PIÈCES JUSTIFICATIVES
(1) M. Noël, notaire honoraire à Nancy, a bien voulu nous communiquer Torî^nal sur parchemin, avec la signature du prince et le sceaa dncal, des lettres de noblesse accordées à Claude Gallot. ERes sont datées du pénuUîëme jour du mois de juillet 1584. En voici la copie littérale dont nous n^avons retranché que les énonciations, qui sont purement de style :
« Charles... , et soit ainsi que nousdeument certio*
rez de la vie louable, bonnes mœurs, probité et mérites de nostre amé et féal Clavde Callot archier de nos gardes demeurant en ceste notre ville de Nancy. Âyaus aussi csgard et fovorable eonsi* déraiion aux services fidelz et aggréables que par Tespace de vingt deux ans et plus 11 nous a faict , tant à nostre suitte ordinaire par noz pays, qu*en tous les voyages qu'anons faitz depuis ledit temps hors de nosdits pays, enquoy il s^est toujours comporté avec fidellitéet dîlligence que par raison en auons et devons avoir tout bon contanteroent et satisfaction. Pour ces causes et autres raisonnables considérations nous mouuantes , Joinct que des sa jeunesse il a tousjours faict profession des armes qui le rend de tant plus fauorable et recommandable en ce grade et Estât de
Noblesse AVONS Icellui Clavde Gallot, de nostre ^ce spéciale, pleine puissance et auctorité aonneraine Ensemble ses enfants, postérité et lignée, née et a naistre en bon et leal mariage, masies et femelles, annobly et annoblissons et da tiltre de noblesse décoré et décorons ; Voulons et nous plaict que Ini et sesdîts enfants, comme tels soient réputée, puissent acquérir biens et he* ritages nobles^ fiefz et arrière ûeh de quelque nom et qualité ils soient et iceux ensemble ceux qu'ils ont ja acquis et que a bon et juste tiltre leur pouroient obvenir et eschoir par succession, donation ou aultrement, accepter appréhender, tenir posséder et jouyr sans qu*ilz puissent estre contrainctz ores ny pour TadueDir en nider leurs mains, en quelque manière que ce soit, et diceax ordonner, tester et disposer par testament de dernière volunté donations faictes entre les vifs et aultrement ainsy que bon leur semblera, aux loix et conditions des ûeh de nos pays, et auec ce puissent acquester tiltres de cheuaHerie et jouyr des mesmes honneurs priuileges franchises libertés prerogatiues et prééminence dont joyssent antres personnes nobles et extratctes de noble lignée, et que tek soient censés et réputés en tous leurs actes négoces et affiûres tant en jugement que dehors, sans qu*îlz soyent ponree tenus nous payer ny a nos successeurs ducs de Lorraine anlcunes finances laquelle de nostre dit gré auons quitté remis et de|pé quittons remettons et donnons par ceste audit Qande Callot Et en ôgue de noblesse et ponr décoration d*icelle Avons è Icellay et à sesditx enfants postérité et lignée descendos et descendans de luy en leal mariage,'HU>mme lOct est, donné et donnons les Armoyries tdles que cy dessoubc elles sont emprainctes anec puissance de les porter et en user en tous lieux, comme autres nobles ont accoustumé user de leurs armes, Que sont d'azur i cinq Esloilles d'or, peries et passées en saoltenr, timbrées d'un
deitrocber reoesiu et componé d*or et d'asur, tenant une hache d^armes, Le tout porté et soastenu d^un Armet morné d*argent oottertd^iiD Lambrequin aux meiauli et couleur de Lèsent (*). Sy donnons en mandement elc Donne. •..•
L*entérineaient à la chambre des comptes de Lorrame est du i7 septembre 1584.
Ces lettres de noblesse ont été transcrites svr le registre des anoblissements depuis Tan 1575 jusqu^en Tan 1592. Ce r^islre se consenre au Trésor des Chartes de Lorraine ; les armoiries y sont jointes.
(2) Le héraut d*armes était quelquefois aussi concierge du palais (M. Lepage, Palais ducal de Nancy, p. 23). Jean Callot fut successivement pourvu de ces deux charges. 11 fut d'abord nommé poursoyvant d'armes par lettres-patentes du 24* jour de mars 1 600, dont voici la teneur :
((Charles, par la grâce de Dieu, duc de Calabre, Lorraine, Bar, Goeldres^, Marchis, Marquis du Pont à Mousson, comte de Prouence, Vaudemont, Blamont, Zutphen etc. Â tous ceux qgi ces présentes verront Salut. Comme des le mois de décembre en Fan quatre vingt quatorze nous ayons prouueu nostre cher et bien amé Balthazar Crock de Testât et ofGce de Poursuiuant d'armes ^u titre de Vaudemont pour en jouyr jusques à nostre bon plaisir, et que présentement, pour certaines bonnes considérations, nous ayons deschargé ledict Crocq dudit estât et soit de besoing pour le bien de nostre seruice prouuoir audit estât de personnage capable idoine et suffisant pour Texercer bonnement fidèlement et loyaument : SAnom faisons qu'ayant congnu par expérience la
{*) Callot a gravé lai-méme les armes de sa famille. Voyez le Catalogue de l'œuvre.
( 374 ) s«ffisaDGe, capacité» diligence et eiperieece estams eu h persoBse de nosire anie et fcal Jeao Callot, lequel depois qiielqaes iboîs pour Tabsence dudtt €2rocq anrait faict les functioiis didit esiat a nostre contentenoent selon le rapp<Hn qui nous e| aurait esté faict par nos marescbanlx et ev esgard aux boas et aggreables seruicos qu'il noas anrait faictz pendant ces gserres dernières et aa paranant, comme U fait encore de présent, tnnt en estât d*arcber de nos gardes qn'aoltres conunîasions, vopges et exploits parlicnliers esqnels Uaurions employé. Avons a îeeley iean Callot pour ces causes et antres raisonnables a ce jnstement mms nioufaots, donné conféré et octrojé et par cestes, donnons conférons et octroyons ledit estai et office de poorsnyaant d*armes au titre de Vandemont (*), pour en jonyr d*oresen anant etjis*
(*) Pins lard il fut Héraut éTarmeê sons le no» de Qcrmont (Dom Calmel, Bibfiothèqne Lorraine, p. 182), etonlCToitfignrer, en 1608, aYCc le titre de Roi éTarme», ï la pompe fanèbre de Charles III. — Il parais quoique les leltres-patenles cl-dcssus Iranscrlles n*en disent rien, que Jean Callot était aussi Ooeke ttarmes. Les gaga de ces deux emplois n'étaient pas bien oonsidérables.On tronte en effet dans les comptes du trésorier général pour Tannée tfiOl « A lean Callot pootsnynant d docbe d'armes an litre de Vandemont six vingt francs. » Il s'agit îà dn franc barrois, monnoie fictive on de compte qui a souvent varié; d'^rès la table de Liotanois, t. !•', p. f», elle valait, de 1578 à «608, 2 « CK 4»^ argeatdeFranee en 1790. La valeur du firane barrois a Idijoors éié en diminnant jusqu'à la mort de Henry II en 1624. SouS Cbaries IV et pendant roecupalion fmiaist, les variatloas ont été énormes.
Nous avons vainement cherché, dans les registres des oflficès, le titre de nomination de Jean Callot à l'emploi de Héraut d'armes. — QuaDt au titre de Roi d'armes, nous croyons qu'il était porté dans ccrtaioes
ques a nostre bon f^ysir, aux droicts, auctoritez, prééminences, gagcsy prolBcU, lîbertez et înimunitez y apparienaos et en depcn* dans, et tout ainsy que faisaient et pouuaient faire ses devanciers audit estât. Gt D0J!i|fO58 i;n iiAUDKifRRT.r.... Données en nostro ville de Nancy le vingt quatrième jour de mars rail six cens. Signe Charles... Par Son Altbssb le s' de Haossonnille mar^schal de Lorraine contresigne Bonnet, » (trésor des chartes de Lorraine. — Extrait des registres des lettres-patentes pour Tannée 4600, foUo 31.)
(5) Ces renseignements sont puisés dans un précieux manuscrit appartenant à M. Beaupré* conseiller k la cour impériale de Nancy. On y trouve la généalogie complète, avec les blasons, de la
famille Calloti depuis Claude i«' jusqu^à la fin du dix-septième siècle. Ce manuscrit provient d*un des membres de cette famille et est beaucoup plus complçt et plus exsict qiic la généalogie publiée en 1893 par U. François-Cbarles Callot, ancien avocat au parlement d$ Nancy, qui n'en a pas eu conuaissance. L'auteur de cette dernière génédogie prétend descendre de Françms Çallot né eu 1C07 et frère de rilluslre graveur, Il suppose que ce Pran^ çois Callot a été médecin et qu'il fut le père de François Callot, médecin, né à Anxerre en 1660, lequel eut lui-même poqr fils François-Joseph Callot, médecin de Léoppld et de François 111, dont la vie se tronve dans Dom Calmet, Biblio^h. lorr., col. SOT et suivantes.
Cette généalogie pèche par sa base en ce sens que le François Galloty né en 1607 et frère de Jacques, n'a jamais été marié. Sui-
solennités particulières par Tun des hérauts. En effet, si ce titre eût été permanent, on n'eut pas manqué de Pinscrire sur la tombe de Jean Callot , dont l'épitaphe ne porte que la qualité de Héraut.
Tant le manuscrit de M. Beaupré, tous les frères paioés de Jae^ qoes Calloi embrassèrent l*état ecclésiastiqne, et en particulier fe François dont il s*agit fnt Tiercelin sons le nom de Père Pascal. L*impossibilité que ce frère du graTenr de Nancy ait été Faîeul de H. François-Charles Callot est encore confirmée par les regi»« très dn Trésor des cbartes de Nancy j desquels il résulte qœ François Callot, ifiÀf«ein, natif de Portiem* a été anol>li le 12 novembre 1662. Cest éfiden^ment ce personnage qni a été là souche des célèbres médecins qui portèrent le nom de Callot an XTiii* siècle. Us descendaient peut-être de Jean Callot dit Liégeois, père de Claude Callot, anobli le 30 juillet i^4, et c^esl précisément parce que son auteur n^avait pas reçu de titre de noblesse, que François Callot demanda et obtint les lettres patentes
de 1662.
Un antre Jean Callot arait obtenu des titres de noblesse le 4 novembre 1625. La minute conservée au Trésor des chartes constate qu^il était né dans le Comté de Yaudémont et qa^ii était pourvu d*une charge d'officier des salines de Dienxe. Il y est qualiGé en outre « d'homme bien lettré et honoré de Feutrée dn conseil dn Bue.»
Jean Callot était-il le frère du médecin anobli en 1662? Appartenaitpil à une autre famille ? Cest ce qu'il nous est impossible de décider. Tout ce qn*on peut affirmer, c'est que ni l'un ni l'antre n'était de la descendance de Qaode Callot, anobli en 1384, puisqu'ils ont été anoblis tous les deux à des dates bien postérieures.
Nous avons placé à la fin de notre travail une généalogie de la fomille Callot, dressée tant d'après le manuscrit de M. Beaupré, que d'après les pièces anthentiqnes conservées an Trésor des chartes de Lorraine et à la mairie de Nancy. — Fante de doeaments certains et antérieurs à Jean Callot dit Liégeois, nous
( 27T ) avoas éié obligé de suivre» pour le» ancèlres.de ce persouirage, le Nobiliaire de Lorraine de Dom Pelleiier, que oous avons été souvent à mèanede rectiier pour les temps posiérieursà Jean !«'.
(4) Uerreor des bisloriens sur la naissance de Gallot ne peut être ailribuée àréublissement du calendrier Grégorien, £n effet, si Ton suppose que Gallot avait quarante-trois, ans accomplis lors de sa mort» le 24 mars ^635, il serait né, d'après Tanden calen* drier, à la fin de i S91 (vieux stjle). Si, au contraire, il n'avait pas achevé sa qaaraoïe-troisiëme année, lors de sa mort, il serait né après Pâque»de Tannée 1592, ancîeo et nouveau style. Cette i^servation ne permet plus de douter- que Gallot soit né avant
Dans ses notes manuscrites, llortette adopte aussi la date de 1592. Voici comment il discute la question : « Il est constant que Jacques Gallpt est mort le 24 mars 1635 âgé de 43 ans (Félibieo dit que ce fut. le 28 mars, mais Tépitaphe dit le 24)^ Ainsi je ne puis comprendre pourquoi Baldinucci, qui rapporte Tépitaphe latine oti cette date est marquée, fixe le temps de sa naissance en 1594, et Félibien, qui convient aussi qn*il est mort en 1635, âgé de 43 ans, le fiie seulement en 1593. A moins que ce ne fût au commencement de cette année 1593, et pour lors Gallot étant mort le 24 mars 1635, il n'aurait fait que commencer à entrer dans sa 43* année. Le portrait de Gallot, gravé par Lasne en 1629, apprend -qu'il était pour lors âgé de 36 ans; il était donc né en 1593 ou peut-être sur la fin de 1592, ce qui me parait plus conforme à la vérité.»
Tout en adoptant avec Mariette la date de 1592, nous croyons que c'est plutôt au commencement que vers la fin de l'année 1592 qu'il faut reporter la naissance de Gallot, parce que l'usage a toujours été d'inscrire les âges sur les épitaphes d'après les années accomplies on du moins prêtes à s'accomplir.
(8) Mlange M*«<t pas né, consme le dti le père Umsson, en IS94« Les «ottipies dv trésorier général ée L4MirMBe , coût0r?és dans les ardriteado dépaiiemeni de la Mcnnlie» coHStateoiipi*îl exéemait dès 1602 flttsîewrs travani importiniapearCharlesiil dont il était le premier peintre (Voy. Le i^laia Bocal de Nancy par M. Lepage, p. 78, ait iMleni). il aeceéda dans cette '«barge à Qattde Henriet en 1 603. On Toit, d^eprèa ces decnmeoils, ee qn'il hnî penaer de ropinion de M* Heineeken qni fait nattre Bella«ge verafOfS.
(6) Gela est si trai qn^nn spirîtnél écrivain, !!• Arsène Bons*' saye, a donné de ces quatre gnrrares vne analyse piquante et nea moins esacte que la nôtre, avec laquelle elle ne présente cependaoi qoe de rares analogies. On va en juger :
« Dans la première ean forte... la èande est conduite par an }eone gaillard pas trop mal équipé : foutre à larges bords, dwveus retombent en boucles, pourpoint beaucoup trop laiMadé, coutelas d*an côté, carabine de rauire, en6n ebauaaesqui bilejenciapoussière. Le jeune bandit est suiti de deux 'cbancefouies baquenées portant cbucuue fennne et «nfonts^ l^n è la mamelle, i*autreà peine aewé, maia d^ bravement on «toupe* A la queue 4u cbevri un aaittt bonmm de brigand, babiUé de la défroque d*un moine, et auiri de deui enfonu^ui vont de oompagaie. Le pramler est vêtu d*on costume qui vaut bien la peine^d*ètre décrit : ;peur cb^ peau, une marmite dont Tanse loi foit un collier, pour eanne, ao tourne-brocbe, pour babit un panier, pour baut de «bausses un gril» si bien qu^on jour de mauvaise cuisine, les bebémiens pouvaient allumer Tenfont. Vient ensuite le cbev&l et la cbarrette» Un Bebémien d'un ige mûr, comme il convient pour garder on cbeml sîiougueun,est gravement assis sur le bét. D'une main il setieataa collier, de Tautre, il lève un fouet redoutable. Il perle sur le dos
un petit baril de vin ou de liqueur nu''û a bien raison de De confier 4|«'à luî-mèiNe. Sur ce baril un coq afi^voisé chaMe et do* mine ta scène de sa crête et ie «m panache. Dans la cfeamiite se reneotttreiM phlenoMt un homme armé d*imc lauce, use feaume «lui ailaite «m enfant, d aulres eaftints qur animenl le eheval, ées ttslensifles 4e caisine, un chat, «o chieu, des poules égorgées. Up âne soit la ebarreUe, partant, comaie les chevaai» une mère et son enfant à la mamelle, de <;haque côté de la charrette eD(»)re des enlanis, toujoufs des enlanis, qui sont déjà des Ittthémiens, car ils se monteent avec orgueil des poules et des canards vplés sur la roule. £nfiu la caravanne est gardée sur les derrières par un Bohéawen liardiment taillé qui jpaffte no agneau sur son bras, un monten en bandonillèce et une !formkiable earabme sur Tépairie. Tomes les figures ont bien la physionomie de leor rôle. Les -hommes sont sauvages^ la maternité donne aux femmes un do»X'air4e m^aneolie, les enfants sont insolents et burlesques, Tiae dtiies dievaus sont chétifs li foire peur.....
» .Dmns la seeoade eau forte, nous assistons à une ha^ ée I^ohémieni an fiemier cabaret d*nn ^lUage. U jtroupe s'est installée avec armes et bagages dans ungnenîer à foin couvert de roseaux. Sur le premier plan, un homme à pied et une femme à
cheVial arrîf cm en 4r9taard8, avec grand «renfort de bntin : lapins, poiUaides, agneaux eil autres menues rapines. «La femme va descendpte4e ebeval ; avec ses cheveux épars, son collier de vérote- TÎe, sa draperie ra^ée, son sourire mulio, elle est agréable à voir. Un gâtant bien équipé lui offre gracieusement la main : comme contraste» son compagnon d''a«enjittres est bien le plus splendide coquin qu'on puisse imaginer ; carabine, sabre, coutelas, rien ne lui manqne. Le reste de la troupe est déjà installé h ce point que les cochons qm habitaient le rez-de-chaussée du grenier à foin ont