DISCOURS
PAONONGti S'UU Lk TOMBE DE M. BEAUPRÉ
AU iNOM DE L^ACADÉMIE DE STANISLAS
Par son Paësidëmt, M. J. DUCU£SN£.
Messieurs^
Après les coups si pressés» si douloureux qui ve-
naieui d'affliger noiie iamille académique, nous croyions pouvoir espérer une année sans larmesi et \oilà qu'un nouveau deuil nous ramène, dans ce séjour funèbre et nous rassemble encore sur la tombe d'un de nos frères !
La mort, en ne irappant M. Beaupré qu'au terme d^ine longue et féconde carrière, ne s'est pas montrée envers nous moins cruelle : car, depuis trente ans qu'il nous appahenait, nous nous étions fait une douce habitude de le vénérer et de le chérir.
Sorti des rangs émineots de la magistrature, il nous avait apporté, avec le noble culte des livres et la passion de Tétude, les goûts les plus conformes
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aux vues do noire royal fondateur: il recueillait, avec l'ardeur la plus inlelligeutey les volumes* ies maouserits, les médailles qui perpétuent les souve* nirs de notre histoire de Lorraine. Ce musée vraiment national, accru pendant plus d'un demi-siècle par remploi libérai que M. Beaupré faisait de sa fortune, lui a fourni les éléments de nombreux et remarquables ouvrages qui tous oui trait aux vieilles mœurs, aux souffrances, aux gloires de nos pères.
Avec quelle courtoisie généreuse il ouvrait ce sanctuaire, il en commentait, il en confiait même les trcsui s, nous le savons tous, Messieurs, et, parmi les travailleurs qui m'entendent, combien doivent à ses infaillibles renseignements, à sa discrète abnégation, les plus illustres découvertes! bacriliaui tout à ramitté comme à la science, il aimait à se prodiguer en s'elfaçant avec une délicatesse charmante. Compatissant pour toutes les misères, charitable pour tous, voilà comment, sau5 eilort et saus art, il s'est attaché tous les cœurs.
Cher Confrère, puisse la Compagnie qui vous adresse, par ma voix, Tadieu suprême, continuer à s'inspirer de cet esprit de désintéressement et d'affectueuse confraternité, que vous représentiez si bien!
Que vos exemples demeurent vivants parmi nous!
Puisse le culte que nous vouons à votre mémoire adoucir un peu ies regrets amers de votre iils bienaimél
Puisse voire famille, justement éplorée, puissent ces deux jeunes enfants, la joie de vos derniers jours, trouver force et courage dans Tuniverselle sympathie qui presse autour de vous cette foule émuCi et dans la pieuse certitude que vous recevez maintenant réternelle récompense promise au dévoûment laborieux, à la noblesse morale relevée par la modestie, et surtout à la bonté !