CM3IO
DuHk'am, ity éva yat karma
kâyakJéçaSaj/àt tyajét.
Sa kftwâ râjasam tyâgam
na éva tyâgap'alani laBêi. ^•
Kàryam, ity éva yat karma,
niyatam kriyatê, 'rjuna, Saygam tyakttvd ffalam ca éva,
sa tyàgoH sdttwikô maton. '•
Na dwéaty akuçalam karma,
kuçalé na anuiajjaié Tyâ^l saitwasamâviétô,
médâvt, cinnasançayaH. *o.
Na hi déhaS^tà çâkyam
tyaktum karmâny açésatan ; Yas tu karmap'alatyàgt,
sa tyàgi ity aBidiyaté. * t •
Aniétam, iétam, miçram ca,
trividam karmanaa j/alam Kamty atyàginùmpréiya,
na tu sannyàsinâm kwaéit. ^2.
Paliéa imdni, mahdvàhô,
kdranâni nibôda mé, SdjKyé kftdnté prôktâni,
sidâayé sarvakarmandm. <S-
Celui qui, redoutant une fatigue corporelle, renonce à un acte et dit : « Cela est pénible, » n'agit là que par instinct et ne recueille aucun fruit de son renoncement.
Tout acte nécessaire, Arjuna, s'accomplit en disant : <x II faut le faire, » et si Fauteur a supprimé le désir et abandonné le fruit de ses œuvres, c'est l'essence môme de l'abnégation. "
Un homme en qui est l'essence de l'abnéga* tion, un homme intelligent et à l'abri du doute, n'a ni éloignement pour un acte malheureux, ni attache pour une œuvre prospère.
Car il n'est pas possible que l'homme doué d'un corps, s'abstienne absolument de toute action : mais s'il s'est détaché du fruit de ses actes, dès lors il pratique l'abnégation.
Désirée, non désirée, mêlée de l'un et de l'autre, telle est après la mort la triple récompense de ceux qui n'ont point eu d'abnégation, mais non de ceux qui l'ont pratiquée.
Apprends de moi, ô guerrier, les cinq principes proclamés par la théorie démonstrative comme contenus dans tout acte complet.
Adiéïânam, taïd kartà,
karanam éapftag vidatn, Vwtâdç éapftak ces ta,
. dœvam ca éva atra pancamam . ^ ^• Çartra'Vâf-manôSîr yat
karma prâraSaté naroa, Nyàyyam vd, viparttam va,
panca été tasya héiavaa. *^-
Tatra évam sati, kartàram
àimànam kévalam tu yaa Paçyaty akftabudditwân,
na sa paçyati durmatia. * ^ •
Yasya na ahaykpô Mvô,
budâiryasya na lipyatê, Hatwâ api sa imânl lôkdn,
na hanti, na nibadyaté. ^^
Jiiànam, jnéyam, parijnàtà,
trividâ karmaèôdanà :
Karanam, karma, kartd, iti
trividan karmasaygrahaH. **•
Jndnam, karma ca, kartd ca,
tridd éva yunaSédataH Prôéyaté, gunasayUyâné
yaîdoac cpiu tdny api. *®-
SarvaSûtéhi yéna ékam
Bdvam avyayam ixaté, AviSaktam viBaktésu,
taj jndnam viddi sâttwikam ; 5».
Ce sont, d'une part, la puissance directrice, ]'agent et l'instrument ; de Tautre, les efforts divers, et en cinquième lieu, Tintervention divine.
Toute œutre juste ou injuste que Thomme accomplit en action, en parole ou en pensée, procède de ces cinq causes.
Cela étant, celui qui, par ignorance, se considère comme Tagent unique de ses actes, voit mal et ne comprend pas.
Celui qui n'a pas l'orgueil de soi-même, et dont la raison n'est point obscurcie, tout en tuant ces guerriers, n'est pas pour cela un meurtrier et n'est pas lié par le péché.
La science, son objet, son sujet, tel est le triple moteur de l'action ; l'organe, l'acte, l'agent, telle est sa triple compréhension.
La science, l'action et l'agent sont de trois sortes selon leurs qualités diverses. La théorie des qualités t'ayant été exposée, écoute ce qui s'ensuit:
Une science qui montre dans tous les êtres vivants l'être unique et inaltérable, et l'indivisible dans les êtres séparés, est une science de vérité.
— aa —
Pftaktwéna tu yajjnànam
nânâBâvân pflagviâdti Véitisarvééu Sûtéèu,
tajjnânam vidai râjasam ; 2'
Yat tu kftsnûvad ékasmin
hàryé saktam, ahsBtukam, Atattwâriavad, alpatn éa,
tat tdmasam udâhpam. ».
Niyatam, saygarahitam,
arâffadwééatas kftam, Ap'alaprêpsund karma
yat, tat sdttwikam ucyaté ; 23.
Yat tu kdmépsunâ karma
sâhafkârêna vâpunan Kriyaté bahulàyâsam,
tad râjasam udâhftam ; **•
Anubanâàm, xayam, hinsâm,
anavéxya capsoruiam, Môhdd àraSyaté karma,
tat tâmasam udâhftam. ^^-
Muktasafgô, 'na/iarrivâdi,
dfty-utsâhasamanwitaH, Siddy^asidâyôr nirvikâran,
kartâ sâttwika ucyaté ; 26.
iîd^, karmap'alaptÊpsur,
lubdô, hinsâtmakô, ^çucia.
Celle qui, dans les êtres divers, considère la nature individuelle de chacun d'eux, est une science instinctive.
Une science qui s'attache à un acte particulier comme s'il était tout à lui seul, science sans principes, étroite, peu conforme à la nature du vrai, est appelée science de ténèbres.
Un acte nécessaire, soustrait à l'instinct, et fait par un homme exempt de désir et de haine et qui n'aspire pas à la récompense, est un acte de vérité. Un acte accompli avec de grands efforts pour satisfaire un désir ou en vue de soi-même, est un acte de passion.
Un acte follement entrepris par un homme, sans égard pour les conséquences, le dommage ou l'offense, et pour ses forces personnelles, est un acte de ténèbres.
L'homme dépourvu de passion, d'égoîsme, doué de constance et de courage, que les succès ou les revers ne font point changer, est un agent de vérité.
L'homme passionné, aspirant au prix de ses œuvres, avide, prompt à nuire, impur, livré aux
Yatjâ tu daima-'kâmâAân
dpyâ Mrayaté, 'rjuna, Prasaygêna p'alâkâ/fH,
âfiÎH sa. Parla, râjasi ; ^^'
Yayà swapnam, Bayam, çôkam,
vièâdam, madam êva ca, Na vimuncati, durméâd,
âftiH sâ. Pâfla, tdmast. 35.
SuKam tw idéntm trividam
çfnu mê, B*arataréa5a :
AByâsâd ramaté yatra
duak'ântam ca nigaécatî; ^c.
Yat-tad agrê visant iva,
parindmé 'mpépamani, Tat suMam sàttwikam prôktam,
âtmabudâiprasâdajam ; ^'
Yisayéndriyasamyôgâd
yaMad agrê 'mj'iôpamam, Parinâmé visant tva,
tat suk'am râjasatn smrtam ; ^^^
Yad agrê ca anubandé ca
suk'am ntôhanam âtmanaa Nidrâlasyapramâdôttam ,
tat tâmasam udàhftam. ^•
Na tad astiprtivyâm va,
divi dêvésu vâpunan
Celle, ô Arjuna, qui poursuit le bien, Tagréable et Tutile, dirigée, selon Tinslinct, vers le fruit des œuvres, est une persévérance de passion.
Une persévérance inintelligente, qui ne^délivre pas l'homme de la somnolence, de la crainte, de la tristesse, de répouvante et de la folie, est de la nature des ténèbres.
Ecoute encore, ô prince, les trois espèces de plaisir. Quand un homme, par Texercice, se maintient dans la joie et a mis fin à la tristesse.
Et quand pour lui, ce qui d'abord était comme un poison est à la fin comme une ambroisie : alors son plaisir est appelé* véritable; car il nait du calme intérieur de son esprit.
Celui qui, né de l'application des sens à leurs objets, ressemble d'abord à Tambroisie et plus tard à du poison, est un plaisir de passion.
Celui qui, favorisé par l'inertie, la paresse et Tégarement, n^est à sa naissance et dans ses suites qu'un trouble de l'àme, est pour cela un plaisir de ténèbres.
Il n'existe ni sur terre, ni au ciel parmi les
Sattwamprakflijaer mukiam
yad éStH syât tn'Bir gunœn. ^•
BréJimana-xatriya'Viçâfn
çùdrdnam ca, paraniapa,
Karmdni praviSaktâni
swaBâvcpraBavœr gunsdH : ** •
Çamô, damas, tapan, çdocam,
iâniir, àrjavam éva ca, Jnànam, vijnébmm, âstikyam,
brahmakarma swaSâvajam ; ^î-
Çsoryam, têjô, dfttr, daxyarn,
yudâé èa apy apalàyanam,
Dânam, IçwaraBàvaç ca, *
xâiram karma swaSâvajam ; ^■
Kfii'-gôraxya-bânijyam
vseçyakamia swaBâvajatn ; Paricaryâ âtmakam karma
çûdrasya api swaB&oajam.
Swé swé karmany aBiratan -
sansiddim laBatê naran :
SwakarmanirataH sidâim
yàtd vindaii, tac cj^nu. *'•
Yataa pravfttir Bûiânâm,
yéna sarvam idam ialam,
Swakarmand tam aByarcya,
sidâim vinda/imdfwvaa. ^•
dieux, aucune essence qui soit exempte de' ces (rois qualités issues de la nature.
Entre les Brahmanes, les Xatriyas, les Viças et les Çûdras, les fonctions ont été partagées conformément à leurs qualités naturelles.
La paix, la continence, Taustérité, la pureté, la patience, la droiture, la science avec ses distinctions, la connaissance des choses divines : telle est la fonction du Brahmane, née de sa propre nature.
L'héroïsme, la vigueur, la fermeté, l'adresse, rintrépidité au combat, la libéralité, la dignité d'un chef : voilà ce qui convient naturellement au Xatriya.
L'agriculture, le soin des troupeaux, le négoce, sont la fonction naturelle du Viça. Enfin servir les autres est celle qui appartient au Çûdra.
L'homme satisfait de sa fonction, quelle qu'elle soit, parvient à la perfection. Ecoute toutefois comment un tel homme peut y parvenir.
C'est en honorant par ses œuvres celui de qui sont émanés les êtres et par qui a été déployé cet Univers, que l'homme atteint à la perfection.
Çréyàn swadarmô vigunan
parailarmât swanuélilât ; SwaMvaniyatam karma
kurvan na âpnôti kilvièam . *7.
Sahajam karma, Ksontêya,
sadôèam api na tyajêt ; SarvâramSâ hidôèéna,
âùmêna agnir iva, âvf/àH. ^
AsaktabudâiH, sarvatra
Jitàimd, vigataspfhaa, Nœikarmt/asîddim paramâm
sannyâséna aâigaccati. ^9.
Siddimprâptô yatà Brahma
tatd âpnôti, nibôda mé Samàséna éva, Ksontêya,
niètâ jnânasya yâ para. 50.
Buddyâ viçtiddayâ yuktô,
dftyà âtmânan^niyamya ca, ÇaèdAdtn vièayàns tyaktwd,
râgadwééao vyudasya ca, ^^ -
Viviktasévt, lagwdçU
yatavâk'kàya-m&nasaH, Dydnayôgaparô nityam,
vsdrâgyam samupdçritaH, »•
11 vaut mieux remplir sa fonction » même moin$ relevée, que celle d'autrui, même supérieure ; car en faisant Fœuvre qui dérive de sa nature, un homme ne commet point de péché.
Et qu'il ne renonce pas à remplir son œuvre naturelle, même quand elle semhle unie au mal : car toutes les œuvres sont enveloppées par le mal, comme le feu par la fumée.
L'homme dont l'esprit s'est dégagé de tous les liens, qui s'est vaincu soi-même et a chassé les désirs, arrive par ce renoncement à la suprême perfection du repos.
Comment, parvenu à ce point, il atteint Dieu lui-même, apprends-le de moi en résumé, fils de Kunti ; car c'est là le dernier terme de la science.
La raison purifiée, ferme en son cœur, soumis, détaché du bruit et des autres sensations, ayant chassé les désirs et les haines.
Seul en un lieu solitaire, vivant de peu, matlre de sa parole, de son corps et de sa pensée, toujours pratiquant TUnion spirituelle, attentif à écarter les passions,