‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 66 sur 98 · YOGA DE LA CONNAISSANCE · texte numérisé non relu

YOGA DE LA CONNAISSANCE

I^e BlenlieMireiix»

Si tu fixes sur moi ton esprit, pratiquant l'Union mystique, attentif à moi, écoute, fils' de Prithâ, comment alors tu me connaîtras tout entier avec évidence ;

Je vais t'exposer complètement avec ses divisions cette science au delà de laquelle ici-bas il ne reste rien à apprendre.

De tant de milliers d'hommes, quelques-uns seulement s'efforcent vers la perfection ; et parmi ces sages excellents un seul à peine me connaît selon mon essence.

La terre, l'eau, le feu, le vent, l'air, l'esprit, la raison et le moi, telle est ma nature divisée en huit éléments :

C'est l'inférieure. Connais-en maintenant une autre qui est ma nature supérieure, principe de vie qui soutient le monde.

C'est dans son sein que résident tous les êtres

Aham kftsmsya jagataa

praBavûH, pralayas taîâ. ^ •

Mattaa parataram na anyat

kinèid asti, dananjaya.

Mayisarvam idamprôtam,

sûtrê maniffanâ iva. 7-

Rasô 'ham apsu, Kaontéya,

praM arnii çaçisûryayÔH, PrammH sarvavédéèu,

çabdaH Kê, paoruéam nfèu ; ^•

Punyô gandan pfïivyâm ca,

téjaç ca asmi viMvasso ; Jivanam sarvaBûtêsu,

tapaç ca asmi tapaswiiu. *•

Vijam mâm sarvaBûtândm

viddi, Pârta, sanâtanam ; Buddir budditnatâm asmi,

téjas téjaswinâm aham ; ^^•

Balam balavatâm ca aham

kâmarâgavivarjitam ; Darmâvimddô Mtêsu

kâmô 'smi, B'aratarsada ; ^ * •

Yé ca éva sâttwikâ Mvd,

ràjasâs iâmasàç ca yé, Matta éva iti tân viddi.

na tw aham téèu, te mayi. <2.

TriSir gunamayœr Mvadr

êBin sarvam idamjagat

— lis —

vivants ; comprends-le ; car la production et ta dissolution de l'Univers, c'est moi-même ;

Au-dessus de moi i\ n'y a rien; à moi est suspendu FUnivers comme une rangée de peries à un fil.

Je suis dans les eaux la saveur, fils de Kunt! ; je suis la lumière dans la Lune et le Soleil ; la louange dans tous les Yêdas ; le son dans l'air ; la force masculine dans les hommes ;

Le parfum pur dans la terre ; dans le feu la splendeur ; la vie dans tous les êtres ; la continence dans les ascètes.

Sache, fils de Prithà, que jje suis la semence inépuisable de tous les vivants; la aeience des sages ; le courage des vaillants ;

La vertu des forts exempte de passion et de désir : je suis dans les êtres animés l'attrait q^e la justice autorise*

Je suis la source des propriétés qni naissent d^ Ja vérité, de la passion et de l'obscurité : mais je ne suis pas en elles, elles sont en moi.

Troublé par les modes de ces trois qualités^ ce Tom u. 8

Môhitam na atijànàii

mâm éSt/an param, avyayatn. ^^ Dsevt hy éid guiiamayt

marna màyà duratyayd; Mâm éva yéprapadyantê,

mâyâm éiàrn taranti té. *^-

Na mâm duskftinô, mûdân,

prapadyanié, narâdamân, Màyayà apahpajnând,

âsuram Bâvam ûçritàn. *'•

Caturviââ Sajanté mâm

janàa sukpinô, 'rjuna, Àrttô, jîjndsur, arldrU,

jndntéa, RaraiariaBa ; *^-

Téidmjndni, nityayukta,

ékadaktir viçiiyaté; Priyd hijnàninô 'tyartam

aham, sa éa marna priyan. ^^•

UddrdH sarva éva été;

jndni tw dtmd éva mé matam ; ÂstîtaH sa ht yuktdtmd

mâm éva anuttamdm gatim. <9-

Bahûnàm janmandm anté

Jndnavân mâm prapadyaté.

« VdsudévQH saiDam, » ùi

sa ma/idtmd sudurlaSan. i^.

— 1!5 — monde entier méconnaît que je leur suis supérieur et que je suis indestructible.

Cette magie que je développe dans les modes des choses est difficile à franchir ; on y échappe en me suivant ;

Mais ne sauraient me suivre, ni les méchants, ni les âmes troublées, ni ces hommes infimes dont Tintelligence est en proie aux illusions des sens et qui sont de la nature des démons.

Quatre classes d'hommes de bien m'adorent, Arjuna : Tafiligé, Thomme désireux de savoir, celui qui veut s'enrichir, et le sage.

Ce dernier, toujours en contemplation, attaché à un culte unique, surpasse tous les autres. Car le sage m'aime par dessus toutes choses, et je Taime de même.

Tous ces serviteurs sont bons ; mais le sage, c'est moi-même ; car dans l'Union mentale il me suit comme sa voie dernière ;

Et après plusieurs renaissances, le sage vient à moi. — « L'Univers, c'est Yàsudêva ; » celui qui parle ainsi ne peut comprendre la Grande Âme de r Univers.

Kâmœs tsBS tser hftajnànàH

prapadyanté ^nyadêvatdH, Tarn tarn niyamam Maya,

prakftyâ niyatàH swayà.

Yô yô yAtn yàm tanum ëaktdn

çradâayà arcitum iécati, Tasya tasya aéaldm çradââm

tâm éva vidaââmy aham. ^^

Sa tayâ çraddayd yuktas

tasya ârdâanam ihaté, LaSaté ca tatan kâmdn,

maya éva vihitân hùân. ^

Antavat tu palam tésâm

tad Bavaty alpaéétasàm ; Dévàn dévayajô yànti.

mad'-baktâ yânti mâm api.

Avyaktam vyaktim épannam

manyanté mûm abuddayan, Param Sâoam ajdnantô

marna avyayam, aniUtamam. ^ Na ohamprakâçaH sarvasya,

yôgamàyâsamâvftaH :

MûSô 'yam na aSiJàfiâti

lôkô mâm cy'am^ avyayam ; ^

Véda aham samatUâni

vartamânâm ca, Arfuna, Raoiiyàni ca Bûtàni:

mâm tu véda na kaçcana. *

— «7 — Ceux dont rintelligence est èû proie &ui désirs se tournent vers d^autres divinités ; ils suivent chacun son culte» enchaînés qu'ils sont par leur propre nature.

Quelle que soit la personne divine à laquelle un

homme offre son culte, j'affermis sa foi en ce dieu ;

Tout plein de sa croyance, il s'efforce de le

servir ; et il obtient de lui les biens qu'il désire

et dont je suis le distributelir.

Haie bornée est la récompense de ces hommes de peu d'intelligence : ceux qui sacrifient àùx dieux vont aux dieux ; ceux qui m'adorent viennent à moi.

Les ignorants me croient visible, moi qui suis invisible : c'est qu'ils ne connaissent pas ma nature supérieure^ inaltérable et suprême ;

Car je ne me manifeste pas à tous, enveloppé que je suis dans la magie que l'Union spirituelle dissipe. Le monde plein de trouble ne me connaît pas, moi qui suis exempt de naissance et de destruction.

Je connais les êtres passés et présents, Àrjuna, et ceux qui seront : mais nul d'eux ne me connaît.

Iccâ-dwéiasamutténa

dwandwamôhêna^ B'àraia, SarvaBùtdnt sammôham

sargé yànti, parant apa. ^'

Yéidm tw antargatampàpam

janânûm punyakairmanàm Té dwandwamôhanùmuktà

Bajanté màm dfâavratàH. 28 .

Jaràr-maranamôxàya,

mdm àçritya, yatanti yé, Té Brahma tad vidm kftsnam,

Aâyâtmam, Karma ca aUilam. ^• Sddibûta^adidsevam màm

sàâiyajnam ca yé vidua, Prayànakàlé 'pi ca mâm

lé vidur yuktacétasan. ^•

Iti ÇriSagavadgttdH...., vijnânayôgô ndma, saptamô 'dydyan.

Arinii» nvâca t

Kim tad Brahma, kim Adydtmam,

kim Karma, puruiôttama î

AâiSûtam ca kim prôktam,

Attidœvam kim ucyaté?

Par le trouble d^esprit qu'engendrent les désirs et les aversions, ô Bhârata, tous les vivants en ce monde courent à Terreur ;

Mais ceux qui par la pureté des œuvres ont effacé leurs péchés, échappent au trouble de Terreur et m'adorent dans la persévérance.

Ceux qui se réfugient en moi et cherchent en moi la délivrance de la vieillesse et de la mort, connaissent Dieu, TAme suprême, et TÂcte dans sa plénitude ;

Et ceux qui savent que ^e suis le Premier Vivant, la Divinité Première, et le Premier Sacrifice, ceux-là, au jour même du départ, unis à moi par la pensée, me connaissent encore.

inii.

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