oxygène qui se porte au pôle positif et en deux volumes d'iiydrogcae ([vn be rend au pûle négatif.

Les dissolutions concentrées des acides chlorydrique , bromhydrique » iodhydrique se séparent en hydrogène qui se porte au pôle négatif et en chlore, brome, iode» qui se portent au pôle positif. * Les chlorures, bromures, ioJures, et en général les composés d'un métalloïde et d'un métal, déga* gentce métalloïde au pôle positif et le métal au pôle négatif.

Les oxydes fusibles tels que la potasse, la soude, etc., donnent de même l'oxygène au pôle positif et le métal au pôle négatif.

Seb. — Les composés bioaires, formés par un métal et un radical, c'est-à-dire par un métal et un métalloïde ou un acide suroxygéné, dégagent le métal à l'électrode négative et le radical au pôle positif.

4^ iJactiaa .^amfossuBàe de i'élôdBieUé est la même dans tous les points d'un même «nîrooit. Ainsi q/a'on place à la suite les uns des autres, en dhers points d'un même circuit, <fes appareils de forme et de grandeur diiïérentes renfermant le même électrolyte, les quantités d'éltetrolyle déCMSposées dans chacun d'eux pendant le même temps seront ks mêmes (Faraday) .

5^ La quanliié d'éleclrolyte décomposée dans un îtemps donné est proportionnelle à la ^nntité d'électricité transmise pendant ce temps, ou a i'inten* siÈé du courant. On énonce quelquefois eette loi en disant que l'intensité chimique est proportionnelle à l'intensité iketriHnagnétique ou Ueefyihdynamique, parce que l'intensité du courant est mesiurée soit par des actions électrormu^nétiques, soit par des actions électro-chimiques (Faraday).

V Loi des équimknts électro^himiquBS» ^ Lorsqu'un même courant traverse deux ou plusieurs électrolytes différents placés à la suite les uns des autres, les quantités de ces électrolytes décomposées dans un . même temps sont proportionnelles à leurs équi'valents chimiques* Cette loi a été coustatée par Fara* day sur les composés binaires. Quant aux sels binaires, si un équivalent d'acide ou de radical est wàk dans un électrolyte, un équivalent d'acide sera jtussi isolé dans le second, de sorte que c'est la proportbn d'acide ou de métatloïde et non celle de la base qui détermine la quantité de décomposition.

Laloi.de Faraday étendue aux sels proprement dits oti composés binaires et en général à des composés quelcoii(|ues conduirait à defiiiir les éçuivalents ilectro-chmigues de tous les corps : Les poids de ces corps guise combinent ou se décomposent sous ï in" flume d^un courani dont f intensité est égale à t unité pendant t unité du temps.

Assez ordinairement on prend pour unité d*in* tensité celle du courant qui dégage un gramme d'hydrogène en une minute.

.§ 2. Passons à l'explication de ces dilTére^tes lois expérimentales en partant de Thypothèse fondamentale d^un seul fluide élccliique.

Tout le monde parait d'accord aujourd'hui sur la manière d'expliquer le transport aux deux éleclrodes opposées des molécules séparées par Télectrolysation. Elle est due àGrotthuss. Il est difficile en effet de ne pas admettre que, dans la décomposition de Teau^ par exemple, la molécule d'oxygène qui, à un moment donné, se déga ge en un point de l'électrode positive, ne provienne de la molécule d'eau immédiatement en contact avec ce point et que la molécule d'hydrogène qui se d^age en inème temps en un point de l'électrode négative, ne provienne de la molécule d'eau en contact avec ce dernier point; et comme tout semble démontrer que les actions d'un courant sont les mêmes en tous les points de son circuit, Télectrolysation doit s'opérer sur les molécules intermédiaires comme sur les molécules

extrêmes. Mais chaque molécule d*ozygène étant

rencontrée par uue molécule d'hydr(^èoe, qui -chemine dans le sens du courant, s'unit avec elle pour recon$Uluer de l'eau et il n'y a que les molécules extrêmes qui soient à Tétat de liberté. La série de molécules représentée par la figure suivante

O OH OH OH OH OH OH OH p I 09 oQ o® o® 09 09 1

donne lieu au nouveau mode de groupement sui^ vant :

r-à^ 0 HO HO HO HO HO HO H p I o 90 •o #0 •o • I

Cette nouvelle série s'oriente à. son tour cx>mme la

précédente sous Tinfluence du courant et donne lieu à la production d'une nouvelle molécule d*oxygëne d*une pari, d'une nouvelle molécule d'hydrogène d'autre part et à la reproduction de molécules d'eau dans Tinlervalle. Les choses se passent ainsi tant que dure le passage du courant. Donc rien de plus naturel que Texplication des phénomènes de transport, dès qu'on admet le principe des décompositions successives. Mai#si Ton veut aller plus loin, il y a lieu de se demander pourquoi les molécules sV rientent et se décomposent sous l'influence du courant. C'est à quoi il est facile de répondre dans Tbypothèse d'un seul fluide électrique.

Plusieurs fois déjà nous avons eu occasion, en

nous appuyant et sur rexpérience et sur des Tues

théoriques, d'énoncer que pour nous un courant électrique dans un conducteur étroit est un mouvement vibratoire longitudinal de Téther accompagné d'un mouvement de transport. D'autre part nous avons admis qu'un corps conducteur est à titat neutre^ lorsqu'il ne renferme que la quantité de fluide électrique qu'il renferme qalureliement, c'est-à-dire une quantité qui, bien que plus considérable que celle qui remplirait le même espace sans la présence du corps dont les molécules Tattîrenl, est sans action sur une molécule quelconque extérieure; qu'un corps est électrisé /^eutVit^m^/, lorsqu'il en renferme plus et qu'il est électrisé négativement lorsqu'il en renferme moins. Nous dirons de mèine qu'une molécule pondérable est à tétàt neutre, lorsqu'elle n'est environnée que de l'atmosphère qu'elle attire naturellement lorsqu'elle est plongée dans le milieu éthéré ; qu'elle est élec-* Irisée positivemeni , lorsqu'elle en renferme- plus, et nigatwemmt, si elle en renferme moins. Deux molécules de dilïérents corps et à réiai neutre peuvent être positives Oïxnégaiwes Tune par rapport à l'autre, suivant que l'une est eniourée d'une atmosphère éthérée plus ou moins dense et plus ou moins étendue queTaulre. Pour expliquer les actions mutuelles de deux molécules électrisées^ plusieurs physiciens considèrent séparément les actions attractives des molécules pondérables sur elles-^mèmes et sur les

molécttles éthérées» puis les actions répolsiTes pro-

duites par réia&iicilé des atoiosphères d'éiber qui les environnent» et ils prennent la différence de ces - actions. Pour nous, il nous a paru préférable jusqu'à présent de ne considérer que l'excès de l'one de ces forces sur Taulre, l'excès de la force électrique, qui peut être tantôt positif, tantôt négatif. Nous avons reconnu que raciioo exercée par une petite sphère électrisée sur un point quelconque d*un milieu conducteur homogène et isotrope est proportionnelle à la condensation ou, pour parler un langage plus ancien, à Tintensité du fluide positif ou négatif qui existe à la surface de la sphère» et inversemenl proporiionnelle, au carré de la distance du point à la source.

Ces quelques considérations théoriques étant rappelées, rien n'est plus facile que d^expKquer la dé* composition et rorientation des molécules sous l'influence du courant. Qu'une molécule pondérable soit choquée par un certain nombre de molécules éthérées faisant partie du courant, et que cette molécule, si elle est composée, vienne à se séparer en ses éléments sous l'influence du choc, l'atome électro-positif étant entouré d'une atmosphère plus considérable qui fait pour ainsi dire corps avec lui» sera plus fortement entraîné dans le sens du courant que l'atome électro^négatif. De là, avec l'intervention des forces d'affinité, Texplication complète du phénomène de transport, imaginée par Grotthuss»

§ 3. Considérons tme molécule éthérée de masse

m, venant choquer une molécule pondérable de masse m'. Soielit v et p' les vitesses de ces molécules au commencement du choc suivant lâ direction du courant; u la vitesse commune qu'elles acquièrent au bout d'un instant très-court t; F la force motrice de la molécule m. On a :

d'où ; r mtt — «m; = Fdt

Le second membre de celte égalité est t impulsion donnée par la molécule pondérable à la molécule

élliéiée pendant le choc. Cette impulsioii est négative, c'est-à-dire qu'elle tend à diminuer la vitesse de la molécule in, et, comme la réaction est égale et contraire à Taction, il en résulte que l'expression précédente prise positivemeui ou en valeur absolue est celle de la force exercée par le choc de la molécule 7n sur la molécule

D'un autre côté» la somme des quantités de mouvement restant constante dc[)uis le commencement du choc jusqu'à Tinslant où les deux molécules ont une vitesse commune, on a la relation :

{m ^ m* ) u ^ mv m't^'

mv -4- m'v'

OU u s= -t

Ordinairement la vitesse v' *est nulle. Si nous la

supposons telle, nous aurons :

mv

et par suite :

m» — tnu = ■ p

La valeur de m est très-petite par rapport à celle

de m\ Si on la néglige au dénominateur, ou voit que rimpulsion exercée par la molécule m sur la molécule m', par suite du choc, a irès-scuMblement pour valeur mv. On aurait pu du reste admettre celle valeur iramédialement en parlant de Texpresston connue des forces instantanées. Désignons par im la somme des molécules qui traversenl la section du fil dans un même instant; la somme des impulsions aura pour valeur :

xmv ou v^lm

V, désignant la vitesse du courant* Or v,ï,m c'est lâ somme des molécules qui traversent la section du fil pendant Tunité de temps. C'est donc l'intensité du courant. Il suit de là que Timpulsion totale produite par le choc du courant a pour mesure Tintensitédu courant. Or, il est naturel d'admettre que la quantité d'élecirolyle décomposée soit proportionnelle à rintensité du choc. De là l'explication de celte loi : que la quantité d'électrolyte décomposée pendant [unité de temps est proportionnelle d la

quantité iï électricité transmise pendant ce temps ou à tintemitè du courant.

§ 4. DepuMoDgtemps les lois de BerthoUet ont conduit les chimistes à regarderleséléments d'un sel dissous comme disposés à passer d'une combinaison à une autre sous la plus légère influence, c est-à-dire à se décomposer avec la plus grande facilité. Dès lors, il est naturel d^ad mettre qu*un même courant traversant des électrolytes différents décompose un même nombre de molécules des corps composés qui sont en dissolution, c'est-à-dire des quantités pondérables de ces corps proportionnelles à leurs équivalents. De )à rexplicalion de la loi des équivalents électro-chimiques.

U. Rédproqneiiieat : Prodactioa de l'électricité par les actions

cUml^aes.

§ 5. Les lois principales fournies par Tcxpénence sont les suivantes :

1* Origine des courants: Dans un couple formé par un arc de platine non attaqué, qui réunit soit un métal et un. liquide qui le dissout, soit un corps simple et un métalloïde qui joue vis-à-vis de lui le rôle d'acide, soit enfin un o&yde et un acide, toute action chimique est toujours accompagnée d^un courant et, réciproquement, toute maniiestation électrique sous forme statique ou sous forme de courant est accompagnée d'une action chimique correspon-

dante. Quand l'action chimique cesse d'exister, le

courant n'existe plus et, réciproquement, quand il n*y a plus de courant, plus d'action chimique.

T Direction : Le sens du courant indique que le métal, le corps simple ou l'oxyde prennent l'électricité négative, tandis que le liquide, le métalioîdc ou Tacide prennent l'électricité positive.

L intemilé An courant produit est proportionnelle à la quantité d'action chimique accomplie en un même temps donné. Cette loi peut se vérifier de la manière suivante : Qu'on forme un couple avec une lame de zinc et une lame de platine plongées dans de l'eau acidulée; qu*on introduise dans le circuit extérieur une boussole des tangentes et un rhéostat permettant de donner différentes valeurs à rinlen^ité du courant. On constatera que la quantité d'hydrogène dégagée sur le platine convenablement disposé pour recueillir le gaz et riniensité du courant mesurée par la boussole sont dans un rapport constant.

4® Si Ton forme une pile avec différents couples

semblables ou dissemblables et que dans le circuit ' extérieur on introduise un voltamètre, on observe qu'à chaque équivalent d'eau décompose dans le voltamètre correspond, dans le même temps, un équivalent d'action chiaiitiuo dans chaque couple. Que l'on forme, par exemple, un circuit avec deux couples et un vollamèlre à eau acidulée, les volumes d'hydrogène dégagés dans chacune des éprou-

veltes du voltamètre et des couples seront égaux. Oa éponce quelquefois cette loi en di&aot que» dans une pile à circuit ferme, le travail chimique intémur est égal au travail chimique extérieur ^ ce qu'il faut entendre du travail chimique de chaque élément et noa du travail total de la pile. Cette loi permet de conclure : 1° que le circuit est parcouru par un même courant qui va du pôle positif au pôle négatif dans le conducteur interpolaire et du pôle négatif au pôle positif dans la pile; 2''que c'est Télectrolysation produite par ce courant qui donne des résul* tats équivalents dans le voltamètre extérieur et dans les couples de la pile.

§ 6. De la première loi énoncée plus haut» il résulte qu'une action chimique peut être une cause productrice d'électricité statique et dynamique, il est aisé d'expliquer ce fait dans Tordre d^dées qui nous occupe. Chaque molécule pondérable , avonsnous dit, plongée dans le milieu éthéré, s'entoure par attraction d'une espèce d'atmosphère et se constitue à Fétat neutre. Que deux molécules, ainsi environnées d'élher, viennent, sous Tinlluence de leur affinité, à se combiner et à former une molécule composée^ trois cas peuvent se présenter : ou bien les deux atmosphères réunies constitueront Patmosphère naturelle de la nouvelle molécule» ou bien elle§ renfermeront un excès de fluide, ou bien elles en renfermeront moins. Dans le pre* mier cas, le nouyew corps sera à l'état neutre ;

dans le second cas^ il y aura producUon d'électricité positife et dans le troisième cas, production d'électricité négative. Le second cas est celui qui se présente le plus souvent. Qu'au lieu d'une combinaison de deux molécules , il s opère un phénomène de substitution, comme cela se produit quand du zinc est attaqué par de Tacide sulfurique et que Tatome Zn se substitue à l'atome H dans le composé SCHH, les mêmes considérations se présentent. Ainsi ce phénomène existe quand un acide s'unit à un métal. Il existe aussi quand une base et un acide sont en présence et même dans le cas des piles à gaz. Quelques mots d'explication ne seront pas inutiles relativement à ces deux derniers cas.

Si, dans un vase renfermant une solution alcaline, on plonge un vase poreux renfermant un acide, qu'on ferme ensuite le circuit à Taide de deux lames de platine plongeant dans les deux liquides et communiquant aux deux extrémités du fil d'un galvanomètre , on remarquera que le volume d'oxygène recueilli sur la lame qui plonge dans la potasse est proportionnel à l'intensité du courant, mais que la quantité de nitrate alcalin qui se forme dans le vase poreux n'a aucun rapport avec cette intensité. De celte expérience, due à Daniell, quelques physiciens concluent que la combinaison directe de l'acide ët de Talcali n'est pas la cause productrice du courant. A cette manière de voir on peut objecter le fait suivant qui est du à M. Becquerel. Les deux lames

de platine d'an gahanomètre plongent dans deux

verres remplis d'acide nitrique, qui communiquent ensemble à l'aide d'une mèche de coton longue d'un décimèlre et imbibée d'eau. Vers le milieu de celte mèche, on pose doucement avec un tube une goutte d'acide et une goutte de potasse dissoute, l'une à côté de l'autre. Tant que les gouttes sont séparées, point d'action; aussitôt qu'elles se réunissent, production d^un courant allant directement de la potasse à l'acide et dans le reste du circuit de l'acide à la potasse. Ce fait prouve bien que c'est la combinaison directe de la base et de l'acide qui produit le courant. D'ailleurs, l'expérience de Daniell ne nous paraît pas bien difficile à expliquer. En plongeant un vase poreux plein d'acide dans une solution alcaline, on provoque, par l'attraction de la matière du vase sur chacun des deux liquides, la formation de nitrate de potasse et d'électricité positive répandue dans l'acide. Si on ferme le circuit, cette électricité formera un courant et, d'après les idées de Grotthuss^ il y aura dans la base et dans l'acide orientation des molécules et décomposition de proche en proche. L'oxygène se porte au pôle positif qui plonge dans la potasse et l'hydrogène au pôle né-> gatif. Le tableau suivant indique la réaction opérée :

I OK OK OK AzO^H AzO^B AzO^H |

I 0 KO KO KAzOô UAiO^ UAiO^ H |

L'explication du ph?norncnedespiIes àgaz n'offre pas plus de difficulté. Imaginoas que daos un voltamètre, il se soit produit, sous Pinfluence d*un couraul, un volume d'oxygène dausi'éprouvelleO et deux volumes d'hydrogène dans l'éprouvetteH; qu'on interrompe ensuite le courant* Les gaz resteront indéfiniment dans le même état, si le circuit reste ouvert; mais ils se combineront et disparaîtront complètement» si Ton réunit les fils des deux cloches^ et ils produiront un courant inverse du premier, c*est-à-dire allant de Hen 0 àtravers Teau acidulée et de 0 en H à travers le circuit* Ce courant augmente en intensité si Ton fait usage de lames larges de plaûne platiné. Voilà le fait. L'explication, c^est que, le circuit étant fermé, Foxygène de l'une des éprouvctles se combine, sousTinflueuce du platine, avec l'hydrogène de la molécule d'acide azotique immédiatement au contact avec elle, le groupe AzO^ se combine avec l'hydrogène de la molécule d'acide suivante^ et ainsi de suite jusqu'à la dernière dont le radical AzO^ s'unitavec l'hydrogène condensé surTautre lame de platine. Le résultat définitif de ces actions chimiques est un courant allant directement vers l'acide, comme il va du zinc à Tacide sulfurique, quand ces deux corps forment un couple.

§ 7. Ce fait que, quand un corps solide est attaqué par un acide liquide, il y a productioud'électricitépositive ou d'un courant se dirigeant di^ côté de Tacide , çt nop du côté 4ti iQ^taU a dpnné lieu à la seconde

loi énoncée précédemment. Un autre fait, également basé sur Texpérience, c^est que ies liquides sont infi* niment moins bons conducteurs de rélcctricité que les solides. Aiasi, laconduclibililéduziacétaotreprésentée par 24,063, celle de Tacide sulfuriquc étendu de i 1 fois soQ volume d'eau est égale à 0,000.0 1 i .2. Comment expliquer ces deux faits en apparence contradictoires? L'hypothèse d'un seul fluide élec* trique en rend trcs-bicn compte. D'abord rcxpérience démontre que quand un courant se présente pour passer d'un éleclrolyte liquide dans un solide même beaucoup meilleur conducteur» il y a une certaine résistance au passage, ce qui lient à ce que les mouvements du fluide sont contrariés par une nouvelle disposition des molécules pondérables. Mais ce qui nous parait être ici la cause prépondérante de la direction du courant, c'cstque lesmolécules éthérées étant animées d'un mouvement vibratoire et même d'un mouvement de transport par suite de la combinaison des éléments pondérables, elles éprouvent, pour se propager, riioins de rcsisiance à déplacer les molécules d'un corps liquide que celles d'un corps solide. Nous allons entrer dans plus de développements à propos de Texplicalion de la loi suivante.

§8. Concevons que deux molécules environnées de leurs atmosphères éthérées viennent à se combiner et que la réunion des deux atmosphères produise, outre l'atmosphère naturelle de la nouvelle molécule, un excès d'électricité. Par l'adjonction de ces molé-

cules les deux atmosphères élastiques se contractent d'ubord pour se dilater ensuite. De là, mouvement vibratoire dans la masse éthérée qui euviroonek nouvelle molécule et en outre mouvement de transport dans celle qui tend à s'en séparer. Désignons par imv la quantité de mouvement de celle dernière masse » laquelle est égale à v^7,m, dési- , gnant le mouvement de son centre de gravité. Cette quantité de mouvement exprime la mesure d'une certaine fraction kf dé îa force qui produit là combinaison des deux molécules pondérables; l'autre fraction s'exprime par la quantité de mouvement de la masse étbcrée adhérente. Or^ ce que nous venons de dire pour deuxmolécules qui s'unissent se répète évidemment pour toutes les autres d'une manière identique. La quantité totale de mouvement des molécules éthérëes qui concourent à produire le courant, aura pour expression :

Page 1