EST-ELLE LORRAINE
ViW H. JBSimi UBVAQS.
Une tradition constante, à peu prés universellement aidoiisey avait» pendant longtemps, placé le lieu de naissance de Jeanne Darc dans la portion de territoire qui foripaii, autrefois, les duchés de Lorraine et de Bar ; nos contr|ée0 s^enorgueilUssaâent d'avoir donné )e joi^ir à Théroiae qui. sauva la France..... On cherche maintenant à lettr,jravir un genre d^illnstration dont elles étaient fié* r^s, pour en doter une province voisine de la nôtre.
Peu iipporte, aujourd'hui que les anciennes divisions provinciales ont disparu, que le berceau de la Vierge de Dondtemy ait été en Champagne ou en Lorraine ; nous avons tous, comme citoyens de la même patrie, le droit de revendiquer sa gloire. Mais il n^en est pas de
" Voir, pour Torthographe da nom de Jeanne Darc^ la dissertation publiée par M. de Haldat dans YExamen cHlique de l'hiS" tohre de Jeanne Darc, Nsincy, 18^, et te mémoire précédent.
même au poinl de vue historique, ejl on peut, on doi( mène, saq^ craiote d'être accusé d^un aoiour propre nattonal étroit, chercher à établir, d^une manière positive, les droits de chacuo de ces pays à rhonneur qu'il réclame.
Parmi les historiens qui ont abordé cette question, les uns ne se sont pas donné la peine de la discuter : ils oal, d'un trait de plume, dépouillé la Lorraine et le Barrois d'une prér(^ative dont ils étaient en possession depuis des siècles ; d'autres ont bien voulu descendre jusqu'à la discussion, et essayer, au moins, de prouver ce qu'ils avançaient.
De ce nombre est M. Athanase Renard, auteur d'un travail intitulé: Souvenirs du Bassigny cFuMmpenais, qui a été inséré dans les Mémoires de la Société historique et archéoioffiçue de Langres; c'est à lui surtout que je me propose de répondre. Je m'efforcerai de le &ire sans passion, sans entraînement, en imposatit silice à la voix de mes affections pour n'écouter que celle de la vérité; je m'efforcerai surtout de ne pas oublier un seul instant que l'homme à qui je m'adresse mérite tous mes égards et tout mon respect.
Toutefois, et je puis le dire sans offenser mon ad ver* saire, je crains que M. Renard n'ait trop subi l'influence d'un sentiment contre lequel l'historien doit toujours se tenir en garde ; je crains que son patriotisme ne l'ait entraîné malgré lui au-delà des bornes de la modération et de rimpartialité» Il n'était pas nécessaire, pour expo-
(441 ) Aer les titres de la Champagne à Phooneur d^avoir ?« ^i^itr^* Jeanne Darcj de se livrer à des conaidérations générales tout â fiiit étrangères au sujet ; de traiter arec tant de sévérité quelques auteurs lorrains, et de con*damner la politique suivie vis-à-vis de la France par les souverains qui ont régné sur notre paya.
Peut-être aurait-il fallu, avantdeporterunjugemeni si lig^ooreuT, eiaminer de plus prés les faits, tenir plos de compte des temps, des circonstances, de la situation ré<» clproquo du royaume et des petits états qui, plas tard, furent réunis â la couronne. Etait-il besoin, surtout, de flétrir la mémoire de Charles II (i), dont la conduite
(i) ■ Le duc de Lorraine Charles 11, dit M. Renard, séparé de sa femme cl vivant en concubinage avec la belle Alizon da May, dont il ent doq enfants, traînant les restes d'un corps osé par ses dé* baacfaes et accablé dlafirmités, se. sentait an déclin de sa vîe.Cest dans cette siivation qu*ayani enteoda parler de Jeanne, dont la réputation de sainteté grandissait tous les jours, ii désira la voir et la fît mander près de lui, espérant probablement qu*elle pourrait faire an miracle en sa faveur.»
Cette phrase est sans doute la traduction de celte parlic de Tintcrrogatoire de Jeanne : « item confeisa fuit quod dux Lolharin' » giœ mandavit quod ipsa ducereiur ad eum : ad quem et ipsa' » ivil; sibique dixit quod ipsa volebal ire in Franciam, Et inter* » rogavil eam dux ipse de recuperatùme suœ sanitati» ; sed ipsa » 'dixit ei quod nihilinde sciebai; €t pauca de suo DOiagio eidem » duei dectaravit, Dixit tamen ipsi dud quod ipu' traderet ei » fiUum euum et genUs, pro ducendo eam ad Frandami et ipsa » deprecaretur Deum pro sua sanitate,»
privée fat condamnable sans doute, mais qmy par sa valeur, son amour des arto, sa modération et sa boalA^ sut racheter ses faiblesses et se rendre digne do rang élevé qu'il occupait?
La Lorraine, d^ailleurs, ne se montra pas, comme on se plalt à le dire, constamment hostile à la France «t toujours prête é s'allier à ses ennemi^. On la voit, au contraire, dés le commencement du XIY* siècle, s^asso* cier librement à elle : < Thibaut II combat â Courtray et à Mons-en-Puelle à c6té de Philippe-le-Bel. Son fils^ Ferry IV, est délivré par Gharles-le^el de la captivité où le retenait Louis de Bavière. Depuis lors, entre les ducs de Lorraine et les rois de France, cVsl, comme on disait autrefois, à la vie et à la mort (i). Le même Ferry lY est tué à Gassel, sous la bannière française ; son fils Raoul périt sur le champ de bataille de Grécj. Jean, fils de Raoul, se bat pour la France à Poitiers, à Auray,â Rosebecque.Gharles II, enfin, se joint d*abord à la Bourgogne; puis se rapproche bientôt de la France et loi demeure aussi fidèle que ses devanciers (2).» * Mais, je le répète, les faits sur lesquels on s^est plu à s^étendre en invoquant le témoignage d^historiens modernes évidemment hostiles â la Lorraine, ces faits sont complètement étrangers à la question; ce quMl s'*agit
{t) Lettres à H. G. de la Tour sur la Lorraine et la France, par II. Gh. Lenormant (T. XXI1I« da Correspondani). (2) Lorraine et France, par M. 6. de la Tour.
aDiquemeiit dedélermiaer, c^est la Téritable orig^e de
Jeanne Oarc* Psoiir y arriver, je m^appuierai sur 4en
sortes de preavea : les ouvraget impriméa ei les docu-
menU inédits, et j^essaierai de démoBtter :
« i« i2^ Jeanne. Dare a toojonra été regardée eomme
liOrraÎBe;
^QuQ le ^lage où elle est née était nn^artie Champagne et Batrois ; *
^ Enfin y qae la maison de Domremy, qn^habita Jeanne Dare, était dans la partie barrisienne.
Ainsi.que je le disais en commençant, la tradition est à peu prés nnanime en favear de Topinion que je soutiens ; cette tradition, où avait^elle puisé sa source ? Gomment, si Jeanne avait été Champenoise, comme on le prétend aujourd'hui, les écrivains, qui furent ses contemporains, ne Teussent-ils pas dit, et comment la province qui lui avait donné le jour n'a*t*elle point protesté contre un mensonge qui, en se propageant, acquérait toute la force de la vérité ? Or, les chroniqueurs, les historiens et les poètes du XY® siècle, à part quelquesuns qui rappellent la Fierge française, la désignent, presque tous, sous la qualification de Vierge lorraine.. Et ce sont non-seulement les écrivains français qui s''expriment dans ce sens; mais celle croyance était devenue tellement populaire, qu'elle était admise jusque dans les pays étrangers.
U suffit, pour s^en convaincre, de jeter les yeux sur les nombreux extraits des auteurs do temps, que H. Jules Qtticherat a rassemblés, dans les 4' et 5^ Toluaies de son savant et consciencieux ouvrage sur Jeanne Darc<l);Ges auteurs étaient teHanent convaincus de. Porigine lorraine de Jeanne, que quelqaes-vns vont même, par une grossière erreur géographique, jusqn^â placer Vaucouleurs dans la provinot où ils croyaient qu^elle était née.
Le premier écrivain cité par H. Quieherat est Per^ ceval de Cagny, qui fit mettre par écrit, en 1436, les choses quMl avait recueillies sur la Pucelle d^Orléans:
€ En îceluy an [vccccxxvui] , dit-il , le [vi*] jour 9 dudit mois de mars, une pucelle de Teage de xviiî ans y ou environ, des marches de Lorraine et de Barrais, 7> vint devers le roy à Chinon.»
Un autre chroniqueur alençonnsds, qui fut, comme le précédent, attaché à la personne de Jean II, doc d^à« lençon, écrivait, en 1473 : ^
. « Le bon Dieu voulant donner remède et fin
> à Taffliction des bons et loyaulx François, et Porgueil
> des Anglois réprimer et annichiler , suscita Tesperit 2> d^une jeune pucelle aagée de dix-huictà vingt ans, na- » tifve de la ville de Dompremy, duché de Bar, à trois 3^ petites lieues de Vaucouleurs.»
(I) Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeaose Darc, etc. Paris, 1845 et années suir.
lean Cbartier, ehantre de Saiot-Deois, cbroniqaeor en tUre des rois de France (1449), fait» comme Perce val de Cagnj, yeDtr JeanDe des marches do Barrois :
< Ea celluî temps, vint nouvelles qu^il y avait une » puceile â!*em^ez y 9LHeo\oiiT iê marches de Barrok...
> El dist à messire Robert de Bandricoart... et à pla- » sieurs aotres, qu^il estoit nécessité qa^îlz ramenassent
> devers le roy deCrance.>
Une histoire de la Puceile, contenue dans le Miroir ^femmes vertueuses, petit livre qui parait avoir été très-populaire du temps de Louis XII, contient ce pas* sage :
c Incontinent après que le siège des Angloys fut assis » au devant de la ville d^Orléans et durant celluy siège, » messire Robert de Bandricourt, capitaine de f^au^ » couleur en Lorraine, lors estant en Tost du roy, se
> adressa une jeune puceile dudit Yaucouleur, nommée » Jehanne.»
On lit dans une relation du temps, écrite en langue romane, et que H. Quicherat désigne sous ce titre : le Greffier-de rHètel de Ville d'AIbi :
€ Se es assaber que en le mes de mars, Tan mil
> occezxviii, venc al dich noble rey de Franssa una » filha , Puizela jobe de Tatge de quatorse à quinse » ans, ia cal era delpais et del dugat de Loreyno
<L La dessusditte Puceile esioie de Lorraine, du lieu » deVaucottleurs...», dit Mathieu Thomassin, auteur d^un livre sur l'histoire, les droits et les prérogatives de
iO
la couronne delphioale (1), composé du vivant même de Gbarles VII, par ordre de Louû XI, alors OaupMn de Yiennois, qui, par leilres de commission ^tées du mois de mai i456| avait chargé Thomassiode ce travail, comme étant le plus ancien de ses officiers et comme ayant beaucoup de lumières et dVxpérience. Le témoignage de cet écrivain est ici du plus grand poids : c'est un contemporain, car il était né gn 1391, et il avait environ 37 ans à Tépoque du siège d'Orléans ; il était conseiller au Conseil delphinal, fonctions auxquelles Tavait appelé Charles Yll.quand ce prince était Dauphin de Viennois, et c'est à Paris, il le dit lui-même, qu'il a écrit une partie de son livre, qu'on peut considérer jcomme un recueil officiel.
M. Quicherat rapporte encore l'extrait suivant d^ une lettre écrite de Lyon, le 22 avril 1429 (2) :
«.•• Scripsii uHeriu8.*.quod guœdam Puclla oriunda t* ex Lotharingia, œtatis X9in annorum vei circiter, est » pênes predictum regem.^
\\ faut eiter enfin VÂbrMafeur du Procès, ,ouvri9ge qui n'a pas de titre, dont l'auteur esi inconnu, mais d^oû, h div^r^es\époques, on a tiré des fragments i^las ou iQoins lopgs qui ont été mis au joiur, nota»oi^ la
(1) Le Registre Delphinal. V. Ldong, Bîbliot. hist. de la France, t. 3, no 37930.
(2) Cet extrait a pcHir litre :- « Le Greffier de la Chambre des comptes de Brabant.»
relalion qui fait suite à Vllistaire et Chronique de Normandie, imprimée à Rouen eu 1561 ; relalioo qui a pour inlilulé : < Ensuit le livre de la pucelle naii/ve de -» Lorraine qui réduit France entre les mains du roy.»
Ycilâ pour les historiens et les chroniqueurs français et bourguignons; voici maintenant ce qu^ont écrit les poètes.
Le premier que cite H. Quicherat est un anonyme, auteur d^un poème latin sur Tarrivée de la Pucelle et 5ar la délivrance d^Orléans (1) ; il s^exprime ainsi :
Mirabilis ecce Puella,
Orta parentela perpaupere ruricolarum, Regni liligeri, patriœ Barrefuis in oris Emicat, ut, virgo, referai nova gaudîa mundi.
Le second est Yaleran Yaranius (2), dont le poème,
(1) Voici Textrait de quelques-unes des notes placées par M. Quicherat en tôte des citations qu*i1 a faites des différents auteurs dont il mentionne les ouvrages. « Anonyme, — Auteur d'un poème latin sur l'arrivée de la Pucelle et sur la délivrance d^Orléans... Opuscule inédit transcrite la suite du procès de réhabilitation et de la même main, dans le manuscrit 5970 de la bibliothèque rojale. Comme il n'a pu être placé là qu'avec l'assentiment des greftiers, peut-être même avec celui des juges, celte circonstance prouve qu'on y attachait alors quelque prix,»
(2) « Il faut parler de cet auteur à cause de Tautori té très-grande dont il jouît par le fait des historiens de Jeanne d'Arc. 11 était
ÎDtilulé : Degesîis Joannœ virginis Francœ (t)> egregif^ ùeilairicis, libri IF, renferme ce passage :
Flaccida quam magnis lageret Gallia bellis, Fimbu» Auêtroiiœ digressa juvencala, paocis Hue vemt comitata viris
Et plus loin, dans une autre pièce de vers en forme de dialogue, conoposée pour Fabbé de Saint-Victor, qui avait prêté à Tauteur le manuscrit du procès de Jeanne Darc:
litiha tibi, venerande pater« generosa virago Débet et Àustrasiœ Dobîle stemma plagse.
Enfin, le troisième poète â citer est François YiHoD^ dans la ballade des Dames du ien^s jadis, pièce qui fait partie de son Grand Testament, écrit en 1461 :
La royne blanche comme ao lys Qoî chantoit à voix de sefeine, Berthe an graot pié, Bietris» Allys»
Haremboorges qui tînt le Mayne, Et Jehanne ia bonne Lorraine Qu*ADgloys broslèrent à Rouan.
naUfd^Âbbeville et théologien de la faculté de Paris. «(ILQQicherat.)
(1) «Un manuscrit contemporain de Féditîon qui esta la bibliothèque Sainte-GeneYiëve (n« 1643), a pour titre : £t6rt qtuitwir de ^Mtis Joannœ PmMb Lotdabihglib. » (M. Quîcherat.)
Les écrivains étrangers ne sont pas moins unanimes* Voici de quelle manière s^exprime PEcossais Walter Bower (1) :
* Circa idem iempus venii de Lotharingîa quœdam
> virgo ju^encula, nomîne Johanna, quœ dicebat se 9» fuisse tnissam ah AUissimo ad propulsandum et ener- » vandum Anglorum molimina. y>
Un autre Ecossais, le religieux de Dumferling (2), lient le même langage :
€ In diebusilUssuseitaini Dominus spiriîum cujtisdam
> pueîlœ mirabilis, in finibus Franciœ oriundœ, in du- % catu Lotharingie prope castrum regale de Yauco- » lour, in episcopatu TuUensi, versus Imperium* i
c En ces mômes temps , dit Bberhard de Windec- B ken (3), comme le roi de France et les Anglais étaient
(i) ff Cet écrivain, Ecossais de nation et gradué en droit de TU-
niversité de Paris, naquit en 1385 il entreprit, en 1441, de
continuer et de compléter Fordun, qui, à la fin du XIV* siècle, avait commencé une histoire ou chronique générale de son pays... Bower, dans son 15« livre, parle de Jeanne d^'Ârc, sur laquelle il avait eu des renseignements par un témoin oculaire. » (M. Qui-
cherat.) «
(2) «A continué Fordun... Il a sur Walter Bower l'avantage de
s^ètre trouvé en France du vivant de Jeanne d'Arc, de Tavoir suivtti dans toutes ses campagnes, et même d'avoir assisté à ses derniers
momentst » (Idem.)
(3) « Trésorier de Tcmpcreur Sigismond, a écrit rbisloire du
( i^O ) » en gaerre, il se leva, en Lorraine, une jeune fille qui
> fit en France des miracles dont les Anglais furent grati-
> dément affaiblis >
On lit le passage suivant dans Touvrage intitulé De Europa, publié, par le pape Pie II, lorsqn^l n'était
encore que le cardinal Mness Sjlvius, et du temps même
de la Pucellc :
€ In regno ipso Franciœ quod nosira œiate Joanna,
> virgo Lodîoringensis, dMnitus, ut credunt^ admo- » niia, viriiiàus indumeniis ei armés induta, gallicas
> ducens acies^ ex Anglorum manibus magna ex parte,
> mirahile dicta, prima inter primos pygnans, viciO"
> riam eripuit. >
Je citerai aussi Philippe de Bergame, dans soa livre Dé Claris electisque mulieriàus, quMl fit imprimer â Ferrareen 1497:
< Joanna, virgo Gallica^ natione Lolhoringensis
> in metropoR Rothomagensi,.... in somma ûa^titate
> decessit, igné cremata*
Une des pièces du procôs de rëhabilition {M. Pétri Maugier propositio in iatinum translata) ^ contient ce
qui suit : c Ipsa hœc ut bonœ recordationis et hu-
» miiis Joluinna dCArc, pridem vulgariter dicta la
règAC de son malu^ d*après les reaseîgaemeiiis qB*il avait recueillis à sa cour. Soo chapitre sur Jeaaiie d*Are esl la reprodoctioD évi* deote de relations officielles envoyées de France à Temp^^evr. • (H. Oaicberal )
> Pucetie, virgo humilis et innocens de partibus Lo-
> tharingiœ, de Dompno^Remigio, »
Voici enfin une citation qu^on no peut accuser d^élre entachée des erreurs qu^ont parfois commises les chroniqueurs ou les poëtes ; c^cst un extrait du 8® compte de Guillaume Charrier, receveur général de toutes les finances :
« A Jehan de Mets, escuier, la somme de cent livres » pour le deffray de luy et autres gens de la compaignie » de la Pucelle n'a guieres venue par devers le roy
» nostre sire, du pays deBarrois , laquelle somme
» a esté aux dessusdictz octroiée par lettres du roy du » xxi^ jour d'^avril mil cccc xxix.>
Ces assertions, si nombreuses (i), si. unanimes, ne
(1) Voiraassi : Manascrît d'Orléans (1430].— « Or en ce temps avait une jeune fille, au pays de Lùrraine^ aagée de dishuict ans OH environ, nommée Jeanne. » (Tripault.)
Mémoires de Sainl-Remy (1434). — <c Vrai est, qu*en un ?il- » laige iur lesmafches de Lorraine, avait un homme et une fem- » me, etc. » (Panthéon litt. Saint-Remy, p. 488.)
Histoire de France de Duhaillan (1500). — a II y eut une jeune » fille, de Tâge de 22 ans, native de Yaucouleurs en Lorraine. » (p. 955.)
Joannis Nauchri chronica (1500). — « Venil ad regem fo* » rolum in Franciam quœdam puella plebeia ex Loiharingia. » (p. 933.)
PauU j^milii Veronemis, de rébus gestis Francorum (4539.)
(154) forment-elles pas, j^eo appelle à tous les homnes de bonne foi, comme on faisceau de témoignages qa^ane
— « Johanna Lotharinga pueUa duodeviginli eireUer annos luito. » (p. ccxxv.)
AureliœurbU angUeana obtidio, aueL L. Miqudh fH^)*-* La Pacelle y est nommée partout Virgo Lotharinga»
L*flistoire tragique de la Pocelle, par Frooton âo Due (1581) :
« Messieurs, c'est à l'houoeur du pays de Lorraine,,,,»* • Âoi terres de Lorraine eïït uaquist aussi •
Sybillafrancica teu de admirabiU Puella Johanna Lotharioga* OrselUU, 1606.
Gilberti Genebrardi Chronagraphia (1609). — « JohttKM 9 Darda Puella sive virgo, inope pastore, ia Lotharingorum » Dompremio pago orta, » (p. 692.)
PwUw aureUanentii causa, audare Jaeobo Mio (1609). — « DeJohannœ Lotharing» jiulMto. » (p. 13.)
Heroinœ nobiUiiifnœ Johaimœ Dare Lot]uuriiiga& hitknia, cw^ tore Hordal. PonHmuiti, 1612.
J'ajouterai encore ce passage de la déposition de Guillaume de Ricanrille, lors du procès de rébabilitadon : « Diœit quod, ipio » exsiiitnU infra vUlam Âurelianmuem..., cum Domino de Dvh noys et pluribw aUis capOoneis, veneruni noim quodper vHbm » de Gyen transiverat unabergereta, weata la Pacelle, quemdvo )» aut très nobiUs viri de patria Lothariogiae, €X qua irahsbat ffh » tum, eonducebant. »
(183) simple dénégation ne saurait détruire ? Ne démontrentelleg pas que la tradition qui faisait naître Jeanne Darc en Lorraine, ne puisait pas seulement sa source dans une prophétie devenue alors populaire, mais qu^elle s^appuyait sur Topinion générale de presque tous les historiens, les chroniqueurs et les poètes contemporains? C^est là un fait qui pourrait, au besoin, servir à lui seul de preuve, s^il n^y en avait pas d^autres bien autrement concluantes.
Ainsi donc, il est bien établi qu^aucun écrivain du temps de Jeanne Darc, n^a eu la pensée d^accoler au nom de la Pucelle Tépilhéte de Champenoise ; et que quelques-uns seulement Font qualifiée de Française. Voyons maintenant quels témoignages on invoque pour avancer le contraire.
Ce sont: d^abord la Chronique de la Pucelle^ différents passages de MM. Henri Martin, Berriat Saint-Prix et Micbeiet, puis les géographes Micolle de la Croix et Tosgien, puis Textrait d^une lettre de Perceval de Boulainvilliers, enfin les lettres-patentes de Charles YII, qui anoblissent Jeanne Darc et sa famille.
€ La Chronigùe de la PueeUe, dit M. Renard, un des
> plus anciens documents qui nous soient parvenus sur » Jeanne Darc, et Tun des plus souvent cités,*fait dé^
> pendre Doouremy de l'e^lecHon de Lan^rts. y
On verra tout à Theure que cette assertion est vraie dans un sens, mais qu^elle ne peut s^appliqoer qu^â une portion du village de Domremy ; en attendant, il est bon
tr.
(iÙ)
peut-être de faire voir ce que pense de cette fameuse Cf ironique de la Pucelie,' qu'on inToqoe comme une si grande autorité, Thistorien qui a réuni le plus grand nombre de documents relatifs à Jeanne Darc :
« Voici, dit M. Quicherat, un ouvrage sans nom d'du- » teur, qui, à en croire le titre qu^on lui a donné, serait » le document par excellence sur Jeanne d^Arc... Il i> s^en faut qn^elle (la Chronique) ait le caractère d^oriv> ginalilé qu^on lui attribue. Une partie de ee qu^elle
> contient sur la Pucelle, n^est que la copie, légèrement » modifiée, soit de Jean Cbarlier, soit du Journal du » siéffe (T Orléans, paraphrasant Jean Chartier ; de sorte
> que ces seuls emprunts en reculent la composition au- » delà de 1467. D^aulres portions du récit sont faites
> avec le procès de réhabilitation*... Toutefois, divers
> détails, appartenant en propre â la Chronique de la
> Pucellcj doivent avoir été fournis par des témoins ou
> des acteurs des événements de 1429. »
Peut'étre serait-il permis, après un tel jugement, de rejeter complètement la preuve qu^on prétend tirer de cette Chronique; je veux bien, cepeaiknt, Taceepter. II en est de même des assertions de Micolle de la Croix et deVosgien, lorsquMls disent que Domremy était dans la Champagne et dans le Bassigny ; cela est vrai encore, mais, je le répète,seulement pour une partie de ce village.
La même observation s^applique encore à la lettre
écrite, le 2i juin 1439, à Philippe-Marie Yiscouti, duc
.^e Milan, par Perceval de BoukinvilHers, conseiller-*
chambellao du roi et sénéchal de Berry; voici comment il s^exprime en parlant de Jeanne Darc : < Nata est in 3» uno parvo villagio nominato Dompremii, in baUivia > BasêignaiOj infira et finiôus regni Frandœy super Tt flu^ium de Heuse^ quœ juxia Loitringiam, jusiis et » simpllcibus parentibui noseitur progeniia. *
Quant aax passages empruntés â HH. Henri Martin et Michel et, ils ne peuvent pas être discutés ; car> ou ils sont trop vagues, ou ils ne concernent que des faits généraux et ne prouvent absolument rien. Je me borne à renvoyer ceux qui pourraient avoir des doutes â cet égard, au mémoire de M. Athanase Renard.
M. Berriat Saint-Prix, s^appuyant sur une déclaration de Jeanne Darc, et Tinterprétant à sa manière, prétend que les habitants de Domremy, à Texception d^un seul, étaient d^ardents royalistes ; ee qui n^est pas tout*â-fdît, on en conviendra, la traduction littérale de ces paroles de la Pucelle : « Interroguée si ceux de Dompremy tej noient le parti des Bourguignons ou Armignacs, res- » pond : qu^elle ne connàissoit que ung Bourguignon. »
On a prétendu tirer aussi des arguments de deux autres parties dePinterrogatoire de Jeanne : celle où elle ralconte les espèces de combats que se livraient les en- Eatnts de Domremy et de Maxey, et celle où elle dit que quand on signalait Tarrivée de gens d^armes, elle aidait ses frères à conduire les troupeaux < es prés, en un ehastel nommé Tlsie; » Ce château, que M. Renard appelle complaisamment une forteresse française, était
( tM) jusleinenl, comme on le verra bienlôl, une seignenrte comprise dans la partie barritienne de Domremj^ e( dont les possesseurB faisaienl hommage aux ducs de Bar.
Les leltres-patenles de Charles VII, portant anoblissement de Jeanne Darc et de sa fiimille^t celles par lesquelles il affranchit de tous impôts les habîtaotB de Domremy et de Greox, paraissent, au premier abord, con~ cluantes, car il y est positivement dit que Domremy di^pendail du bailliage de Chanmoul; mais, encore une fois^ je ne nie pas ce &it, puisqu'il est vrai, MufrestrictioQ.
Charles Dulys a donc eu raison aussi de dire que Domremy était de cemème bailliage de Cfaaumont et de la prévôté d'Andelot; mais il a eu tort de TaiGnner d'une manière absolue. Au reste, la recoonaisBance qui allachait les Dniys i la France, explique facilement l'erreur commise par un des membres de cette &mille, lequel, d'ailleurs, en raison des fonctions importantes qu'il tenait de la bonté du Roi (il était avocat-général à i» cour des aides), ne devait ni ne pouvait rien écrire qui ftkt contraire aux prétendons de la couronne.
Il me reste i parler maintenant d'un document que nos adversaires ont essayé d'employer comme une arme contre nous, et qui leur a servi de prétexte pour tourner en ridicule plusieurs écrivains lorrains et pour traîner dans la boue la mémoire de Charles II. Ce do- ^nmanl est la Chrotiigue de Lorraine, autorité plus que stable MUS duute, mais où se trouvent cependant
rapportés des fails qui furent également racontés par les témoins appelés lors du procès de réhabilitation de Jeanne Darc. Voici le passage de la Chronique ; je suis loin de Pinvoquer comme un témoignage â Pappui de la thèse que je soutiens, mais il m'était impossible de le passer sous silence :
< En Tan mil quatre-cent dix-sept, au lieu de Domp* » remys sur Meuse y eust une jeune fille nommée la 7> Pocelle,enraage de clix-huict ans, inspirée de Dieu..., » dont cette fille disoit que si elle estoit à Bouiges vers » le Roy, qu^elle garderoit bien les Angloisd^aussi cruelf lement persécuter le royaulme. Hessire Robert de
> Baudrecourt, qui pour lors estoit cappitaine de Yau-
> couleurs, ladicte fille vers luy alla et luy dict : Cap-
> pitaine, pour votre honneur et proffict, je vous prie » que me menié à Bourges vers le Roy, je vous promect
> par tous que je tiens de Dieu, premier qu^il soit un an, » tous les Anglois hors du royaulme les mettray, et ?» vous certifie que la puissance en moy est. Ledict Bau- » drecourt voyant la hardiesse de la fille. •• luy dict:
> Ma fille, â Nancy vous veux mener vers le duc Chartes
> qui est vostre souverain seigneur, et de lui congic éprendre, pour vous en venir et emmener... Quand 9 ledit Baudrecourt avec la fille à Nancy vint vers le 2> duc Charles, ledit Baudrecourt la présenta au duc en » lui disant bomment elle désiroit d^aller vers le Roy "» Charles pour le remettre en France et chasser les An- » glois hors. Le Duc luy demanda si elle avoit cette
{ 1S8 ) 2> volonté? elle rcspondit que ouy, Monsieur, je vous 3^ promect qae il me darge beaucoup que je n*j suis. 3^ Comment, dit le duc, lu ne portas jamais armes, ne à :» cheval ne fus. La fille respondit que qua^d elle aui> roit un harnois et un cheval, dessus je monieray, là » verra-t-on si ne le sça j guider. Le Duc pour Iprs son » escurie estoit où les pieds deschaux (les Gordeliers) y> sont à présent. Le Duc luy donna un arpois et un :» cheval^ et la fit amener : elle estoit légère ; on amena ^ le cheval et des meilleurs, tout sellez bridez ; ep pré-
> sence de tous, sans meilre pied en Testrier, dedans la 9 selle se rua ; on luy donna une lance, elle vient en la » place du Chasteau, elle la courut; jaoaais homnae ï* d^armes mieux ne la courut, toute la noblesse esbahy » fttoit i on en fit le rapport au Duc, bien congneul 1» qu^le avoit vertu. Le Duc dit à Bfessire Robert : Or, » Temmenay, Dieu lui veuille accomplir ses désirs. Ledit
> Baudrecourt sans s^arrester droit à Bourges Teffl- » mena... »
La venue de Jeanne Darc à la cour de Charles II, de même que son pèlerinage à Saint-Nicolas*de-Port, rapporté par plusieurs historiens^ ne sont pas, au reste, quoique ne prouvant rien, des fables dénuées de tout fondement ; il est facile de sVn assurer en lisant les pièces de Tenquéte faite, lors du procès de réhabilitation, dans le lieu de naissance de la Pucelle. Voici le texte de la déposition de quelques-uns des témoins :
JOBIMNES MORELU, D6 GbBCX. -t- € ..... Audtvit diCi
( 469 ) » quod dominus Karoiusj tune dux Lotharingiœ, vo- 3» luii eam videre, ei tradidit sibiunum cçuum, ut dice-
> batur, pili nigri, >
Li^DOTiccs DB Majitignbio. — « DixH guod au-
» dmf dici \guod\ii dum voluit ire ad Franciam, ipsa
> wH.: ad dominum ducem Lotharingiœ; et dominus
> dux dédit sibi unum eguum et pecunias. > ,
JOHANNES DE NOTELONPONT. — € Et dum fuit in-
> duta et habuit equum^ ex saWo conductu domini
> Karolij ducfa Lotharingiœ, ipsa Puelia ivit locutum » dieto domino duci, et içit secum idem testis usque ad
> eiintatem Tullensem. >
DuRANDUS Laxart. — « Idem testis eam addu-
9 xit ad Sanctum Nicolaum (1) / et postquam ipsa » fuit, ex salvo conductu fuit ducta ad dominum Ka-
> rolum, ducem Lotharingiœ ; et quando ipsedux eam
> vidit, sibi locutus fuit, ac idem dominus Karolus » quatuor francoSy quos ipsa Johanna sibi testi mons* » trahit 9 sibi dédit... »
Katharina uxor Henrici Rotarii. — « Et dum
> ipsa Johanna vidit quod die tus Robert us noie bat
> eam ducere^ dixit ipsa testis quod audivit eidem « » Joannœ dici quod oportebat quod iret ad dictum lo»
> cum ubi erat Dalphinus, dicendo : « Nonne audistis
(1) Il y a, dans te texte, VaUis^Colorem, mais M, Qnicherat dit qii*il faat remplacer ces mots par Soafieimx Ifieolaum,
( 4G0 ) > çuod prophâiizatum (!) fuii quod Franciaper tnu^ » Herem deperderetur, et per unam virginem demar^
a> càiis Loiharingiœ reêiaurareiur Etposi hœc,
3» ipsa ietlis ei snulii aiii suis verbis credidsruni, iia » quod çmdam Jacobus Alain ei Durandua Laxart iio- » iueruni eam ducere, ei duxeruni eam uêçue ad Sane- » ium Niçolaum,.* »
Je ne sais si je m^abase, nuds je croîs avmr démontré qae Jeanne Darc était généralement regardée oomme Lorraine ; que telle était la croyance populaire, et que la tradition, qui s'est perpétuée jusqu'A nous, repose sur des témoignages nombreux et dignes de foi. Ceux qui \a/bni Champenoise peuvent-ils invoquer autant d^autorités?
Je vais essayer de démontrer maintenant qu'une partie du village de Domremy appartenait au duché de Bar.
Ce qui a induit en erreur les écrivains que je combats, ce qui a trompé surtout H. Athanase Renard, c^est ce
(1) 11 est fait mention de cette prophétie dans Tinterrogatoire de Pierre Migerias {Pétri Migerit)^ dans le procès de rébabililation : ff Diœil etiam ipse testis quod alioê in q%iodam Ubro onlt- » quOf ubi recitabatur professio (on prophetia) MerUni, invenU n seriptum quod debebat venir e quœdam puella ex quodam tw- » moreeanulOfdepartUms Lotharinffiœ.»
( lei )
fait) forneHemenl exprimé dans phisieurs documente andens : d savoir qoe Doniremy était da baillnig^ de GbaamoDl et de la prévôté d^Andelot. Mais si nos adversaire^avaient songé à eonsolter quelques dénombrements des tittages d» Lorraine ou de Barrois, ils auraient vu que plotieurs localités de t^es provinces étaient ce qu^on appelait autrefois mi^-partiei c^est-à-HKre qu^elles dépendaient en même temps de deux souverainetés distiiictes. Ces exemptes ne sont pas rares, et je pourrais en citer^ an grand nombre parmi les communes qui composent aujourd'hui les départements de la Meurthe et des Vosges. Domremy était dans ce cas, et je vais le prouver, dPabord par des actes de reprises de cette seigneurie aux comtes et aux ducs de Bar, ensuite par d^autres documents également inattaquables. Les uns et les autres se trouvent dans le Trésor des Chartes do Lorraine*
Le plus ancien de ces titres remonte à Tannée 4309 ; ce sont des lettres de Jean d^Ancel, seigneur de Sainte- Marie, qui déclare que ses hommes et femmes de corps de Youleroncourt, Domremy, etc., se sont mis sous la protection de Jean de Bar, comme tuteur d^Edouard P% comte de Bar (t). .
En 1331, Jean de Sainte-Marie , ^ écuyer, sire de TricoBville, donne son dénombrement au comte de
(1) Layellc Bar Nicey, n« 7.
Bar pour ce qu'il a à TriooniriUe, Domreaiy, etc. (t).
En 1554^ Jean de BoullamoioBt donne également ses dénombrement i Edouard I^, comie de Bar, et il Vej^irime ainù : c Je Jehans^ sires ée Beidlaniiiioiily » faa savoir... que je sois faoms liges de... mon signour » J^ouardi oonie de Bar, contre tous homes qni puelent » vivre et morir^ abords le bomaige, la feauUey et la » liegey qu4 jje a; et doy avoir â Tevesque de Tonl et » le Roy de France pour cause de la contey de Gham* :» paigne, et dou dit mon sigaeur le conte de Bar teiog » je pour cause dou dict homalge la fort maison de Don » B.einey(â)....»
Un autre dénombrement, donné par Robert, due de Bar, au roi Charles YI, en tS^97, contient la même déclaration : < C'est, y est-il dit en commençant, le de- » nombremenl des terres, Geàz et seigneuries que je
> Robert, duc de Bar..., tiens etadvoueà tenir ligemeat » à Gondrecourt ; en la chastellenie dHUec et ses appar-
> tenaaces de monseigneur le Roy de France, i
> cause de sa conté de Champaigne. »
Et plus loin : < Item ce que Jean de BouUemont
> lient de moy en la ville, ban et finaige de Dompre* » my, en justice haulte, moyenne et basse, la forteresse » appelée Liste rendable à moy, en bois, en eaues et
(1) Lay. Bar fiefs de la ville, a» 29.
(2) Lay. Gondrecourt, n*il2.
( iêz )
> en tous avUres dmis, prottlz et emolumens quel-
> coBfues (i)... »
Tai rapiiroché à desseio ces 4eax titres, dont on tronverapluB ioia resplieation ; voici maintenant Tindication des autres pièces %iii ooncernent le TÎtlage de Domremy.
En 1344, TUbautde Bar, sire de Pierrepont, donne à Génird deBalilly, éenjer, en fi^ et hommage) qoioze li- Tcées de lerro, moitié blé^ moitié deniers, â prendre sur ce que ledil Thibant pent avoir «n la ville de DooMPe» my (2^.
Le dernier novembre 1504, Henri, comte de Sahn, reconnaii et avoue tenir en plein fief de son trés-redonté seigneur et prince le Roi de Kdle, A eausede son dndié de Bar, mémement de son ehAtel et chAtell«iie de Ckindrecourt, tout ce quHl a en seîgaeorie au lieu de DonNremy, cet premier une forte maison ainsi qu^elle » est située et environnée de la rivière de Meuse, avec » toutes ses aisances et appartenances (3)« »
Le S août 1538, Wolff, comte de Salm, tant en son nom que comme procureur de Nicolas, comte de Salm et de Neubouig, son frère, vend à Jean, aussi comte de Salm, leur cousin, tout ce qu^ils pouvaient avoir à Salm, Viviers, Rupes, Domremy, elc. (A).
(1) Lay. Gondrecourt, d** 103.
(2) Lay. Apremont, 20« liasse, v!^ I .
(5) Liay. Gondrecourl IH^ n» 19.
(4)Lay. Salm,noi5J.