‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 4)Chapitre 71 sur 98 · YOGA DE LA MARCHE VERS LE PRINQPE MASCULIN SUPRÊME · texte numérisé non relu

YOGA DE LA MARCHE VERS LE PRINQPE MASCULIN SUPRÊME

Mte Blenhenreiix.

Il est un figuier perpétuel, un açwattha, qui pousse en haut ses racines, en bas ses rameaux, et dont les feuilles sont des poèmes : celui qui le connaît, connaît le Yéda.

11 a des branches qui s'étendent en haut et en bas, ayant pour rameaux les qualités, pour bourgeons les objets sensibles ; il a aussi des racines

Adaç ca mûldny anusamtatàni

karmânubanâîni manuiyalôké. ^•

Na rûpam asya iha tatà upalaSyam,

na antô, na ca âdir, na ca sampratislà. Açwatlam énam suvirûdamûlatn

asafgaçastréna dfdéna cittwà, ^•

TataHpadam tat parimârgitavyam

yasmin gatâ na nivartanti Bâyan.

Tarn éva ca âdyampuruèamprapadyé,

yatan pravfttia prasftâ purâni.

Nùmânamôhâ, jitasaygadôsâ

adyàtmànityà, vinivfttakâmdH, Dwandwœr vimuktàH suk'aduHk'asanjnœr,

gaccanty amûââa padam avyayam tat.

Na tad Sâsayaté sûryô,

na çâçàykô, na pâvakoH, Yadgatwâ na nivartanté ;

tad dama paramam marna.

Mama éva ançôjivalôké,

jtva6ûtaH, sanàtanaa, ManaH èaèlâni indriyâni

prakftùïâni karsati,

Çatiram yad avâpnôti,

yac ca apy utkrâmati (çworan

qui s'allongent vers le bas et qui, dans ce monde, enchaînent les humains par le lien des œuvres.

Ici-bas on ne saisit bien ni sa forme, ni sa fin, ni son commencement, ni sa place. Quand avec le glaive solide de Findifférëtice Thomme a coupé ce figuier aux fortes racines,

Il faut dès lors qu'il cherche le lieu où Ton va pour ne plus revenir. Or c'est moi qui le conduis à ce principe masculin primordial d'où est issue l'antique émanation du monde.

Quand il a vaincu l'orgueil, l'erreur et le vice de la concupiscence, fixé sa pensée sur l'Âme suprême, éloigné les désirs, mis fin au combat spirituel du plaisir et de la douleur : il marche sans s'égarer vers la demeure éternelle.

Ce lieu d'où l'on ne revient pas ne reçoit sa lumière ni du Soleil, ni de la Lune, ni du Feu : c'est là mon séjour suprême.

Dans ce monde de la vie, une portion de moi* même, qui anime les vivants et qui est immortelle, attire à soi l'esprit et les six sens qui résident dans la nature :

Quand ce maître souverain prend un corps ou

Gfhitwâ êtâni samyâti,

vàyur gandân iva àçayât. »•

Çrôtram, çaxuH, sparçanam ca,

rasanam, grdnam éva ca,

Adistâya manaç ca ayam,

vièayân upasévaiê. ••

Utkrâmantam, stitam va api,

Sufijânam vàgunânwitam

Vimùdâ na anupaçyanti,

paçyanti jndnacaxuèoH ; *®-

Yatantô yôginaç ca énam

paçyanty âtmany avasïitam ; Yatantô 'py akftâtmânô

na énam pdçyanty acêtasan ; * * •

Yad âdityagatam têjô

jagad Bâsayatê 'kilam, Yac candramasi, yac ca agnto,

tat têjô vidât mâmakam. *2-

Gâm âvîçya ca, Bùtâni

âàrayâmy aham ôjasâ, Puènâmi ca ôèadia sarvâa,

sômô Sûiwâ rasàtmakam. *5,

Aham vaeçwânarô Sûtwâ,

prântnâm dêham âçritan,

PrdnâpânasamâynktaH

pacâmy annam caturvidam.

— 205 ~ Tabandonnc, il les a toujours avec lui dans sa marche, pareil au vent qui se charge des odeurs.

S'emparant de Touie, de la vue, du toucher, du goût, de l'odorat et du sens intérieur, il entre en commerce avec les choses sensibles.

A son départ, pendant son séjour et dans son exercice même, les esprits troublés ne l'aperçoivent pas sous les qualités ; mais les hommes instruits le voient ;

Ceux qui s'exercent dans l'Union mystique le voient aussi en eux-mêmes ; mais ceux qui, même en s'exerçant, ne se sont pas encore amendés, n'ont pas l'intelligence en état de le voir.

La splendeur qui du Soleil reluit sur tout le monde, celle qui reluit dans la Lune et dans le feu, sache que c'est ma splendeur.

Pénétrant la terre, je soutiens les vivants par ma puissance, je nourris toutes les herbes des champs et je deviens le sâma savoureux.

Sous la forme de la chaleur, je pénètre le corps des êtres qui respirent, et m'unissant au double mouvement de la respiration, j'assimile en eux les quatre sortes d'aliments.

Sarvasya éa aham hfdi sannivistô ;

mattan rniftir, jnànam apôhanam éa.

Vêdœç éa sarvaer aham éva vêdyô;

Vêdântakfd, vêdavid éva éa aham. *'•

Dwàw imdopuruido lôké,

xaraç éa axaras éva éa ; Xaraa sarvâni Mtâni;

kûtasîô 'xara uéyatè. *^-

Uttamaa purusas tw anyaa,

paramdtmâ ity udâhftaH, Y6 lôkatrayam àviçya

bibarty avyaya içwaraa. *^-

Yasmât xaram atitô 'ham,

axarâd api éa utlaman, Atô'smilôké Védééa

praïùaH puruèôttamaa. * ^ •

Yô mâm êvam asammûâô

Jânâti puruèôttamam Sa sarvavid Sajati mâm

sarvaSâvéna, B'ârata. *^-

Iti guhyatamam çâstram

idam uktam maya, anaga ; Ètad buddwâ buddimân syât

kftakftyaç éa, B^ârata. *^-

lit ÇrldagavadgitâH...., purukôtiamaprdptiyôgô nàma, panéadaçô 'dyàyaa.

Je réside en tous les cœurs : de moi procèdent la mémoire, la science et le raisonnement. Dans tous les Yèdas, c'est moi qu'il faut chercher à reconnaître ; car je suis Fauteur de la théologie et je suis le théologien.

Voici les deux principes masculins qui sont dans le monde : Tun est divisible, Fautre est indivisible ; le divisible est réparti entre tous les vivants ; Findivisible est appelé supérieur.

Mais il est un autre principe masculin primordial, souverain, indestructible, qui porte le nom d'Ame suprême, et qui pénètre dans les trois mondes et les soutient.

Et comme je surpasse le divisible et même Findivisible, c'est pour cela que dans le monde et dans le Yèda l'on m'appelle Principe masculin suprême.

Celui qui, sans se troubler, me reconnaît à ce nom, connaît l'ensemble des choses et m'honore par toute sa conduite.

O guerrier sans péché, je t'ai exposé la plus mystérieuse des doctrines. Celui qui la connaît doit être un sage et son œuvre doit être accomplie.

ÇrlbaipaYftii nvâca i

ABayam, saitwasançudâir

jnânayôgavyavaslitia, Dânam, damaç ca, yajnaç ca,

swââyâyas, tapa, drjavam, Ahinsâ, satyam, akrôdas,

tyâgaa, çântir, apaeçunam, Dayâ dûtêsw, alôlatwam,

mârdavam, hrlr, acdpalam, TéjfaH, xamâ, âftin, çsocam,

adrôhô na^timûnità, Favanti sampadam daevim

adîjâtasya, Eârata.

JDamSô, darpô 'Bimdnaç éa,

krôdan, pàmsyam éva éa, Ajnânam ca aSiJâtasya,

Pdrïa, sampadam àsurim.

Dœvt sampad vimôxàya,

nibanââya âsuri maté.

Ma çi4caH, sampadain dœvim -

aSijdiô 'si, Pândava.

xwi.

TOGÂ DE LA DISTINCTION DE LA CONDITION DIVINE ET DE LA CONDITION DÉMONIAQUE.

lie Blealievreiix*

La sincérité, la purification de Tàme, la persévérance dans rUnion mystique de la science, la libéralité, la tempérance, la piété, la méditation, Taustérité, la droiture,*

Uhumeur pacifique, la véracité, la douceur, le renoncement, le calme intérieur, la bienveillance, la pitié pour les êtres vivants, la paix du cœur, la mansuétude, la pudeur, la gravité,

La force, la patience, la fermeté, la pureté, Téloignement des offenses, la modestie : telles sont, ô Bhàrata, les vertus de celui qui est né dans une condition divine.

L'hypocrisie, Torgueil, la vanité, la colère, la dureté de langage, Tigùorance, tels sont, fils de Prithà, les signes de celui qui est né dans la condition des Asuras.

Un sort divin mène à la délivrance ; un sort d'Asura mène à la servitude. Ne pleure pas, fils de Pàndu, tu es d'une condition divine.

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