‹ Mémoires de l'Académie de Stanislas (volume 5)Chapitre 18 sur 57 · IM · texte numérisé non relu

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fin i5M, Chrîsltne de BaDHemarck et Nteolas de Lorraine, comte de Yaodémont, recoimatsseàt que Loi!» de Domnartio, baron de Poaténoy, a repris de GhM'IeB III, leur neven, c à «anse de êoù duché de Rar«rois, > sa pari el porlîon de INHnremy sur Meose, ^ à cause de la chàielieaieet prévôté de Gondreoourl (l). »

Aux inoia d^avrîl et de juin 1574, Jacques de Sainf^ Biaise el Jean, comte de Salm, reprennent la part et poriioa de s^iMurie ^o^ils aYatent diaeun à Domremy sur Meuse, dit la Pucelle, « laquelle terre et seigneurie » consiste en. une masure qui souloil estre une fS^le y maison el chasleau, maison seigneuriale du lieu, ap- > pelée aneiennemeot Lisle parce qa^elle soolott esire » environnée de la rivière de Meuse (9). »

Eoân, le 8 novembre 1599, Oger de Saint-Blaisé reprend la moitié de la terre et seigneurie de Domremy, du duc Charles III, « à cause de son duché de Bar et de son chàtel de Gondrecourt (3). >

(1) Lay. Fiefs divers, n« 34.

(2) Lay. Gondrecourt 111, n»" 20 et 21 .

(5) Idem, n» 67. — Voici quelques passages de ce dénonibrcment : a Je Oger de Saint Biaise... avoue tenir en Ûef de mondit u seigneur (le duc Charles III) toute la moitié de la terre et sei- » gaeurîe dudît Dompremy, à cause de son duché de Bar et de » son chastel de Gondrecourt, partisssnt et «Heneontre de mon- 3f sieur le comte de Salm, la moitié de ladite terre et seigneurie >» de Dompremy à moi appartenant par le deces de Jacques de

De G^ AammfdBÊB résolle inea ériëemrileiit la preuve

i^oae pat lie 4e la terre de Domreiiiy, notamment la

seigiieiine de riite^ dont la maisoii forte était ruinée en

11^74^ dép^Mlail du Barroii, puisque les possesseurs de

celte portion en fiMsneBt himimag^ aux comtes et ducs

de ftar, piôs plus tard) au ducs de Lorraine, lorsque les

deux dilués furent réunis. U en résulte aussi que cette

même partie de Domremy était comprise dans la prévôté

et ehàtellenie de Cîondreeourt, laqadle, arec ieoles ses

dépend«»icei, avait été donnée par Pbllippe4e-Bel à

£dou£urd P% comte de Bar, an mois d^avril i%97^ sous

robligatioD, de la part de ce dernier, d^en finre hom*

mage aux rois de. France, à cause de leur comté de

Champagne.

a Saiol Biaise el Gaiherine de Dompmartiu, mes perd et mère*...

» •••• llem doivent les maisons qui sont en la rae appelée la » rue da Chasteau de Lisle, et autres qui sont appelées la rue du » Jardin du Moulin, la somme de trois frans monnoie du duché » de Bar.

» Item nous appartient le cours de la rivière de Meuse depuis » un lieu appelé le Fertel conligu au finage de Couxey.

» Plus nous avons audit Dompremy ung deseing ou masure où » sottknt estre anciennement une maison seigneuriale que Ton » nommoit Lisie, avec les aisances et appartenances, mesme un » jardin qui est pour le présent en nature de pré pour la plupart, 9 contenant environ viagi fauchées» cfui se nomme encor de pre« u sent le Grand Jardin.»

Je ponnraû encore, pcraî MabHr que Domreiny dépeadail en partie da Barroîs, eiler la Notice de IKn» Galnael, la DexcripHon de ki Lorraine, de Drivai, le PomUé du Barrais, par MaHiet, e(e. ; mato je préfère produire des docameiits d^one antre aatuve, contre lesqaela il ne semble impoaBibte d^élever le moindre doute, à iDoios de nier TéTidence.

Bq rannée 1459, le receveur des aides pour le Rot de Vranee^Qi Péleclion deLangres, ayant routa prétever, sw tous les baWlants de Aomremy, indistincteinent, un inîp6t pour subvenir aii paiement et à la nourriture des gens d^annes, une partie des habitants et arec eux le procureur du Roi de Siciie en son duehé de Bar, for* mérent opposition à celte prétention, soutenant : € Que » ledit seigneur Roy de Sicile en sondit duchié de Bar » a plusieurs et beaux drois seigneuriaulx et entre autres

> détenir et faire tenir tous ses hommes et subgetz, tant

> de son domaine que de ses fiedz tenus en foi et hom-

> maige de lui, frans et exemps de tous aides, tailles, » sol, gabelle et autres subventions ayant cours on

> royautne, et que desdites franchises et exemptions

> lesdits sieurs duc de Bar et sesdits hommes en ont joy

> et usé sens aucun contredit ou empeschement de tel

> et si long temps qu'il n'est mémoire du contraire, et

> mesmement que en ladite ville de Dompremy le Ckmte » de Saulmes et le sieur deFenestraiiges sont srigneurs » faaults justiciers de ladite ville et de tout le ban el y finaige d'icellui çui s'exiand deptneunecertaine pierre

» cëianien ladite ville... en tirani verêleNemfchaêtel, » que ic9lle seiffnorie Hz tiennent en foy et hommaiçe » dudii seigneur de Sieiile à cause de la chaste^lenie » ei preçQsié de Crondreeaurig et que depois ladite

> pierre eo tiraDt vers la yille de 6ren et loot le ban

> et fioaige dodit Greax qoi s^extaod en ladke yHIe

> de ]>oaipreiny et jusques à ladite pierre, estott du

> royaume >

Il est deoc parfaitemeot établi, par ce passage, que Domreoiy était partagé en deux seigneories bien- disttoeteS) Tune dépendant du duché de Bar, Tautre du royaume de France, et qn^une espèce de borne marquait les limites de chacune d^elles. Ces liantes sont encore beaucoup mieux indiquées dans le texte du jugement rendu par les Bb» de Langres :

< IKsons et declairons par nostre sentence et juge*

> ment, que les babitans demourans en ladite ville de » Dompremy depuis ung petit ruisseau sur lequel a une » grosse pierre pîale en manière de -planche, en tirant » depuis ledit ru vers la ville de Greux et tout le ban et » finaige dudii Greux qui s'extand jusques en ladite ville

> de Dompremy et jusques ausdits ruiceau et pierre sont

> et seront contribuables aux aides el tailles et autres » subventions qui ont et qui auront cours en ce royaume, ^ comme les autres babitans et subjetz de cesledile elec-

> lion ; el au regard desdits autres habit ans dèmou- » rané en ladite ville depuis lesdits ruiceau et pierre, » BN TIRANT vxas US Kecfcuastel, et on ban et finai^

> dudii Dûmpremf ouUre ladiie pierre.,* -. ieêU yro^

> cyreur du lioyna aueunemetH prom^ êcnéiÊienU^n » à tmeonire éteulm, pour 4fuoy jùyrotUiûetdx héêi^ y tans doutai {ée lel) ei semblable priwleçe, en Umi

> çu^il louche léêditê aides eitaiile, gm font et feront

> ke habUane de ladite viUe et ehasteUenie de Gondre^

> court, dont tHnse trouvons lesdits habiUms estre

> mouvons (i). >

Cette sentence, dont les ter mes sont si expAiciies, si coneluanlB, a^est pas rendue par des heniiiies qo^os puisse accuser de partialité en faveur do Barrois ; elle Tesi par

(1) La sitaatîon de cêrlsÎDs villages sar les lioâtes de la France et da duché de Bar, et leur division en plosiews seignearies» doenèrent fréqoemmeDt lieu à des contestations de ia nstaie de eelle dont il est ici fait mention. Cest ee.qni arrifa, notaanneni, en i4S9> pour Demeoge-aaz-Eani, 11 y avait, dans cette localité, cinq seignearies distinctes, Tune appartenant au Roi de Sicile, à cause de sa chAlellenie de Gondreconrt ; la seconde à Pierre de Beaufrempnt ; la troisième à Yauthier de Pierrejus, dit Credo ; et les deux dernières au comte de Ligny et aux religieux de Vaulxen-Ornois. Le procureur du Roi de France ayant foulu, de même qu^à Domremy, frapper une imposition sur tous les habitants indistinctement, il s'en suivît un procès qui fut également porté devant les Elus de Langres, lesquels déclarèrent que les seigneu» ries du Roi de Sicile, de Pierre de Beanfremont et de Vauihier de Pierrejos étaient mouvantes de la chSiellenie de Gondrecouri, et, que par conséquent, leurs habitants étaient exempts des tailles ayant cours au royaume (Garlulaire de Lorr. , registre fiondrttoiirt).

( i60 ) des Champenois ettx-roèmes, par des officiers de Langrttgj d'une Ttile fraaçAiae!

■c maiDleuBl, qa^on retiiUe.bien jeter les yeux sur le plan de Domremy (1), on y retrouTera^ et Tlle formée par la Meuse, eà s^éieYait la maison forte, ruinée au Xyi« siéde, à Tabri des murailles de laquelle Jeanne aâdaît ses frères à conduire les troupeaux lorsqu^on si* gnalait rapproche de Teanemi ; on y retrouvera le ruisseau qui partage encore le village en deux portions à peu prés égaies, dont Tune, celle qui appartenait à la France, est du c(Àé de Greux^ et dont Tautre, celle qui dépendait du duché de Bar, est du c6lé de Neufchàleau. Je pourrais ajouter que cette dernière portion était la plus importante, puisque, outre la moitié de Domremy, elle possédait encore le château fort et seigneurial pour lequel on faisait hommage aux souverains du Barrois.

Au dos de la pièce dont je viens de citer des extraits, et que je reproduis plus loin en entier (3), est un document non moins précieux que cette pièce elle-même : c^est une attestation par laquelle les notables habitants de Domremy, ayant à leur tète Jehan Thiecelin (3), allié delà famille Darc, déclarent, sous la foi du serment, que la partie de leur village « depuis ung petit ruisseau sur

(1) Voir le plan cî*joial.

{%) Voir ci-après la pièce JaslificaUve n^ i.

(3) Voir à la fm de la pièce justificative n» 1 .

» lequd y a une pierre pkUe, en liraDt vevs' le Nenfehas- » tel) > n^a jamais été contribiiable aux mdea du &ei, parée ^u^elle est < du duchié de B«r â eaate de la YMIe » et chastellenie de Gondréeeurt. >

Faut-4l encore d'^aulrea preoTes pour étaMir que Doaumny était en partie dndsohé de Bar ? il est &eile^ quoique auperflo^ d^en feumir de noiivelles*

M. Atbanase Renard a pris soin lui^méeie d^en présenter nne dont il n^a pa se dissimnler la valenr : h» procés^verbal des GompanitioasA la rédaetion des eon* tomes du Bassigny (1), en 1580 (2), mentionne, parnit ceux qui y ont eomparu comme étant « dudict baiUiage » au ressort du Parlement de Paris, Sfavoir des pre-» ^ vostez de La Marche, Gondrecourt, Cbaslillon, Gen- > fbvDS en Bassigny et des séneschaossées de La Mothe

JJt) GoQtames générales du Bailliage du Bassigny, Pont-à-M oas* son, Melcbior Bernard^ 1607, in^% p. 52 et 01.

(S) Les Etats du Bassigny avaient été convoqués à Bourmont,ea 1571, pour la rédaction des coutumes de ce bailliage. Un projet fut dressé ; mais il parut, au conseil du duc, contraire, en plusieurs articles, à Tancien cahier de coutumes qui devait servir de base à cette rédaction,et les choses en restèrent là jusqu'en 1580. Il y eut alors une nouvelle convocation des Etats, etc. Cette observation, empruntée à Y Essai historique sur la rédaelUm des coutumes delà Lorraine et du Barrùis^ par M. Beaupré, esprique pourquoi je prends la date de 1580 et nos celle de 1571, donnée par M. Be« nard.

f ni )

» et BouriDOiit, pour Teslàt ecclésiastique, messire Jean

> Grand^Jean, curé de Donremy; pour la noblesse,*

> messire la«^ues de Sainl-Blaise, chevalier, seigneur p de Changi et de Domremy en partie ; pour le Tiers Y Hstat dadict siège et prevostez les habitants de Dom-

> remjr, par Nicolas Noblesse, fondé de procuration. » On voudrait, ajoute M. Renard, inférer de là que

Domremy était néceasahrement Barrois. Je ne tirerai pas une conclusion aussi absolue; je me bornerai à dire qnece CÉit prouve que Domremy était en parité du Barrois.

LebailKage du Bassigny comprenait, comme on le sait, le Bassigny lorrain, composé des prévôtés de La Hethe et Bourmont, et le Bassigny mourant, ainsi désignés pour les distinguer du Bassigny français dont le si^e de justice était à Chaumont. Le Bassigny mouvant était, comme le Barrois mouvant, du bailliage de Bar, réputé fief de la couronne de France. On y comptait cinq prévôtés, qui étaient Conflàns, Chàtillon-sur*Sa6ne, La Marche, Gondrecourt et Saînt-Thiébaut.

Le Bassigny mouvant, fief de la couronne de France, tenu par le duc de Bar, puis par le duc de Lorraine, ressertissait du parlement de Paris, et, comme il en était de même du Bassigny français, qui faisait partie de la province de Champagne, il n^est pas étonnant que bon nombre d^écri vains les aient confondus, et que, pour eux, il n^y ail eu qu^un Bassigny, appartenant à la France, et dont Chaumont en Basêigny iid\i la capitale. Et comme

( 172 ) Domremj dépendait de la prévôté de GoodrecQuri e} celle-ci du Bassigny, on eo a codcIu, tout n^lureUement el sans plus ample informé, que Jeanne Darc, nëp à Somremy, était Française d^origine^.

Voici, au reste, un dernier argument : En 1605, les officiers du Roi voulurent soumettre à l'impôt des aides un nommé Claude Despinal, marchand à Domremy* Ce dernier refusa de &ire droit à cette prétention, et adressa une requête aux grenetier et contrôleur du magasin à sel de Joinville, lesquels prononcèrent Tarrét suivant :

€ Disons qu^il n^appert poinct que ladicte maison où

> demeure ledict deffendeur, asscize au bout du village » dudict Dompremy, assës proche du petit ruisseap 3» mentionné audit procès, soit scituée en ce royauhne, 3» ny que ledict deflTendeur soit des subiectz du Roy, au 2> contraire icelle maison est apscize en la seigneinrie dur

> dict Dompremy la Pucelle, pay» de Barrois,ei à cause » de ce ledict deffendeur demeurant en icelle e^f subiect » de Monsieur le duc de Lorraine (!)•»

Que deviennent, je le demande, en présence de documents aussi authentiques, aussi irrécusables, les assertions vagues, sans preuves à Tappui, qu^on nous oppose? Ainsi, quelles conséquences peut-on tirer de citatious telles que celles-ci : « A Textrémilé de la France e^t de » l'Empire, une étroite laqQ||e de terre, appartenant à » la Champagne, s^enfonçail et se perdait, pour ainsi

(1) Voir la pièce iusttGcaùve n» 2.

( «75) » dire, entre lé duché de Bar, Tëvéché de TonI et le

> duché de Lorraine. > «— c Ce petit canton, séparé de » la Lorraine par la Meuse, n^avait d^autre ville fermée

> que Yaucouleurs; le sire de Baudricourl y tenait le

> parti du Roi. > — < Jeanne tint sans doute de son

> père; elle n^eut point Tâpreté lorraine, mais bien

> plutôt la douceur champenoise, fa naïveté mêlée de :» sens et de finesse, comme vous la trouvez dans Join«

> ville. > — Etc., etc.

De ce qui précède, je crois donc pouvoir tirer cette seconde conclusion : Domremy dépendait pour une partie, Rajouterai même pour la majeure partie, du duché de Sar.

n me reste à établir maintenant que la maison qu^habita Jeanne Darc , était située dans la portion de ce village qui était comprise dans le Barrois.

Mon honorable et savant confrère, M. de Haldat, a consacré un chapitre de son Examen critique de this" toire de Jeanne Darc à des recherches sur Tauthenticité de la maison de la Pucelle, et a démontré, jusqu^â la dernière évidence, que la maison acquise par le département des Vosges, est lien celle qu^habita la libératrice d^Orléans. Yoici , du reste , un des passages de la dissertation de H. de Haldat :

1 On sait que Jacquemin Darc, qui fut Tatné (des

» frères de Jeanoe), demeura à DiMureny et qo^il y

s> mourut sans postérilé*....; que les deseendanls du

» troisième frère, Piarre Darc, dil le chevalier JDuIjf,

» se fixèrent dans POrléanais et la Champagne. Nous

» ne pouvons donc trouver le possesseur df la maison

> de Jeanne Oarc que parmi les deseendairts de Jeaa » Dulys , prév6t de Yaucouleurs , son second frère.

> Claude Dulys, son fils alnè, qui vivait à cette époque, 9 se présente naturellement comme le possesseur de

> cette maison. Tous les doutes qui pourraient exister à » cet égard, sont éclaircis par les preuves qui se tirent

> du second écusson accolé à celui de la fomiUe Barv. » Un acte de partage entre Claude Dulys et Jtan

> Thiesselin, son beau-père, rapporté par Charles Du- » lys, de Paris, prouve qu^il avait épousé Nicole Thies- » selin. Les armoiries des Thiesselin, comme il est éta-

> bli par le Nobiliaire de Lorraine, sont en effet les » mêmes que celles placées à gauche de la porte.

> Claude Dulys est le seul de sa famille qui, à celte

> époque, ait épousé une Thiesselin ; il a donc évidefn- » ment possédé la maison qui porte les armoiries de sa

> famille, réunies à celles de son épouse. Le second » écusson, composé de trois socs de charrue et d^une » molette d^éperoo, n^est donc pas, comme quelques » personnes Tout imaginé, Htldice de la professioo^agri* » cole de Jacques Darc,mais le signe de Talliance de son » petit-fils avec les Thiesselin. La maison conservée et » restaurée par les soins et aux frais du département

» deB Vosges, élaiil bien b même qoe eelle possédée

> par le neyeu de Jeanne Derc, il ne peut resler de » doute qu^eile n^ak élé eelle de Jacques Darc, son a» aïeul. »

Suivant M. Quicherat, cette maison n^est pas précisément celle où Jeanne Darc vit le joor, mais une habitation que ses parents, devenus plus fortunés, élevèrent à la place ou sur remplacement (1) de Thabitatioapriniitive de la iaflrille :

€ Si modeste que soit ce petit édifice, dit-il, après » avcMr décrit la mairan de la Pucdle, c^t à tort qu^on

> le regarde comme la chaumière oA Jeanne d^Arc Tint

> au monde* La sdidité de la bâtisse décèle à elle seule y une recherche qui n^eût pas été dans les goûls d^une » simple famille de laboureurs. Les d^Arc, devenus gen- » tîkhommes, élevèrent ce logis plus durable à ia place

> de la cabane paternelle. La date de cette reconstruc- ^ tion (1481) est vraisemblablement celle qu^on lit au- » dessus de la porle d^entrée

(i) Eq supposant même que cette tradoctioa ne soit pas rigoareusement exacte,on ne peut admettre que la première maison de la fMiUe Darc se soit trooTée dms la partie champenoise de Domremy. Les habitants d'une seigneurie ne pouvaient , on Te sait » <^Sger« à leur Yolonté^ ce que j^^pellerai leur résidence féodale, et aller s'établir dans une autre seigneurie. D'ailleurs, les parents de Jeanne devaient avoir à cœur d'habiter les lieux où celle à qui ils étaient redevables de leur illustration et de leur fortune était venue au monde.

( i?6 ) ».. .. La réunion de Téeu des Tiimaelin affeccDkùdes . » Dolys s^explique loui nataroUeniefit par œ fait iine le

> chef delà- fiMniUe d^Arc, «tfmr cooiéquaol iepaesi»* » seur de la maison, en 1481, étail Claude Ihiljf, fite

> afné de Jean, frère de la Pucelle, marié i ?ita>le

> Thies^in...»

Personne, q«e je sache dn moins, Egayant juiqn^â présent contesté Tassertion émise par les deux écrivains que je viens de citer; personne n^ayani prouvé quela maison, acquise parle départemeal des Vosges, n^eslpas celle qu^habiCala famille de Jeanne Daro,jl rn^esi &€ile de démontrer, le plan de Domremy à la main, que cette ' maison était dans la partie de ce TSIage qai dépendait

do duché de Bar«

En effet, cette partie commençait an ruisseau des Trois-Fontaines qui divise la commune on deux, et comprenait toute la portion siluée du côté de Neoiébâttau. C^est bien dans cet enclave qne se trouve la oiaison de la Puceile, presque é sa limite, il esl vrai, mais enfin en-deçà du ruisseau, vers la Lorraine.

Le titre de 1459, que j'ai précédemment rappelé, atteste, en ouU'e, que Jean Thiesselin vint, avec les autres habitants notables de Domremy , certifier par aermest qo^ils étaient et avaient toujours élé du duché de Bar. CTest ce Jean Thiesselin qui fut le beau-pére de €laiide Dulys ; ralliance de deux familles, dont Tune était bien certainement barrisienne, est une circonstance qui ne doit pas être invoquée comme preuve, mais qui mérite au moins d'être constatée.

Je m^étais proposé de démontrer : 1* que Jeanne Darc a toujours été regardée comme Lorraine. -^ Cela est prouvé par le témoignage de la plupart des écrivains du Xy« siéde, et par la tradition, i peu prés unanime à cet égard.

2® Que le village où Jeanne Darc a vu le jour dépen* dait à la fois du Barrois et de la Champagne, — Les divers actes de dénombrement que j^ai cités, aussi bien que les titres de 1459, 1571 et 1603, ne peuvent pas laisser subsister un doute sur ce point.

5® Snfio, que la maison de Jeanne était située dans la partie barrisienne de Domremy. •— Le même titre de 1459, rapproché du plan de cette localité, ne permet pas, je crois, la moindre contestation.

D^oû je conclus que Jeanne Darc appartient au Barrois par sa naissance ; mais qu'ion peut la considérer en même temps comme Lorraine, puisque c^est de son vivant qu^eut lieu le mariage de René d^ Anjou avec Isabelle, fille de Charles II, mariage qui eut pour conséquence la réunion des deux duchés.

En revendiquant Jeanne Darc pour sa province, l'auteur des Souvenirs du Bassigny champenois a obéi à un sentiment que je comprends et que je respecte ; à un seutiment de patriotisme, bien légitime, bien honorable sans doute, mais contre lequel, je le répète, Thistorien doit se tenir en garde sHI veut rester impartial. Et je suis certain que si M. Renard avait eu connaissance des titres que je. viens de produire, il n^eût pas choisi la

( iM '3

thèse quMI a soutenue. Son admiration pour Jeanne Darc, le désir d^illustrer la Champagne en y plaçant le berceau de la libératrice d^Orléans, ne lui eussent pas, je me plais à le croire, fait méconnaître les droits sacrés de la justice et de la "vérité.

Au reste, ainsi que je le disais en commençant, peu importe, si ce n^est au point de vue historique, que Jeanne Darc soit née sur tel ou tel point du territoire ; sa gloire n^appartient ni à la Champagne» — alors même que cette contrée lui aurait donné le jour, — ni au Ba^rois, ni à la Lorraine; elle appartient à la France (ouCe entière.

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