‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 63 sur 98 · YOGA DU RENONCEMENT DES ŒUVRES · texte numérisé non relu

YOGA DU RENONCEMENT DES ŒUVRES

Arjana.

Tu loues d'une part, ô Krishna, le renoncement des œuvres, et de l'autre part l'Union mystique : laquelle des deux est la meilleure? dis-le-moi clairement.

lie Blenbenreaz.

Le renoncement et PUnion mystique des œuvres procurent toutes deux la béatitude ; cependant l'Union vaut mieux que le renoncement.

JnéyaH sa nityasannyàsi

yô na dwéàti, na kâ/fxati; Nirdwandwô hi, mahâvâÂÔ,

suKam bandât pramucyatê. 3.

Sâ/fKyayôgao pftag bâlda

pravadanti, napandùàH ; Ékam apy àsïitaa samyag

uSayôr vindaté p'alam. ^•

Yat sâ/fKysdH prâpyatê stânam,

tadyôgœr apigamyaté ; Êkam sâ/yKyan éa yôgan éa

y an paçyati, sa paçyati. » •

Sannyâsas tu, mahâvâhd,

dmKam âptum ayôgatan ; Yôgayuktô munir Brahma

nacirêna adigaécati; 6.

Yôgayuktô, viçudââtmâ,

vijitâtmâ, jiténdriyoH, SarvaUûtâtmabûtàtmâ,

kurvann api na lipyaté. 7.

a Na éva kincit karômi » iti

yuktô manyéta tattwavit, Paçyan, çjrnwan, spfçan, jigrann,

açnan, gaccan, swapan, çwasan, 8.

Pralapan, visfjan, gfhnann,

uruniéan, nimisann api;

II faut regarder comme constant dans le renoncement celui qui n^a ni haines ni désirs; car celui qui n'a point ces deux affections est aisément dégagé du lien des œuvres.

Les enfants séparent la doctrine rationnelle de l'Union mystique, mais non les sages. En effet, celui qui s'adonne entièrement à l'une perçoit le fruit de l'autre ;

Le séjour oii l'on parvient par les méditations de la raison, on y arrive aussi par les actes de l'Union mystique; et celui qui voit une seule chose dans ces deux méthodes, voit bien.

Mais, héros au grand char, leur réunion est difficile à atteindre sans l'Union elle-même, tandis que le solitaire qui s'y livre, arrive bientôt à Dieu :

Adonné à cette pratique, l'âme purifiée, victorieux de lui-même et de ses sens, vivant de la vie de tous les vivants, il n'est pas souillé par son cBuvre.

a Ce n'est pas moi qui agis : » qu'ainsi pense le Yogi connaissant la vérité, quand il voit, entend, touche, flaire, mange, marche, dort, respire.

Parle, quitte ou prend quelque chose, ouvre

a Indriyàm, indrit/drléiu

vartanta » iti âàrayan.

Brahmany âMya karmâni,

saygam tyaktwâ karôtiyaH, Lipyaté na sapâpéna,

padmapatram iva amSasâ. *<^-

Kàyéna, manasd, buddyâ,

kévalœr tndriyasr api, YôginaH karma kurvanti,

saygam tyaktwâ âtmaçudâayé. * * • YuktaH, karmap'alam tyaktwâ,

çântim âpnôti nœélikim ; AyuktaH kâmakârénà,

paie saktô, nibadyatê. *».

Sarvakarmâni manasâ

sarmyasya âsté suKam vaçt Navadwâré pure dé Ai,

na êva kurvan, na kârayan. «3.

Na kartftwam, na karmâm

lôkasya èfJatipraSuH, Na karmapalasarnyôgam ;

swaSâvas tu pravartaté ; <*•

Na ddatté kasyaéit pâpam,

na éa êva sukftam viSm ; Ajnânéna âvftamjnânam;

ténu muhyanti jantavaa. *5.

ou ferme les yeux ; et qu'il se dise : « Les sens sont faits pour les objets sensibles, n • Celui qui, ayant chassé le désir, accomplit les œuvres en vue de Dieu, n'est pas plus souillé par le péché que, par l'eau, la feuille du lotus.

Par leur corps, par leur esprit, par leur raison, par tous leurs sens même, les Yogis opèrent l'œuvre sansendésirerlefruit,pourleurproprepurification; Et par cette abnégation, ils atteignent à la béatitude suprême. Mais l'homme qui ne pratique ""pas l'Union sainte et qui demeure attentif au fruit des œuvres, est enchaîné par la puissance du désir. Le mortel qui, par la force de son esprit, pratique l'abnégation dans tous ses actes, habite paisible et tout puissant dans la cité aux neuf portes {le corps qui a neuf ouvertures)^ sans agir et sans être la cause d'aucune action.

Le Maître du monde ne crée ni Taclivité, ni les actes, ni la tendance à jouir du fruit des œuvres ; c'est le résultat de la nature individuelle. Le Seigneur ne se charge ni des péchés, ni des bonnes œuvres de personne. L'ignorance couvre la science : ainsi errent les créatures.

Jnànéna tu tad ajnànam

yéiâm nâçitam âtmanaa, Tééâm âdityavaj Jnânam

prakâçayati tatparam. *^-

Tad'buddayas, iad-âtmânas,

ian-mstâs, tat-parâyanéi,

Gaccanty apunarâvfttim,

JnânanirdûtakalmaèâH. *^-

Vidyà'Vinayasampannê

brahmane, gavi, hastini, Çuni ca éva, çwapâkê ca

panditâa samadarçinoM. *^-

Iha éva tœrjitan sargô,

yésârn sâmyé stitam manan.

Nirdôéam hisamam Brahma ;

tasmâd Brakmant té sïitàH. *^-

Naprahfèyêt priyam prâpya,

na utmjétprâpya ca aprtyam.

Stirabuddir, asammûâd,

Brahmavid, BrahnMtni stitoH» *>.

Vàkyasparçêéw asaktâtmâ,

vindaty àtmani yat suUam ; Sa brahmayôgayuktâtmâ

suk'am axayam açnuté, ** •

Mais pour ceux dans Vkme desquels la science a détruit Tignorance, la science, comme un soleil, illumine en eux l'idée de cet être Suprême :

Pensant à Lui, partageant son essence, séjournant en Lui, tout entiers à Lui, ils marchent par une route d'où Ton ne revient pas, délivrés par la science de leurs péchés.

Dans le brahmane doué de science et de mo* destie, dans le bœuf et Téléphant, dans le chien même et dans celui qui mange du chien, les sages voient Fldentique.

Ici-bas ceux-là ont vaincu la nature, dont Tesprit se tient ferme dans Tidentité : car Tldentique Dieu est sans péché ; c'est pourquoi ils demeurent fermes en Dieu.

Un tel homme ne se réjouit p^s d'un accident agréable; il ne s'attriste pas d'un accident fâcheux. La pensée ferme, inébranlable, songeant à Dieu, fixé en Dieu,

Libre des contacts extérieurs, il trouve en luimême sa félicité : et ainsi, celui que l'Union mystique unit à Dieu, jouit d'une béatitude impérissable.

Yé hi sansparçajd Bôgd,

dunUayônaya éva tê; AdyantavantaH, Kvontéya ;

na tésu ramaté budan. ^•

Çaknôti iha êoa yan sôâum,

prâk çartravirnôxandt, Kâma'krôâôdSavam vêgam, ,

sa yuktoH, sa suHi naran. ^'

Y6 'ntansuk'ô 'ntaràrdmas.

tatâ antarjyôtir éva yan.

Sa yogi Brahmanirvànam -

BrahmaSûtô 'âigaccatt. ^'

LaSanté Brahmanirvànam

féayaH xînakalmaèdH, C'mnadwœââ, yatâtmànan,

sarvaSûiahité raiâiy. **•

Kâma-krôâaviyuktândm .

yatindm, yataéétasdm, ABÙ6 Brahmanirvànam

vartatê viditâfmandrn. ^•

Sparçdn kpwd vahir vdhydnç,

caxuç éa éva antaré SruvôH, Prdnâpdnao samso kftwd

ndsdSyantaracdrinso, ^•

Yaténdriya'-manô-budiLir

munir, môiapardyanaa.

Car les plaisirs nés des eontacts engendrent la douleur; ils commencent et finissent, fils de Kunti ; le sage n'y trouve pas sa joie.

Si Ton peut ici-bas, avant d'être dégagé du corps, soutenir le choc du désir et de la passion, on est Uni spirituellement, on est heureux.

Celui qui trouve en lui-même son bonheur, sa joie, et en lui-même aussi sa lumière, est un Yôgî qui va s'éteindre en Dieu, s'unir à l'être de Dieu.

Ainsi s'éteignent en Dieu les Rishis dont les fautes sont eiïacées, dont l'esprit ne s'est point partagé, qui se sont domptés eux-mêmes et se sont réjouis du bien de tous le»vivanls.

Quand on est dégagé d'amour et de haine, qu'on a soumis et soi-même et sa pensée, qu'on se connaît soi-même, on est tout près de s'éteindre en Dieu.

Quand on a banni les affections nées des contacts, dirigé son regard droit en avant, égalisé les mouvements de sa poitrine.

Dompté ses sens, dirigé sa pensée et sa raison exclusivement vers la délivrance ; lorsque le dé-

VigatéécàrUya-^krôM,

yoH $adâ mukta éva san, ^'

B'ôktdram yajnatapasâm,

sarvalôkamahéçwaram, Suhfdam sarvaMiânâm

jnâtwà màm, çântim fécati. ^•

ïti ÇriBagavadgitâH...., karmasannyàsayôgô nàma, pancamô 'dyàyan.

ÇrllNil^Tân nTâém s

AnâçrùaH karma%alam,

kâryam karma karôtiyan.

Sa sannyâsi ca yogi ca ;

na fitragmr, na ca akriyaH.

Yam sannyâsam ùiprâhur,

yôgam tam vidai, Pândava ; Na hy asannyastasafkalpô

yogi Havati kaçéana.

Àruruxôr munêr yôgam

karma kâranam ucyatê; Yôgdrûdasya tasya éva

çamoH kâranam uéyatê.

— »5 — sir, la crainte, la passion, étant bannies, parvcaiu vraiment à la délivrance.

On comprend que je perçois les sacrifices et les austérités, que je suis le grand Souverain des mondes, et l'Ami de tous les vivants : alors on obtient la béatitude.

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