TOME
Ékâki, yataéittâtmâ,
nirâçîr aparigrahan. *^-
Çucao deçà pratiètâpya
sïiram dsanam âtmanan, Na atyuccritam, na atinicam
céla-ojina-kuçôtiaram, * * •
Taira ékâgram manan kftwâ,
yatacittêndriyakriyaH, Upaviçya âsané yunjyâd
yôgam âtmaviçudâayê. <2.
Samam kâya-çirô-grivam
âârayann acalam, stiran Sampréxya nâsikâgram swam,
diçaç ca anavalôkayan, ^3,
Praçâfitâtfnâ, tngaiabir,
Brahmaéârivraté slùaH, ManaH samyamya, maéèittô,
yukta âsita rnaiparan. < ^•
Yitnjann évam sadâ âtmânarn
yogi m'yatamânasaH Çdntim nirvândparamâm
maisansldm aâigaècati. *5.
Na atyaçnatas tu yôgô 'stî,
na ca êkântam anacnatan, Na ca almvapnaçiiasya,
jdgratû na êva ca, Arjuna. «6.
à Técart, sans compagnie, mattre de sa pensée, dépouillé d'espérances.
Que dans un lieu pur il se dresse un siège solide, ni trop haut, ni trop bas> garni d'herbe, de toile et de peau ;
Et que là, Tesprit tendu vers l'Unité, maîtrisant en soi la pensée, les sens cl Faction, assis sur ce siège, il s'unisse mentalement en vue de sa purification.
Tenant fermement en équilibre son corps, sa tète et son cou, immobile, le regard incliné en avant, ne le portant d'aucun autre côté.
Le cœur en paix, exempt de crainte, constant dans ses vœux comme un novice, maître de son esprit, que le Yôgl demeure assis et me prenne pour unique objet de sa méditsttion.
Ainsi, toujours continuant la sainte extase, le Yogi dont l'esprit est dompté parvient à la béatitude, qui a pour terme l'extinction et qui réside en moi.
L'Union divine n'est ni pour qui mange trop, ni pour qui ne mange rien ; elle n'est ni pour qui dort longtemps, ni pour qui veille toujours, Arjuna.
Yuhtâhàra'Vihàrasya,
yuktaéêstasya karmasu, Ynktaswapna-avabôda^ya
yôgô Bavati dmkahà.
Yadà viniyatam éittam
âtmany éva avatiélaté, Nmpfhaa sarvakâméSyô,
ayukta » ùy uéyaté tadà. *^-
Yatâ dî])ô nivâtaM
7ia iygatê, sa upamà smftâ Yôginô yatacittasya
yunjatô yôgam âtmanan. ^ ^ -
Yatra uparamalé éittam
nirudâam yôgasévayâ, Yatra ca éva âtmanâtmâfiam
paçyann, âtmani tuèyati; 20.
SuKam àtyantikam yat tad,
buddigrahyam, atindnyani, Vêtti yatra, na ca êva ayam
stitaç éalati tattwataH , 2i .
Yam labâwà éa aparam lâBam
manyatê na aâikam tataa; Yasmin sîitô na dunUêna
gurunâ dpi vicâlyatê : 22.
Tarn vidyâd dunKasamyôga--
viyôgam yôgasanjmtam.
L'Union sainte qui ôte tous les maux, est pour celui qui mange avec mesure, se récrée avec mesure, agit, dort et veille avec mesure.
Lorsque ayant fixé sur lui-même sa pensée entièrement soumise, il s'est dégagé de tous les désirs, c'est alors qu'il est appelé Uni.
Le Yôgî est comme une lampe qui, à l'abri du vent, ne vacille pas, lorsque ayant soumis sa pensée il se livre à l'Union mystique.
Quand la pensée jouit de la quiétude, enchaînée au service de l'Union divine ; quand, se contemplant elle-même, elle se complaît en elle-même ;
Quand elle goûte cette joie infinie que donne seule la science et qui dépasse le sens externe ; quand elle s'attache sans vaciller à l'Essence véritable.
Et que l'ayant saisie elle juge que nulle autre acquisition ne l'égale ; lorsqu'enfin, s'y tenant attachée, elle n'en peut être détournée même par une vive douleur :
Qu'elle sache que cette nipture de tout commerce avec la douleur s'appelle Union mystique.
Sa niçéayéna yôktavyô
yôgô furvînnacétasâ. ^•
SafkalpapraSavdn kâmâns
tyaktwà sarvân açéiatoH, Manasâ éva indriyagrâmam
viniyamya samantatoH, ^^
ÇandBH çanœr uparaméd
buddyâ âfttgfhUayâ ; ÂtmasaAslaîn manan kftwâ
na kinéid api cintayêt. *^-
Yatô yatô niçcarati
manaç cancalam astiram, Tatas tatô niyamya étad
âtmany éva vaçam nayét. *6-
Praçântamanasam hy énam
y/iginam suKam uttamam Upœfi çântarajasam,
BrahmaMtam, akalmaéam. 27.
Yunjann évam sadà àtmânam
yôgt, vigatakalmaiaH, SuKéna Brahmasansparçam
atyantamsxiKam açnuté. 28.
Sai^aMlastam dimdnam
sanmhûtâni ca âtmani Ixatê yôgayukiâtmd,
sarvatra samadarçanan. 29.
Et cette union doit être pratiquée avec constance, au point que la pensée s'y abîme.
Ayant dépouillé absolument tous les désirs engendrés par rimagination, et subjugué dans son âme la foule des sensations qui viennent de tous côtés.
Qu'insensiblement Thomme atteigne à la quiétude par sa raison affermie dans la constance, et que son esprit, fermement recueilli en lui-même, ne pense plus à rien autre chose.
Et chaque foie que son esprit inconstant et mobile se porte ailleurs, qu'il lui fasse sentir le frein et le ramène à l'obéissance.
Une félicité suprême pénètre l'âme du Yôgî ; ses passions sont apaisées ; il est devenu en essence Dieu lui-même ; il est sans tache.
Ainsi, par l'exercice persévérant de la sainte Union, l'homme purifié jouit heureusement dans son contact avec Dieu d'une béatitude infinie.
Il voit l'Ame résidant en tous les êtres vivants, et dans l'Ame tous ces êtres, lorsque son âme à lui-même est unie de l'Union divine et qu'il voit de toutes parts l'Identité.
Yô màrnpaçyati sarvatm
sarvam ca mayipaçyati, Tasya aham na pranaçyâmi,
sa ca mê na pranaçyati. 30.
SarvaBûtastîtam yô mâm
Mjaty, ékaiwam âslitan, Sarvatâ vartamânô 'pi,
sa yôgl mayi vartaté. s* •
Àtmsopamyéna sarvatra
samampaçyatiyô, 'rfuna, Suk'am va yadi va dunKam,
sa yogi paranxô matoH. '2.
Arjim» UTâca t .
Yô *yam yogas twayà prôktan
sàmyêna, Maâusùdana, È tasya aham na paçyâmi
canéalatwât stUim sïirâm. 35.
CancalamhimanaH, Kfèna,
pramâîi, balavad, dfdam ; Tasya aham nigraham manyê,
vâyôr iva, suduèkaram. 3i.
Çribai^Tân UTâea s
Açaûsayam, mahâvâhô,
manô durmgraham, calam ; AUyâséna tu, Ksontéya,
vBdrâgyéna ca gfhyaté. 59-
Celui qui me voit partout et qui voit tout en moi ne peut plus me perdre ni être perdu pour moi.
Celui qui adore mon essence résidant en tous les êtres vivants, et qui demeure ferme dans le spectacle de l'Unité, en quelque situation qu'il se trouve, est toujours avec moi.
Celui, Arjuna, qui, instruit par sa propre identité, voit ridentité partout, heureux ou malheureux, est un Yôgin excellent.
Arjvaa.
Cette Union mystique que tu places dans TI* dentité, ô meurtrier de Madhu, je ne vois pas que l'inconstance de l'esprit lui laisse une assiette solide.
Car l'esprit est inconstant, 6 Krishna, il est mobile, puissant et violent ; il me semble aussi difficile à soumettre que le vent.
Sans doute, ô héros, l'esprit est mobile et difficile à saisir ; mais par l'exercice et par l'expulsion des passions, fils de Kunti, on le saisit*
Asamyatâtmanà yôgô
dusprâpa, itimêmatùî; VaçycUmand tu yatatâ
çakyô 'vdptum upâyataa. 36.
Ayatia, çradâayôpé/ô,
yôgâc caiùamdnasaH, Aprâpya yôgasansidélim,
kârn gatim, Kfèna, gaccaii? 37.
Kaçéjn na ubayaviSraèfaç,
cinndSram iva, naçyati, Apratistô, mahàvôÂôy
vimûdô Brahmanan pâli? ^^^
Etant mé sançayam, Kfsna,
céttum arhasy açéèataH ; TwadanyaH sançayasya asya
céttâ na hy upapadyatê. 39.
Pârta, na éva iha na âmutra
vindças tasya vidyatê ; Na ht kalydnakpt kaçcid
durgatim, tdta, gaécatt. ^.
Prdpya punyakftdm lôkân,
usitwd çdçwatiH samdn, Çucinâm çrimatâm gêhé
yôgaSraètô *Bij'dyaté. «.
Pour celui qui ne s^est pas dompté lui-même, rUnion est difficile à atteindre, selon moi ; mais, pour rhomme qui s'est maîtrisé, il est des moyens d'y parvenir.
L'homme insoumis mais croyant, dont l'esprit s'est éloigné de l'Union divine et n'a pu en atteindre la perfection, dans quelle voie entre-t-il, ô Krishna?
Repoussé de part et d'autre, disparait-il comme le nuage entr'ouvert, ne s'arrètant plus, perdu loin du sentier divin 7
Veuille, ô Krishna, me résoudre entièrement ce doute : nul autre que toi ne saurait le dissiper.
I^e Blenbeoreax*
Fils de Prithà, ni ici*bas, ni là-bas cet homme ne peut s'anéantir : un homme de bien, mon ami, n'entre jamais dans la voie malheureuse.
Il se rend à la demeure des purs ; il y habite un grand nombre d'années ; puis il renaît dans une famille de purs et de bienheureux^
Aïa va yôginâm éva
kulé Savati dimatâm ; Ètad ai durlaSataram
lôké janma y ad idfçatn. *2.
Tatra tam buddisamyôgam
laBaté psorvadœhikarn, Yataté ca tatô Myaa
sansùlâeo, Kvrxmandana. ^•
Pùrvâ aSyâsêna têna éva
hriyaté hy avaçô *pisaH; Jijnasur apiyôgasya
çabdabrahma ativartaté; *^-
Prayatnâd yatamânas tu
yogi, sançuddakilvièaH, Anékajanmasansiddas,
tatô yâtiparâm gatim . ^ •
TapaswiSyô *dikô yogi,
jnânibyô 'pi maté 'dikan, Kaiynidyaç ca adikô yogi :
tasmâd yogi Bava, Arjuna. ^•
Yôginâm apisarvéèâm
madgaténa antarâtmand, Çraddàvdn Sajaté yô màm,
sa mé yuktatamô mataa. ^7.
Iti ÇriBagavadgttâH..^., àtmasamyamayôgô nàma, éaèlô 'dyâyan.
Ou même de sages pratiquant T Union mystique : or il est bien difficile d'obtenir en ce monde une telle origine. «
Alors il reprend le pieux exercice qu'il avait pratiqué dans sa vie antérieure, et il s'efforce davantage vers la perfection, ô fils de Kuru ;
Car sa précédente éducation i'entraine sans qu'il le veuille, lors même que dans son désir d'arriver à l'Union il transgresse la doctrine brahmanique.
Cpmme il a dompté son esprit par l'effort, le Yogi purifié de ses souillures, perfectionné par plusieurs naissances, entre enfin dans la voie suprême.
II' est ^lors considéré comme supérieur aux ascètes, supérieur aux sages, supérieur aux hommes d'action. Unis-toi donc, ô Àrjuna.
Car entre tous ceux qui pratiquent l'Union, celui qui, venant à moi dans son cœur, m'adore avec foi, est jugé par moi le mieux uni de tous.
— tio -
Mayy àsaktamanàH, Parla,
yôgam yunjan, madàçrayaa, Asançayam samagram mâm
yaîâ jnàsyasi, tac cfnu. <•
Jnânam té *ham savidjnànam
idam vaxyâmy açêsataa ; Yaj jnâtwâ, na iha Myô 'nyaj
Jnàtavyam avaçièyatê. 2.
Manuèyânâm sahasrêèu
kaçéid yataii siddayé ; Yatatâm apisiddânâm
kaçcm mâm vétti tattwataH. 3-
Rûmir, âpô, 'nalô, vâyua,
Kam, manô, buddir éva ca, .
Ahafkâra, itiiyam mé
Sinnâprakptr aétaââ. ^.
Apara iyam; itas tw anyâm
prakftim vidât mé parâm, JivaSûtâm, mahûvâJiô,
yaya idam Oâryaté jagat. 5.
Étadyôntm Uûtâni
snrvâni, ity upadâraya.