‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 65 sur 98 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

Ékâki, yataéittâtmâ,

nirâçîr aparigrahan. *^-

Çucao deçà pratiètâpya

sïiram dsanam âtmanan, Na atyuccritam, na atinicam

céla-ojina-kuçôtiaram, * * •

Taira ékâgram manan kftwâ,

yatacittêndriyakriyaH, Upaviçya âsané yunjyâd

yôgam âtmaviçudâayê. <2.

Samam kâya-çirô-grivam

âârayann acalam, stiran Sampréxya nâsikâgram swam,

diçaç ca anavalôkayan, ^3,

Praçâfitâtfnâ, tngaiabir,

Brahmaéârivraté slùaH, ManaH samyamya, maéèittô,

yukta âsita rnaiparan. < ^•

Yitnjann évam sadâ âtmânarn

yogi m'yatamânasaH Çdntim nirvândparamâm

maisansldm aâigaècati. *5.

Na atyaçnatas tu yôgô 'stî,

na ca êkântam anacnatan, Na ca almvapnaçiiasya,

jdgratû na êva ca, Arjuna. «6.

à Técart, sans compagnie, mattre de sa pensée, dépouillé d'espérances.

Que dans un lieu pur il se dresse un siège solide, ni trop haut, ni trop bas> garni d'herbe, de toile et de peau ;

Et que là, Tesprit tendu vers l'Unité, maîtrisant en soi la pensée, les sens cl Faction, assis sur ce siège, il s'unisse mentalement en vue de sa purification.

Tenant fermement en équilibre son corps, sa tète et son cou, immobile, le regard incliné en avant, ne le portant d'aucun autre côté.

Le cœur en paix, exempt de crainte, constant dans ses vœux comme un novice, maître de son esprit, que le Yôgl demeure assis et me prenne pour unique objet de sa méditsttion.

Ainsi, toujours continuant la sainte extase, le Yogi dont l'esprit est dompté parvient à la béatitude, qui a pour terme l'extinction et qui réside en moi.

L'Union divine n'est ni pour qui mange trop, ni pour qui ne mange rien ; elle n'est ni pour qui dort longtemps, ni pour qui veille toujours, Arjuna.

Yuhtâhàra'Vihàrasya,

yuktaéêstasya karmasu, Ynktaswapna-avabôda^ya

yôgô Bavati dmkahà.

Yadà viniyatam éittam

âtmany éva avatiélaté, Nmpfhaa sarvakâméSyô,

ayukta » ùy uéyaté tadà. *^-

Yatâ dî])ô nivâtaM

7ia iygatê, sa upamà smftâ Yôginô yatacittasya

yunjatô yôgam âtmanan. ^ ^ -

Yatra uparamalé éittam

nirudâam yôgasévayâ, Yatra ca éva âtmanâtmâfiam

paçyann, âtmani tuèyati; 20.

SuKam àtyantikam yat tad,

buddigrahyam, atindnyani, Vêtti yatra, na ca êva ayam

stitaç éalati tattwataH , 2i .

Yam labâwà éa aparam lâBam

manyatê na aâikam tataa; Yasmin sîitô na dunUêna

gurunâ dpi vicâlyatê : 22.

Tarn vidyâd dunKasamyôga--

viyôgam yôgasanjmtam.

L'Union sainte qui ôte tous les maux, est pour celui qui mange avec mesure, se récrée avec mesure, agit, dort et veille avec mesure.

Lorsque ayant fixé sur lui-même sa pensée entièrement soumise, il s'est dégagé de tous les désirs, c'est alors qu'il est appelé Uni.

Le Yôgî est comme une lampe qui, à l'abri du vent, ne vacille pas, lorsque ayant soumis sa pensée il se livre à l'Union mystique.

Quand la pensée jouit de la quiétude, enchaînée au service de l'Union divine ; quand, se contemplant elle-même, elle se complaît en elle-même ;

Quand elle goûte cette joie infinie que donne seule la science et qui dépasse le sens externe ; quand elle s'attache sans vaciller à l'Essence véritable.

Et que l'ayant saisie elle juge que nulle autre acquisition ne l'égale ; lorsqu'enfin, s'y tenant attachée, elle n'en peut être détournée même par une vive douleur :

Qu'elle sache que cette nipture de tout commerce avec la douleur s'appelle Union mystique.

Sa niçéayéna yôktavyô

yôgô furvînnacétasâ. ^•

SafkalpapraSavdn kâmâns

tyaktwà sarvân açéiatoH, Manasâ éva indriyagrâmam

viniyamya samantatoH, ^^

ÇandBH çanœr uparaméd

buddyâ âfttgfhUayâ ; ÂtmasaAslaîn manan kftwâ

na kinéid api cintayêt. *^-

Yatô yatô niçcarati

manaç cancalam astiram, Tatas tatô niyamya étad

âtmany éva vaçam nayét. *6-

Praçântamanasam hy énam

y/iginam suKam uttamam Upœfi çântarajasam,

BrahmaMtam, akalmaéam. 27.

Yunjann évam sadà àtmânam

yôgt, vigatakalmaiaH, SuKéna Brahmasansparçam

atyantamsxiKam açnuté. 28.

Sai^aMlastam dimdnam

sanmhûtâni ca âtmani Ixatê yôgayukiâtmd,

sarvatra samadarçanan. 29.

Et cette union doit être pratiquée avec constance, au point que la pensée s'y abîme.

Ayant dépouillé absolument tous les désirs engendrés par rimagination, et subjugué dans son âme la foule des sensations qui viennent de tous côtés.

Qu'insensiblement Thomme atteigne à la quiétude par sa raison affermie dans la constance, et que son esprit, fermement recueilli en lui-même, ne pense plus à rien autre chose.

Et chaque foie que son esprit inconstant et mobile se porte ailleurs, qu'il lui fasse sentir le frein et le ramène à l'obéissance.

Une félicité suprême pénètre l'âme du Yôgî ; ses passions sont apaisées ; il est devenu en essence Dieu lui-même ; il est sans tache.

Ainsi, par l'exercice persévérant de la sainte Union, l'homme purifié jouit heureusement dans son contact avec Dieu d'une béatitude infinie.

Il voit l'Ame résidant en tous les êtres vivants, et dans l'Ame tous ces êtres, lorsque son âme à lui-même est unie de l'Union divine et qu'il voit de toutes parts l'Identité.

Yô màrnpaçyati sarvatm

sarvam ca mayipaçyati, Tasya aham na pranaçyâmi,

sa ca mê na pranaçyati. 30.

SarvaBûtastîtam yô mâm

Mjaty, ékaiwam âslitan, Sarvatâ vartamânô 'pi,

sa yôgl mayi vartaté. s* •

Àtmsopamyéna sarvatra

samampaçyatiyô, 'rfuna, Suk'am va yadi va dunKam,

sa yogi paranxô matoH. '2.

Arjim» UTâca t .

Yô *yam yogas twayà prôktan

sàmyêna, Maâusùdana, È tasya aham na paçyâmi

canéalatwât stUim sïirâm. 35.

CancalamhimanaH, Kfèna,

pramâîi, balavad, dfdam ; Tasya aham nigraham manyê,

vâyôr iva, suduèkaram. 3i.

Çribai^Tân UTâea s

Açaûsayam, mahâvâhô,

manô durmgraham, calam ; AUyâséna tu, Ksontéya,

vBdrâgyéna ca gfhyaté. 59-

Celui qui me voit partout et qui voit tout en moi ne peut plus me perdre ni être perdu pour moi.

Celui qui adore mon essence résidant en tous les êtres vivants, et qui demeure ferme dans le spectacle de l'Unité, en quelque situation qu'il se trouve, est toujours avec moi.

Celui, Arjuna, qui, instruit par sa propre identité, voit ridentité partout, heureux ou malheureux, est un Yôgin excellent.

Arjvaa.

Cette Union mystique que tu places dans TI* dentité, ô meurtrier de Madhu, je ne vois pas que l'inconstance de l'esprit lui laisse une assiette solide.

Car l'esprit est inconstant, 6 Krishna, il est mobile, puissant et violent ; il me semble aussi difficile à soumettre que le vent.

Sans doute, ô héros, l'esprit est mobile et difficile à saisir ; mais par l'exercice et par l'expulsion des passions, fils de Kunti, on le saisit*

Asamyatâtmanà yôgô

dusprâpa, itimêmatùî; VaçycUmand tu yatatâ

çakyô 'vdptum upâyataa. 36.

Ayatia, çradâayôpé/ô,

yôgâc caiùamdnasaH, Aprâpya yôgasansidélim,

kârn gatim, Kfèna, gaccaii? 37.

Kaçéjn na ubayaviSraèfaç,

cinndSram iva, naçyati, Apratistô, mahàvôÂôy

vimûdô Brahmanan pâli? ^^^

Etant mé sançayam, Kfsna,

céttum arhasy açéèataH ; TwadanyaH sançayasya asya

céttâ na hy upapadyatê. 39.

Pârta, na éva iha na âmutra

vindças tasya vidyatê ; Na ht kalydnakpt kaçcid

durgatim, tdta, gaécatt. ^.

Prdpya punyakftdm lôkân,

usitwd çdçwatiH samdn, Çucinâm çrimatâm gêhé

yôgaSraètô *Bij'dyaté. «.

Pour celui qui ne s^est pas dompté lui-même, rUnion est difficile à atteindre, selon moi ; mais, pour rhomme qui s'est maîtrisé, il est des moyens d'y parvenir.

L'homme insoumis mais croyant, dont l'esprit s'est éloigné de l'Union divine et n'a pu en atteindre la perfection, dans quelle voie entre-t-il, ô Krishna?

Repoussé de part et d'autre, disparait-il comme le nuage entr'ouvert, ne s'arrètant plus, perdu loin du sentier divin 7

Veuille, ô Krishna, me résoudre entièrement ce doute : nul autre que toi ne saurait le dissiper.

I^e Blenbeoreax*

Fils de Prithà, ni ici*bas, ni là-bas cet homme ne peut s'anéantir : un homme de bien, mon ami, n'entre jamais dans la voie malheureuse.

Il se rend à la demeure des purs ; il y habite un grand nombre d'années ; puis il renaît dans une famille de purs et de bienheureux^

Aïa va yôginâm éva

kulé Savati dimatâm ; Ètad ai durlaSataram

lôké janma y ad idfçatn. *2.

Tatra tam buddisamyôgam

laBaté psorvadœhikarn, Yataté ca tatô Myaa

sansùlâeo, Kvrxmandana. ^•

Pùrvâ aSyâsêna têna éva

hriyaté hy avaçô *pisaH; Jijnasur apiyôgasya

çabdabrahma ativartaté; *^-

Prayatnâd yatamânas tu

yogi, sançuddakilvièaH, Anékajanmasansiddas,

tatô yâtiparâm gatim . ^ •

TapaswiSyô *dikô yogi,

jnânibyô 'pi maté 'dikan, Kaiynidyaç ca adikô yogi :

tasmâd yogi Bava, Arjuna. ^•

Yôginâm apisarvéèâm

madgaténa antarâtmand, Çraddàvdn Sajaté yô màm,

sa mé yuktatamô mataa. ^7.

Iti ÇriBagavadgttâH..^., àtmasamyamayôgô nàma, éaèlô 'dyâyan.

Ou même de sages pratiquant T Union mystique : or il est bien difficile d'obtenir en ce monde une telle origine. «

Alors il reprend le pieux exercice qu'il avait pratiqué dans sa vie antérieure, et il s'efforce davantage vers la perfection, ô fils de Kuru ;

Car sa précédente éducation i'entraine sans qu'il le veuille, lors même que dans son désir d'arriver à l'Union il transgresse la doctrine brahmanique.

Cpmme il a dompté son esprit par l'effort, le Yogi purifié de ses souillures, perfectionné par plusieurs naissances, entre enfin dans la voie suprême.

II' est ^lors considéré comme supérieur aux ascètes, supérieur aux sages, supérieur aux hommes d'action. Unis-toi donc, ô Àrjuna.

Car entre tous ceux qui pratiquent l'Union, celui qui, venant à moi dans son cœur, m'adore avec foi, est jugé par moi le mieux uni de tous.

— tio -

Mayy àsaktamanàH, Parla,

yôgam yunjan, madàçrayaa, Asançayam samagram mâm

yaîâ jnàsyasi, tac cfnu. <•

Jnânam té *ham savidjnànam

idam vaxyâmy açêsataa ; Yaj jnâtwâ, na iha Myô 'nyaj

Jnàtavyam avaçièyatê. 2.

Manuèyânâm sahasrêèu

kaçéid yataii siddayé ; Yatatâm apisiddânâm

kaçcm mâm vétti tattwataH. 3-

Rûmir, âpô, 'nalô, vâyua,

Kam, manô, buddir éva ca, .

Ahafkâra, itiiyam mé

Sinnâprakptr aétaââ. ^.

Apara iyam; itas tw anyâm

prakftim vidât mé parâm, JivaSûtâm, mahûvâJiô,

yaya idam Oâryaté jagat. 5.

Étadyôntm Uûtâni

snrvâni, ity upadâraya.

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