‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 69 sur 98 · VISION DE LA FORME UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

VISION DE LA FORME UNIVERSELLE

Arju».

Le mystère sublime de l'Âme suprême, que tu viens de m'exposer pour mon salut, a éloigné de moi Terreur.

Car j'ai entendu longuement la naissance et la destruction des êtres, ô Dieu aux yeux de lotus, et ta magnanimité impérissable.

Cependant, Seigneur, je voudrais te voir dans ta forme souveraine tel que tu t'es dépeint toimême;

Si tu penses que cette vision me soit possible, ô Seigneur de la sainte Union, alors montre-toi à ma vue dans ton éternité.

lie Blenhearcax*

Voici, fils de Prithà, mes formes cent et mille fois variées, célestes, diverses de couleur et d'as- / pect.

Voici les Adityas, les Yasus, les Rudras, les deux Açwins et les Maruts ; voici, fils de Bharata,

Bahûny adfHapûrvàni

paçya àçéaripàni, Fdrata. ••

Iha ikastamjagat kftsnam

paçya àdya sacarâcaram

Marna déhé, gm/âkêça,

yaé éa anyad draètum iéûasi. ^•

Na tu mâm çakyasé draètum

anéna éva swacaxuéâ; Divyam dadâmitê caxuH;

paçya mé yôgam aeçwaram. s-

Êvam uktwâ tatô, râjan,

mahàyôgéçwarô Ham

Darçayàmàsa Pâftâya

paramam rùpam œçwaramp ^•

Anékavaktranayanam.

anékâdôutadarçanam,

AnêkadwyàSaranam,

divyâ0èik6dyatâyuâam, ^^'

Dtvyamàlydmbaradaratn ,

dwyagandânulépanam, Sarvâçcaryam ayant, dipfam,

ananiam, viçwatômukam. 44-

Dwi sûryasahasrasya

Savéd yugapad uititâ

de nombreuses merveilles que nul encore n'a contemplées.

Voici dans son unité tout l'Univers avec les choses mobiles et immobiles : le voici, compris dans mon corps avec tout ce que tu désires apercevoir.

Mais puisque tu ne peux me voir avec les yeux' de ton corps, je te donne un œil céleste : contemple donc en moi la souveraineté de FUnion mystique.

Lorsque Hari, seigneur de la sainte Union, eui ainsi parlé, il fît voir au fîls de Prithâ sa %ure auguste et suprême.

Portant beaucoup d'yeux et de visagesi-beau^ coup d'aspects admirables, beaucoup d'ornements divins, tenant levées beaucoup d'armes diyines.

Portant des guirlandes et des vêtements divins, parfumée de célestes essences, merveilleuse en toutes choses, resplendissante, infinie, la face tournée dans toutes les directions.

Si dans le ciel se levait tout à coup la lumière

Yadi BâH, sadfçt sa syûd

Sâsas.tasya mahâtmanaa. **•

Tatra ékoAamjagat kftsnam,

praviôaktam anékaââ, Apaçyad dêvadêvasya

çariré Pândavas tadà ; * ' •

Tatan sa vismaydviétô,

hfètarômà, dananjayaa Pranamya çtrasd, dévam

kftânja/tr aBdèata^ *^-

Aria lia arâca t

Paçyâmt dévâns tava, déva, déhé

sarvâns, talâ hùlaviçésasaygân ; Brahmànam tçam kama/âsanastam,

J^àtriç éa sarvân, uragânç ca divyàn. *5-

AnêkabâJiâdaravaktranêtram

paçyâmt twàm sarvatô 'nantarûpam ; Na aniam, na madyam, na punas tava àdim

paçyâmi, viçwéçwara, viçwarôpa. *fi-

Kirttinam, gadinam, cakrinam éa,

téjôràçim, sarvatô diptimantam, Paçyâmi twâm durnirixyam, samantâd

dtptânalârkadyutim, apramêyam. *7.

de mille soleils, elle serait comparable à la splendeur de ce Dieu magnanime.

Là donc, dans le corps du Dieu des dieux, le fils de Pàndu vit TUnivers entier et unique dans sa multiplicité.

Alors, plein de stupeur, les cheveux hérissés, le héros baissa la tête, et joignant les mains en haut parla ainsi à la Divinité :

Arjnaa.

0 Dieu, je vois en ton corps tous les dieux et les troupes des êtres vivants; et le Seigneur Brahmâ assis sur le lotus ; et tous les Rishis et les célestes serpents.

Je te vois avec des bras, des poitrines, des visages et des yeux sans nombre, avec une forme absolument infinie. Sans fin, sans milieu, sans commencement, j^insi je te vois. Seigneur universel, forme universelle.

Tu portes la tiare, la massue et le disque, montagne de lumière de tous côtés resplendissante ; je puis à peine te regarder tout entier : car tu brilles comme le feu et comme le soleil dans ton immensité.

— IW — Tumm axaram, paramam véditavyam ;

twam asya viçwoàya param rudanam:

Tvotmt avyayaH çâçwataékmnagôpté,

sanâtanas twampuruiô matô mé.

Anédimaây&ntam, anantaviryam

anantavâhum, çaçùûryanéiram, Paçyâmi twàm diptahutàçmakiram,

swatéjasà viçivam idatn tapantam. * *

Dyàoàpftivyôr idam antaram ht

vydptam twayâ ékéna diçaçéa sarvdH.

Dfipwâ adSutam râpam ugram tava idam.

lôkatrayam pravyalUam, mahâtman. ^*

Ami hi twàm surasafgà viçanti,

kééid SitÛH prânjalayô grnanti.

« Sw asti, » ity uktwâ Maharéisiddasa^gàs

stuvanti twâm stutiSin puikalâSîH. ^^ '

Rudrâdifyà, Vasavê, yê éa Sàdyâ,

Viçtvé, 'çiviruD, Marutaç éa, Uèmapâç éa,

Ganâarva-yaxa'a^ura-'Sidâasafgâ vixanté twâm, vismildç éa éva sarvé. ^*

Tu es rindivisihlc, le suprômc Intelligible. Tu es le trésor souverain de cet Univerâ ; tu es impérissable ; c'est toi qui maintiens la Loi immuable ; je vois que tu es le principe masculin éternel.

Sans commencement, sans milieu, sans fin; doué d'une puissance infinie; tes bras n^onl pas de limite^ tes regards sont comme la Lune et le Soleil ; ta bouche a la splendeur du feu sacré.

Par ta chaleur tu échauffes cet Univers. Car tu remplis à toi seul tout Tespace entre le ciel et la terre et tu touches à toutes les régions ; à la vue de ta forme surnaturelle eit terrible, les trois mondes, ô Dieu magnanime, sont ébranlés :

Voici les troupes des êtres divins qui vont vers toi ; quelques-uns joignent de crainte leurs mains en haut et prient à voix basse. € Sw asti » répètent les assemblées des Maharshis et des Saints, et ils te célèbrent dans de sublimes cantiques.

Les Rudras, les Adityas, les Yasus et les Sftdyas, les Viçwas, les deux Âçwins, les Maruts et les Ushmapas, les troupes des Gandharvas, des Yaxas, des Âsuras et des Siddhas, te contemplent et demeurent tout confondus.

TOMR II. 11

— ica —

Rùpam mahat tê bahuvaktranélram,

mahâvâhô, bahtivâhûnq)âdam, Bahûdaram, ba/mdaûéfrâkarâlam

dfitwâ lôkâH pravt/atitâs ; tatâ akam. ^

NaSaHspfçam, diptam, anêkavarnmn

vyâtlânanam, dtptaviçàlanétram, Dfétwà ht twàm pravy alita antaréUmà ;

(ïftim na vindâmi çamam ca, Viènô. ^^

Danétrâkarâldfii ca té muKdni

dfétwd éva kdldnalasanntBàni, Diçô riajdné, m laSé éa çarma ;

prastda, Dévéçaf Jagannivàsa. *'•

Ami cà twàm DftarâitrasyapxitrûM

sanêsaha éva avanipâlasafff^H Rthnô, DrônaH, Sûtaputras tatà asso,

sakaasmadfyœr api yôâamuKym, ^'

Vaktrâni té twaraménà viçanti,

danitrûkaràldm, Bayâna]câni; Kécid nihgnà daçandntaréétt

sandfçyanté cûrniim uttamâyg^^H, Yatà nâdinàm bahavô 'màuvégân

satiwdram éva aSimuKd dravanti, Tatd tava arpi naralôkavirâ

viçanti vaktrdny aUivijwalanti. ^*

Ta grande forme, oit sont tant de bouches et d'yeux, de bras, de jambes et de pieds, tant de poitrines et de dents redoutables : les mondes en la voyant sont épouvanté^ ; moi aussi.

Car en te voyant toucher la nue, et resplendir de mille couleurs ; en voyant ta bouChè ôitvtVte et tes grands yeux étiûoelants , mon àme est ébranlée, je ne puis retrouver mon assiette ni mon calme» ô Yishnu.

Quand j'aperçois ta face armée de dents menaçantes et pareille au feu qui doit embraser le monde, je ne vois plus rien autour de moi et ma joie est partie. Sois-moi propice, maître des dieux, demeure du monde.

Tous ces fils de Dhritaràsfatra avec Jcs^ troupes des maîtres de. la terrd, Bhishmai IkAna» et ce fils du Cocher avec les chefs d6 nos soliltts.

Courent se précipiter dans ta bouche formidable. Quelques-uns, la tète brisée, demeurent suspendus entre tes dents.

Comme dès torrents sans tiombre qui Courent droit à rOcéan, ces héros sont emportés vers ton visage flamboyant.

X^&pradtptamjwalanam pataugé

viçanti nàçàya samfdâavêgAa, Talâêva ndçâya viçanti lôkâs

tava api vakirâni samfddavégâH. *^-

Lé/i/iyasé grasamânan samantdl

fâkdn samagrébi vadanmr iuxiladCiH ; T^Sir àpùryajagai samagram

Basas tava ugrdHprat(g[Mi$Ui, Yisnô. 3o.

AKyâ/iimé ko Savân vgrarùpô.

Namô ^stu té, Dêvavara ; prastda ; Vijnâtfim iccdmi Bavantam ddyam ;

ha hiprajânâmi tava pravfttim. 5i .

Kâiô \wM lôkaxayakff, praijdâô,

lôkAn samàhartimi iha pravpttah' :

l^té *pi ticàm na Baviiyanti sarvi

yê *vaslitâH pmtyantkéiu yôââH. ^

Tasmât twam yttiita, yaçâ UBaswa ;

jitwà fêttùn Btêfxwa r^yam samfdâam ; Maya éoa été nihatâiî pûroam éva ;

nimittamAiram Bava, sai^yasâcin. ^•

Drônam éa, RSimam éa, Jayadralam éa

Karr.am talA. anyén apiyôâavtrân Maya hai&As twam ftAi: ma vydtiifâ ;

yuâya$tra ; jétÀsi rnné sapatnébi. Si.

Comme vers une flamme allumée rînsecle vole à la mort avec une vitesse croissante : ainsi les vivants courent vite se perdre dans ta bouche.

De toutes parts ta langue se repait de* générations entières et ton gosier embrasé les englouliU Tu remplis tout le monde de ta lumière, 0 Yisbnu, et tu réchauffes de tes rayons.

Raconte- moi qui tu es» Dieu redoutable. Louange à toi, Dieu suprême. Sois propice. Je désire te connaître, essence primitive ; car je ne prévois pas la marche de ton action.

Je suis le Temps destructeur du monde ; vieux, je suis venu ici pour détruire des générations. Excepté toi, il ne restera pas un seul des soldats que renferment ces deux armées.

Ainsi donc, lève-toi, cherche la gloire ; triom-^ phe des ennemis et acquiers un vaste empire, J^ai déjà assuré leur perte : sois-en seulement Tins-* tmment ;

J'ai ôté la vie à Drôna, Bbishma, JayadraUia, Karna, et à d'autres guerriers : tue-les donc; ne te trouble pas ; combats et tu vaincras tes rivaux.

Êlaé crutwâ vacmtam Kéçavasya

kftâfijatir, vépamânan ktrttt, Nœïïiaskftwâ 5ûya êva àha Kfinam

saffadffaefam, SttaSUan, pranamya : ^B-

Sïâné, Hjrètkêça» tava praktrtyâ

^agat prahfiyaty anuraiyaté ça.

JRaxânst BUâni diçô dravanti

sarvê ; namasyanii ca SiddasafgdH. ^ -

Kasmâc éa têna namêran, mahétmani

gartyasé Brahmanô '^py âdikartré ?

Ananta, Dévéça,jfagarmkdsa»

twam axaram sad^sat tat param yaf. ^7. l\vam ddidétxiii, puruêaHpnrânaH,

twam asya viçwasya param niâdnam ; Vêtld asî,védyam éa, parant éa dama ;

twayà tatam viçwam, ananiarûpa. W-

Yâyiir, Yamâ, 'gnir, Vamnan, Çaçâfkan,

Prafâpatîs twam, prapttâmakaç éa.

Haivfaja.

Quand il eut entendu ces paroles du Dieu chevelu , le guerrier qui porte la tiare joignit les mains, et en tremblant, adora; puis, rempli de terreur il s'incline et dit en balbutiant à Krishna :

Arjan».

Oui ! à ton nom, ô Dieu chevelu, le monde se réjouit et suit ta Loi, les Raxas effrayés fuient de toute part, les troupes des Siddhas sont en adoration.

Et pourquoi donc, ô magnanime, ne Tadorerait-on pas, toi plus vénérable que Brahma, toi le premier Créateur, rinfmi, le Seigneur des dieux, la demeure du monde, la source indivisible de l'être et du non être î

Tu es la divinité première, Tantique principe masculin, le trésor souverain de cet Univers. Tn es le Savant et l'Objet de la science, et la demeure suprême. Par toi s'est déployé cet Univers, ô toi dont la forme est infinie.

Tu es Yàyus, Yama, ^ni, Varuna, et la Lune, et le Prajàpati et le grand Aïeul. Gloire, gloire à

Namô, namas té 'stu sahasrahftwaa»

punaç ça Sûyâ 'pinamô namas té!

^amaHpnrastdd, atapfitatas té,

namô '$tu té sarvata éva, sarva î Anantavlrya-^mitamhramas twam

sarvam samâpnôiii tatô 'sisarvan.

a SaKa » itimatwA^prasàSam yad uictam, « Aé, Kfina ; hé, Tâdava ; hé saUa » Ut

Ajânatâ mahtmânam tava imam maya pramâdât pranayéna va api, **

Yac ca avahûfiâ/lam asatkftô 'si

vihâra-^ayya'dsana" Sô/anéèu, Èkô "la va, apy acyuia tat samazam ;

tat xàmayé twdm ahamapraméyam.

Pitâ asi lôkasya éara^aéarasya^ twam asyapûjlyaç ca yurôrgariyén ;

Nu twat samô 'sty ; aByadikaH kutô 'nyô iôkatrayé 'py, apratimapraBdva ?

Tasmât pranamya, praniââya kâyam prasàdayé tivàm aham içam Myam t

PitA ivaputrasya, sak'â iva saMyuH, priyaapriyâya, arhasi, déva, sôâum.

toi mille fois! et de rechef encore gloire, gloire à loi!

Gloire en ta présence et derrière toi, en tous lieux, ô Universel! Doué d^nne force infinie, d'une puissance infinie, tu embrasses TUnivers, et ainsi tu es universel.

Si, te croyant mon ami, je f ai appelé vivement en ces termes : «Viens, Krishna; ici, fils de Yadu; allons, mon ami ; » si j^ai méconnu ta majesté, soit par ma témérité, soit par mon zèle ;

Si je t^ai offensé au jeu, ou à la promenade, ou couché, ou assis, ou à table, soit seul, soit devant ces guerriers : Dieu auguste et infini, pardonnele moi.

Tu es le père des choses mobiles et immobiles; tu es plus vénérable qu*un maître spirituel. Nul n'est égal à toi ; qui donc, dans les trois mondes, pourrait te surpasser, ô toi dont la majesté n'a point de bornes ?

Cest pourquoi, m'inclinant et me prosternant, j'implore ta grâce, Seigneur digne de louanges : ' sois-moi propice, comme un père Test à son fils, un ami à son ami> uq bîen-aimé à. sa bien- aimée.

Adpiapûnam hfèitô 'smidptwâ,

Bayêna ca pravyaïitam manô mé ; Tad êva mé darçaya, diva, rûpam ;

prastda, dévéça, jagœmivâsa. ^ •

KirUinam, gadinam, éakrahastam iécâmi iwâm draitum aham iatâ êva :

Téna êva rûpéna éaturSuJéna, sahasravàhô» Bava, vtçwamûrtê. ^•

Maya pj'osannêna tava, Arjwia, idam rûpam param darçitam âimayôgât,

Têjômayam, vîçwam, ananiaîn, âdyam, yan mé twad anyêna na dfètapùrvam.

Na Yêda^yajna-adyayanBdr» na ddnœr,

na ca knyûBir, na tapôBir tigrœn, ÈvamrûpaH çakya aham nflôké

draètum twad anyéna^ Kunipravira. ^

Ma té vyatâ, md ca vimSufaJBàvô dfitivâ rûpam gôram idfj marna idam ;

Vyapéta6iii,prttamanâH punas iwam tad êva mé rûpam idamprapacya. ^

Depuis que j'ai vu la merveille que nul n'avait pu voir, la joie remplît mon cœur, mais la crainte Tagite. Montre^moi ta première forme, 6 Dieu l Sois-moi propice. Seigneur des dieux, demeure du monde :

Je voudrais te revoir avec la tiare, la massue et le disque ; reprendsr ta figure à quatre bras, ô toi qui a des bras et des formes sains nombre. *

Êjm Blenhenrenx.

C'est par ma grâce, Arjuna, et par la force de mon Union mystique que tu as vu ma forme suprême, resplendissante, universelle, infinie/ primordiale, que nul autre avant toi n'avait vue.

Ni le Vêda, ni le Sacrifice, ni la Lecture, ni les libéralités, ni les cérémonies, ni les rudes pénitences, ne sauraient me rendre visible à quelque autre sur terre qtt'à toi seul, fils de Kuru.

N'aie ni peur, ni trouble, pour avoir vu ma forme épouvantable : libre de crainte, la joie dans le cœur, tu vas revoir ma première figure.

liy Arjunam Vâsudévas tdtâ uktwâ, swakam rûpam darçayâmâsa Bûyaa»

XçwAsayômàsa ca Gilam ênam

Sûtwâ punaH samiyavapur mahatma. *^-

Dfitwà idam mAnuèam rûpam

tava ssnnyam, Jandrdana,

Iddntm' asmi samvfttaH

sacêtân prakfiim gataa. *• •

ÇrIbmiraTftn nTftcs s

Sudurdarçam idam rûpam

dfstavân asiyan marna, Dévâ apy asya rûpasya

nityam darçanakdfiinaH. ■*•

Na aham Védser, na tapasà,

- na ddnéna, na ca ijyayà, Çakya évamvtdô draètum,

dfètaoân asi mânz yafd. «3-

Faktyà iw ananyayâ çakya

aham êvamvidô, 'rjuna,

Jnâtum draètum ca tattwêna,

pravêstum éa, parantapa. 5*-

nmiâmjWL.

A ces mots, le magnanime Vàsudèva fît voir à Arjuna son autre forme et calma sa terreur en se montrant de nouveau avec un visage serein.

ArJanA.

Maintenant que je vois ta forme humaine et placide, ô guerrier, je redeviens mattre de ma pensée et je rentre dans Tordre naturel.

IjC BlenliettreilX.

Cette forme si difficile à apercevoir et que tu viens de contempler, les dieux mêmes désirent sans cesse la voir.

Mais ni les Védas, ni les austérités, ni les lar-* gesses, ni le %icrifîce, ne peuvent me faire apparaître tel que tu m'as vu.

C'est par une adoration exclusive, Arjuna, que J'on peut me connaître sous celle forme, et me voir dans ma réalité, et pénétrer en moi.

Matkarmakfn^ matparamô,

madBakian saygavarjitm,

NtrvœraH sarvaBûiêèu

y an, S9> mâm êti, PAndava. . '5.

/// ÇrlBagavadgitéLH*...» Viçwarûpadarçanam nâma, ékadaçô 'dyâyan.

Èvam satatayuktâ yé

Saktâs twâm paryupâmtê^ Yé ca apy aiaram avyaktani,

têéâm kê yôgavittamân ?

Mayy âvêçya mono yé mâm

nityayuktà upàsatê Çrâdâayà parayd upétds,

té mé yuktatamâ matân* Yé tw axaram anirdêçyatn

avyaktam pdryupâsaté SurvcUragam, acùityatii caj

kûtasïam, acalam, djmvam, Sanniyamya indriyagrâmam,

sarvatra samabudâayaH,

Celui qui fait tout en vue de moi, qui m'adore par dessus toutes choses, et qui n\'i point de concupiscence, ni de haine pour aucun être vivant; celui-là vient à moi, fils de Pàndu.

YOGA DE L'ADORATION.

Des fidèles qui toujours en état d'Union te servent sans cesse, et de ceux qui s'attachent à llndivisible qui ne se peut voir, lesquels connaissent le mieux l'Union mystique?

liO Bleaheiir««x.

Ceux qui, reposant en moi leur esprit, me servent sans cesse pleins d'une foi excellente, soiit ceux qui à mes yeux pratiquent le mieux la sainte Union.

'Mais ceux qui cherchent l'Indivisible que l'on ne peut voir ni sentir, présent partout, incompréhensible, sublime, immuable, invariable.

Et qui, soumettant tous leurs sens, tiennent

Te pràpnuvanti mâni êva

sarvaBùtakùé raidn, ^•

K/êçô 'O/kataras têidm

avyaktâsaktacétasAm ;

Avyaktà hi gatir dunUam

déhavadSir avàpyaté. '-.

Yé tu sarvâni karmâni

mayisannyasya, matparâa Ànanyéna êva yôgina

mâm âyâyanta upàsaii, ®

Tésâm aham samudâartà

mpymansàrasâgar&t B'avâmi naétrAt, Pâtia,

mayy âoéçitaéétasàm* 7.

Mayy êva mana Adatswa,

mayi buddim nivéçaya ; Nivasiiyasi mayy Sva

4Ua ûrddwam ; na sançaya. ^•

Ala éittam samâââium

na çahiôèi mayi sliram ; ASyAsayôgéna tatô

mâm icca dptum, âananjaya. 9-

ASyàsé *py asamaM 'si;

matkarmaparamô Hava :

Madarlam api karmâni

kurvan, sidéUm avàfisyasi. io.

leur pensée en équilibre et se réjouissent du bien de tous les vivants : ceux-là aussi m^atteignent.

Mais quand leur esprit poursuit Tinvisible, leur peine est plus grande ; car difficilement les choses corporelles permettent de saisir la marche de rinvisible.

Ceux au contraire qui ont accompli en moi le renoncement des œuvres, ceux dont je suis Tunique objet et qui par une Union exclusive me contemplent et me servent :

Je les soustrais bientôt à cette mer des alternatives de la mort, parce que leur pensée est avec moi.

Livre-moi donc ton esprit, repose en moi ta raison, et bientôt après, sans aucun doute, tu habiteras en moi.

Si tu n'es point en état de reposer fermement en moi ta pensée, efforce-toi, homme généreux, de m'atteindre par une Union de persévérance.

Que si tu n'es pas capable de persévérance,

agis toujours à mon intention : en ne faisant rien

qui ne me soit agréable, tu arriveras à la p^fec-

tion.

ToaiB II. 12

Ala êtad âpy açaktô *si

kartum ; madyôgam âçn'taH Sarvakarmap'alatyâgam

ta tan kuru yatâtmavân . * * •

Çréyô hijnânam aSyâsâj,

jnânâd dyânam viçikyatê, Dyânàt karmap'alatyàgas ;

tyàgâé càntir anantaram. **•

Adwêétâ sarvàBûtànâm,

maetran, karuna éva ca, Nirmamô, nirahaykâraa,

samaduHk'asuk'aH, xamt, *3.

SantuétaH, satatam yôyl,

yatâimd, dfdamçcayaH, Mayy arpitamanôbuddîr,

y 6 madSaktaH, sa mêpriyaH. *^- Yasmân na udvijaté lôkô,

lôkân na udvijaté éa yan, HarédmarèaSayôdvégœr

muktô yaa, sa éa mé priyaH. *«•

AnapéxaH, çuctr, daxa,

uddsinô, gatavyaîoH, SarvâramBaparityâgi,

yô mad-^aktan, sa mêpriyaH* ^c.

Hais cela même est au-dessus de les forcer t tourne-toi vers la sainte Union ; fais un acte de renoncement au fruit des œuvres, et soumets-toi toi-même.

Car la science vaut mieux que là persévérance ; la contemplation vaut mieux que la science ; le renoncement vaut mieux que la contemplation ; et tout près du renoncement est la béatitude.

L'homme sans haine pour aucun des vivants, bon et miséricordieux, sans égoîâme, sans amour propre, égal au plaisir et à la peine, patient.

Joyeux, toujours en état d'Union, maître de soi-même, ferme dans le bon propos, Tesprit et la raison attachés sur moi, mon serviteur : cet homme m'est cher.

Celui qui ne trouble pas le monde et que le monde ne trouble pas, qui est exempt des transports de la joie et de la colère, de la crainte et des terreurs : celui-là aussi m'est cher.

L'homme sans arrière-pensée, pur, adroit, indifTérent, exempt de trouble, détaché de tout ce qu'il entreprend, mon serviteur : est un homme qui m'est cher.

Yd na hfiyati, na dwéèti,

na çôéati, na kâfxati, ÇudàçuBaparityàgi,

Baktimdn yan, sa mê prit/an. ^^

SamaH çatrao ca mitre ca,

tatà mànàpamànayôH, Çitôènasuk'aduHKéèu

samaH, saygavivarjîtaa, Tulyanindâstuttr, msonî,

santuètô yéna hénacit, AntkétaH, stiramatir,

Saktùndn, mêpriyô naran. ^^•

Yé tu darmyûmftam idam

yaîâ uktamparyupâsatê, Çraddadânà, mat-paramd,

Bakids té 'tiva mépriyâH. *^-

Iti ÇrtSagavadgttâH Baktiyôgô

nâma, dwadaçô 'âydyan.

Çrlbai^aTân, uiràca t

Idam çartram, Ksontêya,

xêtram ity aSidiyatê.

Ètad y 6 vêttt, tam prdhuH

xêtrajnam iti tad vidoH.

Celui qui ne s^abandonne ni à la joie, ni à la haine, ni à la tristesse, ni aux regrets, et qui pour me servir n'a plus souci du bon ou du mauvais succès : celui-là m'est cher.

L'homme égal envers ses ennemis et ses amis, égal aux honneurs et à l'opprobre, égal au froid, au chaud, au plaisir, à la douleur, exempt de désir.

Égal au blâme et à la louange, silencieux, toujours satisfait, sans domicile, ferme en sa pensée» mon serviteur : est un homme qui m'est cher.

Mais ceux qui s'asseoient, comme je l'ai dit, au saint banquet d'immortalité, pleins de foi et m'ayant pour unique objet : voilà mes plus chers serviteurs.

YOGA DE LA DISTINCTION DE LA MATIÈRE ET DE L'IDÉE. lie lllenileareax.

Fils de Kunti, ce corps est appelé Matière, et le sujet qui connaît est appelé par les savants Idée de la matière.

Xétrajnam ca apimâm vidât

sarvaiétrééu, B'ârata.

Xétraxétrajnayôr jnànam

yat, taj jnànam matam marna. *• Tat xétram yac ca, yàdfk ca,

y ad vtkârt, yataç ca yai, Sa ca yô, yat praSâvaç ca,

tat samâsêna mi çfnu. 3.

^hWir bahudâgîtam

candôSir viviâœHpftafc Brahmasûirapadœç ca éva,

hêtumadSir, viniçcitadH. ^•

MahâSûtdny, ahafkârô,

buddir, avyaktam éva ca, Indriydni daça êkam ca

panca ca îndriyaff6carâh\ 5.

Iccd, dwéèaH, suk'am, dii^Uam,

saygâtaç, cétanâ, âftin ; État xétram samâsêna

savikâram ndâhftam. 6.

Amânitwam, adamSitwam,

ahinsâ, iântir, drjavam, Âcâryôpdsanatn, çsocam,

slœryam, âtmavinigrahaa, 7.

ItidriyArUiu vuerâgyam,

anahaykâra éva ca^

Sache donc, fils de Bhârata, que dans tous les êtres matériels je suis l'Idée de la matière. La science qui embrasse la Matière et son Idée est à mes yeux la vraie science.

Apprends donc en résumé la nature de la Matière, ses qualités, ses modifications, son origine, ainsi que la nature de TEsprit et ses facultés.

Ces sujets ont été bien des fois et séparément chantés par les Sages dans des rhythmes variés, et dans les vers des Sûtras brahmaniques qui traitent et raisonnent des causes.

Les grands principes des êtres, le moi, la raison, Tabstrait, les onze organes des sens et les cinq ordres de perceptions ;

Puis le désir, la haine, le plaisir, la douleur, rimagination, l'entendement, la suite des idées : voilà en résumé ce que Ton nomme la matière, avec ses modifications.

La modestie, la sincérité, la mansuétude, la patience, la droiture, le respect du précepteur, la pureté, la constance, l'empire sur soi-même,

L'indilTérence pour les choses sensibles, l'absence d'égoïsme, le compte fait de la naissance.

Jatmia-mftyii-jarâ'VyMi-

duHk'a-dôèânudarçanam, «•

Asaktir, anaBiiwafffaH

putradâragfhâdiéu, JVityatn éa samaéittatwam

istànistôpapattisu, o .

Mayi éa ananyayôgêna

Baktir avyaSicârmt, Viviktadéçusêvitwam,

aratir janasansadi, *o .

Adyàtmajnànanityatwam^

tattwajnânàrtadarçanam ; Êtaj jnânam itiprôktam ;

ajnânam y ad atô 'nyatd. * ' -

Jnéyamyat, tat pravaxyâmi ;

yajjnàtwà amftam açnutê.

Anddimat, param Brahma,

na sat tan, na asad uéyatê ; iï.

SarvataH pânipâdam tat,

sarvatô 'xiçirômuUam, SarvataH çrutimal, lôkê

sawam âvpya tislati; *3-

SarvêndriyayundSâsam,

sarvêndriyavivarjitam ;

de la mort, de la vieillesse, de la maladie, de la douleur, du péché ;

Le désintéressement, le détachement à l'égard des enfants, de la femme, de la maison et des autres objets ; la perpétuelle égalité de Fâme dans les événements désirés ou redoutés ;

Un culte constant et fidèle dans une union exclusive avec moi ; la retraite en un lieu écarté ; Téloignement des joies du monde ;

La perpétuelle contemplation de TÂme suprême ; la vue de ce que produit la connaissance de la vérité : voilà ce qu'on nomme la science ; le contraire est l'ignorance.

Je vais donc te dire ce qu'il faut savoir, ce qui est pour l'homme l'aliment d'immortalité. Dieu, sans commencement et suprême, ne peut être appelé un être ni un non-être ;

Doué en tous lieux de mains et de pieds, d'yeux et d'oreilles, de tètes et de visages, il réside dans le monde, qu'il embrasse tout entier.

Il illumine toutes les facultés sensitives, sans avoir lui-même aucun sens ; détaché de tout, il

Asakiam, sarvaSfc éa éva,

nirffunam, ffunaSôkif éa ; * *•

Vahi'r aniaç éa Bûiânâm,

acaram caram éva éa ; Sûxmatwàt tad avijnéyam,

dûrastam éa antiké éa tat ; *^-

AviSaktam éa Bûtéèu,

viSakiam éva éa sîitam ; RûtaBartf éa tajjnéyatfi,

grasisnu praSaviènu éa. **•

Jyôiiààm api tajjyôtis

iamasaa param uéyaté, Jnânam, jnéyatn, jvânaffamyam,

hfdi sarvasya dislitam . * 7-

Jtixéiram, iaîâjndnam,

jnéyam éa uktam samàsataa.

Mad'Sakta étad vijnâya

mad-Mvâya upapadyatê. *^

Prakftimpurusam éa éva

vidây anddi uBâw api; Vikârânç éa gunânç éa éva

vidai prakftisamSavâfu *»■

Kâyakâranakarlrtwé

hétuH prakrtir uéyatè ; PwuèaH suUadunUânâm

Sakiftwé hêtur uéyaté.

PundaH prakfiiM hi

Bufktéprakflijân gundn ;

est le soutien de tout ; sans modes, il perçoit tous les modes ;

Intérieur et extérieur aux êtres vivants ; également immobile et en mouvement, indiscernable par sa subtilité et de loin et de près ;

Sans être partagé entre les êtres, il est répandu en eux tous ; soutien des êtres, il les absorbe et les émet tour à tour.

Lumière des corps lumineux, il est par delà les ténèbres. Science, objet de la science, but de la science, il est au fond de tous les cœurs.

Tels sont en abrégé la Matière, la Science, et rObjet de la science. Mon serviteur, qui sait discerner ces choses^ parvient jusqu'à mon essence.

Sache que la Nature et le principe Masculin sont exempts tous deux de commencement, et que les changements et les modes tirent leur origine de la nature.

La cause active contenue dans Tacte corporel, c'est la nature : le principe masculin est la cause qui perçoit le plaisir et la douleur.

En effet, en résidant dans la nature, ce principe perçoit les modes naturels ; et c'c$t par sa ten-

Kâranam ffunasafgô 'sya

sad-asad-yônijanmam. *' •

Upadraètâ, anumantâ ca,

Sartâ, Sôkid, mahêçwaraH, Paramàtmà iti ca apy vktô

déhê 'smin purusauparan. ^•

Ya évarn véttipuruéam

prakpim ca gxiiVBH saha, Sarvaïâ vartamânô 'pi,

na sa Sûyô 'Stjâi/aié. ^'

Dyânéna âtmani paçyanti

kêéid cUmânam âtmanâ ;

Anyê sâ/yKyêna yôgêna,

karmayôgêna ca aparê ; ^•

Anyê tw êvam ajânantan,

çrutwd anyéSya, upàsaté ; Té 'pi ca atitaranty êva

mftyum çrutipardyanâa. *^-

Yàoat sanjâyaié kinéit

sattwam stàvarajaygamam, XétraxêtrajnasamyôgAt

tad vidât, Baratarsada. *^-

Samam sarvêèu dûtéèu

tistantam paraméçwaram, Vinaçyatsw avinaçyantam

yanpaçyati, sapaçyati. ^"

dance vers ces modes qu'il s'engendre dans une matrice bonne ou mauvaise.

Spectateur et moniteur, soutenant et percevant toutes choses, souverain maître. Âme universelle qui réside en ce corps^ tel est le principe Masculin suprême.

Celui qui connaît ce principe et la Nature avec ses modes, en quelque condition qu'il se trouve, ne doit plus renaître.

Plusieurs contemplent l'Âme par eux-mêmes en eux-mêmes; d'autres par une union rationnelle ; d'autres par l'Union mystique des œuvres ;

D'autres enfin, qui l'ignoraient, apprennent d^auirui à la connaître et s'y appliquent : tous ces hommes, adonnés à la science divine, échappent également à la mortalité.

Quand s'engendre un être quelconque, mobile ou immobile, sache, fils de Bhârata, que cela se fait par l'union de la Matière et de l'Idée.

Celui-là voit juste qui voit ce principe "souverain uniformément répandu dans tous les vivants et ne périssant pas quand ils périssent ;

Samam pacyan hisawatra '

samavasîùam içwaram Na hinasty âtmanâtmànam,

tatô yâti parâtn gatim.

Prakfty éva tu karmâni

kriyamânâni sarvaçan Yapaçyati, tdtâ âtmânam

akartâram, sapaçyaii.

Yadâ BûtapftagBâvani

êkasîam anupaçyati, Tata éva ca vistâram,

Brahma sampadyaté tadâ. so.

Anàditwân, nirgunatwât,

paramâtmâ ayam avyayan, Çariraslô 'pi, Ks>niéya,

na karôti, na lipyatê. ^i .

Yatà sarvagatam ssoxmyâd

âkâçam na upalipyatê ; Sarvatra avastùô déhê

tatâ âtmâ na upalipyatê. 52.

Yalâ prakdçayaty êkan

kj'tsnam lôkam imam ravin; Xétram xétri tatâ kpsnam

prakâçayati, Fârata. ^ . 53,

Xêtraxétrajnayôr évam

antaram jnmaéaxuèà

En le voyant égal et également présent en tous lieux, il ne se fait aucun tort à lui-même et il entre, par après, dans la voie supérieure.

S'il voit que Faccomplissement des actes est entièrement Tœuvre de la Nature et que lui-même n'en est pas l'agent, il voit juste.

Quand il voit Tessence individuelle des êtres résidant dans Tunité et tirant de là son développement, il marche vers Dieu.

Comme elle est exempte de commencement et de modes, cette Ame suprême inaltérable, fils de Kunti, tout en résidant dans un corps, n'y agit pas, n'y est pas souillée.

Comme l'air répandu en tous lieux, qui, par sa subtilité, ne reçoit aucune souillure : ainsi l'Âme demeure partout sans tache dans son union avec le corps.

Comme le Soleil éclaire à lui seul tout ce monde : ainsi l'Idée illumine toute la Matière.

Ceux qui par Tœil de la science voient la diffé-

lyûtaprakftimôiam ca

yé vidur, yânti té param.

Iti ÇrtBagavadgîtâH...., iétraxêtrajnavvdàgayôgô nâma, trayôdaçô 'âyàyan.

nxv.

Param Myan pravaxyâmi

jnânânâm jndnam uttamam, Yajjnâtwâ munayaH sarvé

paràm sidâim itô gatân.

Jdamjnânam upâçritya,

marna ^âdarmyam âgatân, Sargé 'pi na upajâyantê,

pralayê na vyatanti ca.

Marna yônir mahad Brahma ;

tasmin garBam dadâmy aham ; SamCavan sarvàSûtânâm

tatô Savati, B*ârata.

Sarvayônisu, Ksontêya,

mûrtayaa samBavanit yân, Tdsàm Brahma mahad yônir,

aham vljapradan pitâ.

Sattwam, rajas, tama : iti

gunân prakrtisamSavâH

rencc de la Matière et de son Idée, et la délivrance des liens de la nature, ceux-là vont en haut.

YOGA DE LA DISTINCTION DES TROIS QUALITÉS. I«e Bienhewrevz.

Je vais dire la science sublime, la première des sciences, dont la possession a fait passer tous les Solitaires d'ici-bas à la béatitude ;

Pénétrés de cette science, et parvenus à ma condition, ils ne renaissent plus au jour de la création, et la dissolution des choses ne les atteint pas.

J'ai pour matrice la Divinité suprême ; c'est là que je dépose un germe qui est, ô Bhârata, l'origine de tous les vivants.

Des corps qui prennent naissance dans toutes les matrices, Brahme est la matrice immense ; et je suis le père qui fournit la semence.

Vérité, instinct, obscurité, tels sont les modes

Page 1