‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 14 sur 57 · HO · texte numérisé non relu

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relÀlions cmniâerctales^ il ik'êst pas étoAnànl pair conséquent que leur ville fût florissanle et renfermât beautonp d^habitants. Guy de Mella, Evèque de Verdun^ irrité des empiéteinenls dé la botti^eoisie , sortit de la Ville avec son clergé^ et après avoir employé, mais sans succès, les armés spirituelles pour réduira les Yerdattois, il vint les assiéger, eH 1246^, avec ses propres troupes, celles de l^hiébant II, comte de Bar, et celles de Gobert d^Apremont. Les boui^eois firent alors une sortie, et si ron pouvait s^en rapporter à la chronique qui a servi de base au récit de Dom Galmet (1), ils se seraient trouvés an nombre de treize mille. Ce cfaiffire

est évidemment exagéré-, et ce que Ton sait au sujet de Tancienne enceinte de Yerdute ne permet pas d'admettre qu^elle ait pu contenir une population em état de fournir treize mille soldats ; Tassertion du dironiqueur prouve toutefois que Verdun était fort penjplé, et cette assertion est encore confirmée par le fait que la peste de i4S2 y fit périr plus de trois mille personnes (2).

Quant aux villes qui faisaient partie des duchés dé Lorraine et de Bar, elles étaient très -petites 5 Ormes et Amance étaient alors des bourgs ^ mais leur enceinte était très-resserrée $ en 1440, Nancy, quoique soigneusement fortifié et malgré le séjour habituel des ducs^

(1)V. ibid., t. Il, col. 302.

(2) V. Méinoites de la société philomstiqae de Yerdoo, t. IVj p. 273.

(ïll)

n^avait pas plus àe quatre raille habitàûts. VÊiài de^s revenus du prince es bailliages de Nancy et Vosges m fan 1440 (1) oAre la mention suivante : < Kam doiaent chacun an chacun conduit de Nancy

> qui sont taillables ij. denierS) qui peuent valioir enur-

> ron par an ^Exiiij *. >

II y avait donc alorsàMancy 144 conduits (2) (ou feux) imposables, qui, multipliés par 6, donnent huit cent quatre-^vingt-quatorze personnes sujettes à Timpôt; si Ton y ajoute le clergé séculier, le clergé régulier, les nobles, les serviteurs du prince et les indigents, on doit arriver à peu prés au chiffre de quatre mille âmes. Les plus peuplées des villes lorraines étaient incontestablement Neufchâteau, Pont'â»3Iousson et Sâint-?licola8-de* Port ; mais on ne connaît pas au juste le chiffre de leurs habitants»

La dépopulation ou pour mieux dire la diminution extraordinaire de la population de la Lorraine, au XV* siècle et au commencement du XVP, doit être attribuée aux causes qui ont produit en France, et même dans toute llSurope, un résultat semblable, c^est-à-dire, aux guerres, aux pestes et aux famines. Je me dispenserai de rappeler ici les guerres, les dévastations et les pilla* ges dont la Lorraine a été le théâtre ; mais il est utile

(1) Mannscrit in-4o, sur papier, écriture du temps; au trésor des chartes de Lorraine, layette Etats-Généraux, I, n» 66< (â) 11 y en avait 149 en 1441.

ùe mentionner les difiérentes maladies épidémiqoes ^ conUgieuses et les famines qui y ont régné, afin de faire comprendre combien ces causes de dépopulation ont dik être puissantes , je me bornerai, du feste, à de simples indications* An. 1314. < En celle meisme année, fut la grande

> mortalité en Mets et en plusieurs aultres contrées; et

> avec ce, y eult grant famine avec la pestilence. >

JLn 1315. < Et adonc fut si ^rant chier temps que la

> quarte de bled valloit xviij solz de metsains. >

An 1316. « En laquelle année, et aussy Tannée devant, » furent les grandes pluyes par loutte France, lesquelles

> continuèrent par Pespaoe de deux ans : pour laquelle » chose fut si ^rant chier temps que, à celle cause, y 9 eult grant peuple et grant bestial qui moururent. >

An 1319. Et valloit encor la quaîrte de bled ivj

> solz, et la quairte de vin ziv, qui estoit grant chier

> temps (1).»

An 1349. La peste noire, qui avait ravagé une partie de TEurope en 1 348, paraît ne s'être montrée à Hetz et en Lorraine qu'en 1349. « En cesle dite année méysme, » avec la mortalité de peste qui estait lors, rengnoit en- » cor une autre malaidie plus dangereuse , provenant

> avec crachait de sang et si contagieuse que, non seule-

> ment par communication de Tung à Tautre, mais de

(i) Y. Chroniques de la ville de McU, p. 57.

^ regarder Tung & Tautrc, estoienl sùrprirts de là dilé

> maladie, de laquelle nulz n^eschappoient (1).»

An. 1574. La danse Saibt-Jean, maladie contagieuse^ se déclara à Metz et dans le duché de Lorraine et y attaqua un grand nombre d^individus ; il y eut bien quinze cents malades dans la seule cité de Metz (2).

An. 1390. < En celle aûnée eult en la cité de Metai :p grande mortalité et au pays.i)

«Itenf^ fut justice faîcte des méseault (lépreux), qui

> Yolloient empoisonner les yawes (3).:^ Il réi^ulte de ce passage que Id contagion de 1390 fut attribuée aux lépreux ; elle enleva seize mille personnes à Metz.

An. 1400. < Elle (la mortalité) fut grande à Metz, aii » Pont à Mousson et au pays à Fentoùr, et telle que od

> ne trouve que pas avant elle fut jamais si grande ; caïf i il molrut à Pont à Mousson plus de deux mille per-

> sonnes (4).>

An. 1426. ^ Audit an, fut une grande et merveilleuse^ i mortiilité à Mets et ez pays à Pentour, et molrut on sy ' fort à Mets quMl y en eult des mdrts, que grans quer

> petits, séisme mille de compte fait (5).>

Aoi 1438. « En celluy temps, fut grande mortalité de

(i) V. Chroniques de la ville de Metz, p. 89.

(2) V. la chronique rimée de Jean le Chalellain, à Tan. 1574.-

(3) V. Chroniques delà ville de Metz, p. 119^. (4)V. ibid., p. 121.

15)V. ibid.,p. 147.

> gens par (oui le monde, et en furent morts, tant en

> Mets comme au pays d^icelle, jusqu^au nombre de

> vingt mille personnes : et dnroit iceile mortalité ung » an et plus» Et estoit Pair si très infect que Ton ne » véoit aultre chose que gens maiaîdes par les rues et 9 autre part en la cité, de chaulde malaidie, lellement

> que c^estoit horreur. Et ne yolloit on recepvoir nul

> malaide à Thospilal, s'il n' estoit de la juridiction et 9 appartenant à ceulx de Mets, pour la multitude des 9 malaides d^estrainges lieux qui yenoient à Metz. Tout* 9 les fois, en cellu j temps, pour soy resjoir, le premier 9 jour de septembre, fut jué le jeu de la vie et bonne 9 conversation du glorieulx amy de Dieu, saint Erasme, 9 à Mets en la plaice de Chainge , et dura trois 9 jours (1). 9

An. 1439. < Item, enladicte année fut toujours grande 9 guerre, famine et chier temps ; et encor ne se laischoit 9 point la mortalité (2). 9

An. 1451 et 1453. La peste, après avoir ravagé U Belgique, envahit une partie de la Lorraine et notamment la ville de Verdun, où, dans Tespace de deux ans, elle enleva deux mille cinq cents personnes selon les uns, et trois mille selon les autres, comme on Fa vu plus haut (3).

(1) Y. Chroniques de U ville de MeU^ p. 204.

(2)V. îbîd.,p. 206.

(5) Y. Wassebonrg» Anûquîtei de la Gaale Belgicqae, ^ dg.

(445) An. U62.

<t Eo ce temps ane année entière » Y eut grand labeur es cymetieres, » De grande pestilence mortelle a Qae de longtemps n*y avoit eu telle.

V On y mourut de si grande force, » QnVn y bouta des corps en fosse, 9 Tant aui Faulxbourgs qu'à la Ville, 9 En quattre mois bien quattre mille (1).»

An. 1501 et iSOâ. Des pluies presque coDtinaelleSy qoî commencèrent à tomber au mois d^octobre 1500 et se prolongèrent jusqu^â la fin de mars 4501, produisirent une famine excessive, qui dura encore une partie de Tannée 1502^ le resal de blé atteignit le prix exorbitant de dix livres ; et la queue de vin, dont le prix ordinaire était de dix-huit gros, c^est-â-dire, douze sous onze deniers^ se vendit jusqu^à quatre livres cinq sols huit deniers (3)«

An. 1504 et 1505. Cette cherté des denrées de première nécessité, et la misère qui en résulta engendrèrent, comme il arrive toujours, des maladiea contagienses,

(1) Chronique de Jean le Chatellain, à Tan. 1462. Dom Calmet, ibid , t. Il, col. 953 et 954, rapporte cette épidémie à Tannée 4466 ; mais c'est une erreur.

(2)V. Galmet^ibid., coMM3.

qai enlevèrent, dit-on, le tiers des habitante de la tiorraine (i }• An. lî>07. € En celle meisme année, se a comeoçoit)

> environ le mois de janvier^ une grande mortalité en

> Mets.»

An. 1508. € £n celluy temps, se renforçoit de jour en » jour la mortalité en Mets, et tellement que alors es- » toient la plupairt des seigneurs et dames, et aussy pla-

> sieurs bourgeois et bourgeoises fuytifz, et se tendent

> dehors, où chescun povoitmieulx (2).>

An. 1522. Une maladie pestilentielle se déclara à Toul, avec une grande Yiolence, et se répandit bientôt dans toute la Lorraine ; deux ans après, en 1524, une disette affreuse fit mourir une infinité de pauvres dans les villes et les campagnes, et «ausa une nouvelle épidémie (3).

Je termine ici la liste de toutes les pestes qui ravagèrent notre patrie pendant le XIY * siècle, le XV* et les premières années du XYP, et je crois qu^il est bien permis de tirer de tous ces extraits la conclusion que la population, décimée tant de fois et par des maladies si terribles, avait dû notablement diminuer. C'est aussi ce que prouve une pièce officielle que renferme le trésor

(1)Y. Gslmet, ibid., col. 1145.

(2) V. les Chroniques de la Tille de Metz, p. 655, 654 et 655.

(3) V. BenoU Picart, Uist. de Toul, p. 608 ei 614.

( iW' ) dtes chartes de Lorraine (1). Celte pièce intitalée: Dé' claration des conduits de lan de grâce mil v c xxxviij (4558), présente Tétat suivant de la population impo-< sable :.

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