BARROIS
BailKage de Bar vii ».ix^xxxitr (7934).
Bailliage de Clermont iiu.iiii^iiiin.xvij (2497).
Bailliage de Bassigoy iiii-i.xix (4019).
Bailliage de Sainct Mihiel x».vMxvi (10566).
Somme toute pour le Barrois xxvnvi (25006).
Somme toute....... liii"*.vi^^.xxxvij,
com^rin^ lea frauches gens*
Ainsi) sous le régne du duc Antoine, les duchés de Lorraine et de Bar ne comprenaient que 53,637 conduits imposables ; en multipliant ce nombre par six, on obtient 321,822 habitants; et si on y joint, comme on
(1) LayeUe Etats-Généraux, I^ n» 21*
{«8) \e doit, tes clergés séculier et régulier, la noblesse et les indigents, on arrive à peine à 400,000 àaies. Or, je pense qu^au XIIP siècle, et même dans la première moitié du XIV*^, la Lorraine et le Barrois renfermaient une plus grande quantité d^habitants.
La longue paix dont jouirent les duchés de Lorraine et de Bar, sous les règnes d^ Antoine, de François P' et de Charles III, eut pour résultat d^y relever le chiffre de la population. Le pays, au dire de Yolcyr, secrétaire d^ Antoine, se suffisait à lui-même, et le commerce, sans être considérable, enlrelenait Taisance et même la richesse dans plusieurs villes. Malheureusement, les épidémies, si fréquentes dans les siècles précédents, se montrèrent encore plus d^une fois et enlevèrent bien du monde. En 1541, la peste régnait à Nancy, et Ton transportait les malades dans des loges construites à la haie att lieu nommé l'Aulnel, entre Yillers et Haréville (t).
«Yers 1550, c^était à Saint-Mihiel que la peste exerçait ses ravages ; les religieux furent obligés de se retirer dans un de leurs domaines, afin d^échapper au péril (2). D^autres épidémies éclatèrent en Lorraine enl531, 1574, 1585, 1587, 1594 et 1597; et un savant
(1) V. Comptes des Deux de ville de Nancy; année 1541-1542, ebapilre intitulé : Despence faiete pour eevJlx qui ont e$té mis hors de la ville pour ce quilz estoient infectez du dangier de peste* Archives du département de la Meurthe.
(â) y. Galmet, Notice de la Lorraine, t. H, col. 852.
médecin, H. Archambault, adémoDlréqae celte maladie, qui se déclarait si souvent, était la peste orientale. € L^apparition de la peste en Lorraine, dit-il, n^était 9 point d'ailleurs un &it isolé. La maladie avait ravagé
> TEurope à plusieurs reprises dans le cours du XYP et » du XVII* siècle, et on peut dire qu^elle y était presque
> endémique à cette époque (i}.>
Le retour en quelque sorte périodique de ce fléau en. gagea môme une femme charitable, Anne Fériet, à fonder, prés de Nancy, un hôpital destiné à recevoir les pestiférés, que Ton plaçait autrefois dans des loges en planches froides et malsaines (2).
Ce» apparitions réitérées de la peste et la mortalité considérable qu^clles occasionnèrent, ralentirent, mais sans Tarrèter, le progrès de la population. A la fin du XVI* siècle et dans les premières années du XYIP, le duché de Lorraine comprenait 47 villes fermées de murailles, plus la ville ouverte de Saint-Nicolas-de-Port, en tout 48; savoir: 16 dans le bailliage de Nancy; 14 dans le bailliage de Yosge et le comté de Yaudémont ; 18 dans les bailliages d'Allemagne, d^Epinal, de Chàtelsur-Moselle et d^Hattonchâtel. Le duché de Bar avait 29 villes fermées, réparties inégalement entre les quatre bailliages de Bar, Saint-Mihiel, Glermont et Bassigny.
(1) Y. Mémoires de la Société des sciences, letlres et arts de Nancy, pour 1847, p. 411,
(2) Cette fondation eut lieu à la fin du XVI* siècle.
( t20 ) Les deux duch4$s contenaient donc 77 villes; mais il est bon d^ajooter que la plupart étaient bien pen importantes. Avant la fondation de la ville neuve en 1588, Nancy, en y comprenant le faubourg Saint-Nicolas, ne renfermait qu^une assez faible population. En 15K1- 15S2, cette ville comptait 834 ménages et 72 veuves (l); encore étaient-ils pauvres pour la plupart, car, diaprés le compte rendu par Jean Fricourt et Didier Claudat d^un impôt de trois gros par mois jeté sur la ville de Nancy, ledit compte commençant au i^ mai 1565 et finissant au dernier jour d^avril 1566, il n^y avait dans la cité proprement dite et le faubourg Saint-Nicolas, que 160 conduits imposables (2). En 15S0, le nombre des conduits était de 1185, dont 131 veuves, comptant chacune pour un demi-condnit (3). La ville ou le bourg de Saint-Nicolas, comme on dis9it alors, avait
(1) V. aux archives du département de la Mcnrthe, le relevé fait, en iS51-15S2, « des manans et habitans de Nancy pour la » solde et pajemens des morte-payes ordonnez à la garde des » portes et gnetz dudit Nancy».
(2) V. Lîonnois, Histoire des villes vieille et neuve de Nancy, t. I, pages 305 et 364. Cet impôt ne frappait que les gens aisés, tandis que TimpÀt pour la garde des portes et le guet atteignait tout lo monde.
(3),V. aux archives du département, Compte rendu à la Chambre des comptes par les élus de Nancy à la collecte des sous c^ui se paient par semaine*
{ «2i ) 1955 feux, c^eftt-à-dire, plus de dix mille âmes au con* iDencemeot du XVII« siéele; Pon(*à-Mou880D comptait une population assez forte, et de plus il y avait ordinairement à son université prés de deux mille étudiants, dont beaucoup, il est vrai, Quêtaient pas Ior<p rains;Epinal possédait quatorze mille habitants (1) ; mais les autres villes ne pouvaient être comparées à celles que je viens de nommer.
Le duché de Lorraine contenait 1648 villages ; jMgnoro combien il y en avait dans le Barrois ; mais on peut ea évaluer le nombre à 1400 environ. Ces chiffres nous seraient, du reste, peu utiles, si nous ne possédions d^auires renseignements ; car la population des différents yillages était, comme de nos jours, fort inégale.
Au mois de mai 1586, les états-^généraux votèrent un aide, qui fut levé par.N* Gennetaire, commis de Son Altesse, et par Messieurs de Savigny et de Lénoncourt, députés des états; cet aide était de 4 francs barrois par mois et produisit 555,727 francs (2). En divisant cette somme par 4, nous obtenons le nombre des conduits imposables, c''est-â-dire, 85,451 ; ce chiffre, multiplié par 6, donne le nombre des habitants soumis à Taide, SQÎt 500,589 ; si on y ajoute les nobles, les ecclésiasti-^
(i) V. Calmet, Notice, t. If, supplém., col. 156.
(2) V. Becaeil sur la Lorraine, seconde partie, Assises, B, pièce 15. Ce recueil, forme par Mory d'EIvange, est déposé à la biblioth. publ. de Nancy, cab. des mss., n** 27.
ques, les moines et religieuses^ et ceux qui étaient dispensés de payer IMnipôt, on voit que la population aYalt presque doublé depuis le régne d^ Antoine. Il est vrai qu^à la fin du XYI* siècle la Lorraine avait reçu des accroissements territoriaux assez considérables.
La population des villës^ épiscopales de Metz, Toul et Terdun, loin de s^augmenter pendant ce siècle, diminua, au contraire , d^une manière remarquable. Ces villes tombèrent, en 1552, au pouvoir des Français, et pour tes défendre plus facilement, ceux-ci se bâtèrent d^en raser tous les dehors ; c^est ainsi que périrent tant de basiliques non moins remarquables par leur ancienneté que par leur magnificence, et tant de monastères celébres ; les habitants dés^ faubourgs détruits furent obligés de chercher ailleurs un asile ; et la ville de Metz, qui avait soixante mille habitants, à Tarrivée des Français, vit, aussitôt après, sa. population tomber à quarante mille Âmes. Quelques années plus tard, en 1566, cette population diminua encore par suite d^une épidémie, qui enlevait en peu d^heures ceux qu^elle attaquait (1).
Quant à la Lorraine, sagement et paternellement administrée par Charles III et par Henri II, elle vit sans cesse augmenter sa prospérité et le nombre de ses habitants, jusqu^au moment où la peste se déclara, jusqu^au monaent où commença avec la France cette guerre d^extermination, qui eut pour résultat la ruine et Tanéantis-
(1) V. Calmet, Hist., 1. 11!, col. 55.
( ^«3 ) sèment presque complet de notre malheoreuse patrie. G^est alors que disparurent la plupart des bourgs et des TÎlIages dont j^ai donné la liste; et quant à ceux qui survécurent à ces catastrophes^ ils furent pendant longtemps, les uns presque déserts, les autres entièrement abandonnés» Lorsque les duchés de Lorraine et de Bar furent restitués  Léopôld, par suite du traité de Riswick, c^est-â-dire, â lafin du XVII* siècle, le pajs avait eu le temps d^un peu se rétablir, et la population n^était plus aussi Eiible que vers le milieu de ce siècle ; mais elle était encore bien peu considérable, puisque dans les 31 villes ou bourgs que Ton comptait alors en Lorraine et en Barrois, il n^j avait que 8,548 feux (1). Quarante années de paix et d^une bonne administration suffirent pour replacer les duchés dans la position où ils se seraient trouvés sans les guerres et la peste ; et en 1737, quand ils furent cédés à Stanislas , leur population s'élevait à 800,000 âmes, dont les trois cinquièmes environ dans la Lorraine et le reste dans le Barrois.
(i) y. Durivaly Description de la Lorraiae et du Barrois^ t. 1, p. 89.